SLAUGHTER MESSIAH - Deathlike Invasion
SLAUGHTER MESSIAH est une formation vraiment excellente. Je ne la connaissais pas il y a 3 mois, mais depuis, leur démo Deathlike Invasion tourne régulièrement chez moi, et chaque fois, je prends mon pied. Pourquoi ? Comme ses membres le disent, ils font du « vrai metal » - puisant dans les années 80 et la richesse et la robustesse, l'efficacité des releases de cette époque. Slaughter Messiah s'en sert pour concevoir un metal extrême riche des divers courants extrêmes du Metal, aux reflets de Black et Thrash Metal. Malgré ce qu'ils en pensent, les 5 pistes de Deathlike Invasion possèdent une bonne production.
Après une intro digne d'un film d'horreur déboule Slaughter Messiah – et de suite l'on comprend que l'on va passer un excellent moment, même si la démo est courte (vivement l'album !). Car les riffs sont vraiment délicieux, efficaces et font facilement headbanger. A l'aide d'un batteur qui a un jeu franchement bandant (simple, direct, et sans fioritures – il rappelle Fenriz !), le trio construit des pistes ramenant l'esprit à 200 km/h dans les opus des années 80 si chéries... Slaughter Messiah travaille ainsi nettement plus l'aspect Metal que Black – on verra bien quel côté il accentuera dans son premier album ! Les vocaux de Lord Sabathan sont parfaits pour ce genre de release. Peut-être sa basse devrait-elle ronronner plus fort. C'est vrai que l'ensemble est un peu sous-produit, mais le son est clair : en fin de compte, il donne un cachet rétro jouissif, et ça ne me dérangerait pas qu'il reste ainsi à l'avenir...
Revenons aux pistes suivantes : N.W.O.B.H.M. (New Wave of Belgian Heavy Metal) fait forcément penser à ce que Darkthrone a proposé dans cet esprit les dernières années. Cette piste est un peu plus speed que la précédente, mais également plus riche musicalement. Les plans s’enchaînent à merveille : quel pied... ! Si Slaughter Messiah n'invente pas la poudre, qu'est-ce qu'il s'en sert bien ! Ces gars-là s'y connaissent en Metal, pour sûr, ou alors je dois tout réapprendre. Le groupe poursuit donc sur sa lancée avec Visual Agression, qui donne plus que les autres dans le Thrash/Death. Toujours autant de bon feeling !!! Pour finir, le trio belge dépoussière un vieux squelette un peu trop oublié, en reprenant Terrorizer et son Dead Shall Rise : du Death Metal de Floride des premières aubes du genre !! Excellent ! Un choix surprenant. J'aurai aimé un récent-vieux Darkthrone comme en concert, mais pourquoi pas, Slaughter Messiah démontrant ainsi qu'il ne se limite pas musicalement – et surtout pas dans son plaisir !
Bref, la démo est petite, mais tellement bonne que je me devais de rendre tous les honneurs à Slaughter Messiah ! J'attends de pied ferme le LP !! Lecteurs, vous savez ce qui vous reste à faire !
SLAUGHTER MESSIAH - Primaire, Dévastateur et Direct !
Voilà l'une des meilleures interviews qu'un groupe m'ait consacré depuis mes débuts dans l'underground ! Ces gars-là sont super, ils ont oublié d'être bête, et sont de vrais fans de Metal ! Forcément, leur Metal va de pair avec leur personnalité – voici une formation qu'il va falloir garder à l'oreille !!!
Hailz ! Bienvenue en Enfer ! Connaissez-vous l’Enfer les gars ?
J'ai découvert Slaughter Messiah en concert. Ce qui m'a attiré, c'est le côté « metal old school » du trio. Mais avant d'aborder cela, quand, où, comment s'est formé Slaughter Messiah ? Qui sont ses membres ? Quels sont vos âges respectifs ?
Elliot Spencer: Slaughter Messiah s’est formé vers la fin de 2008 entre Flobecq et Lessines en Belgique. Le groupe s’est formé comme beaucoup d’autres, par une volonté conjointe de botter des culs. Au départ il y avait Iron Bitch Desecrator à la guitare et moi-même au chant et à la batterie. En l’espace de quelques répétitions, nous tenions neuf chansons mais n’étions toujours que deux… Il faut savoir que l’endroit où nous habitons est pauvre en musiciens, particulièrement pour jouer du heavy metal, nous avons été contraints dans un premier temps de jouer avec des musiciens moyens dont nous nous sommes rapidement séparés… Ce n’est qu’au début de 2011 que Lord Sabathan a intégré le groupe, il venait a l’époque de quitter Dawn of Crucifixion et sa compagne l’a convaincu de venir faire un essai avec nous car nous étions justement a la recherche d’un bassiste et d’un chanteur. A la place, nous avons eu un bassiste chanteur, ce qui n’était pas plus mal! Voilà l’histoire, pour faire court… Le groupe est donc composé depuis 2011 de Lord Sabathan (41 ans), Iron Bitch Desecrator (25 ans) et moi-meme, Elliot Spencer (25 ans).
Iron Bitch Desecrator: Salut à toi. Avant tout, merci de nous donner l'occasion de nous exprimer à travers ces lignes.
Voilà, Elliot a plus ou moins tout résumé. A la formation de Slaughter Messiah, nous nous connaissions déjà mais ne pouvions pas nous supporter à vrai dire... Mais notre volonté de fonder un groupe sérieux et notre désarroi devant l’impossibilité de trouver des musiciens compétents nous ont en quelque sorte forcé à surmonter la haine viscérale que nous éprouvions l’un envers l’autre à l'époque. Nous avons donc planifié une jam-session, et même si l’ambiance était très tendue, le résultat était au-delà de nos espérances, nous avons donc décidé de poursuivre ce que nous venions de commencer… Les années 2009 et 2010 marquent de nombreux changements de line-up mais nous avons fini par virer tout le monde car de nombreux désaccords et compromis nous avaient déjà trop éloignés de notre objectif initial: créer un groupe de black metal.
Lord Sabathan: Ce fut pour moi un réel plaisir d’avoir été sollicité et d’introduire Slaughter Messiah, j’avais besoin d’enfin reprendre le poste de bassiste/chanteur/frontman, et de pratiquer le black metal que j’appréhende depuis bien des années, le vrai celui que je ne me lasserai jamais de jouer.
La démo Deathlike Invasion possède un excellent son : où a-t-elle été enregistrée ?
E. S. : La demo a été enregistrée en France, avec les moyens du bord, chez Terry Fire qui est le chanteur de l’autre groupe de Lord Sabathan : Horacle. En ce qui me concerne, j’aurais aimé que la batterie ressorte davantage dans l’enregistrement, mais dans l’ensemble nous sommes satisfaits, ce n'est qu'une demo. Terry est un bon gars qui a fait du bon travail.
I. B. D. : A vrai dire, nos avis sont partagés concernant ce premier essai…
C’est marrant que tu trouves le son excellent car personnellement, je ne suis pas vraiment satisfait du résultat global… On a enregistré « à l’arrache »… Les problèmes rencontrés, le manque de temps et de matériel ne nous ont pas permis de réaliser ce que nous voulions vraiment.
Mais ce n’est qu’une première démo et je ne regrette pas l’expérience car Terry s’est vraiment défoncé pour nous. A un moment plus ou moins désespéré, il aurait pu dire : "Okay, on arrête le massacre"... mais il est allé jusqu'au bout. C’était un plaisir de bosser avec lui.
L. S. : Exact, j’avais demandé à Terry si il pouvait nous dépanner pour faire une première demo car nous n’avions aucun budget pour aller en studio, et comme tout le monde le sait, les studios ne sont pas bon marché, donc Terry Fire, qui n’est autre que le chanteur de HORACLE (mon second groupe de heavy/speed metal) nous a dépanné sur ce coup là, encore un grand merçi à lui!
Comment ont été reçues/perçues vos démos jusqu'ici ?
E. S. : Les quelques demos que nous avons vendues pour l’instant ont reçu un très bon accueil. Elles marquent le retour de Lord Sabathan au chant, avec sa voix si caractéristique et unique.
I. B. D. : Je me demande parfois pourquoi mais effectivement, les premières démos distribuées ont reçu un très bon accueil.
L. S. : La version officielle de la demo n’est pas encore disponible sur le marché underground, seules 25 copies promotionnelles faites par mes soins et destinées aux labels ont été distribuées. Certaines ont été achetées par des gens et rien qu'avec ça, les retombées sont déjà phénoménales... pourtant les nouveaux morceaux sur lesquels nous travaillons actuellement sont de loin supérieurs aux titres de ce premier essai, quant à mon retour au chant lors de l’enregistrement, je fus étonné que ma voix soit restée intacte après autant d’années sans l'entretenir.
Quel est le but de Slaughter Messiah ? Deathlike Invasion renvoie à tous les genres du Metal : Heavy, Speed/Thrash, Black et même Death avec la reprise de Terrorizer... Slaughter Messiah n'a pas un style – son style consiste à jouer de tous !
E. S. : Lorsque Lord Sabathan est arrivé dans le groupe, nous avons jeté beaucoup de nos anciennes compositions à la poubelle pour en réécrire d’autres. Les premières chansons, celles présentes sur la demo, sont effectivement un mélange de tous ces styles… Nos chansons actuelles sont plus techniques et violentes, nous en avons testé quelques-unes sur scène et les réactions sont au-delà de ce que nous espérions. Je pense que nous avons finalement trouvé notre ligne directrice, notre identité, nous évoluons à présent dans un registre black/thrash et les quelques compositions plus death metal restantes feront l’objet d’un EP qui devrait sortir, je l'espère, dans les prochains mois.
I. B. D. : Notre but ? Botter des culs... Et entre autres, nous allons tenter de remonter un peu le niveau de la scène metal en Wallonie. Les groupes de « foires aux boudins » infectent la scène depuis déjà trop longtemps...
La variété musicale à laquelle tu fais allusion peut s'expliquer simplement : les morceaux étaient déjà presque terminés au moment où Lord Sabathan avait intégré le groupe et à ce moment là, nous n'avions pas encore réellement trouvé de ligne directrice. Nos derniers morceaux sont tous bien plus homogènes que ceux de la démo.
L. S. : Me concernant, ma réponse va être simple et directe, je retrouve dans Slaughter Messiah, tout ce qui avait à l’époque influencé Enthroned quand nous avions formé le groupe, Cernunnos et moi-même, en 1993. J'y ai retrouvé les mêmes influences, le même aspect, les même convictions, la même image… bref, du metal comme il se doit d'être, avec l’esprit rock‘n’roll au premier plan, tout ce charme et cette culture qui ont disparu au fil du temps après la mort de Cernunnos... Tous ces éléments que tu retrouve dans la musique de Slaughter Messiah ne sont que le reflet de notre culture, de ce que nous vivons et écoutons depuis toujours, c'est-à-dire du metal, du vrai, peu importe qu’il soit heavy, speed, thrash, death ou black, du moment que l’esprit et l’honnêteté des groupes que nous écoutons (j’écoute également The Who, Pink Floyd, et d'autres groupes sans qui ni le hard rock ni le metal n’auraient existé), défient toutes les modes stupides et débiles dont notre musique est victime depuis la fin des années '80, cela fait partie de notre foi et de notre mode de vie.
Darkthrone déclare jouer de la New Wave of Black Heavy Metal et vous de la Belgian eheh ! Dites-nous en plus à ce sujet ? Qu'est-ce que ce « Black Heavy Metal », musicalement ?
E. S. : Quand nous avions terminé d’écrire « N. W. O. B. H. M. », nous n’avions toujours pas de titre, ni d’idées pour le texte de la chanson… C’est Iron Bitch Desecrator qui a eu l’idée de l’appeler comme cela car elle parle de la vieille scène metal belge et de quelques groupes plus actuels qui sont pour nous des valeurs sûres…
I. B. D. : Nous n'avons pas la prétention d'appartenir à l'étiquette du "black heavy metal". Nous nous contentons simplement de jouer du black metal. Le titre et le texte de ce morceau sont un simple clin d'oeil aux groupes qui nous ont influencé à un moment donné pendant l'écriture du morceau.
L. S. : Exactement, comme Elliot le décrit ce morceau est un hommage à tous les groupes belges qui nous ont influencés et ceux que nous soutenons, quant à Darkthrone, je ne peux que te remercier pour la comparaison, car Fenriz est un des personnages du genre que je respecte le plus avec Quorthon de Bathory, et Euronymous de Mayhem, heureusement qu’il en reste des pareils comme je le dis toujours, et de jeunes groupes qui s’en inspirent, sans quoi le black metal serait définitivement mort actuellement et continuerait à souffrir du débordement de groupes de mauvaise qualité, avec leur extrémisme religieux en avant-plan et la musique et culture rock'n'roll loin derrière ou pire : inexistante !!
On entend bien d'autres formations résonner au travers de Slaughter Messiah !! Peut-on avoir une dizaine (ou plus) de noms qui ont fortement influencé le groupe ?
E.S. : C’est une question difficile pour moi, car ce n’est pas quelque chose à laquelle je réfléchis quand nous composons. Ce n’est qu’après coup que je me dis que telle chose ressemble à Nifelheim, Darkthrone ou Grotesque, pour ne citer qu’eux… Les premiers albums d’Enthroned sont également une source d’inspiration non négligeable. En tant que batteur, mes influences principales sont Neil Peart de Rush (le plus grand groupe de tous les temps), Robb Reiner d'Anvil ainsi que certains jazzmen comme Buddy Rich pour ne citer qu'eux...
I.B.D. : Idem, quand je compose, je n'essaye pas spécialement de sonner comme tel ou tel groupe... Ça vient naturellement. Enfin, pour répondre à ta question et au risque de ne pas paraître original: Bathory, Enthroned, Dissection, Darkthrone, Morbid Angel, Nifelheim, Kreator, Destroyer 666, Infernäl Mäjesty, Tormentor et Morbid font certainement partie des groupes qui m’influencent le plus.
L. S. : Pareil qu'Elliot et Iron Bitch Desecrator sur ce sujet, mais mes principales influences, celles auxquelles je pense toujours quand je compose, n’ont pas changé depuis Enthroned et il s’agit entre autres de RUSH, IRON MAIDEN, VENOM, BATHORY, JUDAS PRIEST, MOTÖRHEAD, BLACK SABBATH, RUNNING WILD, le vieux MAYHEM (avec Euronymous), MORBID ANGEL, DARKTHRONE… et bien d’autres également…
Slaughter Messiah est pour moi impossible à rattacher à un style, sauf au genre du « Metal Old School » des années 80, donc du Heavy au Black. Je défends l'idée pourtant que le style « old school » est une création des années 2000 – car en fin de compte, dans les années 80, tout le monde s'en fichait plus moins de ce qu'il jouait... Aujourd'hui pas mal de groupes veulent jouer « old school » ! Que pensez-vous de cette idée-là ?
E. S. : Pour moi le heavy metal « old school » n’a jamais cessé d’exister, il y a juste les groupes qui sont « metal » et ceux qui ne le sont pas… il ne suffit pas d’y ressembler pour être qualifié comme tel. Ce n’est pas parce que certains groupes se vendent chez des disquaires metal qu’ils sont pour autant des formations de metal, c’est simplement parce qu’il n’y a aucun autre endroit susceptible de vendre ces groupes… Nirvana n’est pas à proprement parler un groupe de metal, mais tu peux les trouver à peu près chez n’importe quel disquaire vendant ce genre de musique… Ce qu’on appelle actuellement le « old school » n’est rien d’autre que le seul vrai metal, ce qu’il aurait toujours dû rester.
I. B. D. : Tout comme Elliot, je pense que le terme "metal old school" est une étiquette de plus. Évidemment, les repères sont nécessaires, on ne peut pas mettre tous les genres dans le même sac, mais ce qu'on appelle le "old school", c'est le metal tel qu'il doit sonner pour être considéré en tant que tel... Il y a soit les groupes qui font du metal, soit ceux qui font de la merde...
L. S. : Pour ma part, je pense que c’est super que de jeunes gars nés dans les années '80 pratiquent ce style avec la même image et les même convictions. J’adore ces jeunes formations telles que CRUEL FORCE, DELIRIMUM TREMENS, KETZER, HELLISH CROSSFIRE, ENFORCER, PORTRAIT, IN SOLITUDE, WITCHING HOUR, CHILDREN OF TECHNOLOGY, etc… on retrouve vraiment cet esprit qui s’était quelque peu évaporé dans les années '90 et début 2000. Concernant ma personne je ne peux pas dire que je fais du old school étant donné que j’ai connu et vécu les années '80 au sein de la scène metal. Mon premier groupe MORBID DEATH remonte à 1987, donc je dirais davantage que SLAUGHTER MESSIAH joue du metal supposé être et supposé avoir toujours été au-delà des modes qui ont pourri ce style au fil de ces 20 dernières années.
Slaughter Messiah reprend Darkthrone en concert ! Pourquoi Too Old, Too Cold ? Que pensez-vous du Darkthrone d'aujourd'hui ? Pourquoi a-t-il abandonné le black metal pour ce qu'il joue aujourd'hui ? Pourquoi avoir choisi cette reprise-là, tandis qu'il y en a bien d'autres toutes aussi bonnes (jouez Oath Minus ou The Cult of Goliath pour moi la prochaine fois eheh!)
E. S. : Nous avons choisi de reprendre « Too Old, Too Cold » parce que les paroles de cette chanson reflètent notre état d’esprit. C’est une sorte de « Fuck Off » à toutes les personnes qui pensent que le black actuel surpasse le black originel, car sans ces formations le black d’aujourd’hui n’existerait même pas, beaucoup semblent l’oublier… Il est normal que tu respectes des groupes comme Venom ou Bathory si tu joues du black metal, tout comme il est normal de respecter tes grands-parents. Je pense que Darkthrone n’a jamais abandonné le black metal, il l’a fait évoluer! Le black metal de maintenant est devenu cliché, tous les groupes veulent avoir leur « Transylvanian Hunger », tous les groupes veulent faire la même musique, tous les groupes veulent se ressembler… Les gars de Darkthrone sont de vrais fans de metal, ils connaissent son histoire et ont de multiples influences, il était temps que le black évolue ou sa mort était imminente… Darkthrone, dans une certaine mesure, a sauvé le black metal, il l’a fait revenir a ses sources, au rock’n’roll… Je ne pense pas que ces types aient besoin de sniffer de la poudre pour faire de la musique.
Et puis à propos de poudre, quand tu y réfléchis, c'était compréhensible d'en prendre dans les années '60 et '70 sur des tournées interminables pour tenir le coup, mais ne me dis pas qu'actuellement tu as besoin de ça en faisant un concert ou deux par mois... c'est juste pour se montrer.
I. B. D. : La messe est dite, amen.
L. S. : Voilà, Elliot a tout expliqué. Quand ils m’ont proposé de reprendre ce morceau de DARKTHRONE, j’ai tout de suite accepté pour les raisons que j’explique ci-dessus concernant Fenriz, qui est pour moi une icône incontournable; mais je ressens aussi en jouant ce morceau, probablement comme Fenriz quand il l’a écrit, le besoin d’exprimer mon mépris envers toutes ses formations de pseudo black metal pauvre en qualité musicale, sans aucune culture rock‘n’roll ni même metal, pour qui l'aspect religieux, le "Moi, je suis supérieur à toi", le "Moi, je suis plus extrême, je me mutile, je me drogue et je suis respectable", le "Moi, je suis un grand connaisseur en science occulte" et le « m’as-tu vu » sont plus importants, tout ce que je hais et rejette le plus, ce que j’ai toujours gerbé du fond de mes tripes depuis toujours !!
Comment se déroule les répétitions et enregistrements ?
I. B. D. : Nous répétons une fois par semaine, mais quand nous entrons en phase de composition, il arrive que je répète 3 à 4 fois par semaine avec Elliot pour avancer plus rapidement. Nous n'habitons pas très loin l'un de l'autre, ce qui est, comme tu t'en doutes, assez pratique.
Le processus de composition est souvent le même: quand je juge avoir suffisamment de riffs et un bon début de structure, je ramène le tout en répétition. Elliot place les rythmes à sa guise et la structure prend une forme plus définitive. A ce stade, Sabathan écrit et place le texte. Finalement, les idées d'arrangements viennent clôturer les morceaux au fil des répétitions.
Nous n'avons pour l'instant qu'une seule expérience d'enregistrement en commun et nous manquons donc de points de comparaisons pour répondre à la seconde partie de ta question.
E. S. Comme il l'a dit, nous essayons de répéter une fois par semaine. Nous enregistrons à chaque fois une version primitive de notre chanson, sur laquelle nous venons greffer les différents éléments manquants, comme les solos par exemple...
L. S. : Nous répétons dans la bonne humeur et le bon sens, comme je n’ai plus rien connu de tel depuis des années... L’ambiance parfaite pour faire du bon boulot.
Est-ce que le satanisme possède un rôle particulier dans votre musique – ou bien est-il présent pour le fun et l'image ? Que pensez-vous du satanisme ?
I. B. D. Oui, le satanisme joue un rôle particulier dans Slaughter Messiah, mais nos points de vue respectifs à ce sujet sont très différents et surtout très intimes… Nous nous contentons donc d'utiliser un satanisme volontairement bestial et primaire, par pure provocation à l'encontre des nombreuses institutions aux croyances obsolètes et ridicules. On n'a pas envie de tomber dans la prostitution spirituelle en étalant nos véritables convictions comme le font trop de groupes... Musique et spiritualité sont deux choses très différentes et je pense qu'à partir d'un certain point, mélanger les deux n'est pas très bon pour ta propre crédibilité.
Personnellement, je reconnais l'immense puissance du pouvoir de la foi et des convictions sincères, quelles qu'elles soient. Ce sur quoi je crache avant tout, c'est sur ceux qui ne croient en rien car l'absence de foi est un gouffre vers une vie médiocre et dépourvue de sens. Comme pourrait on se surpasser si l'on ne croit en rien...?
Mais je méprise également les fidèles de toutes les doctrines obsolètes et dépassées, car leur dévotion, aussi sincère soit-elle, ne permet pas un épanouissement total à cause des barrières qui contrôlent la force de leur volonté. Ce sont les esclaves de la fausse lumière et les lâches qui se sont réfugiés dans une liberté insouciante et confortable mais contrôlée... Ils acceptent à bras ouverts de subir car réfléchir par eux-mêmes n'est pas à leur portée...
Se libérer de ceci, c'est parvenir à canaliser une volonté de fer, animée d'une foi sans barrières, qui permet de percevoir et de réaliser ce qu'ils appellent tous "l'impossible". A ce moment-là, il n'existe plus aucune vérité objective en dehors de nos propres perceptions. Ce qui fait que toutes choses deviennent vraies parce que possibles, et la croyance devient alors une force qui peut être utilisée à volonté et sans limites plutôt que de manière inconsciente parce que contrôlée. L'élévation passe par la connaissance de son "moi" véritable, qui donne la force de contribuer à la disharmonie des énergies chaotiques dans le cosmos. C'est l'essence même de la flamme noire, susceptible d'animer tout un chacun et de notre potentielle condition divine révélée qui entre en parfaite opposition avec tout les dogmes liés aux idoles de pierre érigées par l'Homme faible...
Mais je vais m'arrêter ici, car ma vision du sujet est trop personnelle pour être jetée en pâture à de parfaits inconnus. C'est pour cette raison que ma façon de concevoir les choses est indépendante de Slaughter Messiah.
E. S. J’ai reçu une éducation chrétienne par mes grands-parents et arrières grands-parents, des gens qui même s’ils étaient chrétiens respectaient les choix et croyances des autres… Je me suis plus ou moins éloigné de la religion pendant un certain temps, j’ai rencontré des anticléricaux primaires qui me répétaient sans cesse que Dieu et la Bible n’étaient que foutaise, tout ça parce que ces personnes n’étaient pas capables de réfléchir et choisissaient la solution de facilité, celle du déni… Je préfère parler avec des chrétiens ou toute autre personne ayant des convictions fortes, quelles qu’elles soient, plutôt qu’avec des connards d’athées stupides. Que tu crois en une religion ou pas n’est pas le plus important, le plus important est de trouver ton propre chemin. On peut être une personne spirituelle sans croire en quelque chose, tu vois ce que je veux dire…? Dieu et Satan sont des symboles représentant des puissances cosmiques allant au-delà de tout ce que tu peux imaginer. Personne ne devrait prendre ça a la légère. Il y a le Paradis de Satan, son Enfer, et par dessus tout, le Chaos.
L. S. : Pour moi rien n’a changé, j’ai toujours été égal à moi-même et ai toujours ressenti les même croyances depuis toujours. Ça restera toujours pour moi un sujet très intime qui ne regarde que moi, je n’ai pas besoin d’étaler mes croyances au travers de mes textes, c’est quelque chose de personnel.
Quand j’écris des textes, que ce soit pour Slaughter Messiah comme pour Horacle, on peut bien entendu ressentir mes croyances mais jamais, au grand jamais, je n’endoctrinerai les auditeurs et nos fans avec ça, là n’est pas le but... le but est de leur donner de quoi s’évader de la vie au quotidien, de quoi leur faire passer un bon moment, donc je suis pour ma part une force positive, en aucun cas un élément destructeur poussant au suicide, à la débauche, à la drogue et à tous ses débordements. Le satanisme n'est pour moi rien de tout ça, le vrai satanisme aspire au respect d’autrui, à la logique et au bon sens, il s’oppose concrètement à toutes ces religions monothéistes qui ne font que détruire l’esprit des humains et l’atrophier depuis des milliers d’années.
L'image justement : celle-ci va de pair avec Slaughter Messiah !! Que voulez-vous véhiculer avec celle-ci ?
E. S. : Nous faisons de la musique extrême, si nous nous déguisions en Teletubbies, ça n’aurait pas le même impact… L’image d’un groupe compte énormément, c’est de la communication… Dans notre coin, certains groupes se revendiquent black metal et jouent en training ou en kilt avec ces stupides cornes à boire qui leur pendent à la ceinture. Nous, on préfère laisser ça aux tarlouzes avec des T-shirts Finntroll, Korpiklanii, et autres conneries… Nous cherchons simplement à véhiculer l’image du vrai black metal pour répondre à ta question.
L. S. : C’est simple, notre image est la même que ceux qui ont créé le black metal fin des années '70, début '80… Je me verrais mal habillé en smoking, ou en short/casquette hehehehe!! Notre image est de toute façon le reflet de nous-même, nous sommes comme ça dans la vie de tous les jours. Nous ne sommes pas ce genre de groupes qui se déguisent pour monter sur scène et qu'on peut croiser en concerts ou ailleurs habillés comme des employés de banques ou tout simplement "fashion style" hahahahahaha!!
Sur quoi bosse actuellement Slaughter Messiah ? De nouveaux disques
E. S. : Nous répétons en ce moment les trois morceaux qui finiront sur notre prochain EP, plus de tout nouveaux morceaux que nous jouerons seulement en Automne. Les trois quarts de l’album sont terminés et nous espérons évidemment trouver un label sérieux qui acceptera de le sortir.
I. B. D. : Nous avons effectivement déjà bien avancé pour l'album. Je suis impatient d'y arriver parce que ce sont de très loin nos meilleurs morceaux, car de secondes parties de guitares y sont intégrées... Le tout sonne bien plus travaillé et marque vraiment ce que nous proposerons dorénavant.
A ce propos, nous sommes sur le point d'intégrer un second guitariste pour pourvoir reproduire tout ça en live. A la base, nous avions pensé à deux personnes, la première a décliné par manque de temps. Pour notre plus grand plaisir, la seconde s'est proposée d'elle-même suite à une annonce que nous avions postée. Nous gardons plus ou moins le secret sur son identité jusqu'à son retour de "vacances".
Quels sont les prochains concerts que vont donner le groupe – et ceux auxquels il va assister ???
E. S. : Nous jouerons le 05 Mai au « Skull Session Festival » a Oostrozebeke et le 12 Mai au « Svartfest III » a Oostende (interview réalisée avant ces dates, depuis passées). D’autres dates sont prévues pour la fin de l’année avec des groupes qui tuent, mais je ne dirai rien tant que ce ne soit pas sûr a 100%... J’aimerais aller voir Michael Schenker le 08 Mai a Vosselaar et Overkill le 18 Octobre a Antwerpen. Je serai au prochain Hell's Pleasure, entre-autres.
I.B.D. : Le Svartfest III est d'ailleurs notre dernier concert pour le moment, nous n'acceptons plus aucune date jusqu'en Septembre. Les raisons sont les suivantes: nous préférons nous concentrer sur la distribution de la démo, l'enregistrement de l'EP, la composition de l'album et l'intégration de notre nouveau guitariste.
De mon côté, niveau concert, ce qui est sûr c'est le Throne Fest, le Hell's Pleasure et le Party San. Sinon, j'aimerais aussi voir Diocletian à Strasbourg fin Mai et Gospel of the Horns fin Juin à Valenciennes. Il y a aussi l'Australian Invasion en Août à Londres avec une affiche parfaite...
L. S. : Les prochains concerts auxquels j’assisterai seront JUDAS PRIEST et SAXON à la Lotto Arena à Anvers, ensuite les mêmes qu'Elliot cite ci-dessus, mais aussi le Heavy Metal Overkill en Allemagne avec JAGUAR, AVENGER, DIE HARD, KETZER, GOSPEL OF THE HORNS, BLIZZARD, BACKWATER… et un tas d’autres, rien que du bon son avec une bonne mentalité. Ensuite viendront le fameux Hell’s Pleasure en Allemagne suivi du Headbangers Open Air toujours en Allemagne. Ensuite le 04 Août à Londres pour l’Australian Invasion avec HOBBS ANGEL OF DEATH, DESTROYER 666, ASSAULTER, VOMITOR, GOSPEL OF THE HORNS… tout ce que nos adorons aussi bien musicalement que culturellement.
Quels groupes belges ou locaux Slaughter Messiah soutient-il ? Et chez les français ?
E.S. : Gae Bolga, Goat Perversör, Evil Shepherd, Nemesis Irae, Spermafrost, Irony et pleins d'autres formations de gens que nous connaissons et apprécions... Je ne connais presque aucun groupe français, mais j’aime Excruciate 666 qui mériterait d’aller plus loin tant leur musique est bonne.
I. B. D. : Nous soutenons premièrement Spermafrost, Goat Perversör, Nemesis Irae, Irony, Evil Shepherd et Gae Bolga. En ce qui concerne la France: Excruciate 666, Karne, Necrowretch, Manzer, etc...
L. S. : Les groupes belges que je soutiens sont SPERMAFROST, GAE BOLGA, EVIL INVADERS, EVIL SHEPHERD, AGUYNGUERRAN, et bien sûr les plus anciens comme ANCIENT RITES, OSTROGOTH, CROSSFIRE, ACID, BLACK SHEPHERD, TARGET, pour ne citer qu’eux mais aussi un tas d’autres, la liste est longue car j’adore notre scène. En groupes français il y en a une chiée aussi tel que MANZER, RESISTANCE, BLOODY SIGN (R. I.P.), NEHEMAH (R. I. P.), MERCYLESS (content de les voir de retour), INFINITE TRANSLATION, KARNE, NECROWRETCH, AFFLICTION GATES, LONEWOLF, LORD et encore bien d’autres, sans oublier les anciens MASSACRA, les vieux LOUDBLAST, AGGRESSOR, BLASPHEME, H-BOMB, SORTILEGE, TITAN, CATACOMB, DISABLED, DEATH POWER... J'ai toujours adoré la scène old school death metal française ainsi que la scène heavy metal et thrash. La scène black m’a beaucoup moins inspiré du fait que trop de groupes se la jouent extrémistes et primaires.
Jouez-vous dans d'autres formations ?
E. S. : Pas pour l’instant.
I. B. D. : Moi non plus même si j'ai pour projet de monter un groupe de black/death violent, lourd et poisseux avec pour sources d'inspirations Beherit, Blasphemy et Archgoat. Le problème est encore une fois de trouver des membres intéressés, capables, sérieux et motivés...
L. S. : Je suis également le bassiste de HORACLE, le groupe de heavy/speed metal que j’ai formé après mon départ d’Enthroned en 2007, nous avons déjà sorti un EP 4 titres qui continue à bien se vendre malgré le fait qu'il soit autoproduit. Nous avons déjà pas mal de bons concerts à notre actif, notamment en Allemagne où nous avons ouvert pour SKULL FIST et IRON KOBRA. Nous allons entrer en studio très prochainement pour y enregistrer un 7" EP comprenant deux nouveaux morceaux et sommes également en train de bosser sur un album qui devrait être enregistré dans le courant de 2013, tout comme celui de SLAUGHTER MESSIAH.
Je suis d'origine flamande entre autres... J'adore les bières belges et d'ailleurs, j'ai vécu 25 ans à côté de Menin... Mes bières préférées : Rochefort 10, Westmalle, Chimay, et ce genre d'excellentes bières... Et vous, quelles sont les vôtres ?
E. S. : Sans te mentir, j’ai bu des milliers de bières belges. La bière est une de mes passions et je peux aller très loin, dans des micro-brasseries perdues au fond de la campagne, juste pour en découvrir de nouvelles, mon but est de toutes les boire, ce qui risque d’être difficile…! Iron Bitch Desecrator et moi buvons chaque jour de la Rochefort 8, la plus équilibrée et la plus savoureuse des bières de Rochefort. S’il-vous-plait, amis français, ne buvez pas de Leffe, aucune amertume, bourrée d’additifs, de sucre et de tout ce qu’il ne faut pas mettre dans une bière!!
I. B. D. : Je ne suis pas aussi "passionné" par la bière qu’Elliot même si j'aime beaucoup "lui prêter main forte" dans sa quête. La Rochefort 8 est de loin ma bière préférée. Cependant, j'ajouterais à la liste des mes bières favorites du moment la Hercule, la St. Idesbald triple, la West Vleteren brune, la XX Bitter, la Klokke Roeland, la Floreffe triple et la Blanche de Namur.
L. S. : Pareil pour moi, j’ai bu beaucoup de bières belges. Mes préférées sont la Trappiste de Chimay, la Rochefort 8, la Grimbergen, la Barbar, ... il n’y a vraiment que l’Orval que je n’arrive pas à boire, elle est trop amère pour moi.
La Belgique (et ses bières!) va-t-elle résister aux différentes crises eheh ?
E. S. : Certains feraient bien d’en boire plus.
I. B. D. : Si tu fais allusion à une potentielle scission Wallonie-Flandres, j'espère bien, parce qu'avec votre nouveau président au pouvoir, je n'ai pas vraiment envie d'être rattaché à la France...
Quels sont les trois adjectifs qui résument le mieux l'esprit de Slaughter Messiah ?
E. S. : Primaire, destructeur, persévérant.
L. S. : Rock‘n’roll, puissant, dévastateur.
I. B. D. : Bestial, intolérant et direct. Haha, okay ça en fait neuf...
J'ai passé un bon moment en concert comme chez moi à écouter Slaughter Messiah ! Merci et au plaisir de se croiser pour descendre des bières ! Et vivement les prochaines releases !! Mon anthologie du black metal donne pas mal de références sur le black old school ! Les derniers mots sont à vous !
E. S. : C’est nous qui te remercions, Guudrath! Merci de croire en Slaughter Messiah. Le meilleur arrive seulement…
I. B. D. : Encore merci à toi. Je ne manquerai pas de lire ton anthologie. Concernant Slaughter Messiah : the best is yet to come, beware...
L. S. : Merçi à toi Guudrath, merci pour ton support et comme le disent mes amis ici-même: le meilleur reste a venir ! Si vous avez à l’époque adoré les albums d’Enthroned avec mon chant, écoutez et supportez Slaughter Messiah, c’est la continuation de ce que j’aurais voulu faire d'Enthroned après Regie Sathanas : A Tribute to Cernunnos... Horns up to the Metal!!!
ALIENANTE DAMNATION - Le Chantre du Charnier (2012)
ALIENANTE DAMNATION (Belgique)
Le Chantre du Charnier, 2012 – Ars Funebris Records/ Voicea Succubus
ALIENANTE DAMNATION est la dernière incarnation en date de R.O.P.S, que l'on a entendu dans moult de ses side-projects, tels Vociferian, Lüger, Conjürator, Gotholocaust, etc. Pour qui connaît le travail de ce passionné de metal extrême, il n'y aura guère de surprise avec Le Chantre du Charnier. Ce premier opus rend très bien compte des aptitudes du multi-instrumentiste qu'il est : tout est extrêmement bien joué, agencé, articulé, produit – et il fait tout, sauf l'artwork confié à ce génie qu'est Mark Riddick. Voilà du pur metal extrême (du death metal pendant les 8 premiers titres, avant de s'orienter vers un black metal suédois des 90's) joué avec une intégrité en béton armé. Et avec des textes en français qui ne dépareillent nullement. Les vocaux les retranscrivent bien, tout en gardant une haine communicative. Bref, techniquement, il n'y a rien à reprocher à R.O.P.S.
La première partie du Chantre du Charnier est donc axée sur l'USD Death Metal des années 90, c'est-à-dire efficace, direct, sans fioriture et malsain. On pense surtout à Angelcorpse, Incantation. On ne retient pas de titres en particulier, mais il y a des passages purement jouissifs et bien sentis, servis par des textes tout à fait délicieux... Les noms des pistes sont d'ailleurs très évocateurs ! La seconde partie (9 à 14) se réfère plus au black metal suédois des années 90, et cette fois-ci, l'on pense à Marduk et compagnie – même si R.O.P.S. a du mal à se départir du death. Il y a quand même u paquet de riffs implacables typiques du style de black joué et là aussi, ça fait du bien par là où ça passe. En fin de compte, on peut voir Le Chantre du Charnier comme un excellent hommage aux années 90 du metal extrême et de ce qu'aime ce bouc de R.O.P.S.
Même si Aliénante Damnation ne révolutionne rien, ce qu'il fait il le fait très très bien : il ranime ainsi fièrement la vieille flamme noire... Tout ce que compte cet album, c'est ce que son auteur aime le plus et compose le mieux. Gloire à lui ! Il sera toujours le bienvenu dans La Voix des Ombres !
ALIENANTE DAMNATION - Lyrique, Bestial & Déshumanisé...
ALIENANTE DAMNATION ne pouvait que m'attirer : je suis le parcours de son auteur depuis ses débuts. Il était temps de lui donner la parole - plus qu'intéressante par ailleurs !
Hailz ! Bienvenue en Enfer ! R.O.P.S, cela fait un paquet d'années que je te suis, car tu es très présent, très productif au sein de l'underground. Tu as eu de multiples groupes, comme Lüger, Gotholocaust, Conjürator et Vociferian, pour ceux que je connais le plus. Quel regard portes-tu sur ton passé musical ? En es-tu fier ? De quoi es-tu déçu ?
Salutations à toi, Guudrath ! Tout d’abord, je te remercie pour ton soutien de longue date aux impies dédicacions que j’ai exécuté dans le passé. J’ai mis autant de noirceur, de rage et de ma personne dans chacune de mes œuvres. Je suis satisfait de tout ce que j’ai produit car tout est vrai. Rien n’est calculé pour plaire et être « bankable » dans le microcosme du black metal underground. Ce que j’ai coutume de produire est un morceau de mon âme, un tourment dans sa fondation la plus brute que j’offre à l’auditeur.
Le regard que je porte sur mon passé musical ne peut être objectif, bien sûr. Néanmoins, je donne constamment mon maximum pour conférer le plus de sens et de profondeur à ce que je fais. Pour moi, l’intégrité doit être présente dans la musique et en particulier dans un art sans compromis comme le black metal. Je m’assure aussi de créer quelques chose de vraiment abouti.
Chaque projet, au moment de sa création, devait être, ça s’imposait à moi. Je ne suis déçu de rien. Si ce n’est des autres, de la difficulté croissante avec le temps d’être sorti. Les labels petits et grands souffrent réellement du téléchargement.
Quand et pourquoi avoir fondé Aliéante Damnation ? Pourquoi ne pas avoir gardé un groupe précédent pour sortir Le Chantre du Charnier ? Quelles différences musicales fais-tu entre Aliénante Damnation et les autres noms que j'ai cité ?
J’ai fondé AD dans le gel de novembre 2010. Pour ma part, une direction musicale et conceptuelle est une entité, une identité propre. Je ne peux nommer VOCIFERIAN, ce que je nomme AD. Musicalement, avec AD j’ai voulu produire un black metal à la fois brutal, bestial et tranché comme l’est le black death. Des paroles poétiques dans un français approfondi que je qualifierais de « baudeleriennes ». Et également tendre vers des phases plus mélodiques comme certains groupes scandinaves avaient l’habitude de le faire dans les 90’s (MARDUK, VINTERLAND, SETHERIAL). Toutes ces facettes, leur complémentarité et surtout leurs côté diamétralement opposés sont ce qui fait AD, un oxymore contrastant et déchaîné. Le tout magistralement illustré dans le packaging produit par MARK RIDDICK.
Quels sont les retours pour le moment en ce qui concerne l'album ?
Les retours sont bons. Les ventes en ces temps difficiles pour le disque ne sont pas mauvaises même si bien entendu je ne fais pas de la musique pour l’argent. La diffusion est bonne mais il y a beaucoup de travail derrière et j’ai dû retrousser mes manches pour que les choses bougent en ce sens, ça ne tombe pas tout cuit du ciel… La promo pour cet opus aura été au moins aussi harassante que la composition, l’enregistrement, le mastering ou encore la recherche d’un label stable sérieux et intègre. Unlight (sous label de Drakkar Prod) s’est intéressé à l’album mais souhaitait que j’investisse à hauteur de la moitié (au moins) des frais de productions pour le sortir… j’investis beaucoup dans ma musique (instruments, matériels de sonorisations et d’enregistrements etc…), je ne pouvais donc me résigner à ce genre de ‘deal’. Heureusement Ars Funebris a également été d’accord de produire un CD complet avec livret 16 pages, car il était aussi primordial pour moi que l’album comporte les paroles.
Le Chantre du Charnier a clairement somme source d'inspiration le death metal dans les premiers titres, plus que le black metal que l'on entend ensuite... On pense pas mal à des groupes étasuniens bien connus comme Angelcorpse, Revenge, etc... Ce style-là quoi. Sinon des groupes de black norvégiens des années 90. Qu'est-ce qui t'a inspiré pour cet album ?
Je suis clairement le fruit de la scène black death old school US des 90’s. J’ai été et reste un énorme auditeur du genre. Il n’est donc pas étonnant que ça se sente dans ma musique. Je n’ai jamais mis de barrières à mes influences. Elles se sentent dans mes créations, sans jamais plagier ce qui me plaît, ça va de soi. Je suis heureux que tu m’en parles car je me sens bien plus proche de groupe comme ANGELCORPSE et pour en citer des « noms US », je te parlerais aussi d’ABOMINATOR ou d’IMPIET , ce sont des piliers pour moi. En fait, ils exécutent des choses tranchées et claires, sans tortiller, si je puis dire. Contrairement à des « groupes » comme LES DISCRETS ou ALCEST avec lesquels je ne me sens aucunes affiliations même si nous écrivons tous en français. Je ne comprends pas vraiment le besoin de faire partie d’une sphère sombre et crasseuse comme le black quand on fait de la « pop » éthérée et doucereuse.
J’ai également été influencé par des groupes tels que MORBOSIDAD qui écrivent dans leur langue, comme AD, ou bien sur, des groupes scandinaves des 90’s : DARK FUNERAL, MARDUK.
Le Chantre du charnier est un album concept sur une réelle progression, qui part sur un axe du black death bestial jusqu’au 8eme titre « vêpres du gerasien possédé » qui constitue une sorte de plage transitoire (plus mid tempo) et à partir de là, les titres s’agrémentent de plus de mélodies (certes discrètes car je ne suis pas pour les attributs kitsch) jusqu’à « suprême râle » qui est le titre le plus long et qui lui, laisse dévoiler un sens mélodique accru. La rareté des mélodies dans la généralité de l’album est souhaitée pour mettre celles qui sont présentes en exergue.
Cherches-tu la personnalité – ou juste à faire du metal extrême ? Quelles sont tes ambitions ? Tu n'as pas envie de composer quelque chose comme un Enthrone Darkness Triumphant ?
Je ne suis pas à la recherche de personnalité, j’ai 30 ans, je suis dans le metal depuis plus de 20 ans et il ne fait pas ma vie entière. La musique est un fil conducteur dans ma vie, certes, mais ce n’est pas tout pour moi. Il faut, je pense, avoir du recul pour tout. Je ne suis pas non plus dans la course à l’extrême ! Je laisse tout ça aux autres. Comme je l’ai exposé plus tôt. Il s’agit de livrer une production personnelle, qui vient du tréfonds de moi-même et que j’ai besoin de sortir. La composition pour moi est une expérience cathartique, qui me confine et m’occupe entièrement, dans ces moments, je suis dans un véritable processus personnel qui n’a rien de calculé. C’est par la suite que je remodèle les choses avec un œil plus critique et que je mets les choses dans un ordre qui me semble plus esthétique. Mais dans l’expression d’une réelle identité.
Qu'y-a-t'il d'extrêmement important à saisir au sujet d'Aliénante Damnation ?
Qu’il s’agit d’une œuvre à part, d’un fragment d’art sombre et rare. Dont la brutalité et la noirceur font l’intérêt. Toute proportion gardée, je ne connais pas d’autre groupe de brutal black death chanté en français, réalisé, composé et enregistré par une seule personne. En cela, je pense qu’AD est précurseur.
Aliénante Damnation est bien loin de Slaughter Messiah par exemple ! Connais-tu ce groupe ? Quelle différences d'approches vois-tu entre vous ?
Oui, je connais ce groupe. Bien plus old school, Sabathan est un enfant du speed metal. J’adore cet aspect de la scène également. Goatholocaust est également un précurseur d’un certain renouveau du Black/Thrash… Mais AD n’est pas de cette veine là, bien plus proche de Conqueror ou Impaled Nazarene (early).
Avec les années et ton expérience, quel regard porte-stu sur le metal extrême depuis 1990 ?
Un œil nostalgique pour les 10 premières années qui se transforme en un œil critique pour les 10 dernières années !!!
Tu joues, encore une fois de tous les instruments : que penses-tu de l'expérience « à plusieurs » ? Comment t'es-tu mis à jouer de tous les instruments ?
Cette expérience s’est avérée plusieurs fois désastreuse. Déçu par des personnes vides et sans convictions, présentes juste pour leur petite personne et non dévoués à cet art en réalité. Je suis certainement également trop tyrannique et j’ai du mal à faire des compromis, je dois faire les choses pour et à moi-même… si je ne suis pas satisfait c’est la même chose au moins il n’y a qu’à moi que je puisse le reprocher et c’est mieux ainsi je pense.
Qu'est-ce que tu mets de toi dans ce que tu crées – je veux dire, de ce qu'il y a tout au fond de toi ?
De la haine, de la colère, du mépris, de l’inspiration et une « dédication » complète à ce qui m’habite.
Comment t'y prends-tu pour composer tes titres ? Et quand et comment les enregistres-tu ?
Pour AD, la composition s’est étendue sur plusieurs années, suite à l’arrêt de VOCIFERIAN en 2009, après 10 ans de loyaux services. Dès lors des riffs et mélodies ainsi que des bribes de poésie noire me sont venues… mais pas en une fois, en plusieurs frappes sur ces dernières années. Un peu comme on chasse des esprits pour s’en prémunir… mais rien n’y fait ils reviennent toujours et le travail doit au final être accompli coûte que coûte. Voila dans quel état d’esprit j’ai commencé à écrire la musique et les textes pour ensuite m’adonner pleinement à l’enregistrement de l’opus. J’avoue avoir plus travaillé et pris plus de temps pour satisfaire la puissance de cette œuvre que par le passé ou les sessions instrumentales par exemple étaient bien plus spontanées lors de leur capture (« UHDU » de Vociferian ou encore « Kill Worship Die » de LÜGER ont été enregistré sur le temps d’une demi journée pour les sessions instrumentales). J’ai également divisé les phases de répétitions et d’enregistrement en 2 lieux distinctes, chose que je ne faisais pas avant : tout était auparavant enregistré dans mon studio personnel en France.
Le satanisme a-t-il une place dans ta musique ?
Plus qu’une place, un crédo ! Sans l’essence même de cette musique à quoi cette musique servirait-elle ? A mon sens le Satanisme est un ‘relativisme profond’, une réelle question posée. Et c’est en cela qu’il demeure un sujet inépuisable et inébranlable. Nous sommes tous des saints céphalophores à la recherche de nos têtes déchues… AD est simplement l’une des têtes de cette hydre génitrice de maux qu’on appelle ‘religion’.
Lyriquement, de quoi parlent les textes ? Contre qui portes-tu ta haine ? Quels sont les « comptes » que tu as à régler ?
Comme tout le monde je pense avoir mes compte à régler avec l’ ‘origine’, le père, la mère… le vieux monde, cloaque de vidanges humaines, de cloportes et autres bassesses et aliénations gangreneuses. La sainteté et sa promotion ‘gloriolesque’, ses guerres et surtout la faiblesse des cyniques et leurs profondes infériorités. AD c’est une haine déplacée, convoitée car rédemptrice, un paroxysme, un climax de soufre, une brumes si épaisse qu’on a du mal à y desceller la moindre âme qui vive… et pourtant l’étendard flotte au-delà et triomphe…
Parles-nous de l'artwork : comment en es-tu venu à demander à Riddick de le réaliser ? La pochette est « superbe » !
Cette couverture est un réel ‘don’. J’étais à la recherche d’un dessinateur pour réaliser une pochette plus personnelle qu’un simple « photo-montage ». Je connaissais très bien l’œuvre de Mark, aussi j’ai décidé de le contacter… connaissant lui aussi déjà bien mon travail il a traité ma demande avec beaucoup de dignité et de respect. J’ai donc pu lui faire part de mes inspirations pour le visuel, que ce soit pour la pochette ou le livret tout entier. Que ce soit de l’allégorie du ‘Chantre Du Charnier’ au dos du jewel-case jusqu’au cadre au panthéon en décrépitude… il a tout si parfaitement réalisé… merci de donner cette occasion de souligner ce travail magistral ! Pour la cover l’idée était aussi de rendre un certaine hommage à ‘Les Epaves’ le recueil de Charles Baudelaire qui avait été illustré par Félicien Rops. R.O.P.S. est en réalité un cryptage du nom de ce célèbre artiste Belge qui a réalisé un fascinant parcourt à travers la peinture et la gravure… et dont nous autres connaissons beaucoup de ses œuvres détournés par la scène BM sur les pochette de disque… ses inspirations étant très proche de la scène : mort, sexe, satanisme, guerre, religion…
Fais-tu, vas-tu faire des concerts ? Vas-tu en concert ?
On me pose souvent cette question. Je ne suis pas contre cette opportunité, seulement je suis seul aux commandes de cette embarcation infernale. Aussi mon expérience personnelle m’a démontré la douloureuse déception que peux représenter le risque d’inclure d’autre ‘musiciens’ dans mes créations et d’autant plus pour les interprétés sur scène. Le live est une question délicate dans le BM je trouve, on peut souvent être réellement enthousiasmé par l’écoute d’un bon disque au final redouté la duperie d’un mauvais live de la même formation. Un des meilleurs live de BM que j’ai vu est celui de NEHEMAH en 2002 leur toute première tournée après Light Of A Dead Star, une ambiance insaisissable…
Quels groupes soutiens-tu particulièrement ? Et lesquels admires-tu inconditionnellement ?
Il serait vraiment pénible et difficile d’énoncer tous les groupes que je soutiens ou suis depuis bien, bien longtemps. Mais je respect par exemple énormément Morgan Hakanson pour sa longévité et son inconditionnalité suprême… c’est de ces guerriers sans vergogne ni pseudo prestige dont la scène a et aura toujours besoin. Certes l’originalité et l’audace ne sont pas toujours de mise dans un registre où tout est très codifié… mais en même temps n’est-ce pas ce qu’on attend du black metal en somme ?
Qu'est-ce que tu prépares d'autres dans l'année comme autres releases ?
Un t shirt sorti via VOICEA SUCCUBUS PRODS.
Le Logo Shaped Patch d’AD est également disponible dès maintenant chez WARHEMIC PRODS (NY-USA).
Pour AD l’album sortira au format VINYL LP chez Apocalyptic Empire Records (Norvège) courant MAI/JUIN, avec une pochette alternative complète de Mark RIDDICK une nouvelle fois pour faire de cette sortie VINYL une pièce UNIQUE !!! Le label sortira également un autre T-Shirt en même temps que le LP (arborant des visuels figurant sur le 33 Tours).
Il y aura d’autre sorties du groupe que j’ai engendré avec Mark RIDDICK justement : MACABRA.
Un split 7’EP que j’ai baptisé ‘In Quarantine With Death’ avec COFFINS (Jp), il y a aussi un autre split avec FATHER BEFOULED de prévu pour cette année… et un autre matériel est en cours de préparation.
Peux-tu résumer la personnalité d'Aliénante Damnation en me donnant trois adjectifs ?
LYRIQUE, BESTIAL, DESHUMANISE
Comment se procure-t-on Le Chantre du Charnier ?
Je conseille aux intéressés de se rendre sur le cite de ARS FUNEBRIS RECORDS, le label qui me produit :
http://www.arsfunebrisrecordsshop.com/catalog/product_info.php?products_id=711
Qu'as-tu écouté pendant que tu écrivais ?
Domenico Scarlatti, Grieg, Johannes Ockeghem.
Je pense qu'il y a de quoi se faire plaisir en écoutant Le Chantre du Charnier ! L'interview se termine ici – les derniers mots sont pour Aliénante Damnation ! Bonne continuation et merci de ton passage dans La Voix des Ombres !
SPIRITUALIA SUB METAPHORIS CORPORALIUM.
WOLVES OF THE UNDERGOUND (asso Valenciennes)
WOLVES OF THE UNDERGROUND est une jeune association organisatrice de concerts sur Valenciennes. Jeune, mais néanmoins très active ! Découverte lors du concert où tout le monde put assister à une excellente prestation de TSJUDER (entre autres) début mars, je me suis empressé de lui poser quelques questions... pour le soutien d'abord, mais aussi pour connaître quelques-unes de ses recettes !
Hailz Xav ! J'ai découvert Wolves of the Underground (WotU) lors du concert que tu organisais samedi 03 mars à la péniche Igelrock de Valenciennes, où l'on a pu voir Dezhumanizer, Slaughter Messiah, Hats Barn, Endezzma, et TSJUDER !!!
Avant de parler de ce très bon concert, que peux-tu nous dire de toi ? Comme tu sembles seul derrière WotU, j'aimerai de ne pas revenir à l'une de tes dates en me disant que tu es un vieux pervers et que tu vas m’abîmer le cul ! Bon, plus sérieusement, que peut-on savoir de toi ? Tu es marié, avec 5 enfants, tu as fais un MBA ?
Salut Alex ! Avant de commencer à parler de W.O.T.U., je souhaite te remercier pour ton soutien et l’entrevue que tu m’accordes !!
Que peut-on savoir de moi ? Bah pas grand-chose en faire héhé ! Pas marié, pas d’enfant, pas de MBA
Plus sérieusement, je suis un passionné de metal, de concerts et autres joyeusetés de ce milieu, et j’essaie de faire vivre cette scène, au même titre que de nombreuses assos, en faisant venir dans ma région (Nord) des groupes que l’on a que trop peu l’occasion de voir !
Quel metalhead es-tu ? Quel est ta « formation » en matière de Metal ? Par quoi as-tu commencé, et comment en es-tu venu à écouter ce qui tourne chez toi aujourd'hui ?
J’ai commencé à écouter du metal au milieu des années 90’, vers 15-16 ans, avec les Sepultura, Pantera, Maiden, ACDC, Guns et autres Machine Head. Rien de très extrême on va dire !
Par la suite, vers le début des années 2000, je suis tombé dans le Black en faisant la connaissance des mecs de Excruciate 666, mes grands potos !
Et à partir de ce moment, je n’en suis plus vraiment sorti, même si je ne me cantonne pas uniquement au metal dans ce que j’écoute, car aussi surprenant que ça puisse paraitre, je suis un fan de reggae également !
Et enfin : comment, quand, où s'est créé WotU ? Quelle fut l'impulsion première ?
W.O.T.U. a vu le jour le 22 janvier 2011, ma première date, à l’occasion de la tournée française du groupe Old Black, accompagnés des nordistes Dark Managarm et Edremerion.
Avant cela, j’ai intégré le label Kaos Productions (tenu par Morgraven de Excruciate 666 et OBX de Phobos), juste en tant que membre pour filer un coup de main.
Le virus a pris de l’ampleur, et mon plus gros souvenir de cette époque reste d’avoir fait venir Inquisition et Setherial en septembre 2011, avec Excruciate 666 en ouverture … et là, la Tuerie totale !!!
Du coup, il me fallait mon asso, mon bébé, et W.O.T.U. a vu le jour dans mon esprit ce soir-là ! La suite, on la connait héhé !
Combien de dates as-tu réalisé jusqu'ici ? En combien de temps ? Le rythme est bon ?
Dès le début, j’ai voulu instaurer un rythme de barge, et au cours des 6 premiers mois de l’année, 10 dates ont eu lieu, toutes à Valenciennes (Péniche Igelrock) et 1 à Lille (la Chimère).
Il y eut entre autres Septic Flesh, Disgorge, Demonical, Profanal, Brutal Rebirth, Angantyr, Monarque, Lugubrum, …
En second semestre, j’ai fait 2 dates, dont 1 avec les allemands Debauchery.
Cette année, la cadence reste un peu la même puisque 12 dates sont programmées entre janvier et juillet (Endstille, Tsjuder, Grave Desecrator, Gospel of the Horns, Temple of Baal, Seth, Glorior Belli, Belenos, Forteresse, Numen, …)
Quelle est la pire affiche que tu aies faite ? Celui qui a marché le moins ? Quelle leçon en as-tu retiré ?
Difficile à répondre, car toutes les dates m’ont apporté quelque chose !
Certaines ont eu une affluence très faible (30 personnes pour Debauchery par exemple), mais les rencontres et la motiv des zikos étaient excellentes !
Quelle est l'affiche qui a le mieux fonctionné ?
En terme d’affluence, les dates avec Septic Flesh et Tsjuder ont été les plus grosses (environ 140-150 chacune), cependant celles dont je garde de meilleurs souvenirs ne sont pas forcément celles-ci.
Les rencontres et les afters avec les mecs de Profanal, Disgorge, Monarque, Endstille, Grave Desecrator entre autre constituent des moments tellement forts et inoubliables qu’ils ont plus de valeur pour moi que des dates avec une salle blindée !
Rentres-tu à chaque fois dans tes frais ? Où vas-tu chercher les sous pour l'organisation ?
La question héhé ! J’investis mon argent perso dans chacune de ces orgas, et la rentabilité n’est pas très bonnes haha ! Mais bon, je reste un passionné, et je préfère y claquer ma thune plutôt qu’aller la lâcher ailleurs, question de point de vue tu me diras !
A quoi ressemble une journée de concert pour toi - du matin jusqu'à ce que tu sois dans ton lit ?
C’est la course !!!
Les dernières réservations à prendre, les courses à fignoler, se rendre à la salle, recevoir les groupes, etc … ça n’arrête pas de 10h du mat’ à 18h quand le public arrive … et ensuite, dès le début de la soirée, la cadence reste la même héhé !
J’ai pris pour habitude de fermer la caisse dès que la tête d’affiche entre en scène, et à partir de ce moment-là, je prends mon pied en allant me joindre au public !
Avant, et après une date, que passe-t-il pour toi ?
L’enchainement des concert est tel que dès le lendemain d’une date, je suis déjà braqué sur la prochaine, en général 1 à 2 semaine après, donc pas trop le temps de pavoiser :p
Il y a la satisfaction du travail terminé, mais il faut rapidement se remettre au taf !!
Comment s'effectue la prise de contact avec les groupes ? Comment montes-tu une affiche ? Quand te dis-tu : « c'est bon je l'arrête là, elle sera bonne » ?
Je construis mes affiches en partant d’une tête d’affiche, jusque-là rien d’anormal, et j’y intègre toujours des groupes locaux et français/belges.
En général, je suis contacté pour les principaux groupes de la soirée, et je contacte les autres pour proposer de se joindre au plateau.
Je marche beaucoup au feeling, au relationnel avec les zikos, donc si le courant passe bien, c’est banco !
Quels groupes rêves-tu de faire venir ?
Deströyer 666 !!!!!
J’ai failli l’an dernier, le contact était ok, les conditions et la date fixées, puis du jour au lendemain plus rien, plus aucune nouvelle … donc bon, même si je rêve de les faire jouer, j’en garde un souvenir amer.
J’aimerais également faire Nargaroth, Dark Funeral, Watain (a failli se faire aussi, mais pour des raisons de sécurité liées à la pyrotechnie, j’ai dû me résoudre à abandonner …), Immortal (soyons fous haha), etc …
Raconte-nous quelques anecdotes ! Sur des groupes, ou des metalheads qui assistent au concert ?
J’ai pas vraiment d’anecdote au sujet des artistes ou du public, peut-être que d’ici 1 an ou 2 j’aurais des choses croustillantes à te raconter :p
Quelles grosses difficultés as-tu rencontré jusque ici ?
La principale difficulté reste financière, car comme je te disais plus haut, j’investis mon argent perso et mon compte n’est pas celui d’un milliardaire, je suis au chôm depuis 1 an et demi, donc bon …
Comment fais-tu ta promo ?
Via le net (myspace autrefois, facebook aujourd’hui), flyers, affiches, enfin du classique !
L'organisation de concerts, j'ai aussi bien donné ! Comment ça se passe avec les voisins et les autorités ?
Ça se passe sans encombre jusqu’à présent, bon j’ai la mauvaise habitude de ne jamais finir à l’heure, mais aucun problème avec voisins ou autorité jusqu’à maintenant !
Tu fais jouer à la péniche... Si un metalhead bien éméché tombe dans la flotte... ? Et se noie ? OU si tout brûle, metalheads avec... ? Tu n'as pas de sueurs froides parfois ?
Pas vraiment, disons que je ne peux pas gérer l’orga et le public en même temps ! Je touche du bois, car seule une basse a fini sa course dans l’Escault jusqu’à maintenant haha !!
Que regrettes-tu ? De quoi es-tu le plus fier ? En as-tu marre ou au contraire, as-tu la rage de poursuivre l'aventure ?
Je ne regrette rien, même les dates où j’ai pu perdre beaucoup !
La rage de poursuivre passe avant tout, je reste fier de mon parcours car comme tu as pu lire précédemment, j’ai amené W.OT.U. là où il est en étant seul !
As-tu besoin de soutien ? Financiers, matériels, humains ?
Le seul soutien dont j’ai besoin est celui du public !
Que peux-tu dire au lecteur/spectateur, s'il veut que les concerts soient de meilleure qualité et surtout, qu'ils perdurent ???
De se bouger le cul et de venir soutenir sa scène !
Qu'as-tu pensé du concert du 03 mars ?
Des bons groupes, du monde, des potes !
As-tu écouté quelque chose pendant cette interview ? Quels sont les 5 derniers disques que tu écoutes en boucle ?
J’suis un grand fan de Elffor, du black sympho ambient medieval (ouf …), j’en écoute à foison !!!
Les 5 derniers skeuds que je me suis écouté en boucle ? euh, Powerage d’ACDC, Dance of Death de Maiden, Riding Fires of Hate de Excruciate 666, en voilà au mopoins 3 dont je me souvienne haha !
On arrête là pour aujourd'hui ! Quels sont tes dernières paroles, huhu ?
Support the Underground !!!
Prochainement
Prochaines interviews (plus reviews) de :
- Maxime TACCARDI (artworks)
- THE GREAT OLD ONES
- URZAMOTH
- KOSMOS
- NEMESIS IRAE ?
- MANZER
- ATTRALIA
- ARMAGEDDON
- MELTED SPACE
- IN MORTIS VERITAS
- EMANES METAL RECORDS
- EVOHE ?
- TAPHOPHILIA ?
plus tard : ODIUM
SEKTEMTUM - Aut Caesar, Aut Nihil (2012)
SEKTEMTUM (France)
Aut Caesar, Aut Nihil – 2012, Osmose Productions
Le Black Metal n'est plus ce qu'il était (lire mon anthologie à ce sujet !), ou n'a jamais été ce qu'il devait être.
Sektemtum qui rassemble des membres de divers groupes extrêmes, dont Meyhn'ach, lui fait un beau pied de nez : en effet, ce serait trop facile de dire que Sektemtum fasse du black metal. Il en fait un à sa sauce, avant tout. C'est assez cynique que Meyhna'ch, qui a cristallisé toute l'essence la plus noire et cruelle du black metal avec Mütiilation, fasse les vocaux pour Sektemtum, qui lui n'en joue pas vraiment... Ici, le black metal de base est distendu, faisant appel à divers éléments du metal moderne, à un mid-tempo pas trop soutenu (parfois, ça blaste un peu), à des riffs par trop entendus (typiques de ces groupes parisiens bien connus)... Sektemtum pioche même du côté du Sludge et Southern Rock (« Exquirsis » par exemple) ! On pense aussi, parfois à Immortal (et d'autres Norvégiens).
Sektemtum, s'il construit avec efficacité ses compositions, puissantes, carrées, joue bien. On ne s'ennuie guère. L'on passe même un bon moment. Mais l'on n'est guère agressé, violenté, embourbé. Sektemtum se fait plaisir – nous fait plaisir. Il prend ses libertés et puis même, s'en fiche de ce qu'il résulte de sa musique – il a joué, composé, voilà le résultat, fuck off and die !! Du coup, Sektemtum n'apporte rien de bien réellement neuf, ce constat accentué par une production moderne et puissante. C'est assez entendu, conventionnel... Mais ce n'est pas mauvais pour autant. Les libertés prises par Sektemtum avec le Black Metal lui font, en fin de compte, cogner sur les limites des autres genres métalliques...
Il y a toutefois une démarche artistique derrière tout ça, et ue réelle volonté de transgresser les codes du black metal pour aborder le « sex, drugs and rock'n'roll » que l'on voit dans le clip du titre éponyme... La SeKt se veut populaire (non élitiste donc), moderne et technologique – très adaptée à notre univers, à sa réalité donc (et non à son fantasme). La vie est trash, les gens sont des putes, et l'on crème la vie par les deux bouts. Les mecs de Sektemtum prennent du bon temps, assument tout et osent.
SEKTEMTUM – les Fils de Putes !
Un certain buzz s'est créé autour de Sektemtum, car il rassemble quelques têtes connues du Black ! Notamment Meyhna'ch ! Est-ce lui qui a fondé Sektemtum ? Sinon, comment et quand s'est formé le groupe ? Restera-t-il une simple réunion musicale, pour un seul disque, ou bien est-il prévu de tracer toute une carrière ? Quelle est la volonté de ses membres ?
Rvrnd Prck : Sektemtum est un projet qui a été crée par PLCD et moi-même, Meyhna’ch a enregistré la voix principale, mais il n'est pas l'auteur des textes.
Sektemtum pourrait bien poursuivre son chemin, cela dépendra de notre désir, de nos moyens. Pour le moment on se concentre sur l’album que l’on vient de sortir, pour un premier disque je crois qu’on peut être fier du résultat.
Le buzz et les polémiques, ont rendu le projet attractif, pourvue que ça dure…
Comment a été reçu jusqu’ici Aut Caesar, Aut Nihil, par la critique comme par les auditeurs ?
Rvrnd prck : Les critiques sont pour la plupart bonnes, malgré l’acharnement et les débats stériles des geeks et des mongoliens présents sur le net. Qui d’ailleurs n’ouvrent jamais leur gueule lorsqu’on les rencontre.
Certains aiment, d’autres détestent, cependant les opinions changent, ceux qui hier trouvaient notre démarche arrogante, commencent à comprendre l’essentiel de notre message…
Comment Sektemtum décrit-il ce que l'on entend dans Aut Caesar, Aut Nihil ? Est-ce du black metal ? Est-ce que je me trompe si j'y entends pas mal de southern rock/sludge ? Quelle est l'idée quant à la « direction musicale » de Sektemtum ?
Rvrnd Prck : Je crois qu’en tant que musiciens, on ne se pose pas toutes ces questions. Ce genre d’initiatives inintéressantes est souvent l’œuvre des journalistes et du public qui ont besoin de repères. Sans cela il semblerait que leurs cerveaux puissent exploser. La question du genre, ne trouvera aucun écho favorable, écoutez le disque, appréciez le, ce sera suffisant.
Je n'ai jamais écouté de Sludge ou de Southern rock, je suis certain qu'il en est de même pour les autres membres du groupe.
Quand ont commencé les premières répétitions et les premiers enregistrements ? Comment s'est construit cet album ? Comment a-t-il été composé ?
Rvrnd Prck : Nous avons composé et enregistré l’album en moins de 6 mois, de novembre 2009 à avril 2010. La spontanéité est la pierre angulaire propre à chacun de nos projets.
PLCD est celui qui a participé à l’essentiel de la composition, il est rapide, efficace, réactif et il accepte sans mal ce qu’on pense de son travail. Il ne manque pas d’idées, il suffit juste parfois d’orienter sa vision et de la rendre plus précise. Mon rôle est de rassembler les idées et de trouver les partenaires adéquats.
Qu'est-ce que Sektemtum veut inspirer comme images aux esprits des auditeurs ? Que veut-il faire d'eux ?
Rvrnd Prck : jouer un style, s’amuser avec ses codes, les détruire, rien n’a de valeur à nos yeux. Rire, voilà ce qui compte le plus. Le Metal est un genre souvent risible, le genre se meurt victime de ses supercheries, de son folklore, de sa médiocrité. Le genre plait surtout aux ados, aux geeks, au cas sociaux. Ils cachent leurs difficultés sous du maquillage, des clous et des déguisements. Une fois encore ils s’imaginent faire partie d’une élite qui méprise le monde dans lequel ils vivent.
Le Metal voit son cortège d’aigris, de racisme ancestral, d’idées courtes, défiler fièrement…
Qu'est-ce qui pourrit en Sektemtum et lui donne l'envie de le faire saisir aux auditeurs ?
Rvrnd Prck : Rien ne pourrit, tout se sublime.
Peut-on avoir un rapide aperçu des titres du disque ? Que racontent les textes ?
Rvrnd Prck : Le plus simple reste d’acheter le disque et de lire les paroles.
Qui a réalisé l'artwork ?
Rvrnd Prck : L’artwork est une idée du groupe, la réalisation a été faite par une graphiste montpelliéraine.
Sektemtum s'est-il inspiré de groupes en particulier ?
Rvrnd Prck : Nos références sont vastes, impossible de t’offrir un panel de nos influences. Quand au disque je suppose qu’on peut y trouver toutes sortes d’inspirations, on a rien inventé, mais notre musique à quelque chose d’original dans l’interprétation et dans la forme.
Quelle est l'actualité des six prochains mois pour Sektemtum ? Ferez-vous des concerts ?
Rvrnd Prck : Je cherche actuellement des tourneurs, on va peut-être enregistrer un prochain album, les idées ne manquent pas, reste à trouver de quoi les réaliser.
Qu'est-ce que ne fera jamais Sektemtum ?
Rvrnd Prck : Nous n’avons pas de principes, on ne s’impose aucune règle particulière.
Quels sont les trois adjectifs qui définissent le mieux la personnalité de Sektemtum ?
Fils de putes.
Qu'est-ce qui a donné envie à Sektemtum d’apparaître dans les colonnes de La Voix des Ombres ? Ses membres la connaissent-ils ?
Rvrnd Prck : Il me semble que c’est toi qui nous a proposé cette interview, tu nous poses des questions on y répond. Peu importe qui est le magazine intéressé. La promo fait partie du jeu, au début c’est rigolo, puis ça devient vite ennuyeux. Les interviews s’enchaînent, et se ressemblent. Certaines sont plus intéressantes que d’autres.
Personnellement je ne connais pas la voix des ombres, je ne crois pas qu’aucun d’entre nous ne connaisse ce fanzine. On ne lit pas la presse spécialisée, on ne fréquente pas le milieu.
Quelque chose à rajouter pour défendre l'album ? Personnellement, je le trouve très bon, mais il ne faut pas y chercher beaucoup de black metal dedans.
Rvrnd Prck : On a fait cet album parce que nous en avions envie, nous sommes fiers du résultat, nous voulions semer le doute, c’est réussi. On n’a pas fait de démo pourrie, aucun concert, juste un album avec les meilleurs. Un album populaire, en quelques semaines. Que tous ceux qui nous crachent dessus se rassurent, nous vous avons écrasé.
Nous ne l’avons pas fait pour la gloire, l’intégrité, nous l’avons fait pour rire, irriter, mentir, se contredire et trahir…
Un dernier mot pour les lecteurs et les futurs auditeurs de Aut Caesar, Aut Nihil ?
Rvrnd Prck : Love us we as scorn you.
Hailz! Volume 1 of the Anthology of black metal (book written in French) is now available from the publisher Camion Blanc, and on Amazon! http://www.amazon.fr/Anthologie-du-black-m%C3%A9tal-1/dp/2357791861/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1334072743&sr=8-1
Le Tome 1 de l' Anthologie du black metal sort le 16 avril sur Amazon : http://www.amazon.fr/Anthologie-du-black-m%C3%A9tal-1/dp/2357791861/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1334072743&sr=8-1
Sortie du T1
Camion Blanc m'annonce que le T1 :
- sortira vers le 20 avril sur Amazon et Fnac.com
- 15 jours plus tard en librairie.
Le Tome 1 de l'Anthologie du black metal sera en librairie dès le 4 ou 5 avril.
Sur Amazon le 20 avril.
Le prix serait de 34 €.
Le Tome 2 sortira aux mêmes dates... en mai.
La couverture du T1 est visible sur la page facebook de l'auteur :
http://www.facebook.com/profile.php?id=100001639291298
(si ça marche pour la photo directe (?) :
http://www.facebook.com/photo.php?fbid= ... =1&theater)
Alexandre Guudrath
Sortie du T1
Hailz !
La sortie du Tome 1 de mon Anthologie du black metal est fixée aux alentours :
- du 4 ou 5 avril pour les librairies.
- du 15 ou 20 avril pour Amazon et compagnie.
Le T2 est en cours de finalisation.
NARTVIND - Ruinous (2010)
NARTVIND (Belgique)
Ruinous – 2010, Grievantee
Même si l'on apprend qu'Until Their Ruins (2002) a été composé et enregistré dans l'urgence, dans ce besoin d'exorciser la haine et toute la noirceur, il n'empêche que les ambiances ténébreuses qui en ressortent m'ont toujours électrisé. Until Their Ruins n'est pas un chef-d’œuvre incontournable, mais il est intéressant, il est accrocheur et parfois, l'on tombe dans son abîme infernale sans s'en rendre compte... C'est un bon opus de black metal garage et underground, sorti des tripes, hypnotique, qui sent bon la poussière des millénaires passés et la haine présente...
Et il a fallu attendre, patienter, se poser des questions pour qu'enfin Nartvind compose Ruinous et que le grec Evil Rising le publie, en 2010. Ruinous propose un style de black metal qui n'a rien d'original – mais qui est tout à fait savoureux. De toutes façons, Nartvind l'assume. Il est traditionaliste. C'est vrai que ses influences sont prégnantes, tant dans le style que dans les atmosphères mystiques, ou bien la production : on pense à Darkthrone, Burzum, Forest et Branikald. C'est évident. C'est parfois, sur certains passages, presque du plagiat, du copié-collé. Mais Nartvind fait cela excellemment bien, tout en l'assumant, le revendiquant. D'ailleurs, avant même que l'on se mette en contact pour l'interview, j'avais hésité à mettre Ruinous dans l'anthologie du black metal. Ruinous n'y est pas car Branikald et Forest sont déjà dans le bouquin.
L'opus est vraiment bon. Nartvind a parfaitement travaillé ses ambiances, ses plans, pour que Ruinous soit vraiment un excellent disque. On plonge dans un bain de sang millénaire, dépressif, hypnotique, poussiéreux là encore. Les vocaux sont ceux d'un corbeau, ou d'un macchabée. Cela manque peut-être d'agressivité, ou de haine. Mais peut-être pas : car ce n'est pas ce que cherche ici Nartvind. Nartvind nous emmène encore plus loin qu'avec son premier opus dans les abîmes et les tourments noirâtres de l'humain. On touche le fond. La dépression. Le néant et l'absurde... Tout le tragique de l'existence, et son corollaire de souffrances.
Le manque de personnalité, même si c'est là un superbe hommage, a retiré à Nartvind la possibilité de créer un précédent, une référence d'un style propre. Toutefois, Nartvind a pour lui de très bien connaître ce qu'il joue, et ses références. Il sait ce qu'il fait et le fait très bien. En vérité, pour qui goûte et apprécie le black metal ancien ou passéiste, il n'y a rien à reprocher à Ruinous.
Bravo Nartvind, et vivement le suivant !
NARTVIND – Obscur, obscur, obscur...
NARTVIND fait l'honneur à La Voix des Ombres de lui offrir sa première interview depuis sa création ! Nartvind est une formation belge fondée en 2001. Elle a produit deux full-length jusque ici.
Hailz ! Bienvenue en Enfer ! Nartvind a son petit nom, sa petite place dans l'underground, et ses fans. Mais tous ne le connaissent pas, que peux-tu nous dire de Nartvind ? Quelle est son histoire ? Que veut dire Nartvind ?
Salut et merci de nous accorder ces quelques lignes.
En 2002, Ghoul (guitare et chant) et moi-même (batterie et chant) avions décidé de commencer à composer et enregistrer de la musique dans un style résolument « black metal ». Depuis plusieurs années nous étions baignés et fascinés par des groupes tels que Burzum et Darkthrone mais aussi Mütiilation et Inquisition (que je venais de découvrir en 2001 lors de leur concert à Ieper en Belgique). C’était un univers musical et idéologique avec lequel nous avions quelques affinités. Tout s’est alors passé de façon très naturelle : nous nous sommes mis à composer et enregistrer chaque morceau l’un après l’autre sans nous poser de question au sujet des structures ou de l’exécution. Et en une semaine nous avions bouclé les 8 morceaux que tu trouves sur notre demo Until their Ruin. Demo enregistrée avec notre enregistreur-cassette domestique et donc en une seule piste. Voici pourquoi certains pensent avoir affaire à un enregistrement de répétition.
Le nom « Nartvind » est grossièrement calqué sur Nachtwind qui signifie « vent de nuit ».
Pourquoi du black metal, et pas du death ?
Je n’ai rien contre le death metal mais je ne peux accrocher ni musicalement ni idéologiquement à ce style. Le black metal est une influence et le seul terreau duquel je parviens à faire croître les pires pensées qui me hantent l’esprit.
Comment décrirais-tu Nartvind ? C'est une formation foncièrement intimiste, introspective...
D’abord, Nartvind est un exercice qui me permet de mettre à jour de manière musicale ce que je crois être le fruit de ma pensée tourmentée. Ensuite, c’est devenu plus qu’un tel exercice : Nartvind devient une entité autonome qui trace ses propres courbes et dont je n’ai qu’à suivre le mouvement. Bref, c’est un projet dont l’identité dépasse les limites que je lui avais fixées au départ.
Comment ont été reçus les deux albums, Until Their Ruin en 2002 et Ruinous en 2010 ?
D’abord je dois préciser que Until their Ruin n’était pas un album. C’était notre demo. Et celle-ci a été repressée sur cd et vinyl en 2003 par le label belge Painkiller Records (Emptiness, The Beast, Enthroned). Je dois dire que cette demo a bien été reçue : e-mails d’encouragement, propositions de « splits », chroniques positives etc. Les critiques négatives venaient essentiellement de ceux qui pensaient avoir un vrai album entre les mains.
Ruinous est notre premier album (cassette sur Nightbirds et cd sur Grievantee/Deathcult). Certains ont été déçus de ne pas y retrouver le côté crasseux de la demo. D’autres y ont trouvé une ambiance et une profondeur inespérées. Pour faire une rapide comparaison avec la demo : ce premier album a été le sujet de moins de critiques mais chaque critique a été bien plus enthousiaste.
Que s'est-il passé, entre les deux albums ? Pourquoi tant d'attente ? Vous prenez votre temps, ou vous êtes très sélectifs, très attentifs à ce que vous faites ?
Nous n’avons jamais été pressés (nous ne forçons pas les événements) et nous aimons être satisfaits de nos morceaux (nous enregistrons ce que nous voulons écouter). Comme je l’ai écrit plus haut : tout se passe de façon très naturelle. Une fois les choses peuvent aller vite, une autre fois elles peuvent aller plus lentement.
Nartvind a-t-il la haine ? De quoi, de qui ?
La haine de l’humanité, ses valeurs et ses idéaux. Pourquoi ? Parce que je suis moi-même contaminé par cette humanité, ses valeurs et ses idéaux. J’aurais beau me révolter et hurler, je n’en reste moins foncièrement inscrit dans une culture judéo-chrétienne qui me dicte même la haine que j’ai envers elle. De ce point de vue, le pire individu est sûrement l’athée : il croit s’être débarrassé d’un « Dieu » passé de mode et encombrant, mais pourtant son schéma de pensée est resté identique en ceci qu’il croit toujours qu’il est moralement préférable de rechercher la « vérité » plutôt que le « mensonge ». D’où la laïcité et le monde des sciences qui persuadent l’homme de s’être libéré de chaînes alors qu’il est toujours solidement immobilisé.
De quelles manières ont été composés les albums ?
Ruinous, malgré sa simplicité apparente, a été l’objet d’un long processus lent et bourré d’embûches : chaque riff a été soigneusement sélectionné, la ligne de batterie volontairement très monotone a été épurée tout le long de la composition de la guitare et les structures ont été délicatement travaillées pour obtenir ce qu’il me semble être un tout cohérent. Encore en guise de comparaison : la demo Until their Ruin avait été composée et enregistrée en une semaine alors que l’album Ruinous nous a occupé pendant une longue année.
Quand et comment enregistrez-vous ? Vous composez « en permanence » ?
Nous enregistrons quand nos compositions méritent d’être enregistrées. Or nous restons de longs mois sans rien composer. Donc très peu d’enregistrements de Nartvind voient le jour. Bien souvent, une chanson part d’un seul riff autour duquel s’agglomèrent d’autres riffs. Après la musique viennent alors les mots : le titre et le texte viennent se poser de façon (encore une fois) naturelle sur le morceau enfin composé.
Quelles images Nartvind veut-il évoquer dans les esprits ? Que veut-il y imprimer ? Que veut-il susciter comme réactions ?
Nous ne voulons pas réellement évoquer d’images dans les esprits. En composant la musique et en écrivant les paroles, j’ai déjà moi-même beaucoup d’images fortes qui me traversent l’esprit, et ça me suffit. Bien sur je suis assez satisfait quand quelqu’un me raconte ses impressions au sujet de Ruinous : Ambiance froide, tournoyante, mélancolique etc. Il me semble que pour profiter au mieux de cet album, l’idéal est de l’écouter seul et couché dans son lit.
Quelles différences Nartvind a-t-il noté entre les deux full-lengths ? On note la production – mais le style, par exemple ?
En effet la production est assez différente grâce au matériel d’enregistrement utilisé : nous sommes passés d’un enregistreur-cassette domestique à un appareil multi-pistes branché sur un ordinateur. Le style a changé lui aussi : sur la demo nous proposions des morceaux plus nerveux (« Blitzkrieg ») et d’autres plus vicieux (« Hail Self Destruction ») qui n’auraient jamais eu leur place dans l’album. Dans un sens la demo est assez variée, alors qu’une ambiance unique (et sûrement plus cohérente) parcourt toute la durée de l’album. A première écoute, Ruinous est un album très ordinaire et sans surprise. C’est voulu.
Que racontent les textes ?
Dans les textes de Ruinous, il s’agit surtout de vagues scènes impersonnelles et je n’ai pas peur de brouiller les pistes en usant de métaphores et de multiples formules contradictoires, illogiques. Ces vagues scènes impersonnelles reposent sur un vécu. Vécu d’une personnalité elle-même profondément « nihiliste » (même si ce mot me répugne un peu). Mes textes ne racontent rien qui puisse toucher les autres. Ils me conviennent et me touchent moi-même et ça me convient ainsi. Bien sur, toute réaction par rapport à mes textes est la bienvenue et j’encourage donc les curieux à y jeter un œil par eux-mêmes.
De quelles formations Nartvind s'inspire-t-il ? On pense à Burzum, entre autres, mais pas que.
Principalement Burzum (Filosofem), Darkthrone (Transilvanian Hunger), Drudkh, Branikald et Forest. Je tiens à souligner l’importance de ces deux derniers groupes. En effet, Branikald et Forest délivrent une ambiance telle que nous ne pouvons pas ne pas nous en inspirer. A propos de Branikald, on pourrait presque parler d’expérience mystique. Rdyandalir est une tempête dont on ne sort pas indifférent.
Sur quoi bosse Nartvind en ce moment ? Quelle est son actualité ?
Ghoul est parti à l’autre bout du monde il y a quelques années et donc depuis son départ les choses avancent très lentement. Pendant sa longue absence, je prépare le morceau qui se retrouvera sur un split 7’’ ep avec Cosmic Church (Finlande). Une version vinyl 12’’ de l’album Ruinous et une version vinyl 7’’ du ep Mist (sorti aussi en 2010 en cassette sur le label belge Antihumanism) sont en préparation sur le jeune label belge Unholy Productions.
Nartvind en concert c'est possible ? Le black metal sur scène, en spectacle, c'est contradictoire avec l'esprit de celui-ci non ?
C’est possible qu’un jour Nartvind se décide à jouer en concert. Mais ce ne sera pas dans un avenir proche ni dans cette partie du globe. Nous avons refusé quelques propositions de concert parce que nous n’étions pas prêts. En réalité, nous ne répétons jamais nos morceaux. Une fois enregistrés, nous considérons qu’ils sont « capturés » de la meilleure manière possible et que ça ne servirait à rien de les reproduire sur scène.
Je ne crois pas qu’il y ait une réelle contradiction entre l‘ « esprit » du black metal et une représentation scénique. Ca dépend de chaque groupe : L’un ne se prête pas du tout à ce genre d’événement et sera totalement médiocre et l’autre aura l’occasion de déployer toute son aura. Allez voir Mare ou Black Majesty (Norvège) en concert : C’est une expérience particulièrement intense et un vrai manifeste de black metal.
Quels groupes belges ou locaux Nartvind soutient-il ? Et chez les français ?
Un groupe belge francophone : Dawn of Crucifixion. Efficace et direct. Une tuerie. À voir absolument en concert. Black / Punk / Thrash.
Un groupe belge néérlandophone : Faarthkrag dont la superbe demo tape The Station, The Passenger and The Vast Chasm est passée presque inaperçue. Black metal / Ambient.
Un groupe français : Taphophilia dont la demo tape Sinistres Emanations m’a fait forte impression. Black metal dans le style des débuts de Warloghe.
Peux-tu nous parler d'Eole Noir, Heidenwelt et Plague ?
Eole Noir est-il un frère jumeau de Nartvind ?Tu as encore des contacts avec Vilwolfheim ?
Le line-up d’Eole Noir est le même que celui de Nartvind. L’idéologie aussi. Ce sont le même « nihilisme » et le même pessimisme qui sont exprimés mais d’une façon plus sombre du côté de Nartvind et d’une façon plus mélancolique du côté d’Eole Noir. Je pourrais ajouter que l’émotion est plus canalisée dans Nartvind, alors qu’elle est plus palpable dans Eole Noir. Bref c’est une autre manière d’exprimer une même chose. Et ça se ressent au niveau de la musique : avec Eole Noir, les mélodies sont plus franches et les rythmes sont plus variés. Une autre particularité d’Eole Noir se situe au niveau du chant : les demo tapes en sont dépourvues et il est en français dans les deux splits avec Sombre Chemin et dans le mini album éponyme.
J’ai peu contribué à Heidenwelt : Vordae était passé à mon domicile afin d’enregistrer sa demo avec mon matériel. J’ai participé à la mise en place des structures des chansons et j’ai joué la batterie. J’en garde un très bon souvenir.
Peu après la demo Until their Ruin, Ghoul et moi avions décidé de faire quelques morceaux plus directs et tranchants. 4 nouveaux titres ont alors vu le jour, ainsi qu’un nom de projet (Plague) et un titre de demo (Visions of the Twilight). Ces nouveaux titres ont été enregistrés de suite mais ils sont restés dans l’ombre une année faute d’inspiration niveau chant. Après écoute de ce nouveau matériel, Nornagest (Enthroned) s’est montré tout de suite intéressé. Paroles et chant se sont alors greffés sans difficulté.
Bien sur, j’ai encore de fréquents contacts avec Vilwolfheim. Nous avons d’ailleurs un projet que je tarde à finaliser. Guitares et batterie sont prêtes. Ne reste que le chant. Même si nous avions chacun des opinions fort divergentes, une forte sympathie réciproque nous a préservés de vains conflits.
Qu'est-ce que ne fera jamais Nartvind ?
Tomber à genoux devant la Croix. Ce qui recouvre beaucoup d’autres choses…
Quels sont les trois adjectifs qui définissent le mieux Nartvind ?
« Obscur » dans les trois sens du terme.
Qu'est-ce qui t'a donné l'envie de parler de Nartvind dans La Voix des Ombres ?
Répondre à une interview ne me passionne pas beaucoup. Mais ça permet de clarifier certaines choses… J’ai choisi d’accorder la première interview de Nartvind à La Voix des Ombres parce que je pense y trouver dévotion, sincérité mais aussi volonté louable de mettre en avant les groupes francophones.
Qu'as-tu à dire comme derniers mots aux lecteurs de La Voix des Ombres ?
Peu importe le chemin. Il ne mène nulle part.
recherche photos de couverture !!
C'est URGENT.
Pour l'Anthologie du black metal, nous cherchons une seconde photo de couverture à 500 dpi minimum.
C'est une photo purement black metal qu'il nous faut - pas une de concert ! Une photo promo fera l'affaire ! Proposez m'en plusieurs ! Camion Blanc rémunère contre facture !!
Prochainement
L'interview de l'asso WOLVES OF THE UNDERGROUND est en cours.
Viendront celles (plus reviews) de :
- NEMESIS IRAE ?
- Maxime TACCARDI (artworks)
- SLAUGHTER MESSIAH
- SEKTEMTUM
- THE GREAT OLD ONES
- URZAMOTH
- MANZER
- ALIENANTE DAMNATION
Pour des raisons techniques, Camion Blanc se voit contraint, à mon grand regret, de publier l'Anthologie du Black Metal... en 2 volumes.
Le premier paraitrait en avril, le second en mai.
Et bonne nouvelle : c'est dans les cartons, je devrai, si tout va bien, travailler avec Vindsval pour un ouvrage consacré à BLUT AUS NORD !
Live Report : Hats Barn-Tsjuder/ Valenciennes 03/03/2012
L'IgelRock est une belle péniche accostée au quai des mines à Valenciennes, pas très loin du centre. On y accède facilement. Et tout le long du quai sont déroulées de nombreuses places de parking. Ayant fait un tour préalablement sur le site de l'Igelrock, le concert de ce soir devrait tuer !
Une fois passé par le sympathique cerbère qui organise ce concert et prend les sous à l'entre-pont (bravo à lui !), on descend dans la soute qui ressemble à la carcasse d'une baleine d'acier et de bois, décorée de divers graffs et de reproductions de peintures classiques mais ésotériques. On descend bien ainsi de 5 ou 6 mètres de haut !
Le vieux plancher épais de bois sur lequel on marche a du en voir de toutes les couleurs – quelle carrière ! Des barrières de metal sont flanquées sur les "côtes" du navire, afin que les metalheads ne s'éclatent pas la tête, l'épaule ou le genou pour ces arrêtes d'acier... C'est plutôt donc pour la bonne conscience qu'elles sont là.
Devant nous, la scène : elle nous domine, et elle est grande. Elle a même un podium pour le batteur. Et ainsi, on voit très bien le groupe, de partout, qui est à deux mètres de haut.
Au fond, une porte donne sur une loge où les musiciens peuvent aller se grimer, se changer, etc.
Mais leurs vraies loges sont en réalité derrière, au fond : et derrière le grand escalier, on trouvera les tables et stand, et sur l'autre mur, le petit bar derrière lequel le patron s'active à servir la bière en gobelets de 25 ou 50cl. La plus intéressante sera la Duvel en bouteille 33cl, pour 3 euros. Le patron est sympa, et parle facilement.
Au-dessus du bar, et donc, juste à l'entrée de la péniche à l'étage, se trouve l'ingé son et ses consoles...
Et son fameux panneau électrique...
Pour les claustrophobes, mieux vaut éviter l'Igelrock... d'autant plus que le premier groupe connaîtra ses avaries : plusieurs fois les plombs ont sauté, et l'on a vu le patron et l'ingé-son courir de bas en haut, d'un fond à l'autre, pour comprendre ce qui se passait !
Du coup, le premier groupe, Dezhumanizer, n'a que très peu joué...
(Vu qu'il faisait noir, je suis parti manger, sur les conseils de l'organisateur : j'ai remonté le quai, tourner à droite, remonter l'avenue et au rond-point, j'ai été voir le papy du Petit Quinquin, qui m'a servi un excellent américain... Si jamais les lecteurs cherchent une bonne restauration quand il se rend à l'Igelrock (qui fait aussi des hot-dog) c'est là qu'il doit se rendre !)
Me voilà revenu.
Le temps d'enfiler les bières, Slaughter Messiah monte sur scène. Ce trio, qui doit sortir son premier album bientôt si j'ai bien compris, joue du Speed/Black Metal dans un état d'esprit gras et primitif. Ça tourne bien. C'est pas mal écrit, même si cela manque d'originalité. Ces Belges, avec Lord Sabathan (ex-Enthroned) à la basse et aux cris, arrivent à capter l'attention avec efficacité. C'est pas mauvais, ça sent le foutre, le sang et Satan, on pense à Venom, Nifelheim, Lord, etc... Les reprises (Terrorizer, Darkthrone) sont bien jouées ! Vivement le disque !
Puis c'est à Hats Barn de monter sur scène. Ils ne sont que 2. Mais ils vont littéralement engloutir tout le monde, le dévorant tout cru. Le public restera quasiment silencieux, attentif, à l'écoute, hypnotisé.
Hats Barn est très impressionnant. Basses et batterie sont enregistrées lives en studio, spécialement pour les concerts. Si les deux instruments manquent au début - visuellement - on oublie rapidement leur absence (« cachée » par un voile marqué d'un pentacle) pour plonger dans les abysses ouvertes par le duo...
Psycho666 (qui tient la batterie pour les enregistrements) est charismatique, avec ses chaines, ses clous, son corps couvert de tatouage, son peu de cheveux, sa haute taille, son ventre scarifié – et quelle haine, dans le regard et les hurlements déments ! Et tout autour, des croix renversés et deux têtes de porc... Et ce sang qu'il boit dans un crâne ahah ! L'ensemble captive à merveille. Le guitariste n'est pas en reste : ce qu'il fait sortir de sa guitare plonge l'univers dans des ténèbres malicieuses, désespérantes, poisseuses – quelle maîtrise ! Où va-t-il chercher tout ça ? C'est franchement fascinant. Hats Barn jouait ce soir-là alors que son troisième full-length, Voices of the Ultimate Possession (Those Opposed Records), venait de sortir de l'usine ! Dernière consécration : Drauglin, le guitariste de Tsjuder, est venu dire à celui d'Hats Barn qu'il était " le meilleur groupe français qu'il a vu sur scène". Hats Barn a prouvé aux autres qu'il sait ce qu'est le black metal, qu'il ne fait pas qu'en jouer : il le crée, foncièrement...
Endezzma le norvégien est ensuite monté sur scène : rien d'original chez lui. Ni d'intéressant. Une basse bien présente, agréable. Mais le style est plus porté sur le côté catchy et metal de son black, par ailleurs très typé norvégien.
Par contre, Tsjuder...
Tsjuder a TUE tout le monde.
Quel monstre ! Quelle puissance destructrice !!! Évidemment, Tsjuder a aligné les ogives nucléaires et tiré à bout portant ! Si ce trio (avec un batteur à la personnalité particulière ! Mais quel tueur !) est simple dans ses contacts dans le public, s'il n'y a pas l'air méchant... Sur scène, c'est tout autre chose ! Tsjuder a fauché toute la salle, telle La Mort. Que dire de plus ? Nag est impressionnant au micro, Drauglin assure un max à la guitare... Tsjuder est définitivement un grand de Norvège, un des derniers Grands de là-bas ! Je n'aurai raté ce concert pour rien au monde !
Merci Wolves of the Underground ! Vivement la prochaine date !!!
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Je vais prochainement reprendre les démarches de groupes pour une publication dans La Voix des Ombres.








