LA VOIX DES OMBRES

09 mars 2013

Maxime TACCARDI - Nihiliste, tragique et éphémère...

Interview réalisée en Octobre 2012. Je n'ai plus d'excuses à donner ni de pardon à demander à Maxime TACCARDI, l'artiste interviewé... Mais peu après, ma vie a presque totalement basculé... J'essaie aujourd'hui de reprendre la main sur La Voix des Ombres et l'Anthologie...

Voici donc l'entretien que nous avons réalisé. Un échange-fleuve riche je le pense ! Comme Maxime, j'ai aussi une formation artistique, aussi j'ai essayé de rendre l'entretien le plus parlant possible et passionné, ouvert à la créativité aux ombres denses de cet artiste unique, de cet homme admirable et entier pour qui j'ai beaucoup de respect. Bonne lecture donc, et merci pour votre soutien.

Certaines illustrations sont encore manquantes !

** Maxime TACCARDI a rajouté en commentaires des vidéos.

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Salut Max ! On se connaît depuis quelques mois en fait, mais encore vaguement. En fait, tu m'avais contacté car je cherchais des illustrations pour mon anthologie du black metal. Mais Camion Blanc a refusé ce que tu proposais... J'étais bien dégoûté, et toi aussi ! Mais bon, les prochaines réimpressions... Bref ! Je ne suis pas le seul à en savoir peu sur toi, alors déballe-nous ton cv stp !

1 - Donc : es-tu autodidacte ou as-tu fais une école d'art ? Quel est ton parcours ?

Hell, tout d'abord, merci infiniment pour ton intérêt. Je me suis très tôt intéressé aux créations « artistiques », enfant, certaines reproductions dans les livres me fascinaient. J'ai donc toujours crayonné pour ainsi dire. J'ai fait un master en art à la fac puis j'ai passé le capes afin d'enseigner, ceci n'étant certainement pas mon but premier mais il est assez difficile de vivre de ses créations aussi il était nécessaire d'avoir un job. Je loue le plus clair de mon temps libre à la créativité aussi bien graphique qu'à travers le support vidéo.

J'ai toujours eu un attrait pour les mystères et la part sombre de l'humanité, mais j'y reviendrai.

2 - Quand et pourquoi t'es-tu mis au dessin ? Quel est ton chemin en la matière ?

 

 

And Death came in its Glory

 

Je pratique aussi la peinture et comme je l'ai dit précédemment, la vidéo. Mes artworks son très figuratifs mais je tente de leur donner une dimension spirituelle et énigmatique. En effet, chaque élément y a son explication. Parfois un simple détail oriente l'appréciation de la totalité d'une manière précise c'est pourquoi rien n'y est anecdotique. Un peu à l'image du symbolisme en quelque sorte.

3 - Es-tu perfectionniste ?

Perfectionniste ? Oui, dans le sens où je tends à donner le meilleur de moi même. En revanche, je n'ai nullement la prétention de qualifier mes artworks de « parfaits », loin de là, je cherche seulement à m'exprimer et faire passer certaines de mes pensées ou « visions », notamment à travers la métaphore.

4 - Quels sont tes illustrateurs préférés : dans le black metal ? En général ? Et tes peintres et dessinateurs préférés ? Collectionnes-tu les livres d'art ?

Mon peintre préféré est sans conteste Goya, ses peintures noires, et les séries de gravures des « Caprices » et des « désastres de la guerre » sont superbes. Le fait que sa surdité l'ai plongé peu à peu dans la folie a fait de ses dernières œuvres la quintessence de l'agonie.

« Le Chien », par exemple, est une œuvre ultime. Une ode au désespoir et à la souffrance. Englouti par des couleurs sombres et opaques, ce chien semble être la représentation d'une humanité à la dérive. Fardeau d'un dieu maladroit, qui n'a pu épargner sa progéniture de sa propension à s'autodétruire.

Ce tableau a clairement influencé ma pensée et ma vision de l'art, l'idée de représenter la vie telle qu'elle est atrocement faite.

D'autres artistes m'ont beaucoup marqué également, comme Bosch ou encore Le Caravage et son clair-obscur qui donne une toute autre dimension aux différents thèmes qu'il a pu aborder.

En ce qui concerne le metal extrème, les pochettes que j'aime le plus sont souvent des photographies.

Transylvanian Hunger de Darkthrone, Black millennium de Mütiilation, INRI de Sarcofago, Le premier Bathory, Now Diabolical de Satyricon etc... Bien sur je connais les grands noms de la scène qui ont tous un style excellent mais mes influences sont plus à ranger du côté de l'onirisme et de l'art ancien symbolique et religieux.

5 - Comment en es-tu venu à proposer tes services (ou te les a-t-on réclamé?) à des groupes de Black et Death Metal ?

Un jour, j'ai envoyé un email à Azgorh (Drowning the Light) lui présentant certains de mes travaux afin de voir si il serait intéressé par mes services et il a de suite été emballé. Il m'avait dans un premier temps demandé une version personnelle de Nosferatu. J'ai réalisé l'artwork complet (livret, cover et back cover pour l'album Catacombs of Blood) puis d'autres sorties. Depuis il fait régulièrement appel à moi pour des t-shirts, splits, albums et pour ses autres projets comme par exemple Eternum. Beaucoup ne sont pas encore sorti mais devraient voir le jour sous peu. Le bouche à oreille aidant, j'ai reçu par la suite un bon nombre de demandes pour différents projets. J'ai notamment bossé pour Hell Militia, nous avons d'ailleurs d'autres projets en tête, Torturer et moi. J'ai bossé pour Necrophagia, Atra, Faagrim, Dodkvlt, Drohtnung, Godless North, Agathocles, Aryos, Dodsferd, Fornicatus, Origin of Plague, Vampyric Blood, Tombs, Ordo Obsidium et pas mal d'autres dont certains sont encore en cours de réalisation.

6 - Fais-tu du black metal graphiquement parlant ?

 

 

Desolation II

 

Je ne dirais pas faire du black metal visuellement parlant, j'essaye plutôt de rendre compte d'une noirceur dénuée de toute humanité, ce qui serait le penchant de ce genre musical il est vrai. Je reviendrai plus en détail sur les différentes thématiques abordées dans mes artworks mais je peux dire, pour faire court, que chaque élément de cette vie terrestre dispose de sa part d'ombre, cette zone floue et inextricable que l'on cherche désespérément à éradiquer, que ce soit par le divertissement ou simplement par le refus d'admettre son existence.

7 - Pour qui rêverais-tu de dessiner ? Pour qui es-tu super content d'avoir dessiné ?

J'aurais vraiment voulu réaliser un artwork pour Mutiilation, le groupe de black ultime selon moi, tous les albums sont des chefs-d’œuvre. Je suis heureux d'avoir pu contribuer aux différents projets qui ont pu aboutir, j'aimerais néanmoins pouvoir bosser avec des groupes comme Antaeus, Aosoth, Deathspell Omega, Watain, Leviathan, Acherontas, Azaxul, Osculum Infame, Black funeral, Blut Aus Nord, Von, Diapsiquir, Horna, Lunar aurora, Nehëmah, Profanatica, The Arrival of Satan, Temple of Baal etc...

8 - Travailles-tu par passion, bénévolement, ou te fais-tu payer ? Vis-tu de ton art, ou travailles-tu dans un domaine où tu peux dessiner en permanence ?

Le fait de créer est une passion avant tout, je travaille aussi d'autres médiums mais j'y reviendrai plus tard. J'ai fait beaucoup d'artworks gratuitement, notamment pour des amis mais désormais, les groupes ou labels me propose des rémunérations ce qui est plutôt bien. Je suis prof d'art mais aussi de kickboxing, j’entraîne des jeunes dans le 95.

9 - Depuis quand écoutes-tu du metal extrême ? Quelles sont tes dix formations préférées ?

J'écoute du métal extrême depuis l'âge de treize ans quand j'ai découvert les premier Sepultura, Morbid visions et Schizophrenia., avant cela, je n'était pas vraiment passionné par la musique, c'était l'époque des Dance Machine et autres trucs du genre. Par la suite j'ai découvert des trucs plus intenses mais basicalement, j'aime tout ce qui se revendique de l'underground et qui prône la résistance, les groupes ou projets qui ont la rage. En black, mes formations favorites sont : Mutiilation, Drowning the Light, Moonblood, Mayhem, Judas Iscariot, Absurd, Hell Militia, Clandestine Blaze, Silencer, Xasthur, Antaeus, Bekhira, Profanatica, et pas mal d'autres comme tous les vieux Burzum, Darkthrone, Satyricon, Immortal, Inquisition etc... En dehors du black, l'album Brutality and Bloodshed for All de GG Allin and the Murder Junkies est un condensé de haine envers la société que je conseille fortement.

10 - Tu as beaucoup bossé pour Drowning the Light, l'Australien ! Quelles sont tes relations avec Azgorh et son black metal ? Comment les qualifies-tu ?

 

 

drowning the light

 

Avec le temps, je suis devenu très ami avec Azgorh, nous avons d'ailleurs prévu de nous rencontrer un de ces quatre, peut être lors de sa potentielle tournée aux USA l'an prochain, on verra bien. Il a beaucoup contribué à me faire connaître de la scène en partageant mon travail sur des forums ou encore via ses contacts dans le milieu. Nous avons un respect mutuel et avons encore d'autres projets pour le futur. Sa musique est extraordinaire et je recommande fortement des chefs-d'oeuvre comme Of Celtic Blood and Satanic pride ou encore The Blood of the Ancients et Oceans of Eternity, le dernier en date, signé Sur Darker than Black, label avec lequel je bosse sur pas mal de projets.

11 - La Mort, le sexe, la Religion, tout cela te hante et te tourmente, semble être ton inspiration. Au quotidien, tout cela te brasse en profondeur, ou bien cela n’apparaît que lorsque tu te mets sur ta table à dessin ? Par exemple, on les retrouve dans « As-tu seulement déjà contemplé les ténèbres ? » « Life Murder the Child in Me ? »

La mort est présente dans pratiquement toutes mes réalisations. Le décès brutal de mes parents y est sûrement pour beaucoup... Bien que tout le monde y passe, certaines morts sont plus lentes et douloureuses que d'autres.

L'amertume, la haine sont bien plus ancrées en moi que les souvenirs qui deviennent ternes avec le temps.

Tu as beau avoir des proches aimants, au final tu reste seul avec la mort, comme un ultime défi, « tout ça pour ça ? » Qui aurait envie de croire au salut éternel en jetant un œil sur ce que nous avons fait du monde ? L'amour et le respect de ses proches sont les seules vérités ici bas, le reste n'est que désolation.

L'art permet de ne pas sombrer dans la folie et l'abolition de soi, il est une catharsis, un catalyseur de nos tourments.

 

 

as-tu seulement

 

J'ai réalisé « As-tu seulement déjà contemplé les ténèbres ? » suite au décès de mon père, j'ai d'ailleurs écrit un poème pour l'illustrer :

 

Un deuil trop lourd à porter;

Un voile sombre et opaque en guise de prière avortée.

L’œil vif, inique, celui de l’accusateur;

Comme un venin acide, il a volé ton cœur.

Il te berce au sein d’un caveau putride;

Et joue avec tes sens comme cette immonde catin avec ta bite.

La mort rôde, branlante et décharnée;

Aussi grotesque que ce qui fut autrefois scellé.

Le deuil est tel une lame enfouie en plein cœur…

Rejeton de la haine, reflet de la douleur.

Des lambeaux de chair s’amoncellent en un curieux puzzle;

Énigme de mon âme, au final on demeure toujours seul.

...

Ma vie aurait dû être un empire,

Au lieu de ça, crasse, ténèbres et tristes soupirs.”

 

Il s'agit d'une sorte de réflexion sur le deuil...

L'enfance est également un sujet qui me tient à cœur. L'enfant, innocent et pur, est parfois trahi par le vie elle même qui en fait le réceptacle d'une existence avortée, aux larmes séchées par le feu ardent de la haine.

J'ai réalisé la toile intitulée « With Love » avec mon sang afin de renforcer cette thématique. La société a fait de nous des étoiles mortes dont le pâle reflet vogue à la dérive, nos images quotidiennes ne sont que déformations de déformations. Un cycle perpétuel de l'échec dans lequel nous avons perdu nos valeurs au profit d'objets factices devenus pièges de nos âmes.

Un piètre réconfort quand à une réalité bien aigre... Rien ne sera demain, pas plus qu'il ne l'a déjà été. L'art éructe donc ces pensées négatives qui deviennent en quelque sorte des instants de vie, le témoignage de nos pensées. Cela permet également de ne pas perdre pied et prendre du recul sur notre condition.

12 - Dessiner est une catharsis pour toi ? Cela te soulage-t-il quelque part ?

Voir question précédente.

13 - A lire les commentaires sur Facebook, j'ai l'impression que tout le monde passe au-dessus de ces sentiments puissants et douloureux que tu ressens et exprime sur papier, et qu'il ne font que s'extasier sur le résultat, le graphique... Qu'en penses-tu ?

 

 

Blessed be the Curse

 

C'est toujours gratifiant de recevoir une marque de sympathie à l'égard de son travail même si je ne me considère pas comme un artiste. Je tente seulement de m'exprimer, peut importe que ce soit mal interprété ou même ignoré car au final ils ne s'agit que d'instants de vie érigés à un moment précis et morts la seconde d'après. Chacun peut y voir sa propre vérité et même en étant l'instigateur de ces images, je laisse libre cours à l'interprétation. Les ténèbres me permettent d'y voir clair sur ce monde, je m'y sens apaisé car conscient.

14 - Le masculin et le féminin se mêlent beaucoup dans ton œuvre, qu'as-tu à nous dire à ce sujet ? L'humain et la bête, le sacré et le profane aussi (voir « Le Songe d’Ézéchiel »)

Les religions sont fascinantes, les textes qui en découlent sont souvent très beaux et emprunts d'une imagerie

parfois cruelle. J'aime en détourner les codes et symboles, mettre à nu les tabous qui y sont inhérents, au sens propre comme au figuré. Le sexe est en ce sens intéressant car il est ce qui rapproche le plus l'homme de l'animal, de sa bestialité pure, l'incarnation du pécher exempt de tout spiritisme et bien loin du mythe du sauvage de Rousseau.

L'érotisme dans mon travail est caduque et témoigne d'un accouplement de silhouettes mal faites et délabrées se mêlant en une danse obscène et dénuée de sens. Le but premier du coït, à savoir la reproduction est ici annihilé au profit du geste même, un va et vient abjecte et maladif au goût de sang amer.

Le sexe y est la représentation de la mort, un amas de matière dépourvu de toute sensibilité. Rien est beau ici bas, seules la décadence et la perversité y règnent, à l'image de la pourriture qui se cache derrière les beaux costumes de ce monde.

15 - Comment te mets-tu au travail ? Tu as l'angoisse de la feuille blanche, ou tu attaques direct avec des idées en tête ?

 

 

It Doesn't Matter

 

Avant même de commencer, j'ai déjà en tête ce que je vais réaliser, parfois même des années à l'avance. En effet, la majorité de mes idées proviennent de mes rêves, ils sont un cycle sans fin peuplé de monstres. Les rejetons du sommeil de la raison, pour paraphraser Goya.

Bien sur mes travaux n'en sont qu'une piètre représentation mais j'essaye d'y insuffler le degré de malaise que je peux ressentir dans mes rêves. Les images y sont familières car figuratives, on y reconnaît nos propres déambulations morbides.

Mes travaux sont aussi réalisés sous le coup de pulsions, il faut que ça sorte, tel l'excrément du « divin ».

Je passe en gros entre dix et vingt heures de travail sur un projet, tout dépend du format et de la manière dont je vais composer mon concept. Les peintures réalisées avec mon sang le sont en revanche plus rapidement du fait de la coagulation très rapide de cette substance. Je n'ai donc que peu de temps pour travailler le clair obscur mais cela donne un rendu plus spontané et meurtri.

Je me suis souvent entraîné à reproduire différentes choses comme les objets ou les corps ce qui m'a donné une vision correcte de l'espace et de la matière. Je peux donc créer en puisant dans mes pensées pour telle ou telle chose.

16 - Tu travailles d'après photo ?

Je travaille d'après photos quand je réalise des portraits, ou quand je détourne des choses existant déjà. Par exemple, « Under the Twin Moons » est le détournement de la photographie prise au Yémen par Samuel Aranda.

 

 

J'y ai aussi ajouté la figure de Anne-lyse Michelle, cette jeune allemande décédée dans les années 70 et que l'on disait possédée. Il s'agit d'une Pietà où les figures religieuses sont remplacées par des êtres malveillants, trompant les hommes à la manière du faux prophète. Qu'il se nomme l'antéchrist, Dajjâl ou encore Deccal suivant les langues, son but reste le même.

Autrement pour le reste, je puise dans mes pensées. C'est pour ça que l'on me dit souvent reconnaître mon style. Mes corps et visages se ressemblent de même que mes paysages (faits de sombres forêts et cieux).

17 - Tu as un style très particulier et unique : comment le décrirais-tu, tant physiquement qu'émotivement parlant ? Il y a un côté très déchiré ou découpé je trouve, qu'en penses-tu ?

J'aime représenter les corps comme un amas d'immondices formant une entité grotesque et branlante.

Les figures se donnent réplique en une cacophonie horrible et silencieuse. Les décors sont sombres ou inexistants, renforçant ainsi le confinement lié aux thématiques abordées. Il en est de même pour les peintures, les couleurs y sont criardes et plaintives, presque monochromes, annihilant de la sorte toute notion même de temporalité. La vie et la « non » vie y sont figées.

La lumière y est présente de manière à dévoiler les ténèbres. Tout est majoritairement noir et nauséeux, les possibles traces optimistes que l'on pourrait y déceler ne sont que des leurres, des projections de nos fantasmes égoïstes.

18 - Qu'utilises-tu techniquement ? Quel est ton support de prédilection ? Et tes outils de travail ? Quelles couleurs affectionnes-tu ?

J'aime autant la peinture que le crayon ou le support vidéo, tout est bon pour s'exprimer. La peinture est plus apte à rendre compte de la spontanéité tandis que le crayon permet un rendu du détail plus réaliste.

Bien qu'étant très imagées et métaphoriques, j'essaye d'incorporer une dimension sociale à mes réalisations. Cela s'exprime par la réalité grotesque des corps mais aussi par la misère qui en découle, sorte de projection malade d'une société vile et gangrenée.

La vie pour certains n'a rien de joyeux, elle s'achève dans le tourment et la solitude. Les moments d'accalmies et de bonheur sont hélas trop courts à l'échelle de l'humanité. Coucher ses angoisses sur papier ou toile est libérateur et permet d'appréhender cette fatalité de manière plus résignée.

Tous les supports sont bons pour créer mais le plus souvent, j'utilise du papier très épais (300g environ) ou alors des toiles. Le rendu diffère selon le grain du support aussi je préfère travailler sur une surface plus granuleuse de façon à donner plus de consistance aux ombrages. Comme tu as pu le constater, mes dessins sont souvent en noir et blanc ou rouges pour certains, j'utilise la couleur surtout pour mes peintures.

Le travail en noir et blanc altère toute perception temporelle et rend les ténèbres tangibles. Le rouge, quant à lui, renvoie forcément à l'idée du sang. En ce sens, les peintures réalisées avec mon sang le sont dans le but de donner plus d'impact à la thématique traitée. La violence graphique qui en découle est aussi présente dans le processus même de création (je me coupe le poignet et trempe le pinceau directement dans la plaie).

La violence revêt pur moi une dimension cathartique et libératrice, il est le symbole de la destruction mais aussi de la vie profanée, détruite et répandue telle le souvenir d'une vie passée... La violence, c'est aussi la joie de vivre dont le reflet n'est autre que la peur de mourir.

19 - Quel est le format de tes œuvres ? As-tu un format commun et standard ? Préfères-tu le travail en grand, ou sur feuille A4 ou A3 ? Supportes-tu la limite des bords ?

Je n'ai pas de format standard à proprement parlé, certains sont réalisés sur format A3 tandis que d'autres peuvent être beaucoup plus grands, c'est notamment le cas pour les peinture ou pour celui-ci qui mesure 2 mètres de haut sur 1m40 de large.

Ayant en tête la composition du travail, je ne me soucie guère des bords, de la limite imposée. À contrario, je vois cela comme les limites qu'on ne peut franchir, quelque soit le format, et qui représente la fin de quelque chose. Tout ce qui existe possède ses propres limites, la question est de savoir si il est possible de les franchir et si oui comment.

20 - Penses-tu être arrivé au bout de ce que tu peux techniquement faire avec un stylo, de l'encre, un crayon, ou peux-tu encore te parfaire ? Qu'as-tu envie d'explorer techniquement parlant ?

On peut toujours s'améliorer, en revanche la technique peut être secondaire, tout dépend de ce que l'on veut faire passer. Pour exemple, Picasso dessinait de manière ultra réaliste à ses débuts et a fini par rendre les silhouettes de ses personnages très éloignées de l'aspect humain, signe que la réalité est parfois au delà des apparences. Je tends, avec mes travaux, à créer des sujets surréalistes réalisés de manière réaliste. Par conséquent, je recherche un degré de mimesis proche de la réalité.

21 - Tu dessines aussi avec ton sang ! Qu'as-tu à nous dire à ce propos !?

Le sang est une matière première intarissable, il est la mort, la vie, la guerre, la haine, la révolte, la destruction, la perdition, la violence. Le sang attire le sang, pour reprendre les propos de Shakespeare.

Peindre avec son sang est une manière de mettre en œuvre une sincérité profonde, un témoignage sur sa propre existence... La violence en art atteint à une sorte de sublimation où la mort et l'anéantissement sont l'aboutissement d'un rêve ou d'un fantasme.

Pour paraphraser Nietzsche, vivre, c'est souffrir, survivre, c'est trouver une raison à la souffrance...

22 - Qui était Antonio Urdiales ?

Un ami à moi dirigeant une petite boîte de prod à LA voulait que je réalise une artwork hommage à cet artiste mort du sida il y a plus d'un an, il était musicien et aussi plasticien, deux compilations sont sorties avec pour pochettes les deux artworks que j'ai réalisés pour ce projet.

23 - Ta compagne est également très présente ! Tu lui rends beaucoup hommage. Comment la considères-tu, et la femme en général ?

Ma compagne, qui est américaine, est très présente car elle me suit et travaille également avec moi (en terme de vidéo).

Elle est également artiste et modèle et a été bassiste et chanteuse de metal de nombreuses années aux États-Unis. Nous travaillons ensemble à la réalisation d'un prochain moyen métrage que nous devrions mettre en oeuvre courant 2013.

Je lui rends beaucoup hommage, notamment par les portraits, le dernier en date que j'ai nommé « AsHEs » a été réalisé avec mon sang et est également l'illustration du court métrage du même nom que nous avons réalisé ensemble. Sans elle, ma vision du monde aurait sûrement eu raison du peu d'humanité qui gît au fond de moi.

La femme peut revêtir plusieurs visages dont les ambivalences sont intéressantes à travailler artistiquement.

Elle représente en premier lieu la maternité et donc la vie mais elle incarne aussi le désir avec tout ce qui peut en découler : fantasme, pulsion, apaisement et fascination.

Elle possède également une aura angélique et salvatrice qui parfois rassure.

24 - Réalises-tu les artwork de A à Z pour les groupes, ou seulement les covers ?

Ça dépend, parfois je réalise également le layout et d'autres fois je me contente de réaliser les covers. Dans tous les cas, j'ai le champ libre, on ne m'impose que rarement un concept, cela a du arriver peut être moins de dix fois.

25 - Quels sont les 4 dernières illustrations que tu as réalisé ?

Les 4 dernières illustrations que j'ai réalisées sont :

Last Prayer

Last Prayer,

Desolation

Desolation,

The Sun Doesn't Shine Anymore

The Sun Doesn't Dhine Anymore,

End Yourself

End Yourself.

26 - Dans ta galerie Facebook (30/08/09), tu dis qu'un écorché de toi, sanguin donc, avec un être bleu à genou est ton auto-portrait : que cela symbolise-t-il pour toi ? Finalement, tout ce que tu crées n'est-il pas un auto-portrait ?

Effectivement, tout ce que je crée pourrait être interprété comme un auto-portrait, étant des instants de vie érigés à un moment donné, ils sont forcément la représentation de ma propre psyché. L'artwork que tu mentionne mesure 2m de haut et représente la dualité qui existe en chacun de nous, un peu à la manière du ying et du yang mais aussi le pôle nord et sud qui peuvent parfois s'inverser. Ma pensée rejoint celle de William Blake pour son texte intitulé « Le mariage du ciel et de l'enfer », en effet, la lumière ne serait être sans sa part de ténèbres, il en va de même pour le principe de bien qui ne saurait exister sans son contraire. Nous vivons en perpétuelle dualité qui n'a de cesse de faire cohabiter bien et mal à défaut de les faire s’annihiler. Arriver à n'en faire qu'un reviendrait à les marier tous deux afin de créer une entité propre, dénuée de toute conception humaine, quelque chose au delà de ces simples considérations.

27 - Peux-tu nous dire quelques mots au sujet de la cover-tape de l'album d'Atra s'il-te-plaît ? J'apprécie beaucoup ce symbolisme et minimalisme morbides !

La pochette de la tape d'Atra intitulée « Death », comme son nom l'indique, illustre la mort qui vient chercher sa victime, on peut y voir la silhouette d'une femme décharnée et sans visage qui a perdu ses attributs sexuels afin de se mettre à nu devant la mort, une seconde nudité qui n'a que faire du désir lié à la vie terrestre. La mort est froide et cruelle, ses victimes n'ont pour elle aucune odeur, elle se ressemblent toutes, quelque soit leur âge ou leur degré de bonté respective.

28 - Choisis 5 de tes œuvres et présente-les nous s'il-te-plaît ! (elles accompagneront cette intie)

 

 

Betrayed

« Betrayed », est un auto-portrait, les croix représentent la religion mais plus généralement la vie. L'enfant qu'il porte est le symbole de l'innocence à jamais perdue, le meurtre de l'enfance par la vie elle même. L'homme fait face au ciel et semble lui murmurer : « Tu m'as trahi comme tu as trahi toute vie, je mets fin à mon existence de manière à te montrer que je ne t'appartiens pas... »

La plupart des gens ne comprennent pas vraiment la démarche de ce genre de travail, à savoir utiliser son propre sang pour illustrer un sentiment. Ils ne veulent tout simplement pas le comprendre, cela révèle en eux la part sombre qui se cache avec plus ou moins de facilité. Il ne s'agit pas juste d'une image, le sang nous transmet une certaine vérité individuelle, il écrit une page de notre histoire tout comme les guerres ont écrit leur pages dans le sang.

 

 

_al-Masīḥ

 

« Al-Masīḥ ad-Dajjāl » est la représentation de l'antéchrist comme il est décrit dans le Coran. Un jour, peut avant le jugement dernier, un faux messie apparaîtra aux hommes qui le prendront pour le vrai. Celui-ci prétendra qu’il est le Seigneur de l’Univers, que c’est lui qui donne la vie et la mort, que c’est lui qui contrôle tout. Son œil droit est borgne et semblable à un raisin flottant, et on peut lire sur son front le terme Kafir qui signifie mécréant, en d'autres termes, celui qui ne croît pas.

J'ai choisi de le représenter sous les traits de Mona Lisa car c'est une image que tout le monde connaît, peu importe nos origines ou cultures. Son apparence familière nous trompe quant à sa vrai nature. J'ai ajouté à l'illustration le globe terrestre surmonté d'un œil, celui là même de la connaissance, l’œil qui voit tout, présent également sur les billets de un dollar. L'illumination tant convoitée et attendue par certaines élites n'est qu'un leurre qui les conduira à la mort. Deux anges à la nudité obscène sonnent les trompettes du jugement dernier qui répandra chaos et tourments sur les restes de notre civilisation.

 

 

Those Years of Suffering

« Those years of Suffuring » est un hommage aux enfants qui ont péri à l'intérieur des camps, j'ai tenté d'y insuffler une vague de désespoir en utilisant mon sang pour la réalisation. Bien évidemment, je n'ai pas vécu ça mais je voulais juste en donner ma propre vision, mon ressenti.

 

Martyr1

« Martyr » est une fois encore réalisé avec mon sang, il est en quelque sorte l'allégorie de la croyance, seule alternative qui nous détourne de la non existence. J'ai écrit se poème pour l'illustrer.

 

Esquissée du néant, une beauté sublime et suffocante s’en élève et fait chanceler nos âmes.

La douceur amère que me procure la vision d’un monde décharné

n’est due qu’à l’extatique et éphémère euphorie d’une vie passée.

Les flammes de la compassion irradient mon cœur,

Je n’ai rien à espérer, l’autosuffisance touche à sa fin.

Plongé seul dans mes angoisses,

je contemple l’abîme majestueux et irrésistible de la mort.

D’immondes oiseaux désincarnés annoncent avec effroi une nouvelle ère teintée d’amertume.

L’enfant disloqué, né de l’union illicite d’une Babylone à l’agonie et d’une semence sénile et avariée,

entame sa mue inexorable.

Le serpent qui berce son cœur crache son venin à la figure impassible d’un monde en proie à la folie de l’homme.

Sa laideur s’enfonce dans les méandres de l’oubli, partagée entre la haine et le désir…

Poème raté d’un monde raté.”

 

 

Entrance to illumination

« Entrance to Illumination » que j'ai réalisé pour le livret de Catacombs of Blood de Drowning the Light est ma représentation du cycle de la vie, un arbre mort dont les pousses ne sont autres que les cadavres de l'existence. On peut y voir un fœtus au milieu. Censé représenter la vie, il est ici, avant même de naître, emprisonné par la mort.

 

La mort en tant qu'allégorie est très présente dans mes travaux aussi je finirai mes descriptions sur cette toile réalisée à la peinture acrylique dans laquelle on y voit l'ange de la mort chevauchant son pâle partenaire.

« My Heart is as Pale as my Horse », Mon cœur est aussi pâle que mon cheval....

 

My Heart is as Pale as my Horse

 

 

29 - Peux-tu nous parler de la bannière de La Voix des Ombres qui accompagne désormais cette interview, et donc que tu as renouvelé pour de bon eheh ! Merci à toi !

 

 

La voix des ombres

 

La bannière de ce site se doit de représenter ces ombres qui éructent et gémissent. Aussi, j'ai choisi de montrer différents visages de la mort s'invoquant en un dernier souffle rageur et désespéré.

30 - Dans la scène black metal française, qui te passionne ? Et qui soutiens-tu particulièrement ? (Korpse apparemment!)

Korpse n'est pas le groupe auquel tu fais référence, il s'agissait d'un projet musical que j'avais avec un ami américain et qui n'a jamais abouti. La scène française est excellente, des grands nom y figurent :

Muttilatïon, Hell Militia, Deathspell Omega, Osculum Infame, Arkhon Infaustus, Blut Aus Nord, The Arrival of Satan, Antaeus, Aosoth, Armaggedon, Bael, Darvulia, Sektarism, Nehemah, Peste Noire, Sale Freux, Vlad Tepes, Vermeth, Belketre, S.V.E.S.T, Bekhira, Kristanacht, Belenos, Hirilorn, Manzer, Wolok, Sacrificia Mortuorum, Merrimack, Malhkebre, Temple of Baal, Svart Hat et plein d'autres encore.

31 - Tu es un grand maniaque comme j'ai pu le constater ! Tu as une sacrée collection de vinyles, etc, bref, quand un groupe te plaît, tu choppes tout ce qui passe ! Que recherches-tu là-dedans, qu'est-ce qui te plaît ? Ne te sens-tu pas esclave d'un fétichisme de consommation, ou de compulsion ?

Le matérialisme évidemment, cette volonté de vouloir tout posséder, je dirais aussi qu'il s'agit d'une sorte d'hommage à ce genre, un grand respect. Le vinyle est mon support préféré, il ne se dégage pas la même aura que pour un cd ou mp3, une relation intime se crée avec l'auditeur.

32 - Ton physique m'impressionne et me questionne. Tu cultives beaucoup ta musculature, la met en valeur, et ton look aussi. Est-ce une manière d'être « complet » ? Est-ce du fétichisme aussi ?

Men sana in corpore sano, j'enseigne le kickboxing que j'ai pratiqué pendant des années. Je m’entraîne tous les jours et ce depuis l'âge de 12 ou 13 ans, j'ai grandi avec pour influence Bruce Lee, les films de Van Damme et le cinéma de Hong Kong (qui est mon préféré d'ailleurs).

La volonté de me surpasser, de me sentir bien aussi... Il s'agit d'une passion, d'un mode de vie. Je ne bois pas ni ne fume, et je préfère m’entraîner plutôt que de me faire chier dans des clubs. Après je n'ai aucun a priori pour les gens qui boivent ou fument, que ce soit clair, je ne me permets pas de juger, il s'agit juste de ma façon de vivre, ni meilleure ni pire qu'une autre. Mon look diffère totalement de la plupart des fans de metal il est vrai, je ne porte pas de T shirt de musique, je suis plutôt fringues cintrées, que look gothique ou viking. Après chacun ses goûts évidemment.

Je pose parfois pour des photographes et me mets également en scène à travers mes vidéos, certains pourrait y voir une forme de narcissisme il est vrai mais cela rejoins ma vision de l'existence liée à l'image de soi, à sa déambulation terrestre et au sens même de la corporéité.

33 - Que fais-tu d'autre, d'un point de vue artistique ? Musique, vidéo, performance ?

Mis à part la production graphique, je crée des courts métrages qui reprennent certaines thématiques que j'aborde dans mes travaux plastiques.

Le dernier en date, que j'ai réalisé avec ma compagne et monté avec mon meilleur ami Benjamin Champenois s'intitule AsHEs → (http://www.youtube.com/watch?v=vXIVHX3lam0&feature=plcp ).

Bien entendu, il n'y a aucun budget, on réalise tout nous même, pour celui-ci, nous n'étions que deux pour être devant et derrière la caméra, j'ai aussi confectionné les différents éléments comme la poupée, croix etc. Il a été tourné aux États-Unis, et Matias de Dodkvlt a composé un titre spécifique pour celui-ci. Il s'agit d'une sorte d’allégorie du mythe de la caverne de Platon. Tous les personnages possèdent des oreilles de lapin et sont à appréhender comme des doubles, d'où à un moment donné, cette phase devant le miroir.

Il faut savoir que les lapins naissent dans des terriers, aveugles et en dehors de toute luminosité, d'où le rapprochement avec Platon.

Ici, ils accèdent à la connaissance à travers la mort. Le personnage principal est, avec ses doubles, une projection constantes de sa propre psyché (Le reflet dans le miroir, son double féminin, l'enfant, la relique messianique, la représentation de la religion).

L'auto-destruction l'amène à une autre connaissance où rien ne demeure, où il est bon de ne pas être.

34 - Que penses-tu de l'humanité ? Comment vois-tu notre présent et notre avenir ?

L'humanité est perpétuelle ambivalence, constamment balancée entre ses pensées les plus néfastes et d'autres plus optimistes. À quoi bon tenter d'obtenir des réponses quand on ne possède déjà pas les questions.

35 - Qu'as-tu écouté pendant cette interview ?

J'ai écouté pas mal de vinyles, « Catacombs of Blood » de Drowning the Light, Les démos de Osculum Infame, Necroplasma, le titre inédit « Feigd » de Nehëmah, excellent dark ambiant. The Arrival of Satan, les deux albums, du Leviathan, Kickback, « L'élu du Mal » de Bekhira, la demo du même groupe, et la densité du silence également.

36 - De 1 à 10, 10 étant le noir absolu, où situes-tu ton art ?


Parfois la lumière la plus opaque est encore plus sombre que les ténèbres. Mon cœur est noir comme l'ébène pourtant personne n'est à même de le voir ou le sentir, je suis le seul à dealer avec mes propres démons, personne ne saurait deviner mes ténèbres intérieures tout simplement car je ne laisse rien transparaître. Mes dessins et peintures ne sont que le pâle reflet de mes angoisses et de la terreur qui gisent dans mes organes. Mon corps en est leur refuge, un temple profané il y a déjà bien longtemps, rien de ce qui y est enfermé n'est humain, l'apparence n'en est qu'une piètre imitation, une constellation sans étoiles.

Je me moque de ce que les gens pensent, nous sommes un monde de dépressifs et de suicidaires, feignant l’existence à coup de fast foods et autres social entertainement. L'espoir s'est évanoui mais il nous reste la résistance.

37 - Comment te contacte-t-on ?

Par email : maximetaccardi@hotmail.fr ou alors par ma page facebook (https://www.facebook.com/pages/Maxime-Taccardi-Artworks/283623771702331?ref=hl ) ou deviant art (http://priestofterror.deviantart.com/ ).

38 - Donne-nous trois adjectifs qui résument le mieux ton travail graphique s'il-te-plaît ?

Nihiliste, triste et éphémère.

39 - Maxime, un grand merci d'être venu donner de la voix dans La Voix des Ombres ! N'hésite pas faire tourner cette interview sur le net afin de te faire connaître ! Tu seras toujours le bienvenu ici, et j'espère que nous travaillerons ensemble ! Les derniers mots sont à toi !

Merci infiniment, je suis très honoré d'avoir pu y donner de la voix. N'hésites pas à me contacter pour un projet, ce sera toujours avec grand plaisir. Je serai exposant à Los Angeles durant décembre 2012 avec d'autres artistes ayant travaillé avec des groupes de metal.

Bonne route à toi !

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01 janvier 2013

Avant la fin du mois,

La Voix des Ombres reprendra vie. Doucement...

Puis je reprendrai le travail concernant l'écriture :

_ le tome 3 de l'Anthologie du Black Metal consacré à la France

_ la mise à jour des 2 premiers tomes

_ l'écriture de deux autres volumes : un consacré à l'Allemagne, un autre au "Norsk" !

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03 décembre 2012

Anthologie du Black Metal - tome 3 : le Black Metal français

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Hailz tout le monde !

Comme vous l'avez vu, j'ai failli mourir cet été, et sitôt que je me remets de cela, voilà qu'u divorce me tombe dessus !

Bon, c'est pas facile à vivre ni à gérer cette saloperie, mais je savoure déjà tout ce que je pourrai mettre en oeuvre lorsque j'aurai repris ma liberté (ne vous mariez jamais, y compris civilement !) :

devenir comme Varg VIKERNES (le sang en moins), reprendre plus sérieusement le dessin, la peinture, la photo et autres formes d'expression (depuis quelques années c'est erratique, avant, c'était ma vie, c'est le sujet de mes études), monter mon label de metal extrême, écrire enfin tout ce qui me passe par la tête (car vous ne savez pas tout), passer mon permis moto, laisser pousser mes cheveux comme au bon vieux temps, me faire tatouer de partout, changer de boulot/étudier/me former et j'en oublie !

Vous l'aurez compris : La Voix des Ombres stagnent donc depuis des semaines, et la version papier encore plus. J'y peux rien. Y'a des priorités. Mais je n'abandonne pas LVDO. C'est jusqte un mauvais moment à passer. Vivement la séparation d'avec Mme...

Et aujourd'hui, j'ai renvoyé à Camion Blanc le contrat pour le tome 3 de mon Anthologie du Black Metal. Elle sera consacrée uniquement au Black Français, le sommaire est déjà écrit, me reste plus... qu'à écrire. J'espère qu'il sortira dans 2 ans, au mieux 1.

Seulement, c'est encore plus spécialisé, car dédié à une seule scène (et l'envie me démange d'en écrire d'autres...).

Il me faut donc constituer un fichier et une base de données. Ca je peux le faire à ma façon. Mais si vous avez envie de m'aider à traiter le sujet de manière exhaustive, il me faut trouver une solution afin de rassembler toutes les contributions françaises au black metal, d'hier et aujourd'hui, tous ces disques et groupes que vous souhaitez que j'examine la musique pour peut-être en parler. Alors si vous avez des idées, des envies (surtout pour les mois à venir, car je dois me battre dans le cadre de mon divorce), mailez-moi ou venez m'en parler sur Facebook !

See You in Hell !

PS : j'ai des patchs LVDO au fait !!

PS2 : LVDO et la version papier reprendront vie un jour, en 2013.

PS3 : en 2013, il y aura la relecture/mise à jour des 2 premiers tomes également

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24 novembre 2012

PAUSE

Après avoir frôlé de près la mort ces deux derniers mois, voici qu'une sale emmerde me tombe sur le coin de la gueule : un divorce.

Je vais donc faire en sorte que La Voix des Ombres (blog et papier) reprenne doucement. Elle ne mourra pas.

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15 octobre 2012

LA VOIX DES OMBRES version papier - PATCHS !

Hailz !

Les patchs La Voix des Ombres sont désormais disponible au prix de 5 euros, frais de port compris.

L'argent récolté est destiné à l'impressio du fanzine.

Ils seront également vendus avec le fanzine, dans la limite du petit stock dont le dispose !

 

Guudrath

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19 septembre 2012

LA VOIX DES OMBRES version papier - PATCHS !

Maquette la voix des ombres 1 patch

Je dois recevoir une quinzaine de patchs La Voix des Ombres dans une dizaine de jours. Si tout part avant que je ne les reçoives, j'en recommande ! J'espère avant le concert à la Rumeur le 28 septembre pour TGOO.

Je les fais à 5 euros pièce, frais de port compris (plus ce serait sympa !) : cet argent me servira à financer la version papier, qui sera certainement très épaisse ! Par cet achat, vous soutenez non seulement mon "travail" et ma passion pour faire vivre l'Underground français et francophone, mais permettez également de lancer le zine papier - et je vous remercierais dedans !

Toute personne m'envoyant ensuite une photo de lui avec son patch sera considéré comme "abonné" et aura une petite remise sur le prix de base du fanzine (qui est encore à définir).

Je rappelle qu'à terme la version papier doit supplanter le blog.

 

Pour obtenir votre patch La Voix des Ombres (chèque uniquement car Paypal ne permet pas de récupérer la monnaise sonnante et trébuchante), mailez-moi : guudrath_blackarts@hotmail.fr

 

Alexandre GUUDRATH

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13 septembre 2012

Je serai présent à ce concert

2012

L'association Black Circle de Lille organise un concert samedi 29/09/2012 à 20h00 à la Rumeur.

On y retrouve The Great Old Ones, que j'ai interviewé il y a quelques semaines. C'est la tête d'affiche.

Avant ça il y aura Adraste et Haste (ça se répète dis donc).

Pour les lecteurs de l'anthologie du Black Metal, ce sera l'occasion de me demander de signer leurs exemplaires !

Alexandre GUUDRATH

 

Voilà l'événement sur FACEBOOK : https://www.facebook.com/events/397477003639510/

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12 septembre 2012

LA VOIX DES OMBRES version papier

Hailz !

Tout d'abord, mes excuses aus groupes "en attente" car je donne tout, depuis 5 jours, pour la version papier de La Voix des Ombres.

Justement voici quelques groupes qui vont y apparaitre :

_Blåkulla

_Murmuüre

_Borgne

_Aven

_Fhoi Myore

Au total une grosse vingtaine de formations seront présentes. Si c'est trop gros au final, je sortirai les 2 premiers n° d'un coup...

A. GUUDRATH

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08 septembre 2012

Anthologie du Black Metal - tome 3 : le black metal français

Les ventes progressent toujours bien... Je bosse doucement sur le tome 3 ! J'ai même dans l'idée de d'en sortir un par région du monde... mais ça c'est encore un rêve, pour l'instant.

La version papier de La Voix des Ombres a un sommaire béton...

J'emmerde les jaloux, les onanistes de leur ego. Si je m'arrêtais aux avis de ces gens qui se prétendent supérieurs (mais n'écrivent pas de gros pavés pour défendre leurs opinions) je n'aurais jamais rien écrit, peins, etc. Donc à ces gens : Fuck Off And Die ! La pub négative qu'ils me font... font monter les ventes ! Merci à mes ennemis, et merci aux amis qui me soutiennent !

Par ailleurs, je constate toujours avec... étonnement comme les critiques ne comprennent pas ce qu'est une anthologie !

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02 septembre 2012

P.H.T.O - Affliction (2011)

phto logo

 

 

P.H.T.O m'a tout d'abord captivé... en concert. Je n'ai assisté qu'à un seul concert du quatuor, et la bière aidant, je suis rapidement entré dans cette musique (pas dans le show en lui-même – je ne sais faire qu'écouter activement). Le travail de la basse indépendante, les nombreux moments « planant » ou menaçant, les vocaux quelque peu – voilà certainement le trio qui fait gagner P.H.T.O. (quel étrange nom pour un groupe de black !). J'ai donc ensuite écouter plus attentivement leur E.P. Affliction... Puis contacté le groupe pour proposer une interview, car force est de constater que sur scène, P.H.T.O réussit aussi bien que sur disque. Un très bon point pour eux.

Par contre, il est bien délicat de discuter d'Affliction. Déjà, ce n'est pas le style de black que j'écoute quotidiennement, et j'ai assez de mal à le qualifier de black metal. En effet, ici la dépression et l'affliction prédominent. Ce n'est guère agressif mais souvent pesant. Musicalement Affliction n'est guère violent, mais il peut l'être mentalement pour les auditeurs attirés par ce style de black metal. Toutefois, il est indéniable qu'émotivement parlant, P.H.T.O tisse ici un disque très fort. Chaque écoute d'Affliction me conforte dans ce sens : il règne dans cet opus une grande douleur, de la tragédie et une tension certaine. Affliction pourrait être perçu comme quelque chose de rituel, de processionnaire, de transe et de spirituel, voire de sacralisé. C'est très fort de la part de ce groupe.

Par ailleurs, P.H.T.O a une manière de composer bien à lui, vraiment particulière : les 5 pistes (pour 38 minutes et quelques) ont chacune leur petite personnalité, sans qu'aucune ne se détache des autres singulièrement. Il faut donc prendre l'ensemble comme un tout, et j'ai bien du mal à être frappé par une piste plus que par une autre. On peut voir cela comme un atout ou un défaut ! Elles sont toutes bonnes, mais laquelle fait-elle preuve de personnalité plus qu'une autre ? Je ne sais. Musicalement, j'ai même peur que P.H.T.O tourne en rond. Affliction ressemble ainsi à un soliloque. Quant aux constructions : cette œuvre me donne cette impression d'une vaste église dont il ne reste que les piliers et charpente debout après l'incendie. Et chaque instrument semble y flotter indépendamment des autres. C'est très dérangeant. La production est très bonne, mais le mastering très étrange. Il manque à Affliction une nécessaire homogénéité à ce niveau-là. Mais cela peut pourtant là-aussi être vu comme un atout... J'apprécie particulièrement le travail de la basse qui a un véritable rôle (en ce sens qu'elle n'est pas noyée sous les guitares) avec une vie propre, et les guitares, qui jouent vite et d'une manière très sombre, et menaçante. Les vocaux... me laissent dubitatif. Ils sont bien trop souvent en manque de puissance, de modulations, de violence. Ils sont comme « absents » du disque. Il n'y a que lorsqu'ils sont poussés à fond qu'ils deviennent intéressants et transmettent cette douleur épanchée... Il y a encore pas mal de travail à ce niveau-là à réaliser. Pour finir la batterie est ennuyeuse : il est très dommage qu'il ne lui soit pas donné plus de vie, de personnalité, de présence, d'espace. C'est un simple appui rythmique, alors qu'elle aurait pu peser bien plus. Elle est un faire-valoir pour les autres instruments... Bref, Affliction s'il frappe de sa force émotionnelle, frappe également de par un creux esthétique que seule la maturité et la réflexion sauront combler.

On aura donc compris que ce qui « sauve » cette Affliction de P.H.T.O, ce sont les ambiances, et le duo formidable que forme guitare et basse, chacune alimentant l'autre dans son espace propre. Les guitares tissent des lignes dépressives nauséeuses et bourbeuses empreinte de nostalgie et de tragédie, tandis que la basse rehausse cette basse tension par une résonance savoureuse et macabre... Affliction au final se révèle être un très bon disque, et je me demande ce donnera le prochain opus du quatuor. Affliction est néanmoins très casse-gueule, à la limite de tomber dans sa propre abîme, et souhaitons que le groupe réfléchisse plus à l'équilibre entre les instruments à tous les niveaux, chacun flottant dans sa bulle dans cet espace dépressif... Un étrange opus – mais ensorcelant.

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P.H.T.O. - Déstabilisant, paradoxal & mélancolique !

phto band

 

 

Hailz ! Bienvenue dans La Voix des Ombres ! P.H.T.O, je connais depuis quelques mois. Je vous ai vu en concert à l'Igelrock de Valenciennes, où j'ai vraiment accroché. Et ça continue quand j'écoute votre opus Affliction, au casque, même si tout ne me plait pas. Bref, question indispensable quand on est peu connu : comment s'est formé le groupe ? Quand et où ça ? Quelles étaient vos intentions premières, et quelles sont-elles aujourd'hui ?

Alrinack :

P.H.T.O est originaire d’Evreux (Haute-Normandie). Saddy à formé P.H.T.O en 2009, la formation évoluait alors dans un black metal traditionnel… Malkov, suivi de Molasar sont arrivés et ont apporté une touche bien particulière à la musique... en effet le jeu très rapide de la guitare avec une frappe lourde, lente et sèche à la batterie, ont commencé à donner à P.H.TO, un visage plus typé !

Pour ma part, j’ai intégré le groupe en 2010, mon jeu de basse contrastant, accentuant un peu plus cette sensation paradoxale (rapidité/mid tempo)... Nous avons alors naturellement orienté les compos vers un black plus ambiant, en gardant cet esprit dépressif qui caractérise P.H.T.O. Crow nous a rejoint suite au décès de Molasar en janvier 2011. Il a assuré la batterie pendant un an, c’est Bartuk qui est à ce poste aujourd’hui, apportant son expérience et son jeu, collant parfaitement à ce que nous cherchions. Nous avons pu constater que l’osmose recherchée a pu s’exprimé pleinement, justement au live à l’Igelrock en juillet dernier ! Le groupe nous permet à tous, d’exprimer nos sentiments les plus profonds, et pas forcement les plus gais, c’est une réelle catharsis !!

Je plonge dans un univers de désespoir intense avec votre opus. Les compositions ont des constructions plutôt charpentées, avec du vide (comme une église cramée ! Il ne reste que les piliers et les poutres) « empli » de souffrances. Comment dire... Vous ne remplissez pas complètement l'espace sonore, son volume : celui-ci est vaste (grâce à la prod) mais chaque instrument y voltige, y lévite, avec une sorte de calme... C'est très étrange. Vous jouez quelque chose de bizarre, avec une base black évidente mais il lui manque une cruelle et nécessaire haine et violence. Mais c'est intense émotivement parlant, et hypnotique. Bref : cela amène les questions suivantes : Comment s'est passée l'écriture d'Affliction : combien de temps cela a-t-il pris ? Qu'est-ce qui t'a inspiré ? Comment procédez-vous pour écrire une piste ? Quand est-elle bonne ?

Je pense que tu a bien cerné le concept de P.H.T.O, dans ta phrase « chaque instrument y voltige… », c’est exactement ce que nous voulons ressentir quand nous jouons ensemble ! Ressentir ce paradoxe entre une oppression latente et un état de transe, vivre ce tiraillement !

L’écriture d’Affliction s’est fait tout naturellement, Malkov avait déjà ses structures de guitare, plus ou moins abouties, Saddy ses textes, Molasar ses parties drum et moi j’ai amené mon jeu de basse sur les compos, (je ne voulais surtout pas exécuter une basse qui suivrait le jeu de Malkov, dans l’idée d’accentuer le contraste que j’évoque plus haut ) et petit à petit, elles se sont construites… Il s’est passé 6 mois entre mon arrivée et notre entrée en studio, le temps que chacun trouve ses marques et que nous affinions notre entité !

L’inspiration a été le parfait mélange de ce que nous ressentions tous à ce moment là ! Saddy et Molasar étant dans un état d’esprit plus que dépressif, Malkov et moi plus dans un ressentiment haineux et revendicateur !

Comme je le disais plus haut, pour une compo, en général, Malkov nous soumet un ou plusieurs riffs, si le riff est adopté par les trois autres membres, nous laissons Bartuk poser sa batterie, et ensuite avec Saddy, nous posons nos parties propres… nous lançons le titre quelques fois, ajustons les structures, et si au terme de cela, la compo réussit à nous faire connaître une envolée, ce que je nommais par transe, nous la gardons !

Après chacun dans P.H.T.O, peut proposer et soumettre une idée aux autres, nous ne prenons les décisions qu’ensemble ! personne n’impose quoi que ce soit aux autres ! C’est l’osmose qui doit prédominer, c’est comme cela que fonctionne notre entité !

Qui a écrit les textes ? De quoi parlent-ils ?

Les textes sont écrits par Saddy. ils évoquent une vision assez nihiliste de ce que nous vivons au quotidien ! De la manière dont nous appréhendons l’existence dans sa globalité, mais aussi à un niveau plus individuel ! Ce sont des descriptions subjectives et personnelles de ce que l’homme peut traverser, vivre pour tenter de se transcender ! L’expression d’une douleur et d’instincts de mort ! L’eros/thanatos qui nous anime !!

Qu'est-ce que cherche à transmettre le groupe ? Son Affliction ? Quelles images et sentiments veut-il faire naître dans les esprits et les tripes des auditeurs/spectateurs ?

Le groupe cherche à transmettre, justement, l’expression de cette douleur psychique, que nous connaissons tous ou avons connu ! Quand nous jouons, entre nous, ou en concert, dès les premières notes, nous cherchons à partir, à atteindre un degré de conscience altérée, et de ce fait nous espérons pouvoir communiquer cela aux personnes présentes ! Notre musique se veut hypnotique et haineuse, même si tu ne l’a pas ressentie cette haine, mais nous voulons que tout cela se passe de manière latente et insidieuse ! Lentement mais sûrement ! Un cheminement vers la noirceur de chacun !

Peut-on avoir un track-by-track d'Affliction ?

Je ne sais pas si un track-by-track est réellement approprié pour Affliction, car l’opus doit être pris dans sa globalité, isoler un titre ou l’autre, ferait perdre de sa cohérence au fil conducteur qui nous a guidé ! à savoir la douleur  de l’introspection ! chaque titre symbolise un passage par une phase psychique inconsciente !

Je vais tenter de te dire quelque chose sur chaque titre !

« affliction », est pour nous l’apothéose de l’opus, nous avons décidé de le mettre en avant, car il exprime tout ce que nous sommes !

« neurasthénique » est pour nous un titre assez basique, il pourrait représenter, les cendres de ce qu’était P.H.T.O avant, avant Molasar !! Actuellement nous aurions tendance, à moins le jouer que les autres, notamment en concert ! !

« l’enclave » était le morceau favori de Molasar (c’est également le mien), il trouvait que ce titre de par sa lenteur était une torture nécessaire ! torture pour lui qui aimait les blast très rapides, en effet entendre la guitare très rapide et lui devoir garder un tempo très lents était une catharsis très douloureuse ! nous avons fait plusieurs versions de ce titre (parfois accélérées), mais nous avons décidé de la mettre telle que tu peux l’entendre , afin de respecter le choix de Molasar!

« fin d’une sombre agonie » est assez différente du reste, rythmiquement comme dans ce qu’elle dégage, nous avons tenu à la mettre sur affliction, car elle pourrait symboliser, à nos yeux, le regain d’énergie que peut connaître quelqu’un, juste avant le grand saut, la chute au fin fond de ses abysses ! la décision ultime !

« dansant pour la lune » est également un de mes titres de prédilection d’ « Affliction », je trouve qu’il parvient à transporter, en tout cas en qui nous concerne.. il est empreint de mélancolie, de sensations dépressives et lancinantes, en concert nous la jouons souvent en ouverture, comme un noir et sombre préalable à ce qui va suivre ! nous ouvrons nos plaies béantes…nous vous livrons notre mal !!! qui pourrait espérer meilleur héritage héhé !

Comment le mieux apprécier Affliction ?

Comment le mieux apprécier Affliction ! je ne pense pas détenir la solution idéale ! c’est à l’auditeur de lui même définir les meilleures circonstances et conditions pour ce faire !

Le calme et la solitude me paraissent adaptés quand le support est le cd, en condition de concert , c’est différent !

Un être en état dépressif, mélancolique, va être plus sensible, réceptif aux sensations exprimées dans Affliction, mais va –t-il le recevoir de la meme façon ??

Je suis quelque peu déçu par les vocaux : pas de rage, pas de haine, une certain souffrance mais rien d'extraordinaire. Quelque chose à ajouter à ce sujet ?

Qu’ajouter de plus ? c’est une appréciation et un ressenti subjectif ! personnellement je ressens de la haine dans le chant de Saddy, car je partage ce qu’il veut dire et montrer. C’est d’ailleurs cette haine comme lien, que je tente de renforcer par mes backings ( qui sont moins présents sur Affliction, que sur nos prestations live... mais c’était un choix !)

Affliction est une introspection de Saddy, au travers de ses textes, et ses cris en attestent ! la haine est dans ses résonances ! la perception de celle-ci est une autre histoire !! Constater que tu n’aies pas la même perception de la chose, c’est compréhensible !  la subjectivité est base de ce que nous sommes ! P.H.T.O laisse une fenêtre de libre arbitre à chacun dans ce qu’il exprime et ressent !

Affliction a été pressé à deux reprises : par Immortal Frost et Satanhades. Comment se sont passés les deals ? La communication est ou a-t-elle été bonne ?

En fait, Affliction a été pressé par Immortal Frost en cd, le deal s’est très bien déroulé, ce label est très sérieux et respectueux des groupes qu’il produit, la communication était établie dès le début, et nous n’avons eu aucun désaccord ! une très bonne collaboration !

Avec Satanhades, ce n’était pas un pressage du master, mais un pressage des covers, nous n’avons pas encore édité les tapes, mais cela ne saurait tarder !

Le boulot s’est bien fait, malgré tout, quelques incompréhensions de part et d’autre... Un label sérieux également !

Dans le style de P.H.T.O., qui vous servent de référence ? Quels sont les disques qui donnent la route à P.H.T.O. ?

Je t’avouerai que nous n’avons pas de référence, en terme de groupes, quant à la musique de P.H.T.O, car nous oscillons entre le mouvement black dépressif et le mouvement black ambiant ! je pourrais te citer quelques noms de groupes et/ou one man band que nous apprécions, mais cela ne serait pas représentatif, car ces goûts s’expriment de manière individuelle et n’entrent pas en ligne de compte dans la composition !

Par exemple, Molasar à l’époque, n’écoutait plus trop de black ou metal extrême, il était passionné par « Tangerine Dream »… est-ce que cela représente une influence pour la musique de P.H.T.O, je ne sais pas, mais cette idée de voyage, de passer au delà, a été un fil conducteur oui ! sans aucun doute ! plus que les disques omniprésents pour nous, l’idée nous obsède, un sentiment psychotique qui nous suggère inconsciemment : vas-y !!!

P.H.T.O fait-il du black metal, et si oui en quoi ? Le black metal est-il ou peut-il être dépressif, ou nourri de haine ?

J’estime que P.H.T.O fait du black metal oui, déjà de part son expression musicale nihiliste, c’est en tout cas, comme cela que je le ressens, nous revendiquons une liberté de création, haineuse, orientée, musicalement comme intellectuellement et psychiquement ! notre message vise à dépeindre l’humanité dans ce qu’elle a de plus obscure, et torturée, ce qui est un des fondements à mes yeux, du black metal !

Sur quoi travaille P.H.T.O. ? Je le sens bien bossez sur un LP...

P.H.T.O travaille sur divers projets en ce moment !

Un Lp d’ « Affliction » va en effet sortir dans quelques mois ! ainsi que les tapes !

Nous allons entrer en studio courant septembre/octobre, pour un Split cd avec Imber luminis .

Nous avons débuté la composition de notre album « lumières éteintes », qui devrait sortir courant

2013/début 2014..

Des collaborations sont en discussions avec d’autres groupes, et nous allons tenter de multiplier nos apparitions sur scène !

Le satanisme a-t-il voix au chapitre dans le groupe ? Est-il pratiqué ? Il ne semble plus évident qu'aujourd'hui black metal et satanisme aille de pair...

Encore une fois, il faut différencier les individus, de l’entité P.H.T.O. Chacun d’entre nous a son idée sur la question, ainsi que ses positionnements et les actions qui en découlent ! mais je n’exprimerai ici que le point de vue groupal ! P.H.T.O ne pratique pas le satanisme, en tout cas pas au sens propre du terme ! nous préférons le terme de nihilisme comme je l’ai dit précédemment !

Je ne sais pas si le black metal et le satanisme vont de pair aujourd’hui, c’est une question complexe car elle sous-entend des croyances religieuses, de ce fait, une acceptation de dogmes et donc une soumission ! Donc tout dépend de ce que l’on nomme par « satanisme », un acte d’opposition spirituelle, déchargé de toute soumission, une vision nihiliste de l’humanité, une métaphore pouvant replacer l’homme en tant que sujet…. La discussion se doit d’être réfléchie, tout comme l’engagement que l’on y attache !

P.H.T.O fait partie d'un collectif de formations qui ne fait que grossir. Je suis surpris à chaque fois de voir un nom s'y rajouter... Pourquoi tant de groupes ? Quel est l'objectif du collectif ? Il a été constitué en hommage à l'un des membres de P.H.T.O. qui s'est suicidé n'est-ce pas ?

Oui, P.H.T.O fait partie du collectif « Molasar Dream’s », il a en effet été constitué suite au suicide de Molasar, nous avions envie que son nom reste, au delà des groupes ! c’était un ami de longue date, et un frère d’arme convaincu !! nous avons voulu encenser la passion qu’il avait pour la musique, passion qu’il voulait hors de d’étiquettes cloisonnant notre essor !

Au sein du collectif, nous sommes 6 avec Malsain, Malkov, Saddy, Bartuk, et Psycho... pour 10 groupes ! nous avons aussi des projets externes au collectif, mais nous tenions tous les 6, à porter, le souvenir de Molasar !

Dans le collectif, tu peux retrouver des groupes et des projets solos... cela nous permet de collaborer, avec l’un ou l’autre ou les autres, de manière complètement transparente et franche, et en même temps d’exprimer chacun à notre manière, notre haine !

Car c’est également un des buts de notre horde ! Nous voyons notre association comme porteuse d’un message : une propagande, pour la scène underground française, nous essayons d’y apporter notre engagement !!

Après, au travers de chaque projet, tu peux retrouver les goûts propres à chacun et selon les projets les philosophies de chacun des membres , les points d’ancrage spirituels !

Hormis ceux de son collectif, qui P.H.T.O. soutient-il ? Que donne la scène française ?

Nous somme tous d’accord pour dire que la scène française est très riche, et assez diversifiée ! nous avons de très bon groupes, virulents à souhait, avec une démarche respectable !

Dans quasiment toutes les branches du black metal, la France comprend de bonnes formations, d’ailleurs aussi bien reconnues à l’étranger, nous sommes fiers de pouvoir soutenir cette scène et ce mouvement !

Il faut souligner également l’engagement de personnes comme ulfy de WOTU, entre autres, qui donnent un maximum d’énergie et d’investissement personnel, pour que justement, cette scène, ne perde pas ses galons !! La scène française a tout sa place dans la lutte !

P.H.T.O. apprécie la scène ! Est-ce essentiel ? Qu'en retirez-vous ? Qu'en attendez-vous ? Le black métal y a-t-il sa place ?

Oui P .H.T.O apprécie la scène, et oui c’est essentiel à notre bonne continuité !! sur scène nous avons vraiment l’impression, de porter au vent notre bannière, une haine et une invitation à l’envol !! nous allons axer nos efforts sur ce point !! et sommes bien sûr, ouverts à toute proposition hé hé

Qu'espères-tu pour P.H.T.O et son Affliction ?

Je laisse, nous laissons « affliction » faire son chemin. D’autres versions d’ « affliction » verront le jour, sous d’autres formats, avec d’autres versions.. en son temps.. Nous sommes sur la suite, nous constatons l’effet produit par le maxi, tant mieux, il serait hypocrite de s’en plaindre.. la contagion se propage….!

De 1 à 10 sur une échelle dont le 10 est le noir total, où situez-vous Affliction ?

Pour ma part je situerai « affliction » aux alentours de 6 ou 7 (au vu des échos), car il n’est que la face cachée de l’iceberg P.H.TO ! (cela reste subjectif bien entendu !!)

c’est un aperçu de ce qui viendra !!

Donne-nous trois adjectifs qui résument le mieux la personnalité de P.H.T.O.

Déstabilisant, paradoxal, mélancolique !

Comment se procurer Affliction et contacter le groupe ?

Pour se procurer « affliction » ,contacter P.H.T.O, ou toute autre prod du collectif, il suffit de m’envoyer un mail à cette adresse : blackfenriz@hotmail.fr et de préciser dans l’objet du mail quel proj est concerné !!

Qu'as-tu écouté pendant cette interview ?

Pendant que je te répondais, j’ai écouté du slavonic Pagan black métal (« nokturnal mortum », « dub buk »..), mais j’ai aussi écouté un peu de « vargsang », de « bilskirnir », et pour finir du « lustre », the first beauty , pour être précis !

Affliction est bon opus ! Les atmosphères sont tripantes, les constructions bien pensées et pesées... Il y a aussi des défauts ! Mais j'ai connu une certain satisfaction à l'écoute et une hypnose, également connue en concert... Bref je me demande ce que donnera la suite ! Bonne continuation ! Les derniers mots sont à P.H.T.O. !

Si tu a pu percevoir l’hypnose qui est la notre, probablement que dans le futur, nous ré-allumerons, ou entretiendrons ensemble, la flamme de la haine !! et de préférence en concert !!

Les défauts seront corrigés, ou le sont déjà pour certains, affliction n’était qu’une étape, un seuil à franchir, P.H.T.O continue d’arpenter son cheminement, pas à pas !

Merci à toi pour cet espace de parole, merci à la voix des ombres ! il n’est pas si fréquent de pouvoir utiliser un tel exutoire ! une telle bannière de propagande ! un grand hails à la scène underground de France !! et un hails à ceux qui lui amènent leur soutien !!

Alrinack

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31 août 2012

LA VOIX DES OMBRES version papier

Hailz !

Afin de préparer le premier n° papier de La Voix des Ombres (et de répondre à ma première interview au sujet de mon anthologie du black metal, tout en bossant le tome 3 !), le blog tournera au ralenti - tout ça durant le mois de septembre. Bref, je vais bûcheronner ! Comme d'habitude je vais bourriner afin d'aller le plus vite possible et... de pouvoir faire autre chose.

Autre info : je vais réaliser l'artwork (eheh vous ne connaissez pas mes talents de peintre et dessinateur !) pour un groupe UG que j'ai en très haute estime, pour une première sortie vynile de leur oeuvre dans les 6 mois à venir.

A bientôt !

Prochaine update du blog : ce weekend !

A. Guudrath

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25 août 2012

NORMAN SHORES - Return to the Norman Shores (2012, Antiq)

norman shores front

 

Comment dire sinon « AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAArghhh !!! » ? Ce premier putain de full-length de NORMAN SHORES (un des avatars de Fog, batteur dans ANGMAR, qui dirige OSSUAIRE Records – voir l'interview), bousille tout ! Quel disque ! J'ai beaucoup de chances avec La Voix des Ombres, depuis la reprise du blog, de pouvoir découvrir un bon nombre de superbes productions françaises. Donc, Return to the Norman Shores est carrément décoiffant : c'est un ciel claire qui s'obscurcit subitement de plombs destructeurs qui réduiront tout en cendres...

Encore une fois dans La Voix des Ombres (promis je ne le fais pas exprès), voici un opus qui rend hommage au black metal des années 90, surtout le français mais aussi le norvégien. On y retrouve cette spiritualité païenne et cette nostalgie que l'on entend déjà dans ANGMAR. Également, ce souffle épique, bien que dans cet opus, NORMAN SHORES appuie bien plus cette caractéristique. Enfin, il y a une haine, une rage, une tension résultante importante dans Return to the Norman Shores, qu'il n'y a pas chez ANGMAR. De plus, la production est plus sale et underground. On est pris dans les embruns de la tempête, ou bien dans le blizzard...

Return to the Norman Shores comporte 6 pistes et s'ouvre sur une intro baroque avec une tension annonciatrice. Puis Lost a Ghost explose et immédiatement, on pense aux productions de la scène Toulonnaise. Ca va vite. Les lignes mélodiques mortifères lacèrent la piste... La haine résonne à travers ces vocaux déchirés, hurlés avec conviction. Il y a « urgence ». NORMAN SHORES nous emporte ainsi très facilement. Si l'on y prête bien l'oreille, on remarquera le travail minutieux des guitares sur plusieurs lignes. Les plans s’enchaînent facilement, et l'on pourra, ensuite, noter comme le musicien... connaît la musique, comme tout ça est naturel, comme NORMAN SHORES est déjà une manifestation mâture de l'esprit de Fog... C'est extrêmement bon et jouissif. Lost a Ghost est un titre fabuleux. On est emporté dans un autre monde et les émotions sont fortes. C'est puissant... Throne of Nemesis ne fait pas, lui aussi, de quartiers – quel intensité épique ! C'est impressionnant ! Un split avec Valuatir peut-être ? Throne of Nemesis est tout aussi impressionnant que la précédente. La Fin d'un Règne est une piste plus mid-tempo et mélodique que les autres avec des paroles en français audible. On nage ici en pleine nostalgie, mais le souffle épique est toujours présent. Les atmosphères sont somptueuses. NORMAN SHORES brasse en profondeur les sentiments - et quel talent !!! Les références au black metal scandinaves sont ici nombreuses, mais quelle PUTAIN de piste !!! Le dernier tiers avec les « chœurs/hurlements/solo » est tout à fait extraordinaire. Là encore, une tension folle grandit crescendo ! Quel génie ! NORMAN SHORES m'engloutit. L'on est bien dans la guerre, la violence, mais Fog contrebalance cette caractéristique du black metal par quelque chose de plus personnel et de spirituel. Impressionnant ! La suivante The Grim Idol renvoie sur le début aux groupes norvégiens, mais Fog redonne aussitôt une impulsion toute NORMAN SHORES à cette courte piste. Return to the Norman Shores est une longue track. Il est plus difficile de plonger dedans, quand on vient de passer toutes ces minutes dans une furie avérée. Le premier tiers doit être passé avant que la tension foudroyante revient avec les cris de corbeau de Fog. Et c'est, alors, de nouveau excellent. Les influences françaises comme norvégiennes se font ressentir – mais il faut cependant avouer que Fog, qui a de l'expérience, a très bien digéré celle-ci et que la personnalité de NORMAN SHORES est affirmée. Bref, la title-track est bien variée et représentatif de tout ce que sait faire Fog. Quelle baffe ! Puis l'album se clôt par une Ode to the Brave... qui commence comme un BATHORY période viking. On pensera aussi aux Germains de MORRIGAN. Là aussi : grosse grosse claque. Grosse leçon de Black et de Metal, avec un indéniable souffle spirituel. Et quel final !!!!!!!!!

Cette chronique est déjà bien épaisse et je me rends compte que Return to the Norman Shores est tellement énorme que je pourrais en écrire des pages. Voilà ce qu'il faut retenir : c'est épique, c'est intense, c'est dense et spirituel. C'est talentueux et inspiré. C'est de grande envergure. Nul doute que l'on aurait pu le retrouver dans le tome 2, ou le tome 3 à venir, de mon anthologie du black metal. Hailz Fog, Hailz NORMAN SHORES !

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NORMAN SHORES - Tragique, Sublime & Rageur

Hailz ! Bienvenue en Enfer à NORMAN SHORES ! Comment vas-tu Fog ? As-tu de la bière et du metal avec toi pour cette interview ? Tout d'abord présente-nous NORMAN SHORES s'il-te-plait, avant de le mettre en perspective au regard de ton implication dans ANGMAR (qui sort un « nouveau » disque) et QUINTESSENCE et de ton passé musical (tu as joué dans plusieurs formations auparavant)...

 

NS black logo

 

Salut Guudrath, j’ai de la bière, du Calva dans mon godet et les nouvelles prises guitares du prochain Norman Shores dans les oreilles donc ça va impeccable !

Norman Shores est mon “nouveau“ projet solo où j’officie dans un black metal épique très émotif et où je mets en scène mes origines normandes de par diverses légendes et faits historiques. J’y incorpore également mon vécu là-bas. Je mets entre guillemets « nouveau » car il s’agit en quelque sorte de la continuité de mon autre défunt projet Asylum Phenomena, que j’ai voulu ressusciter à maintes reprises sans retrouver cet esprit que j’avais à l’époque. Devant l’évidence que mes compos ne collaient plus pour Asylum, j’ai enterré définitivement ce nom pour accoucher de Norman Shores.

J’ai un passé musical pas mal chargé en effet et évidemment, c’est très différent de ce que j’ai pu faire auparavant avec les groupes de black Drangsalymir ou Iphicrate et le groupe actuel Quintessence ; il y a des rapprochements avec Angmar, étant donné que je compose pas mal, mais disons que l'on reconnaît juste ma patte.

J’ai joué également au sein des groupes de Death & Deathcore, Birthdecline et Sickbag comme batteur et en temps que bassiste dans le groupe de Doom The Bottle Doom Lazy Band.

J’ai eu divers projets solo comme Mad Mutilator (un truc genre Mortician), Clerical Conspiracy (un projet thrash metal) et Hymne (un projet dark goth wave black indéfinissable ha ha ha genre Plasma Pool un peu).

Et enfin mon projet Doom qui me tient vraiment à cœur, Blazing Raven, très influencé par Reverend Bizarre et Cathedral et pour lequel je n’ai qu’une démo de sortie à l’heure actuelle. Mais un Ep et un album sont sur le point de voir le jour.

Tu es surtout connu comme batteur, dans ANGMAR et je me rappelle SICKBACK. Dans NORMAN SHORES, tu joues de tous les instruments : était-ce important de tout maîtriser, de ne faire aucune concession ? Tu avais déjà fais ainsi avec ASYLUM PHENOMENA de 98 à 2001/02 ? Quelles différences entre ces deux formations ?

Oui effectivement j’ai besoin de faire de la musique seul et de tout gérer de A à Z, d’explorer mon âme sans que personne n’y mette son nez, c'est vital. Jouer en groupe est un plaisir immense et c’est très enrichissant, mais c’est aussi une frustration terrible pour quelqu’un comme moi qui compose sans arrêt et qui du coup, doit faire des concessions déchirantes parfois. Dans mes projets solo, je peux laisser libre cours à mon esprit et ce, sans restrictions.

Asylum Phenomena était très impulsif, je faisais tout ce qui me passait par la tête à ce moment là, je n’avais pas de ligne de conduite, thèmes et but précis, je voulais tout faire en même temps. Il y avait aussi bien des morceaux Black que Death, Raw ou encore pas mal d’Ambiant. Avec Norman Shores, j’ai instinctivement digéré mes influences, trouvé ma voie et je ne me disperse plus.

Que veux-tu transmettre comme images, comme sentiments, aux auditeurs avec NORMAN SHORES ? Return to the Norman Shores parle d'un retour... Il est épique, tout en tension, avec une production un peu étouffée, cruelle, « raw » et des vocaux plein de haine...

Je ne cherche pas à faire passer une image ou un sentiment en particulier mais vu que je suis quelqu’un de très empathique, qui comme beaucoup n’a pas eu une vie facile, je retranscris sans le vouloir ce que j’ai au fond de l’âme, c’est d’ailleurs ce qui caractérise pour moi LE Black Metal, la libre expression du vécu ! Si les gens en écoutant ce que je fais, ressentent tout un panel d’émotions, c’est normal, ça prouve qu’ils sont vivants!

Je trouve ce disque traversé de sentiments spirituels : es-tu odiniste ? En quoi crois-tu ? L'intro de Ode to Brave rappelle Bathory huhu !

Je crois en tout et en rien, je suis juste fasciné par le monde, ses cultures, ses légendes, la nature, ses morts ; en particulier les cultures germaniques et celtes, du à mes origines.

Dans le nouvel Angmar « Cénotaphe », nous avions déjà fait une reprise de Bathory et dédié l'album à Quorthon.

Avec Ode to the Brave, que j'ai composé comme un morceau de Bathory, j'ai voulu saluer Quorthon une dernière fois. Bathory est mon groupe de prédilection et j’ai été très touché et choqué à l’époque par sa mort prématurée.

Return to the Norman Shores me semble très inspiré par le black metal français des années 90, et par celui de Norvège : qu'en penses-tu ? As-tu cherché à lui donner une personnalité, ou bien peut-on voir ce disque comme un hommage? Quelles sont les caractéristiques principales de l'opus ?

C’est vraiment indépendant de ma volonté, j’ai grandi entre autre avec le Black des années 90 donc ça se ressent forcément dans ma musique.

Cet opus est un hommage à mes lointains ancêtres et c’est aussi le moyen de ne pas perdre contact avec eux et de me rappeler d’où je viens, mais, je n’ai pas cherché à écrire de telle manière à ce que cela sonne « viking » ou autre, je ne me pose pas ces questions, je compose c’est tout.

Il se caractérise par une atmosphère générale violente, riche en émotions et emplie de tragédie et de nostalgie. Comme tous les one man bands, on comprend tout de suite qu'il s'agit de la vision d'un seul homme, qu'il y a quelque chose de personnel, d'unique. Regarde Burzum par exemple, sa musique ne pourra jamais être jouée en groupe, c'est pareil pour Norman Shores.

Comment s'est passée la composition ? Comment t'y prends-tu ? Qu'y a-t-il au tout tout début, à quoi ressemble l'étincelle qui allumera le grand feu ? Combien de temps cela-t'a-t-il pris ? 6 pistes, pas plus ?

Et l'enregistrement ? Où et comment ? Es-tu dans un autre état d'esprit quand tu passes à cette partie ?

Je ne saurais expliquer ce qui se passe dans ma tête lors de la composition d’un morceau, est-ce dû à ce que j’ai vu ou entendu au moment ou je prend ma guitare qui resurgit comme ça… ? D’ailleurs, je compose sans but d’en faire un morceau pour Angmar ou Norman Shores par exemple, je ne me fixe pas ce genre de limite, je compose tout le temps et après réécoute ou redécouverte sur un disque dur des morceaux, je les attribue à tel ou tel projet.

J’ai enregistré, mixé, masterisé cet album dans mon studio Le Caveau quand j’ai eu du temps entre deux projets, alors que j’étais encore sur Poitiers, dans le sous sol qui me servait de studio, vraiment à l’arrache sur 11 pistes entre octobre 2011 et janvier 2012 le tout en one shot. 4 pistes batterie, 1 basse, 3 guitares (claire ou saturée), 1 chant black, le reste pour les voix claires ou doublage black par endroit et le synthé de « Ode… ». J’ai essayé de garder un son et une exécution un peu bruts car c’est ce qui me semble le mieux pour ce genre de Black Metal, je vois mal Norman Shores triggé à mort avec le son de Dimmu Borgir ha ha ha ha ! Pendant les prises, je deviens très féroce, irascible, concentré à l’extrême, je vis totalement la musique.

Y'a-t-il une piste dont tu es particulièrement content, ou fier ? Idem, pour l'ensemble du disque ? Par contre qu'est-ce qui te déplaît le plus ?

Je n’ai pas de morceau préféré et je suis assez fier de l’album dans son ensemble vu les conditions d’enregistrement, mais si je devais refaire un truc, ce serait les guitares. Je trouve le son un brin étriqué et manquant un peu d’ampleur.

De quoi parlent donc les textes eheh ? Et que révèle l'artwork ?

Les textes parlent essentiellement de légendes et faits historiques normands autour de Guillaume le Conquérant et du roi Rollon, mêlés à des métaphores baudelairiennes.

J'y incorpore également des transpositions de mon vécu et de la vision que j'ai du monde qui nous entoure.

L’artwork quant à lui est des plus classiques curieusement, moi qui aime bien faire des design assez fouillés voir compliqués d'habitude, là j'ai choisi des paysages magnifiques de Normandie on ne peut plus simples en rajoutant juste quelques éléments viking. En guise de photo, j’ai mis une peinture autoportrait que j’avais réalisée en 1999 ou 2000 et que j'avais toujours voulu mettre dans un livret. On m'a demandé pourquoi je n'ai pas mis les textes ; je n'en voyais pas l'utilité.

Comment se délectera-t-on le mieux de Return to the Norman Shores ? Dans quel état d'esprit l'apprécies-tu le plus ?

C’est une musique solitaire donc il vaut mieux éviter de l’écouter dans le bordel d’une soirée. Je pense qu’au calme chez soit avec le son bien fort serait du plus bel effet, c’est comme ça que je l’écoute, quand ça va pas très fort, c’est le moment que je préfère.

Tu es encore plus impliqué dans le black metal : tu as créé ton label, Ossuaire Records (http://www.ossuairerecords.fr/index.php) ! Pourquoi cette décision ? Que veux-tu faire de ce label ? Est-ce un label professionnel ? As-tu une « ligne éditoriale » précise ou tu produiras selon tes envies ?

J’ai créé mon entreprise Ossuaire Records et Le caveau Studio il y a un an et demi à peu près, d’abord comme une distro en complément de mon studio. J'ai toujours voulu être ingé son et avoir un magasin de disques, c’est donc un rêve de gosse qui se réalise. J’aurais préféré ouvrir une boutique en ville, mais le marché du disque et les loyers commerciaux ne permettent plus d’ouvrir ce genre d’endroit à l’heure actuelle, surtout dans des petites villes. Ce qui me console, c’est de faire de temps en temps, en plus du net, quelques festivals et autres concerts.

La partie label vient tout juste de démarrer, c’est la suite logique de mon projet qui est de tout gérer de A à Z, de la production à la distribution en passant par l’enregistrement…

C’est une volonté de bien faire le boulot artisanalement et de contrôler le tout, de privilégier des groupes de qualité et de contre faire à mon petit niveau l’overdose de productions aseptisées.

Alors, je sais bien que quoi que l'on fasse, nous sommes tous des copieurs au final, moi le premier car les influences se transforment toujours en pseudo copie malgré nous et il y aura toujours un riff qui ressemble à un tel, mais il y a aussi une différence avec les légion d' ersatz de Dimmu chose, Cradle truc, Dark bidule, Peste machin ou Korpiklatruie…bref et même les productions true black crado se ressemblent ; dès qu’il y a volonté de faire un truc crado pour faire « true »…déjà y a un malaise quelque part non ? Bref…

En fait, tu es dans le black metal depuis bien longtemps ! Quel âge as-tu ? Quel regard portes-tu sur le genre ? Il a tellement évolué en 20 ans ! Par contre, avec tous ce que tu fais, j'ai le sentiment que tu es toujours sur un instrument, toujours avec le black metal en tête, à ne vivre que pour ça. Ai-je tort ?

J’ai 33 ans, l’âge du Christ à sa mort et 23 ans de métal en tout genre dont à peu près 20 ans de Black Metal.

C’est vrai que le Black a vraiment changé ma vision des choses et a totalement transformé ma vie. Quelle claque, quand j’ai découvert Bathory avec le Jubileum 1 et surtout un peu plus tard, le De Mysteriis Dom Sathanas de Mayhem et le premier Impaled Nazarene pour ne parler que du Black Metal, car j’écoutais du Heavy, Thrash et Death déjà avant ! Depuis cette période 92-94, je n’ai de cesse de vivre pour cette musique ! (J’ai l’impression d’être un vieux con qu’il s’la raconte avec tes questions ha ha ha).

Comme pour tout, il y a du bon et du mauvais, mais je suis soulagé de voir dans cette profusion chaotique de groupes qu'un bon nombre vaut le coup et renouvelle un peu le genre comme Pestiferum, Darkenhold, Fhoi Myore, Throne Of katarsis …

Quels groupes Normands et de France soutiens-tu ? Y'en a-t-il avec qui NORMAN SHORES est proche, au moins musicalement parlant ?

J’avoue depuis que je suis chez les Pictons, j’ai peu de nouvelles sur les nouveaux groupes normands. Je ne vois aucun groupe qui ressemble vraiment à Norman Shores, mise à part Angmar évidemment. On ne m’a comparé à aucun groupe encore d’ailleurs. En France, ceux qui méritent d’être soutenus : Darkenhold, Fhoi Myore, et Pestiferum que je vais sûrement produire pour ces derniers vers décembre si tout va bien. (Y en a bien d’autres mais je n’ai plus les noms en tête.)

Vas-tu mettre sur/en scène NORMAN SHORES ?

J’aimerais mais pour cela, il aurait fallu que j’ai des frères quadruplés, car monter Norman Shores en vrai groupe avec des inconnus ou des potes, non ! Et juste pour du live avec des musiciens de session non plus ! J’aurais besoin de gens exactement comme moi et là, c’est pas gagné.

Travailles-tu déjà à de nouvelles choses pour NORMAN SHORES ? Quel avenir lui traces-tu pour les 12 ou 24 mois prochains ?

J’ai déjà composé un Ep et deux albums voir plus si je remets le nez dans des vieux disques durs ha ha ha.

Penses-tu qu'il serait possible que l'ancienne foi scandinave puisse prendre le dessus un jour, sur les monothéismes ? Et qu'une union des peuples nordiques verra le jour ?

Le dieu argent et la déesse sexe ont déjà remplacé les anciennes religions. Ils ont créé la télé réalité, les fast food, la bourse, les stocks options et annihilé toute forme de pensée individuelle. Seuls quelques fous luttent et à part la destruction totale du monde, je ne vois pas comment ils pourraient être détrônés ! Ha ha ha !

De 1 à 10, 10 étant le noir total, où situes-tu Return to the Norman Shores ?

J’aime quand il y a un peu de lumière donc je mettrais 7.

L'humain n'a pas son pareil pour créer des tragédies, faire naître les souffrances, se montrer cruel et absurde, pour tout détruire, etc. Comment l'abordes-tu en tant que musicien de black metal ?

Je l’aborde en pleurant.

Comment te contacte-t-on ? Comment se procure-t-on Return to the Norman Shores ?

Qu'as-tu écouté pendant cette interview ?

Norman Shores, l’album et les nouvelles prises guitares pour le prochain ainsi que divers trucs pour Blazing Raven.

Peux-tu me donner trois adjectifs qui résument le mieux la personnalité de NORMAN SHORES ?

Tragique, Sublime, Rageur.

Return to the Norman Shores est un excellent disque ! Je lui souhaite une longue vie ! Merci d'avoir donné de la voix dans La Voix des Ombres ! Fog, tu seras toujours le bienvenu ici ! Les derniers mots sont pour NORMAN SHORES !

Et bien merci à toi pour cette interview et ton soutien, ce fut très cool d’y répondre et au plaisir de refaire un tour ici pour les futures sorties ! Et n'oubliez pas, la scène black metal Française est l'une des meilleures au monde alors soutenez-la !

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LA VOIX DES OMBRES version papier

Le sommaire est bientôt bouclé - certainement ce weekend.

Je cherche à interviewer des groupes UG qui ne veulent qu'une interview papier, pas dnas le blog.

Me contacter, pour me proposer.

Le numéro 1 devrait sortir avant fin 2012.

Posté par oncleGUUDrath à 10:24 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

21 août 2012

LA VOIX DES OMBRES version papier

J'ai réfléchi sérieusement au sujet de la version papier, un vieux désir aussi.

Je vais le concrétiser. Il sera désormais ma priorité.

Toutes les interviews passeront pas ce support, d'abord dessus, avant d'être mises en ligne - si les groupes le veulent.

Ce sera un fanzine à l'ancienne, dans l'esprit UG, xerox, etc.

 

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18 août 2012

IN MORTIS VERITAS - A l'Ombre des Sépulcres (2012)

IN MORTIS VERITAS COVER

 

S'il est encore relativement inconnu, IN MORTIS VERITAS est en réalité la continuité d'un compositeur, Non Serviam, qui n'a jamais arrêté d'écrire du Black Metal. C'est d'ailleurs lui qui a donné naissance à ce qui fut un des premiers groupes de Black Metal français : PROPHECY, qui fit beaucoup de bruits à l'époque. Et force est de constater que la qualité, manifeste, évidente, est encore une fois au rendez-vous. Ce premier full-length d'IN MORTIS VERITAS est une excellente surprise, vraiment impressionnante et pour plusieurs raisons.

En effet, A l'Ombre des Sépulcres, première production également du jeune label français Exu Rei Records, mérite toute l'attention des auditeurs car il se révèle être une vraie bombe de black metal, brassant une foultitude de sentiments noirs et d'atmosphères diverses, jouant de tempos divers... Et surtout, faisant incontestablement appel au black metal français des années 90 : logique quand on a fondé PROPHECY – mais cela rappelle aussi l'attitude de rétropédalage de Nir'Um'Tuk et de bien d'autres depuis quelques mois chroniqués dans La Voix des Ombres. Et c'est tellement bien fait, tellement bien exécuté et produit (bonne prod, mais avec ce grain organique d'il y a bientôt 20 ans), tellement bien articulé et fluide, que je reste bouche bée, devant tant de fierté et d'agression guerrière, de souffle épique.

IN MORTIS VERITAS réussit un vrai tour de force : faire de l'ancien comme si de rien n'était, comme si rien n'avait changé en 20 ans. Alors que tout le monde veut faire du neuf, comme si c'était bien de faire du black metal, une autre chose (c'est plutôt « bon » pour l'esprit en général, pour le « musicien » - mais non pour le Black Metal, ni pour le Black-Metalhead qui vit sa passion en profondeur), Non Serviam se dit au contraire qu'il n'y a pas de raison d'y changer quoi que ce soit – et il a parfaitement raison. D'autant qu'IN MORTIS VERITAS s'incrit dans une Tradition bien connue sans s'en aller copier, plagier d'autres : sa personnalité a contribué et contribue de nouveau à renforcer une tradition ancienne désormais ! Je ne renie nullement toutes les formes que l'on a donné au Black Metal depuis 10 ans : cependant, ce n'est pas en le triturant comme DeathSpell Omega le fait par exemple (parmi tant d'autres qui le copient!) que le Black Metal va préserver son identité, sa force, sa puissance, que l'on retrouve dans l'Ombre des Sépulcres.

A l'Ombre des Sépulcres, opus de 10 titres, débute par une intro cosmique, funèbre et éthérée, morbide typique des intros d'il y a 20 ans : on entre de suite dans un univers occulte et ténébreux, c'est simple et efficace, très évocateur... Un régal ! Qui sait encore faire de telles intros ? Puis le premier titre Black déboule et là, plus de doutes, on est bien dans les années 90... Cependant, il faudra passer (du moins pour moi) par-delà les vocaux plein de rage, qui frappent par leur ressemble avec ceux de... Nergal de Behemoth ! La piste, quant à elle, alterne blasts et mid-tempo soutenu : on est emporté par la tempête. La lead-guitare lance des lames aiguisées avec un son rétrograde, cuivré et acéré, sans pour autant prendre de haut les autres instruments (prod bien équilibrée donc) : cet In Mortis Veritas casse la baraque, c'est un hit destructeur ! Du pur black metal ! Merci Non Serviam ! Life is a Sabbath est une piste où ronronne bien la basse, sur un air triste et un mid-tempo jamais triste ! On relèvera la qualité des lyrics, très bien placés. On pense également à ces groupes de Toulon... Quelle qualité ! Puis une piste très spirituelle fait son entrée, avec des effets spectraux dans le fond, un chant « clair » « dans le fond », des notes de guitares acoustiques « médiévales » : Last Song Before a Glorious Dead me tue ! Quelles atmosphères ! Quelle qualité ! Décidément, A l'Ombre des Sépulcres kick my ass. Kvlt ov Thanatos reprend là où s'était arrêtée In Mortis Veritas (mêmes éloges donc) ; je n'arrive cependant pas à me faire à Nergal ! Toutefois, Kvlt se pose comme une piste plus rituelle qu'explosive : en se laissant aller, on pénètre cet univers malsain, noirâtre, poussiéreux et ésotérique... Quelle maîtrise ! J'en arrête là, pour vous laisser le plaisir de découvrir ce petit chef-d’œuvre.

IN MORTIS VERITAS réalise là quelque chose de vraiment extraordinaire avec une qualité et une maturité incroyables : je pense qu'il faudra aux sceptiques de nombreuses écoutes de ce disque et un grand nombre d'écoutes d'autres disques du black des années 90, pour qu'il se fasse une raison, Car A l'Ombre des Sépulcres démolit autour de lui pour reconstruire, comme Sauron sur le champ de bataille... Les mots ne sont pas assez forts pour exprimer ce que ce full-length me faire vivre d'extrême ! Gloire à IN MORTIS VERITAS !

Posté par oncleGUUDrath à 22:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

IN MORTIS VERITAS - Provocateur, Cynique & Torturé...

Hailz ! Bienvenue en Enfer ! IN MORTIS VERITAS est une toute jeune formation mais d'après ce que tu m'as dis, tu es en vérité dans le black metal depuis... très longtemps ! C'est toi qui n'est pas tout jeune eheh ! Tu me parlais de PROPHECY, et si j'ai bon souvenir, ce groupe apparaît dans au moins un volume de Morbid Tunes of the Black Angels, produit par The Way of Force  (cf tome 2 de mon Anthologie du Black Metal) ! Bref. Pourquoi le second s'est arrêté et pour le premier est né ? Quelles sont les raisons de cet arrêt d'un groupe de personnes et que tu reviennes au black... seul ?

IN MORTIS VERITAS non serviam

 

Hail Guudrath !!! Effectivement je suis plus proche du cercueil que du berceau.

J’ai formé Prophecy en 1988 avec 2 amis, notre objectif à cette époque était de jouer live le plus souvent possible.

En 95 avec l’arrivée d’un nouveau membre aux vocaux nous avons sorti notre 1er véritable démo pro : « Gorsedd ». A suivi en 97 la seconde démo : « Jadis… ». Ces 2 démos ont eu (à ma grande surprise) un énorme succès dans l’underground, nous étions dans tous les fanzines, compiles et autres supports de la planète, c’était impressionnant.

Malgré cela le groupe a fini par stagner, nous avons continué à 2 seulement avec Étienne le vocaliste pendant pratiquement 10 ans. Les 2 autres membres ont quitté le groupe, Roland a plus ou moins abandonné le metal extrême et Christophe notre batteur a mis fin à ses jours !

Je n’ai jamais arrêté de composer pendant cette période et pourtant nous n’avons plus jamais rien concrétisé. J’ai donc décidé en 2008 de mettre fin à Prophecy et de passer à autre chose de plus personnel ! J’ai profité de mes années d’expériences en groupe pour créer un one man band : IN MORTIS VERITAS.

IN MORTIS VERITAS est un one-man-band : pourquoi ce choix ? C'est toi qui y joues de tout – la batterie est-elle triggée ou c'est une boite à rythme ? Qu'est-ce que tu n'as pas fais pour ce premier full-length huhu !?

Je ne pourrais plus aujourd’hui jouer avec d’autres musiciens dans un groupe ! J’ai toujours été de nature solitaire, avec une vision de l’existence un peu particulière, le fait de jouer et composer avec d’autres personnes oblige aux compromis et aux justifications, ça bride la créativité.

Cette formule de one-man-band est aujourd’hui ce qui me convient le mieux, et de loin….

Effectivement c’est une boite à rythme que j’utilise, mais je tiens absolument préciser que j’ai fait le maximum, tant au niveau du son que de l’écriture des parties batterie, pour que ça sonne comme un véritable instrument ! J’adore programmer les rythmes pour mes morceaux, je les fais et les refais un nombre incalculable de fois jusqu’à ce que je sois entièrement satisfais du rendu final ! J’ai absolument tout fais moi-même pour cet opus, de la musique jusqu’aux textes en passant par l’artwork !

Tes vocaux... me font sans cesse penser à ceux de Nergal de Behemoth !! Est-ce voulu ? Que penses-tu de cet aspect-là, de cette présence dans ton black metal ? Comment envisages-tu de travailler cela à l'avenir ?

Tu n’es pas le 1er à me faire cette remarque par rapport au chant de Nergal ! Tout ce que je peux dire c’est que ce n’est absolument pas volontaire ! Je ne suis pas un grand fan du Behemoth actuel même si j’acquiesce qu’il soit devenu un putain de grand groupe. J’ai adoré leur période Black depuis la 1er démo mais ce n’est vraiment pas pour moi une source d’inspiration aujourd’hui.

Ce que je ne voulais absolument pas faire c’est utiliser des vocaux Black « criés », je voulais « hurler » car le son qui vient des tripes plus que de la gorge convient mieux pour ce que je veux exprimer et comme j’ai naturellement une voix plutôt grave cela rend ce que l’on peut entendre sur l’album.

J’ai essayé de varier les vocaux sur certains passages qui s’y prêtaient afin de ne pas me lasser, ni lasser l’auditeur.

Comment se fait-il que tu sortes, d'emblée, un LP ? Où sont les démos ?

Plus de temps à perdre vu mon âge ahahah !!! En toute humilité, quand j’entends certains groupes de black d’aujourd’hui je me dis que passer directement à l’album pour IN MORTIS VERITAS n’était pas trop présomptueux !

Comment s'est passée l'écriture d'A l'Ombre des Sépulcres : combien de temps cela t'a-t-il pris ? Qu'est-ce qui t'a inspiré ? Comment procèdes-tu pour écrire une piste ? Quand décides-tu qu'elle est bonne ?

Pour ce 1er album ça m’a pris pas mal de temps (4 ans) parce que au départ j’y suis allé un peu à l’aveuglette, je n’avais pas véritablement le projet d’un LP !

Le plus souvent cela commence par un riff de guitare, mais ça peut être aussi une idée de concept, simplement un texte ou une idée de structure, j’essaye de diversifier la genèse du morceau pour ne pas me répéter et m’ennuyer !

Pour la suite j'ai eu envie d’expérimenter différentes voies de composition, pendant ou juste après une séance de méditation ou d’auto-hypnose, par exemple, afin de voir ce que ça peut donner. J’explore différentes possibilités !

Je réécoute ce que j’ai fait encore et encore et si je ne m’enflamme plus, je vire et je recommence jusqu’à ce que ça me convienne à 100 pour cent, ça me prend donc beaucoup de temps ! Je laisse souvent passer quelques jours, voire quelques semaines pour avoir du recul. J’apporte aussi énormément d’attention aux enchaînements qui sont pour moi primordiaux dans un morceau !

J’ai coutume de dire que la musique d’IN MORTIS VERITAS est le télescopage entre les groupes de metal français des années 80 et du Black Metal des années 90 !!! Mais ça n’engage que moi !

Quant aux textes, ils sont tous profondément personnels et en rapport avec ma vision de ce triste monde et mon intérêt depuis toujours pour le religieux et le spirituel !

De quoi es-tu le plus satisfait, et le moins, avec ce premier disque ? Plus je l'écoute, plus je trouve qu'il n'a pas de défauts, ou si peu !

Merci à toi, mais il y a certainement quelques défauts quand même ; en fait j’ai beau réfléchir à tout ça, je n’arrive pas à avoir assez de recul pour répondre à ta question !!! Je suis assez satisfait dans l’ensemble mais je me dis que je ferais quand même mieux la prochaine fois !

Quelle piste te fait tripper le plus dans cet opus ? Que veux-tu évoquer dans les esprits ? Que veux-tu remuer dans les tripes des auditeurs ?

J’aime bien tous les titres en fait, j’ai tendance à trouver que « Gods of Hate » est le morceau le plus « faible », mais j’ai un très bon ami qui me dit que c’est son titre préféré, alors voilà…..j’adore quand même "Life is a Sabbath », c’est le titre qui ressemble le plus à ce que seront les nouveaux titres d’IN MORTIS VERITAS.

Un cimetière enneigé, une nuit de décembre, le vent est glacial, la nuit est profonde, les bonnes gens alentours sont barricadées chez eux autour d’un bon feu rassurant, ils sont en sécurité, le Nazaréen cloué au mur veille sur eux. Parmi les tombes, au fond des caveaux, l’âme luciférienne scelle des pactes, s’empare du feu prométhéen, célèbre la messe rouge, réveille les anciens dieux, sans aucune peur, vertical !

« Ce n’est qu’au plus profond de la nuit que l’on peut rendre un culte à la lumière »

Comment penses-tu que l'on se délectera le mieux d'A l'Ombre des Sépulcres ?

Dans cet instant hors de l’espace et du temps où l’esprit, sur la corde raide, hésite entre prendre ce monde d’assaut ou en finir une bonne fois pour toutes ; au fond du caveau abandonné d’un cimetière de campagne, seul, ou en étreinte avec une délicieuse succube. Ou bien plus simplement devant un bon vieux film de Jean Rollin !

As-tu déjà des retours au sujet du missile ? Qu'en pense la « critique » et les auditeurs ?

Pas autant que je voudrai car paradoxalement, plus il y a de moyens de communication moins il y a de retours, c’est ça le monde moderne ! Pour le moment la critique des auditeurs est unanimement positive, il va me falloir quelques mauvais retours à un moment ou un autre sinon je vais finir par choper la grosse tête ahahah

Bon, on sent dans ce disque quel black metal t'inspire – quels sont tes disques de chevet ? Mets-tu tous les styles de black metal sur un même pied d'égalité ? Que détestes-tu le plus dans le black metal d'aujourd'hui ?

Forbidden Site (le plus grand groupe français de tous les temps)

Le 1er Immortal (un chef d’œuvre absolu)

Burzum, Bathory, Dissection

« Non Serviam » de Rotting Christ

Le 1er EP de Pyogenesis

« Nattens madrigal » d’ Ulver

Les groupes français des années 80 «(ADX, Killers, High Power, Blaspheme, Titan etc…)

« A Blaze… » de Darkthrone

« La masquarade infernale » d’Arcturus

« Esoptron » de Septic Flesh et quelques autres que j’oublie…

Ces groupes ont tout inventé ? Ils étaient là au début, ils ont ouvert la voie, mais malheureusement certains se sont perdus ou vendus ! L’exigence n’est plus de mise, le Black Metal a maintenant des codes, des règles et les groupes n’osent plus en sortir. Les thématiques n’évoluent plus, voir régressent, la forme prime sur le fond ! J’aime à penser que les 1er grands groupes de black furent « possédés » par quelques entités païenne venu du fond des âges qui s’exprimaient à travers eux, le succès arrivant, la réflexion et les plan de carrière ont pris le dessus, ils ont exorcisés les démons et sont redevenu simplement humain ! Certains sont resté inspiré et tente de casser les codes non sans avoir à affronter une certaine hostilité, comme Burzum. D’autres comme Immortal qui ont pondu un chef d’œuvre comme « Diabolical fullmoon mysticism » ont commencé à sombrer dès « Pure Holocaust ». Quand je croise dans les festivals des types déguisés en banane côtoyant des black metalleux avec la panoplie complète labellisée « true evil », je me dis qu’il n’y a pas d’erreur, ont est bien en 2012 !!!

La production d'A l'Ombre des Sépulcres est très bonne, bien ample et professionnelle. On ne nage pas dans le brouillard ni dans le marais : tu n'étais pas intéressé par une production plus crue, plus dure et boueuse ? IN MORTIS VERITAS propose un black metal sans concession et traditionaliste, avec une production moderne en somme. Comment conçois-tu la production, comment vois-tu cet aspect-la du black metal ?

Je voulais un son « audible », je voulais qu’on entende les différents instruments, tout en gardant le tout compact. J’ai essayé d’obtenir un son qui me soit propre, en gardant une connexion avec les grands anciens. Je ne voulais pas noyé le chant dans la reverb', je voulais un son « sec » pour le chant.

J’ai tout enregistré, mixé et masterisé moi-même et comme je suis loin d’être un spécialiste de toutes ces techniques ; j’ai avancé pas à pas sans vraiment savoir ce que ça rendrait mais au final je suis assez content du résultat !

Qu'y a-t-il à l'ombre des sépulcres ?

La mort de la Mort.

De quoi parlent les textes ? Sont-il fournis dans le livret ?

Les textes parlent de la Mort sous diffèrent aspects.

L’album est un concept basé sur l'idée qu'ici-bas rien n'existe, rien n'est réel, toutes idées, concepts, philosophies, croyances, religions, expériences n'est qu'une vue de l'esprit propre à chacun, personne ne détient ni ne connaît la vérité, personne ne sait quoi que ce soit, la vérité sur le sens ou le non-sens de l'existence ne sera connu pour tous que le jour du trépas !

Il n’y a que le texte du titre « A l’ombre des sépulcres » qui est imprimé sur le livret, pour le prochain album je mettrais l’intégralité des lyrics ! ur du trépas.

Sur ton site (http://inmortisveritas.wix.com/inmortisveritas) tu as écrit un texte qui m'interpelle car tu dis que TOUT est irréel et est création de l'esprit... Sais-tu que c'est une idée bouddhiste ? Je suis d'autant plus étonné que la huitième piste Psychedelik Satanisme parle de satanisme ! Peux-tu nous éclairer à ce sujet ? De plus, la suivante s'intitule The Dark Wotan's Way... Je crois que tout cela nécessite que tu éclaires nos lanternes !

J’ai longtemps et bêtement, je dois l’avouer, porté mon intérêt aux seules spiritualités et religions occidentales. Je me suis ouvert depuis à d’autres choses et finalement je m’aperçois qu'une fois dépouillé de leurs attributs culturels, tout ça se rejoint et se recoupe. L’Hindouisme, la qumbada brésilienne, le vaudou, le soufisme, la gnose etc….

Avec « Psychedelisme Satanisme » je voulais plonger au plus profond des ténèbres de l’esprit humain libéré de tous les tabous sociaux et religieux : meurtre, cannibalisme, nécromancie, sexualité sans limites, nécrophilie etc…, tout ce dont la plupart des gens ne seront finalement jamais libérés puisqu’ils n’oseront jamais les affronter. La nature humaine est multiple, schizophrénique, paradoxale, comment évoluer si tu ne te connais pas toi-même !?

Au bout du compte tout n’est que des restrictions imposées par la société ou l’imposture religieuse.

J’ai donc utilisé la figure de Satan, en tant qu’ « adversaire » et j’ai abordé ça d’un point de vue psychédélique, pour faire référence à une sorte de voyage chamanique dans les sombres tréfonds de l’âme. Rien à voir avec le satanisme stérile et stupide que les médias dénoncent et dont la plupart des groupes font l’apologie !

Le titre suivant est assez similaire dans l’idée. Le dieu Wotan est pour moi avant tout un chaman, le dieu de la mort et de la poésie, le don de voyance, de double vue lui sont accordés après plusieurs épreuves le blessant dans son esprit et sa chair, au final c’est assez proche de la métaphore christique !

Pour moi, pas d’élévation, d’amélioration sans souffrance, il faut avoir affronté les ténèbres avant de pouvoir connaître la lumière.

Parles-nous du label Exu Rei Records : qui le tient ? Comment s'est conclu le deal ?

Exu Rei Records est un tout jeune label créé par Fred un très bon ami à moi ! C’était donc l’occasion, pour chacun de nous de concrétiser notre projet ! Honnêtement, démarcher des labels que je ne connais pas, car il y en a de plus en plus, me saoulait plus que tu ne peux imaginer. Donc tout ça tombait très bien. De plus Fred et moi avons beaucoup de valeurs communes, et notre vision du monde et de la musique est similaire sur beaucoup de point malgré qu’il soit très jeune.

La prochaine sortie du label sera la réédition des 2 démos de Prophecy dont je parlais en début d’interview, viendront d’autres groupes, seront privilégiées l’authenticité et l’originalité dans un style de plus en plus sclérosé !

As-tu fait le lien entre ta photo où tu es nu avec un couteau « en érection » sur ton sexe et la pochette de Vexing Verses de The Arrival of Satan ???

Je ne connaissais pas cette pochette, je la découvre car tu m’en parles. J’adore faire des photos nues, dépouillé des attributs sociaux, warpaints, cartouchières et bracelets cloutés ce n’est plus pour moi, c’est aussi mon côté exhibitionniste ahah, j’avais depuis longtemps cette idée de lame faisant office de sexe en érection, j’ai essayé plusieurs clichés avec différentes positions et j’ai gardé celle qui rendait le mieux !

Toi qui est dans le black metal depuis bien longtemps, quelles évolutions, à tous les niveaux, as-tu noté entre les débuts du mouvement et aujourd'hui ?

Quand j’entends le mot « Black Metal » je sors mon revolver ! hahaha !!!

Pour moi le black metal est un mouvement élitiste et subversif, c’était l’idée au départ ! Ce n’est plus du tout ça aujourd’hui ! Je le déplore, je l’ai vu naître, devenir puissant, stagner, se populariser, se prostituer, j’attends de voir la suite…..sans illusions !

IN MORTIS VERITAS va-t-il passer sur scène ? Que penses-tu du black metal qui se donne en spectacle sur scène ?

Plus jamais de live pour moi et donc pour IN MORTIS VERITAS ! Beaucoup trop d’énergie et de travail pour pas grand-chose, le public d’aujourd’hui est plus intéressé par le merchandising et la buvette que par la musique.

Quand je vois en concert tous ces groupes de Black maquillés, avec toute la panoplie qui va avec, je me dis qu’ils ont vraiment un train de retard et la plupart du temps je trouve ça ridicule ! Il n’y a rien derrière, ce n’est qu’une façade, une mascarade, aucun charisme, aucune énergie, aucune conviction, Jim Morisson avait 1000 fois plus de présence scénique !

Malgré tout j’ai vu dernièrement INQUISITION en live, c’était une tuerie, le meilleur show que j’ai vu depuis longtemps, ce soir là les démons de l’ancien monde étaient de retour dans notre dimension !

Quelles formations soutiens-tu ?

Les groupes français en priorité, la meilleur scène au monde, sans chauvinisme, les plus extrêmes, les plus inventifs… Belenos, Blessed in sin, Les Chants de Nihil, Aryos, Blut Aus Nord, Uluun et d’autres que j’oublie !!!

Que penses-tu de l'humanité, qui ne fait que s'enfoncer chaque jour plus dans la merde ? Même un collectif de scientifiques vient de publier une étude où ils disent qu'à cette allure, tout le monde, Terre comprise évidemment, sera cramée en 2100...

Tant qu’il restera des êtres humains sur terre ce sera le chaos ! C’est pire aujourd’hui parce que nous sommes extrêmement nombreux sur la planète. Le grand problème auquel on doit faire face c’est la surpopulation, le pseudo problème écologique est pour moi une imposture ! Un sempiternel moyen de nous faire culpabiliser pour encore mieux nous racketter. Les marchands du temple sont partout, le culte du veau d’or règne en maître. Acheter, dépenser, acquérir tel un toxicomane en manque, pour combler une souffrance spirituelle, un vide ontologique, même pas identifié comme tel par ceux qui en sont les victimes ! Pour tout dire je ne crois plus aux théories scientifiques sur beaucoup de points (origines de l’homme, datation des périodes historique humaine ou terrestre, conquête spatial,etc). Le filtre de l’idéologie ambiante déforme l’objectivité scientifique !

Qu'as-tu écouté pendant cette interview ?

Le silence !

10 étant le plus noir, sur une échelle de 1 à 10, où places-tu IN MORTIS VERITAS ?

Difficile à dire, je dirais 8…. C’est plus aux auditeurs à répondre à cette question !

Qu'espères-tu pour A l'Ombre des Sépulcres ?

Qu’un maximum de gens puisse l’écouter et l’apprécier….

Qu'est-ce qu'il y a sur le feu pour IN MORTIS VERITAS ? Sur quoi travailles-tu actuellement, ou sur quoi vas-tu bosser ? Qu'est-ce qu'il y a à attendre pour les 6 ou 12 mois à venir ?

Avec les excellents retours de ce 1er LP, je t’avoue que je suis extrêmement motivé pour lui donner une suite !!! Je pense qu’un second album sera prêt d’ici 6-8 mois, je travaille à fond dessus en ce moment, j’ai envie d’expérimenter plein de nouvelles idées !

Comme l'humain n'a qu'une vie et que la vie peut s'arrêter n'importe quand... as-tu déjà réalisé tout ce que tu voulais faire de ta vie ? Si non, que rêves-tu d'accomplir ?

Je n’ai jamais eu véritablement de rêves ou de projet, quand j’étais jeune je naviguais continuellement entre le rêve et la réalité, mais ça je ne m’en suis aperçu que beaucoup plus tard, avec le recul. Plus tard je suis revenu à la réalité concrète et là les problèmes ont commencé, alors j’ai décidé de repasser, cette fois ci volontairement, dans l’autre monde.

Le monde tel qu’il est ne me convient pas, j’ai donc décidé de créer le mien, puisque rien n’est vraiment réel, rien n’existe réellement, tout est une vue de l’esprit, la vie se passe dans la tête, pas à l’extérieur. Je n’ai rien à accomplir, à espérer, j’essaye de vivre dans l’ici-et-maintenant et j’observe ce qui arrive un peu comme si ça arrivait à quelqu’un d’autre, avec détachement, ça m’aide à supporter l’existence. Parfois ça fonctionne, d’autre fois la pathétique réalité me rattrape.

Comment te contacte-t-on ? Comment se procure-t-on A l'Ombre des Sépulcres ?

On peut me contacter sur l’adresse mail « inmortisveritas@hotmail.fr »

Pour se procurer l’album on peut m’écrire à l’adresse mail ci-dessus.

Un site internet EXU REI records est en construction, il sera très prochainement en ligne et « A l’ombre des sépulcres » sera disponible par ce biais. «  http://exureirecords.wix.com/exureirecords »

A l’heure actuelle il est en distribution, donc disponible sur le label « legionofdeathecords.com »

Peux-tu me donner trois adjectifs qui résument le mieux la personnalité d'IN MORTIS VERITAS ?

Provocateur, Cynique, Torturé.

A l'Ombre des Sépulcres est un putain de bon disque de black metal ! Même si les vocaux pourtant démoniaques déroutent car rappellent Nergal, le black metal qui s'y trouve est vraiment excellent ! Je souhaite le meilleur à l'avenir pour IN MORTIS VERITAS ! Merci d'être passé dans La Voix des Ombres ! Les derniers mots sont pour toi !

Un grand merci à toi pour l’intérêt que tu portes à IN MORTIS VERITAS et pour cette très intéressante interview, longue vie à « La voix des ombres » et à tes projets de bouquins !

NOTHING IS TRUE – NOTHING IS REAL – IN MORTIS VERITAS - AMEN

Posté par oncleGUUDrath à 22:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Dans les semaines à venir

BIENTOT EN LIGNE : PHTO,   Maxime TACCARDI (artworks), 

BIENTôT faits :    Christophe SZPAJDEL (logos),   NATREMIA,   TITS, LIHPORCEN  OSTRA Records    WENDESS,   ULUNN   MALMORT,   EMANES METAL RECORDS         EDREMERION      DEHUMAN           EPHELES,  ANGMAR, XCIII

 

 

- URZAMOTH,   MANZER   ,    NEPTRECUS        BAHRRECHT/SORS IMMANIS/CODEX INFERIS,  

- NEMESIS IRAE,     DEATHCODE SOCIETY,   IKR,      ÖRDÖG       ?

plus tard : ODIUM

Posté par oncleGUUDrath à 21:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

17 août 2012

LA VOIX DES OMBRES : nouveau logo by Christophe SZPAJDEL !

Je suis très très fier de vous présenter le nouveau logo dessiné avec le génie qui est le sien, par Christophe SZPAJDEL !!!

C'est un don de l'artiste, dont vous pourrez lire une interview ici-même prochainement.

Je n'ai pas de mots pour le remercier et le féliciter, tant ce logo correspond à ce que je souhaitais... Un logo répondant à celui de mes dieux, Darkthrone !

Christophe SZPAJDEL, en plus d'être un véritable artiste, est également un être humain formidable bourré de qualités humaines. J'espère un jour le revoir ! Gloire à lui et surtout, MERCI !

Posté par oncleGUUDrath à 20:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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