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Si on peut appeler DISKARIAL un « side-project », faudrait voir et demander ça directement au seul homme derrière cette formation : Julien Helwin, frère de Christophe, avec qui il commande le char d'assaut nommé WITHDRAWN, dont vous avez pu lire quelques mots lors de l'interview récemment... WITHDRAWN est une monstrueuse machine de guerre faite d'un Black/Death moderne que ne renierait pas BEHEMOTH. Ce n'est pas ma tasse de thé satanique ce genre de metal extrême, mais faut reconnaître à la fois la volonté, l'énergie, la motivation, la détermination des frères Helwin à vouloir faire avancer leur bébé né de l'Enfer lui-même, et leur talent pour déboiter les cervicales ainsi que leur maîtrise technique. Bref, les gaziers sont de vrais bourreaux de travail et de vrais passionnés, et font partis de la fine fleur du Black/Death Metal hexagonal. Faudrait quand même pas cracher dans la soupe.

Et il se trouve que Julien, batteur-DCA de WITHDRAWN est, à ses heures pas vraiment perdues apparemment, également vocaliste-guitariste-bassiste-batteur dans son « projet solo » DISKARIAL. Bon, la recette est quasi la même, mais pas à l'identique non plus dans ce Warpath to Eternity. WITHDRAWN comme DISKARIAL conçoivent un Black/Death ravageur et destructeur. Mais les différences se relèvent : DISKARIAL possède un son déjà plus brut, et ses riffs sont moins compacts, faisant plus appel à la mélodie. Par ailleurs, Julien apporte un grain de voix du genre du mec qui s'égosille et fume trop de gitanes maïs arrosées de whisky à dix euros le litron. Cette voix-là, sèche, sans effets est un atout appréciable et qui colle au rendu brut de décoffrage de l'ensemble – avec aussi cette batterie plus organique et live je trouve. Donc, c'est le son qui change en grande partie les choses. Et inutile de dire que la production est puissante, équilibrée et n'oublie aucun instrument en route : professionnelle donc. Toute droit venue de l'Echoes Studio, qui commence à se faire un nom au niveau national. Ensuite, ce qui change la donne aussi, c'est que Julien fait sa cuisine en faisant appel au Thrash voire au Heavy plus conséquemment que dans WITHDRAWN, et que cela aère et colore donc différemment DISKARIAL. De plus, Julien sait construire des titres dynamiques et qui feront assurément headbanguer – la recherche de l'efficacité est une marque de fabrique des frères Helwin. C'est du metal extrême.

Et c'est là que les choses se corsent bien, tel le corset que votre copine enfile pour surélever d'un étage sa paire de miches jusqu'à la rendre violette tellement elle peut plus respirer (et dire qu'après on enlève ça si vite, alors qu'elle a galéré et souffert pour le mettre rien que pour nos yeux et nous faire durcir le bâton ! Mais ceci est une autre histoire). Car il ne suffit pas de faire un metal extrême qui fracasse et qui fait bêtement du metal extrême. Enfin si, je ne dis pas que c'est un mal, parfois, enfin pour moi, de se mettre un truc qui défoule et de passer un moment purement metal, car c'est ça aussi le metal : sex, drugs and rock'n'roll et le Grand Bouc sait comme j'aime ça. Mais ici, il est question de Black Metal et de Death Metal, et ce mélange explosif dont le Héraut et Empereur se nomme BEHEMOTH est mille fois trop codifié qu'il suffit de peu pour s'en voir affublé de l'étiquette si l'on n'y prête pas...une oreille. Et le constat est cruel : malgré toute sa technique et sa détermination, DISKARIAL manque sacrément de personnalité.

Et DISKARIAL fait rebelote après le belote de WITHDRAWN. Les influences sont ainsi trop fortement ressenties... Y'a des tonnes de riffs qui m'ont fait penser, tantôt au Death floridien, tantôt au Brutal Black scandinavo-polonais... Julien se fait plaisir certes, parvient au résultat qu'il a souhaité, mais n'a pris d'a-plomb sur ce qui sortait de sa tête. A noter le passage purement IMMORTALien, avec sa guitare aquatique, sur la numéro six, ainsi que la (très bonne) reprise de   Sun No Longers Rises des mêmes Norvégiens, dont l'original se trouve sur le chef-d'oeuvre Pure Holocaust... Un Black Brutal dont DISKARIAL est loin.

Mon objectif dans ce zine n'est pas de casser, mais de mettre en lumière les aspects positifs (ils sont nombreux ici) et négatifs d'une oeuvre (un seul, mais gros dans ce LP), et de faire connaître l'underground extrême. Warpath to Eternity est une bombe que les amateurs de Black/Death teinté Black apprécieront donc -  une petite pépite que le Chinois de Funeral Moonlight Productions a compris qu'il fallait soutenir. Car c'est tout de même une sacrée galette. Je ne peux pas tout apprécier – rien ne dit que vous n'apprécierez pas !