LA VOIX DES OMBRES

07 février 2014

ASGARD HASS PRODUCTIONS - Passionné, honnête & engagé...

Hailz ! J'ai découvert Asgard Hass Productions lors du concert organisé en janvier par Zonbi Gaulhammer à Vesoul, avec Einsicht, Odium et Osirion : cela m'a fait plaisir de découvrir, déjà, une très belle et bonne sélection de disques à vendre (bravo à toi, je suis encore impressionné par tes choix !), et également un label plutôt discret sur cette grande merde qu'est Internet. Comment opères-tu ta sélection de disques à vendre dans les concerts ? Qu'est-ce que tu cherches à vendre/faire découvrir ?

Heil à toi !!!

Merci pour tes félicitations. Quand je fais un trade, je prends le temps de tout écouter avant de faire mon choix. Mon but est tout simplement de proposer de la musique de qualité. Je ne vois pas l’intérêt de proposer 1000 cds si le 80% est inaudible. C’est du bon sens.

 

logo asgard hass prod

Asgard Hass ne produit que du Black Metal si je ne m'abuse. Comment conçois-tu celui-ci ?

Oui - un album plus dans le folk est prévu pour Weisshorn pour 2015. Sinon, je compte me concentrer uniquement sur le black. Pour moi le black c’est plus qu’une simple musique, je pense qu’a travers les textes ou même seulement la musique on peut réellement exprimer des sentiments très fort. Ce que je n’arrive pas à percevoir avec d’autres styles, comme le viking metal par exemple.

Pourquoi cette décision de ne pas apparaître sur la Toile (qui porte bien son nom : on y est presque tous fichés !) ?

J’ai toujours été contre tous ces réseaux sociaux. Je pense que ça fait plus de mal que de bien. Pour un site, je n’ai tout simplement ni le temps, ni l’envie de le faire. Ca empêche pas les groupes et les labels de me trouver. Quelque part ça fait un tri d’entrée…. Et au final, ça me convient d’être une ombre. Je ne pense pas que le black ait besoin de se faire une pub monstrueuse. L’internet, c’est bien. Faut-il encore savoir l’utiliser correctement. Et j’ai trop souvent la preuve que la très grande majorité des gens n’en sont pas capables. Quand tu contactes un label, que le gars (que tu connais) ne te répond pas. Et qu’après tu apprends qu’il balance une merde toutes les cinq minutes sur Facebook. Ceci, explique cela…

Qui est derrière le label ? Qu'est-ce que c'est ce label ? Quelles sont tes motivations, tes buts ?

Un passionné, rien de plus. Au départ ce label est parti d’un simple coup de main que j’ai donné à un ami en 2009 pour qu’il puisse sortir son album. Et petit à petit, le label s’est créé.

De permettre à des amis de pouvoir sortir leurs productions. Je mets un point d’honneur à travailler avec des gens que je connais. C’est beaucoup plus simple. Et j’en retire beaucoup plus de plaisir.

Quelles sont les idées que l'on trouve derrière un nom comme celui d'Asgard Hass ?

Asgard, le royaume des dieux. Hass, la haine en allemand. Je ne pense pas que j’ai besoin d’en dire plus. Le logo a été dessiné par mon tatoueur qui est un très bon ami. Il est très personnel. Il représente mon passé, mon présent, et mon futur.

Est-ce une entreprise ou juste un truc de potes ? D'où vient l'argent ? Le label en perd-il ?

Comme je te l’ai dis, tout est parti d’une amitié. Donc, je pense pouvoir dire que c’est plus un truc de potes qu’une entreprise. D’ailleurs sans mes potes, le label serait mort depuis longtemps.

L’argent vient des divers stands que je tiens durant les concerts. Ben non, le label ne perd rien. Une prod qui part au pressage est payé. Du coup il n’y a pas de perte.

A ce jour, combien de disques Asgard Hass a-t-il produit ? Peut-on avoir la liste actuelle des productions ?

La première prod, c’est un picture ep pour Moloch.

La deuxième c’est le premier album d’Aghone « A tous les soldats inconnus ». La tête pensante du groupe est un très bon ami.

En troisième il y à le premier album de Thergüu « GOAT 10.10.10 », qui je pense est ma meilleure prod d’un point de vue musicale jusqu’à maintenant.

Ensuite le premier ep de Weisshorn, l’artwork à été peinte par un ami.

Le vinyl de Myrkvid « Satanic Inquisition ».

Le ep de Dux « Lanleff », une pièce magnifique !!!

Ensuite l’album de Totenheer « Wüetisheer ». Ce sont des suisses-allemand, le guitariste ça fait une dizaine d’années que l’on se connait. Et c’est une co-prod avec le label Bergstolz, je connais également le gars depuis une dizaine d’années.

Et l’album de Myrkvid « Pleasures Of Hell » qui est sorti à la fin de l’année. Voilà, le tour est fait !

Qu'est-ce qui est le plus difficile quand on se consacre à un label ?

Je ne pense pas que ce soit difficile, au contraire. Comme je l’ai dis, c’est une passion. Pendant que certain vont à la pèche, à la muscu et j’en passe, ben moi je produis des disques. Ca prend beaucoup de temps. Mais on n’a rien sans rien. Et j’en retire beaucoup, j’ai fais des rencontres merveilleuses !!!!

Quel est le process technique à suivre pour un jour avoir un CD entre les mains ?

Alors en général, je demande aux groupes de me donner le tout prêt à être envoyé au pressage. J’ai tous les gabarits nécessaires, que se soit pour cd ou pour vinyl. Après s’ils ont besoin d’un coup de main je les redirige vers une personne qui sera capable de les aider. Comme je t’ai dis, la pochette du Weisshorn est une peinture faite par un ami. Pour d’autres besoins, j’ai plusieurs personnes. Que ce soit ceux qui me font les flyers, les photos et autres... Et je peux également leurs fournir un studio qui est à deux pas de chez moi. Toutes ces personnes sont des amies et amis en qui j’ai une confiance sans failles !!!

Après pour le coût et les délais… Tout dépend de la société de pressage. Et du format. Le vinyl prendra un peu plus de temps et sera plus cher. Je fais un test pressing à chaque fois, histoire de ne pas me faire avoir. Après, si la société par en faillite au milieu du pressage, c’est la merde. J’en ai déjà fais les frais !!!! De mon côté j’essaie de tout faire pour que tout se passe rapidement et sans problème. Mais je ne suis pas à l’abri de certaines couilles…

Pour la première prod j’avais un cours de répétition militaire. Du coup je n’étais chez moi que du vendredi soir au dimanche soir pendant trois semaines. Et le « réseau », ben il était inexistant… J’étais à environ une heure de chez moi….. Ca m’a pas empêché de me tirer en douce un soir pour rentrer chez moi pour envoyer un simple mail. Mail sans lequel le pressage aurait été en stand by. On peut toujours trouver des solutions… Parfois il suffit juste de le vouloir…

Comment Asgard Hass se décide-t-il à produire ? Quels sont les critères retenus ? Au contraire, qu'est-ce qui fera qu'Asgard Hass ne produira pas ?

En premier, je demande que la démarche des groupes soit honnête. Que la musique vienne du cœur et non du portefeuille. Que les mecs soient intègres vis-à-vis de ce qu’ils prônent. Et comme je t’ai dis, je travail pratiquement qu’avec des gens que je connais. Donc il y a une chose qui est très importante à mes yeux. Le respect et la confiance, mutuelles bien sûr. Les mecs qui cherchent la gloriole et la tune n’ont pas leurs places chez Asgard Hass. Je pense que je résume bien et simplement ce qu’Asgard Hass ne produira pas.

Quels sont les 3 labels modèles d'Asgard Hass ? Pourquoi ?

Je n’ai pas vraiment de modèle. Mais ce serait plutôt des labels qui m’ont aidé quand je commençais. Comme Hassweg, Sabbath’Fire, Those Opposed, Drakkar, Forgotten Wisdom. Et des amis qui m’ont beaucoup aidé par les conseils qu’ils m’ont donné. Je peux notamment nommer Turannos, fondateur d’Osirion et du Webzine la Horde Noire, que d’ailleurs tu connais.

Quels sont les 3 groupes qu'Asgard Hass rêverait de produire ? Ou les 3 disques qu'il rêverait de represser ?

Crystalium, Orthanc et Himinbjorg. Aucunes hésitations !!!!

Crystalium et Himinbjorg sont des groupes qui on bercé ma jeunesse. Pour Crystalium, c’est en cours. Himinbjorg et Orthanc, en discussion. Et Orthanc, c’est un peu spécial… Sans le Maréchal, ce label n’existerait pas !!!!!!!!

Quel est ta vision actuelle des labels ? La situation est-elle sensiblement différente de celle d'il y a 10 ans ou 5 ans ?

Pour la Suisse en tout cas. En dix ans j’ai vu un changement dans le public. Et bien sûr, l’impact se ressent partout. Je pense que l’internet a beaucoup participé à la destruction de la scène que j’ai connu. Actuellement j’ai l’impression que tout le monde veut faire son truc de son côté. Les gens se tirent dans les pattes, au lieu de s’entraider. Les assos se cassent la gueule les unes après les autres. Les salles ferment, les groupes splitent. J’ai fais une grosse réflexion là-dessus en fin d’année. Je crois savoir en partie d’où vient le problème. Je ne veux froisser personne… Je ne dirai rien… Ma réflexion est faite. A votre tour !!!!

Quels sont les labels partenaires d'Asgard Hass ?

Bergstolz au niveau national (http://bergstolz.ch/). Et ensuite pour ton beau pays : Hassweg, Those Opposed, Drakkar. Ce sont les premiers labels que je contacte en général.

Le label organise-t-il des concerts, des festivals ?

Festival pas encore. Pour les concerts, le dernier a eu lieu le samedi 18 janvier avec Deathrow (it), Myrkvid (fr) et Kult (it). Un succès total !!!!

Le prochain se sera le samedi 21 juin. Le premier groupe ne sera pas nommé pour le moment. Je vais secouer un peu le monde du metal romand avec ça. Le deuxième groupe sera Osirion, que tu as vu à Vesoul. Qui sont signés sur le label depuis le début, j’espère sortir le cd en 2015. Du peu que j’ai eu la chance d’entendre, ça va faire mal. Et d’ici une à deux semaines, la tête d’affiche sera confirmée. Si tout va bien ça va être du lourd !!!

Il y a une date qui se prépare pour le mois de septembre. Et encore un petit dernier pour la fin de l’année.

Pour 2014, qu'y a-t-il au planning du label ?

Cette année c’est la guerre mon ami !!!!!!

Premièrement, la prochaine prod c’est le premier des vinyls de Crystalium. Une très grande fierté pour moi.

Le concert du mois de juin risque d’être merveilleux. Et cette année beaucoup de choses vont se passer. Ca va être une grande année, que ce soit pour moi ou pour le label !!!!!!!

Je reprendrai les mots d’un ami à moi. C’est normal, c’est du bon sens !!!

Quels sont les espoirs d'Asgard Hass pour l'avenir ?

Tout simplement que le label reste en vie. Que tous ceux qui se battent pour faire vivre la scène continuent !!!!!!! Je salue d’ailleurs la Horde Sequane au passage. Pour toutes les merveilleuses soirées que j’ai passé grâce à eux !!!!!!!!!

Quelle est la plus grande fierté, et le plus grand regret, d'Asgard Hass Productions ?

La plus grande fierté. Les vinyls de Crystalium. Sans hésiter !!!!!!!!!

Asgard Hass n’a aucun regret !!!!!!!! Toutes les erreurs nous amènent à nous améliorer et à avancer. Faut-il encore avoir la sagesse de savoir se remettre en question au bon moment… Et de faire les changements nécessaires, aussi durs et désagréables qu’ils puissent être !!! Ca peut parfois paraître très dur. Mais au final ce n’est rien qu’une question de volonté. Mais encore une fois, il faut le vouloir…. Et être prêt à faire tout ce qui est nécessaire….. Ce que je pense, beaucoup de personnes n’ont pas. Ou plus… La faute à qui, à quoi… Encore une fois, ma réflexion est faite… A votre tour !!!!!!!!!

Qu'est-ce que ne fera jamais Asgard Hass ?

J’espère pouvoir garder la ligne de conduite que je me suis tracé. Et continuer à avancer de la même façon que je l’ai fais jusqu’à maintenant !!!

J’espère que jamais je ne deviendrai ce banquier rêvant de gloire pathétique, qui me retourne l’estomac à chaque fois que je l’ai en face de moi… Je veux simplement rester intègre à ce que je fais.

Un ami m’a dit il y a quelques moi : Je te félicite, tu produis une musique excellente et authentique. Et ça doit rester comme ça !!!

Peux-tu me donner trois adjectifs définissant le mieux la personnalité d'Asgard Hass ?

Passionné, honnête. Et je pense engagé. Car j’essaie d’apporter mon soutien partout ou je peux le faire.

On termine là ! Merci pour ton passage ici, car je donne de la Voix aux Ombres ! Les derniers mots sont pour Asgard Hass !

Pour commencer je te remercie grandement pour cette interview. Des questions merveilleuses !!!

Je tiens sincèrement à remercier toutes les personnes sans qui j’aurai depuis bien longtemps baissé les armes. Heil à vous !!!! Elles se reconnaitront !!!!

Comme je te l’ai dis, cette année c’est la guerre.

Je finirais par ces mots… Les aigles ne volent pas avec les pigeons !!!!!!!!!!!!!!

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28 janvier 2014

HELL - Obedience (k7 Casern Bitch Prods/the Way of Force)

HELL Obedience

HELL Obedience 2

 

Soyons franc d'emblée, qui aime le Black Metal satanique-orthodoxe venu de Suède et de Finlande appréciera cette seconde démo de HELL, Obedience. Son unique musicien a mis ses sous sur la table pour produire, en collaboration avec le légendaire The Way of Force et sous le nom de son propre « label » Casern Bitch Prodz, sa cassette en nombre limité. Obedience, sortie fin 2013, suit la première sortie en 2007, The Arrival of Eternal Reign of Evil déjà publiée chez The Way.

Ce qui est certain, c'est que nous avons ici avec Obedience, une (trop courte) démo mais ô combien excellente. Il serait vraiment dommage de passer à côté car c'est un petit bijou, il faut le dire et ce n'est pas dit pour cirer les rangeos de cet alcoolo basé à Langres. La cinquième piste « en advance », ISS, démontre encore mieux que les précédentes quatre pistes la haute teneur de ce Black Metal aux atmosphères grisâtres.

Contrairement à son géniteur, Alcoholichrist, je ne parlerai pas de Black Metal vicieux, mais s'il le ressent ainsi c'est très bien. Ce gaillard, qui a une excellente maitrise de sa guitare et de la production fait-maison, délivre plutôt un Black Metal finement composé, au rendu sonore léché ou lissé. De par ces caractéristiques immédiatement décelables, il sera permis de penser aux œuvres parisiennes en la matière depuis la fin des années 90, surtout que les vocaux d'Alcoholichrist, qui grommelle plutôt qu'il ne hurle ou vocifère (rappelant ceux d'ANKRISMAH), sont également rattachables à ce Black/Death parigot. Enfin, bon, qu'il le veuille ou non, HELL ne nait malheureusement pas du néant (Submersive Emotion rappelle pas mal ONDSKÄPT et/ou SHINING par exemple !), mais je veux aisément bien croire que toutes les tripes de ce monsieur se retrouvent dans Obedience. Je l'ai dis plus haut : c'est quand même une excellente démo, une très belle pièce de Black Metal. Le principal est qu'il l'est mise à jour, et non qu'il ait changé la face du Black Metal. Obedience est un ton encore supérieure à la première démo de 2007, qui se voulait surtout un peu plus brute avec un son plus nécro.

Tous les titres tuent. Les quelques pistes de cette cassette nous plongent directement dans cet univers somme toute, malade et commençant sa putréfaction (pas étonnant, notre Langrois produit un excellent Death-Doom macabre nommé...ALCOHOLICHRIST). Les atmosphères sont tout à fait prenantes, exerçant un effet hypnotique sur l'esprit, comme si l'on entrait de force dans les eaux grises et maléfiques. Le Black Metal de HELL effectue une descente plutôt qu'une ascendante agressive et violente – ce qui ne retire en rien de ses qualités ! Ascending the Scales of Belial ouvre le bal : ce court morceau maladif aux riffs ensorcelants, au rythme pesant et aux vocaux presque chuchotant vient vous accrocher le crâne, le décalotter et vous dévorer la cervelle... Puis Obedience déboule, et matraque martialement sur un fond de cordes répétant en boucle un pattern délirant et jouissif, chevauché d' « Obedience » déclamés nonchalamment : magistral. Submersive Emotion porte implacablement la marque diabolique et malsaine des Suédois, comme je l'ai dis plus haut. C'est franchement excellent et trippant. Holy Shit fonctionne également, dans un premier temps, sur une idée de déliquescence avec un rythme de fond batterie-basse hypnotique et en décalé, avant de se relever avec une certaine colère, quelque chose de mystique bizarrement. Une bien bonne démo que voici – vivement l'album et bravo à son auteur !

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HELL - Vicious. Black. Metal.

crystallis 2010 hell

Hailz Crystallis ! On s'était rencontré une première fois il y a bien des années, t'avais sorti en 2007 ta démo « The Arrival of Eternal Reign of Evil », qui m'avait bien plu, et voici que tu sors « Obedience » en 2014. 7 ans de silence ! Tu te trouves complètement plongé dans les ténèbres de l'underground, à produire d'obscures démos en quantité limitée – un vrai culte infernal ! Explique nous ce sentier noir que tu parcoures avec HELL, que tu entrelaces avec ton autre projet, ALCOHOLICHRIST. HELL a quelques années désormais ! Peux-tu nous en tirer le portrait ? Où es-tu basé ? Sur quoi repose ta motivation ? Pourquoi un nom si... bateau ?

Hails Mec. Effectivement mes souvenirs ne me jouent point défaut nous nous étions rencontrés en 2007 à Charleville-Mézières. Et évidemment, le temps à passé. Je suis originaire de Langres, j’occupe donc l’ancien territoire de nos chers Lingons. Cette ville est l’une de mes motivations puisque j’y ai grandi. Elle est gorgée d’histoire, d’architecture remarquable et enlacée de son rempart, sans quoi elle n’aurait pas son côté si pittoresque. Mais comme pour un bon nombre d’artistes (autistes ?), un lieu ne peut pas être ma seule motivation. Quantité de choses m’intriguent. Je pense que tout m’intéresse et m’influence, dire le contraire serait mentir puisque même sans intérêt particulier envers quelque-chose on témoigne d’une identification on d’une considération pour ce même. C’est le début de la curiosité, répugnance, antipathie, etc. Mes motivations reposent donc, sur le tout.

En ce qui concerne mes projets, 7 ans de (silence) pas objectivement silencieux, puisque qu’après Hell « The Arrival of the Eternal Reign of Evil », qui est parue en 2007, j’ai consacré du temps durant 2009-2010 à un autre projet, Alcoholichrist, qui à vu sa première démo « Promo MMX », sortir en Janvier 2010. Puis comme tu le cites, Obedience, cette fois ci, de HELL sortira officiellement en 2014. Cela dit évidemment HELL était on-hold durant tout ce temps. Simplement parce que « N . » qui faisait les voix dans « The Arrival of the Eternal Reign of Evil », n’était plus de la partie, et il fallait bien que je trouve une solution alternative pour continuer le projet (les projets !), sans la voix d’autrui. J’ai donc pris du temps pour principalement me sentir capable d’assurer des « vocaux », mais je ne me considère pas comme un « chanteur ». Puis finalement ça ne s’avère peut-être pas être une mauvaise chose, ça donne un côté encore plus personnel à mon goût. Tant sur Alcoholichrist que sur Hell. Donc voila la raison principale du « silence ». Pour ce qui est du nom… Tu vois mec, je considère l’homme, l’humain comme une merde, au sens littéral, donc il me fallait nécessairement un nom de merde, pour que mes semblables me fassent nécessairement, cette réfection [Reflexion non?] de merde, et surtout, s’attardent sur la question !

Les retours « critiques » et des potes sont-ils différents pour Obedience, au regard de ceux émis pour The Arrival of Eternal Reign of Evil ?

Les retours sont meilleurs, en général, que pour la démo de 2007. On verra bien par la suite.

De toute façon, ce n’est pas après les retours que je cours !

Tu qualifies HELL, ton Black Metal donc, de vicieux (car tu l'es !) ! Que peux-tu nous dire à ce sujet ? Quelle est ta perception du Black et de TON Black Metal ? Tu favorises plus l'aspect morbide et les ambiances hypnotiques que le côté rentre-dedans du Metal...

On va dire que sur ce point là, on est plutôt d’accord. Je ne cherche pas à faire quelque chose de trop humain, c'est-à-dire rapide et haineux. Certes ça peut être un moteur. Je préfère mettre à l’écart tout le côté « Haine » qui n’est qu’une facette de l’émotif pour laisser place à la négation, en faisant abstraction d’un quelconque centre et considérer l’homme d’un point de vue tragique et outrepassé. Ce qui favorise comme tu le dis, les aspects morbides et les ambiances hypnotiques.

Obedience montre un visage plus cérébral je trouve, plus easy-listening (le gros mot !) aussi je trouve, comparé à la démo de 2007. Enfin cette dernière bénéficiait d'un son plus chaud et noirâtre, plus épais et nécro. Que penses-tu de cette remarque ?

Que cette différence de son est due au matériel utilisé pour chacune des productions. Je dirais cependant que la précédente démo, possédais un son plus caverneux et opaque. Que le son est dorénavant plus chaud et épais. Mais il n’est malheureusement toujours pas à mon goût cela dit…

Au final, est-ce seulement la différence des enregistrements qui marque l'évolution entre les démos ou vois-tu autre chose ? Techniquement, à tous points de vue, j'imagine qu'il y a eu de l'amélioration et que tu n'as pas passé ton temps à te branler !

Pas vraiment, « Obedience » est clairement différente et déroutante comparée à « The Arrival… ».

Si on peut parler d’amélioration, on va dire que maintenant j’enregistre davantage « dans les règles ». Puis un projet, avec un seul ou plusieurs musiciens c’est aussi lié à l’environnement, au temps, remarque que chacune des productions à un son différent, de 2007 à 2013. Je m’exprime en fonction de ce que j’ai. Quand dans la précédente question tu dis « plus easy-listening », tu entends sans doute par là, mieux produit. Avec le temps, je me suis constitué le « minimum nécessaire » pour enregistrer de moi-même, je passe tout ça sous la bannière « Casern Bitch Recordings ». Quand je vois les prix des studios…

On s'y fait à la drum-box depuis 2007 mais prendre un batteur pour t'épauler ça ne te dit rien ?

Ah…. La b-à-r…. Batteur, manifeste-toi ! Chose qui limite énormément le projet, de surcroît.

Les vocaux ont bien changé par contre entre 2007 et 2014 : que peux-tu dire à ce sujet, quelle attention leur est portée désormais ?

Que je les fais moi-même maintenant. Et ils ont le côté un peu plus « mystique » que j’attendais de leur part. Je compte évoluer de ce point de vue. Ou trouver quelqu’un de plus capable, ce n’est pas exclu.

L'alcool est-il essentiel pour vomir tout ce que tu as à vomir ? Dans quel état d'esprit es-tu quand tu t'y mets ? Composes-tu vite ?

Pas du tout. Souvent, ça a été suite à des lectures sur différents sujets.

Et tout aussi souvent dans des périodes où je n’écoutais que peu ou pas de musique. Composer vite ou lentement, ça n’a aucune importance…

Avec ALCOHOLICHRIST et ta dernière démo, Sickness Addiction en 2013, tu explores un champ bien plus crade, lourd, putrescent. Un Doom-Death purulent inhumain – particulièrement succulent ! Dis-nous en plus sur ALCOHOLICHRIST : pour quelles raisons est né ce projet-là ? Envie ou besoin de faire autre chose ?

« Sickness Addiction » est une demo de 2013 qui en fait regroupe la « Promo MMX » de 2010, ainsi qu’une intro & une track « unreleased », plus « Drowned » du split tape avec Sa Meute de 2011. En gros, tous les titres d’Alcoholichrist, quoique, pas tous finalement, mais les « meilleurs »… Au début je n’étais pas vraiment pour sortir cette tape, puis finalement ça s’est fait et on verra bien ce que ça dit, 4 ans après l’enregistrement des titres. Sinon, le projet est plus ou moins né en 2008, j’avais plusieurs idées concernant ce que j’allais faire et les premiers riffs sont de cette époque. En 2009 j’y travaillais dans des moments particuliers, puis « Promo MMX » avait marqué les débuts du projet « dévoilé ». Ni envie, ni besoin de faire autre chose, juste l’idée de l’extérioriser, d’expérimenter une autre forme d’onde. Mais peut être finalement par nécessité.

fly HELL

Tu es un fervent soutien et maniaque des cassettes ! La cassette, c'est la démo, ma question est de savoir : HELL ne fera-t-il jamais que des démo-cassettes ?

Le « passage obligatoire ». Tout mec qui se respecte à sa collection de vieilles tapes. Je crois que c’est le format pour lequel j’ai le plus d’affection, mais non hélas ça ne veut pas dire que je vais m’y clôturer ! Il y a généralement une saveur particulière dans les démos. Mais ce n’est pas systématique.

The Arrival of Eternal Reign of Evil était produit par ce cher Lord Puke, éditeur des superbes compils Morbid Tunes of Black Angels ! Tu continues l'aventure avec lui cette fois-ci mais en y mettant de ta poche sous la bannière Casern Bitch ! Les temps sont durs, est-ce la raison de cette association ?

Je continue un bout de chemin sous nos deux bannières. Eric est quelqu’un de sérieux avec qui j’avais déjà collaboré en 2007, tout c’était bien passé, je lui ai fait parvenir une promo copie de « Obedience », puis il m’a demandé si une version K7 m’intéressais, je lui ai répondu que oui, mais en pressage de plus petite quantité que « The Arrival », puis on a conclu 111 copies. Je tenais à m’occuper des covers personnellement, et participer à la chose, d’où la coprod.

Je suis un gros malade des premières démos de VON et tu reprends « Von » : que t'inspire ce groupe que jamais je n'aurais cru voir un jour revivre !?

A ma connaissance, il n’y a eu que « SATANIC BLOOD » d’officiel. Von ça m’inspire la dévastation, le chaos, le sens primitif. D’où sa place d’ailleurs dans Alcoholichrist. Ça permet aussi de passer à quelque chose de violent qui n’a rien à voir en plein milieu, l’idée en soit est primitive. Par la même occasion ça permet un hommage de petit calibre pour un groupe d’une violence incontestable.

Tu es relié au Satanisme ? Je trouve que la masse de gens qui se disent satanistes a cru considérablement ces trois dernières années...

Tout ça, c’est dans la tête. Mes idéaux ne sont pas une bible ouverte à tout bon chrétien (h,e ?). On est déjà dans l’obscurité. Et les gens ne se comprennent pas, ils vacillent au fil du temps en acquiesçant à tout et en s’oubliant à tout bout de champ, un jour ils sont ceci, le lendemain ils sont cela. Tout dépend de la vision individuelle que chacun donne à ses mots. La masse dont tu parles est un peu la « Grande Sataniste Provisoire ».

Entre Unabomber, Staline, Fourniret et Albert Fish, lequel a tes préférences ?

Indéniablement Fish.

De quoi es-tu le plus fier avec tes productions ?

BURN AFTER FIRST LISTENING !

Quel groupe de Black Metal t'a le plus fasciné depuis que tu en écoutes ? Ou lequel respectes-tu le plus ?

Non pas un groupe en particulier, mais quantité de groupes, de démos, d’albums que je « respecte » comme tu dis. Pour en citer quelques uns… Samael « Ceremony of Opposite », Sigh « Scorn Defeat », la première demo d’Abigail qui est une tuerie, Tormentor « Anno Domini », Emperor « In the Nightside eclipse », Entombed « But Life Goes on »… Les démos de Rotting Christ, Immortal « Pure Holocaust », Morbid « December Moon », Mayhem « De Mysteriis… » ; de l’ambiant par exemple, les démos de Christs Nails, Maldoror  « The Sumptuous wine of her bleeding majesty », le classique qui est un passage obligatoire, mais Chopin & Liszt retiennent particulièrement mon attention. Et tant d’autres choses…

Sur quoi planches-tu actuellement ? Un E.P. ? Des concerts ?

Peut-être quelque chose qui sera annoncé dans les prochains jours ou les prochaines semaines… Des concerts c’est une bonne question…..

Qu'est-ce que HELL ne sera jamais ?

Incritiquable.

Comment te contacte-t-on ? Comment se procure-t-on tes œuvres ?

Crystallis[at]voila[dot]fr ; Pour ce qui est de ce que tu appelles des « œuvres », pour le moment il n’y a « rien » de disponible hormis « Sickness Addiction » de Alcoholichrist. « Obedience » en version « officielle » devrait paraître d’ici février et sera disponible par mon biais ainsi que de The Way of Force & sans doute quelques autres fanatiques avec qui on va conclure quelques trades. Enfin il suffit de fouiller un peu, c’est petit ici bas.

Je me régale vraiment avec tes prods, tu as du talent et tout mon soutien ! La Voix des Ombres te salue, les derniers mots sont pour HELL !

Merci pour l’intérêt, l’interview. Pour ceux qui veulent jeter une oreille sans se ruiner, ce qui est devenu une mode, c’est par ici : http://www.youtube.com/watch?v=2x3YkMZ3AiM

Site :

http://crystalli9.wix.com/hell

Page Facebroke :

https://www.facebook.com/frenchhellhorde?ref=hl

A.M.S.G.

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19 janvier 2014

HECATE - Chroniques d'un Autre Temps (Exu Rei Records 2013)

1 - Final2 - Hecate - Front (2)

 

Voilà une belle surprise de la part de ce groupe de Tours, HECATE, que je connaissais pas avant de réaliser l'interview de Chris d'IN MORTE VERITAS, lui qui a également fondé son label underground, Exu Rei Records. C'est sous cette bannière qu'il a décidé, avec son comparse, de produire ce premier album d'HECATE, Chroniques d'un autre Temps. C'est une belle surprise, car ces 6 compositions d'un Black Metal mid-tempo, aux teintes « folk » et Heavy, savent se montrer savoureuses pour qui les écoutent attentivement, révélant effectivement un soin certain dans le fameux « riffing » (dont le groupe parle dans l'interview ci-dessous) et un soin égal pour le jeu des musiciens, qui se trouve carré et, peut-être, un peu trop « clean » pour les mordus du Black Metal intransigeant.

CesChroniques d'un autre Temps ne sont pas gorgées de haine noire et destructrice : non, HECATE n'est pas de ce Black Metal. Il préfère la finesse, et développe un univers personnel aux sonorités Heavy et « folk-médiévales » (à prendre avec des guillemets hein) – que mettent seules en avant les guitares (qui rappelleront indéniablement IMMORTAL période At the Heart of Winter, et APOPTOSIS From Fall to Winter Solstice). Les vocaux sont corrects pour du Black Metal mais l'impact aurait pu être plus forts si EUX se montraient plus haineux, noirs et sanglants. Ils manquent d'être « possédés ». La basse est malheureusement peu audible (gros pêché !) alors qu'on apprendra que le groupe l'a attendu longtemps en studio ! Et pour la batterie, elle aussi est bien jouée – mon avis personnel est qu'elle est un peu le faire-valoir, comme les autres instruments d'ailleurs, des guitares qui retiennent toute l'attention de l'auditeur... La batterie toujours, manque un peu d'agressivité et quelques blasts par-ci par-là n'auraient pas fait de mal. Une certaine remise en question de la place de chacun dans le groupe semble donc s'imposer à moins que chacun y trouve son compte.

Ces critiques faites, tout n'est pas pour autant tout noir heureusement, sinon l'équipe d'Exu rei et HECATE n'aurait pas sorti les biftons pour produire ces Chroniques d'un autre Temps. Si je n'avais pas trouvé cet album intéressant, je n'aurais pas dit oui également – car cela me prend du temps d'écouter attentivement ce que l'on m'envoie (et oui, je ne mets pas ça en fond sonore pendant la vaisselle par exemple), d'écrire les question, de rédiger cette chronique puis de tout mettre en ligne ! Si les membres du groupe ont tout misé sur les guitares et le talent de composition de celles-ci, c'est que ce qui en ressortait est évidemment bon. Elles dessinent habilement les structures qu'elles parent ensuite de beaux atours, et s'il n'est pas pleinement honnête d'affirmer qu'HECATE est un groupe d'ambiance (car trop appliqué à la mécanique Metal), il faut bien reconnaître que ces fameuses guitares ont une personnalité délicieuse, évoquant bien des paysages d'autres époques – un titre comme Chroniques d'un autre Temps est donc bien choisi !

Et ce premier opus en contient six, dont un Prélude : déjà, l'on est de suite saisi par cet univers aux couleurs « folk-médiévales » (avec un peu de recul, on peut s'autoriser à penser à PESTE NOIRE pour cet aspect). La première longue piste qui suit, Cathbad, est une piste à la grosse structure rythmique dans laquelle il n'est pas forcément facile d'entrer – elle n'emporte l'esprit que lorsqu'elle s'accélère, lors du dernier tiers. Puis viennent Les Sanglots de Maldoror, qui commencent plus mélancoliquement mais violemment. Cette chronique-là est plus sombre que la précédente et quelque part, elle est aussi plus fluide. Le break sur le dernier tiers (encore !) se digère bien et le riffing jouissif, et le sentiment héroïque fort, font de cette piste une excellente piste !! Une Charogne est du même tonneau mais appuie un peu plus sur la pédale et le tout prend des teintes plus noires (assurément, HECATE ferait mieux d'exploiter cette veine car il y est plus à l'aise). L'on assiste là à une vraie piste de Black Metal terreux qui rappelle certains opus français et finlandais de la deuxième moitié des 90. Les guitares donnent aussi un petit coup « dans le rétro », old skull ! Là aussi donc, une chronique fameuse de la part d'HECATE ! Une Charogne est donc une excellente piste ! Würm poursuit avec énergie cette cavalcade mais éclaircie le ciel avec des notes plus lyriques et propres à ses guitares – c'est une belle chronique qui manque peut-être de la froideur due à ce qu'elle évoque, mais c'est, encore une fois, une très bonne piste, très imagée et mécaniquement bien foutue. Pour clore ce très bon disque, L'Enéide ressemble presque à une seconde partie de Würm – cela n'enlève rien à sa beauté ou son équilibre. Les quelques voix mâles « en clair » sont assez malvenues en l'état, et les nappes de synthés refroidissent la piste...alors qu'elle auraient du logiquement refroidir Würm !

Pour conclure, ces Chroniques d'un autre Temps d'HECATE forment un ouvrage agréable et très évocateur. Il a ses atouts et ses faiblesses, il faut encore à HECATE du recul et la maturité pour que cela devienne excellent ! De bonnes bases sont ici bâties toutefois et HECATE devrait être en mesure de donner vie à un second album sans défauts.

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HECATE - élégiaque, massif & nostalgique

hecate

 

Hailz et bienvenue HECATE ! C'est Chris d'Exu Rei Records qui m'a parlé d'HECATE juste avant que votre premier full-length, Chroniques d'un Autre Temps, ne sorte avec son propre argent. Comment avez-vous « conclu » avec Exu Rei Records ? Comment s'est faite la découverte entre vous deux ?

Salut et merci à toi pour nous accorder cette interview ! En ce qui concerne Chris (ainsi que son acolyte d'Exu Rei, Fred), ce sont des personnes que nous connaissions déjà relativement bien par le passé et avec lesquelles nous partagions certains points communs dans nos visions musicales. Certains d'entre nous étaient présents lors de la soirée du lancement de leur label, alors que notre album était justement en plein enregistrement ; nous avons donc pu discuter posément de tout cela et conclure ce partenariat. Aucun document officiel ou signé n'a été nécessaire : cela se fait sur une relation de confiance mutuelle, ce qui est vraiment appréciable. Exu Rei fut d'ailleurs d'un soutien précieux, tant au niveau des conseils (je pense notamment à l'artwork de l'album ainsi qu'au diverses démarches à réaliser) qu'au niveau de l'organisation et de la promotion. Nous avons d'ailleurs partagé les frais pour la sortie de cet album entre le label et le groupe et avons mis en place un système afin que les bénéfices soient distribués équitablement, pour que chacun y trouve son compte. C'est donc une collaboration parfaitement à notre goût !

Quels sont les retours critiques au sujet de ce premier disque ?

Ils sont assez peu nombreux, mais en terme généraux élogieux. On nous a principalement félicité à propos du travail sur le riffing et les atmosphères transmises à travers nos différentes pistes, ainsi que sur le fait de ne pas forcément jouer sur les gros piliers du Black (bien que nous restions très clairement dans cette mouvance !), mais de proposer une vision plus personnelle et plus libre de cette musique. Après, nous devons bien t'avouer que nous ne nous sommes personnellement pas plus penché que ça sur le recueil des retours ; mais dans l'ensemble, ils sont plutôt encourageants.

Je viens d'apprendre aujourd'hui de votre part que votre line-up vient de changer. Quel est le nouveau ? Cela va-t-il changer quelque chose pour l'écriture des futures compos ?

Oui, effectivement, notre ancien chanteur/guitariste, Roland, avait progressivement perdu sa motivation pour ce projet, et cela se ressentait clairement au niveau de l'investissement dans notre travail ainsi que dans nos derniers concerts ; nous nous sommes donc séparés en termes cordiaux afin qu'il puisse s'épanouir à travers ses deux autres projets principaux, à travers lesquels il tire sûrement bien plus de plaisir à l'heure actuelle. Concernant les modifications, la guitare rythmique sera reprise par Colin, qui était justement l'ancien guitariste de la formation qui précéda chronologiquement Hecate ; pour ce qui est de la voix, nous venons juste de trouver un remplaçant de taille en la personne de Veines Noires, déjà habitué aux formations Black Metal de la région. En quelque sorte, nous venons juste de nous reformer totalement .

Pour ce qui regarde l'impact sur l'écriture des compositions, il ne sera pas trop important ; certains morceaux ont déjà été composés de façon définitive et certains autres ne nécessitent que quelques corrections. Mais nous réfléchissons tous ensemble à de nouvelles choses ; Colin nous a notamment soumis de nouveaux riffs qu'il serait intéressant d'exploiter. Nous espérons donc que ces bouleversements sauront nous apporter un vent de fraîcheur, revivifier une énergie qui vacillait parfois durant l'ancien line-up et enrichir notre musique.

Pourquoi ce nom de groupe ?

Hecate a été sélectionné en tant que nom après que nous ayons cessé d'officier avec notre premier groupe, Soulmourne, en 2009, où nous officiions dans un registre plus orienté entre un Black brut et le Doom. Il fallut donc marquer par un nouveau nom une étape de franchie, une époque surpassée et qui augurerait des créations ranimées : le nom d'Hecate, déesse grecque associée à la nouvelle lune, fut donc celui qui s'imposa. Hecate propose par ailleurs une bipolarité qui exprime assez bien la musique que nous avons jouée jusqu'à présent : un mélange qui prend ses racines profondes dans la noirceur du Black, mais qui n'hésite pas à s'aventurer sur certains sentiers qui, sans être à proprement parler lumineux, offrent néanmoins des aérations certaines et l'éloignement d'un ensemble monolithique. Nous pourrions dire qu'à la manière d'une tragi-comédie, en laquelle chacun de ses deux principes ressort d'autant mieux du fait qu'il soit confronté à son penchant inverse, l'entité Hecate se pose également sur cette tension dynamique entre deux versants.

Allons plus loin, HECATE est vraiment un inconnu pour moi. Je sais que Tours est votre ville, c'est tout – dites-nous en plus svp ! Qui est HECATE ?

Vaste question ! À l'heure de l'album, le groupe était composé de Roland à la guitare rythmique et au chant, de Corentin à la guitare principale, de Jérémy à la basse et de Nicolas à la batterie ; désormais, Roland a été remplacé par Colin pour la guitare rythmique et par Veines Noires pour le chant. La forme embryonnaire d'Hecate s'incarna à travers notre premier groupe, Soulmourne, fondé à Tours en 2007 ; par la suite, et après avoir décidé de certaines modifications au creux de notre approche musicale, Hecate naquit en 2009 ; nous désirions, à travers ce virage, nous orienter vers des compositions plus mélodiques et aériennes, le tout pour un rendu à la fois violent et atmosphérique. Nous sortîmes une première démo en 2010, intitulée Sous l'ombre du colosse, et que nous avions partagée en téléchargement libre afin de proposer à tous notre première réalisation et de nous faire connaître. Après cela, nous avons un peu tourné en France ; à Tours notamment, mais également à Bordeaux ou à Paris. Suite à cela, et durant ces deux dernières années, ce fut pour nous bien plus difficile : un enregistrement pour l'album qui s'est éternisé, un line-up instable, une dissémination hors de Tours pour certains des membres du groupe et qui a rendu les répétitions moins régulières... Hormis la sortie de l'album et deux concerts en début d'année, à Angers et à Tours, on ne peut pas dire que nous avons brillé par notre présence ! Mais nous travaillons justement à corriger cela le plus tôt possible.

Connaissez-vous ASTAROTH et APOPTOSIS ? Ces deux groupes jouent dans un style mélodique et assez mid-tempo – et ils sont français, comme HECATE. Rythmiquement, HECATE tire même du côté Heavy/Rock, surtout sur Würm ! Il y a de nombreuses sonorités « folkloriques » (je ne peux pas dire « médiévales ») dans votre Black Metal. Qu'avez-vous à dire au sujet de ces remarques ?

Oui, nous connaissons effectivement Apoptosis par le biais de l'album From Fall to Winter Soltice, qui avait vraiment constitué une excellente surprise pour ceux qui l'ont écouté ; nous connaissons bien moins Astaroth, par contre. Mais c'est vrai que des liens peuvent être d'une certaine manière établis entre nous, bien que nous connaissions très peu leur travail, qui n'a pas réellement constitué une référence dans l'écriture de nos morceaux.

Concernant les remarques purement musicales, il faut bien dire que les influences des membres du groupe, même si elles se recoupent toutes à travers le Black, bien évidemment, sont extrêmement diverses ; cela peut aller du Rock/Heavy en passant par le Stoner, le Death, le Post-Hardcore ou d'autres styles encore. Et cette diversité dans les influences se ressent grandement, à notre opinion, dans notre musique. Nous incluons principalement un certain nombre de breaks acoustiques (qui doivent sûrement être inclus dans les sonorités « folkloriques » que tu évoques) afin de jouer sur des brisures de rythme et de donner plus d'efficacité aux reprises électriques qui suivent. Pour ce qui est de Würm, composée presque intégralement par Corentin, on ressent surtout l'influence d'un Heavy/Black assez moderne tel que le pratiquait le Immortal de la seconde période. D'autant plus que chaque morceau est composé dans un contexte bien particulier, nourri par un certain sentiment, créé selon une certaine attente, ce qui explique aussi ces différences de sonorités. Nous aimons enrichir notre Black en incluant ces aspects variés sans pour autant briser l'unité et la continuité de notre style initial : ainsi, Hecate tire en effet vers plusieurs autres styles dans une perspective de richesse, mais sans jamais renier ses racines primordiales.

Würm justement : c'est une période glaciaire si je ne me trompe pas. C'est aussi un « jeu de rôle sur table » tout récent, excellent d'ailleurs. Quelles sont donc ces Chroniques d'un Autre Temps ? Que content-elles ?

Ah, on serait bien incapable de réagir par rapport à ta remarque concernant Würm, étant donné qu'aucun des membres ne pratique les jeux de rôle sur table ! Mais effectivement, c'est bien à l'origine une période glaciaire.

Que content donc ces Chroniques d'un autre temps ? Nous dirions qu'elles prennent pied à travers d'éminentes figures mythiques et littéraires tirées de la culture européenne ; cela peut aller de Cathbad (premier druide-guerrier d'Ulster) jusqu'à Énée (personnage central de l'Énéide de Virgile), pour l'aspect mythologique, à Lautréamont ou Baudelaire pour l'aspect littéraire. Il n'y a pas véritablement de concept central ou de ligne directrice à ces Chroniques ; nous rapportons avant tout la force de ces mythes anciens en oscillant entre les divers pans de cette histoire culturelle afin d'en louer la variété mais également la richesse ; à cet effet, l'album pourrait constituer une unification de ces légendes multiples. Cela ne s'accomplit bien évidemment pas sans une certaine nostalgie. Mais étant donné que l'une de tes questions suivantes possède un rapport à cela, nous développerons plus profondément en temps voulu !

HECATE ne pratique pas un Black Metal pur et dur et noir, loin de là. Où est la haine ? Comment est née l'âme musicale du groupe ? Que pensez-vous du Black Metal traditionnel, pur, dur, noir ?

S'il est vrai que le Black pur et dur, comme tu le dis, prend pour fondation primordiale le sentiment de haine, et plus largement encore celui d'une révolte absolue, ce n'est effectivement pas là le point de départ d'Hecate : nous penchons bien plus dans l'exacerbation de la mélancolie, émotion qui imprègne par ailleurs fortement le thème central de notre album. Bien que nous conservions certaines parties agressives et acérées, il n'y a pas à proprement parler de haine dans l'âme d'Hecate, qui se détache donc de ses propres origines, mais ce, à notre avis, de façon nécessaire.

Il faut ici nous expliquer. Le Black traditionnel – celui des pères fondateurs si l'on peut dire – incarnait à notre sens une contradiction qui lui octroyait justement son caractère sublime. La noirceur et la dureté originelles de ce mouvement traduisait avant tout un refus des normes étroites, d'un ordre établi, un désir furieux de briser un carcan musical trop étriqué pour ces esprits créateurs ; en ce qui nous concerne, le Black traditionnel était par essence une révolte absolue. Mais sa beauté réside avant tout dans le caractère éphémère qu'il était condamné à revêtir ; dès l'aurore de son premier cri, son crépuscule arrivait déjà. Ce fut là que l'aporie majeure du Black se manifesta : car dans un style qui se voulait par essence destructeur et transgresseur, comment ne pas finir par transgresser et détruire sa propre essence ? Nous ne voulons pas signifier par-là que ce Black originel est mort dans sa forme, étant donné que celui-ci continue de s'exprimer par le biais de multiples groupes talentueux ; mais que cet impératif de révolte absolue, nihiliste mais génératrice dans le même temps, a désormais été accompli et que le Black peut maintenant adopter une forme libre.

Et c'est précisément cela qui fonde à notre avis la richesse et la complexité du Black Metal : sa dynamique exige un renouvellement permanent, elle l'appelle à se surpasser sans aucune cesse soi-même. Dès qu'un essoufflement quelconque vient à se faire ressentir, de nouvelles tendances naissent et dévoilent des choses neuves, découvrent des horizons encore inexplorés, incorporent des idées novatrices. Le Black n'est pas une musique figée, mais bien un style qui se redéfinit sans cesse et révèle peu à peu sa profondeur : et c'est pour cette raison qu'il est le style le plus passionnant au sein du Metal, car il ne lassera jamais d'étonner et ne se laisse jamais totalement découvrir.

Ainsi, c'est dans cette optique qu'il faut considérer l'âme d'Hecate : le mouvement même du Black traditionnel ayant rendu son propre genre libre, notre groupe peut se libérer de son influence et prendre place dans une musique désormais des plus variées. Une nouvelle fois, nous ne disons pas qu'il ne faut plus de groupes de Black traditionnels, au contraire, il y a toujours à approfondir au sein même de l'aura originelle de notre mouvance ; mais nous ne pensons pas que nous en serions capables. Nous préférons donc nous concentrer dans nos orientations, et laisser le reste à ceux qui le maîtrisent mieux que nous !

Je lis dans le livret que tout est fait par HECATE : compos, enregistrement, textes. Comment procédez-vous pour tout ça ? Il y a 6 pistes, dont un Prélude, combien de temps pour tout ça ? Laquelle vous a le plus causé de difficultés ?

Pour te dire, même le livret a été fait par nos soins ! Pour les compositions, c'est en général l'un des membres qui soumet une structure de base à la guitare et fournit une tablature sur laquelle chacun peut travailler de son côté et soumettre de nouvelles idées, des arrangements, des modifications... Chacun tente donc d'apporter sa contribution au squelette initial tout en travaillant également à ses propres parties. En définitive, d'un embryon pourvu d'un seul instrument, nous arrivons à une composition complète et achevée. Pour ce qui regarde les textes, certains ont été repris d'œuvres littéraires (Les fleurs du mal de Baudelaire et l'Énéide de Virgile, en l'occurrence), mais furent réarrangés par nos soins afin de convenir aux morceaux ; pour le reste, c'est principalement Nicolas, le batteur, qui s'occupe de la rédaction des paroles, notamment en fonction de ce que l'atmosphère générale d'un morceau lui inspire, tout en conservant les thématiques qui nous sont propres. Les six morceaux restant sont ceux qui correspondaient le plus à nos attentes personnelles, et ceux qui affichaient le plus de cohérence entre eux.

Ensuite, ce qui a principalement posé difficulté pour l'enregistrement ne fut pas tant tel ou tel morceau que les aléas qui touchèrent le groupe à ce moment : nous dûmes notamment nous séparer de notre ancien bassiste qui ne faisait plus preuve d'aucune motivation et avait donc retardé ses enregistrements de plusieurs mois ; il nous fallut ensuite le temps d'en retrouver un nouveau, de le former, sachant que dans le même temps, certains membres étaient partis dans d'autres régions de France pour raison d'études. Au total, un enregistrement qui devait, somme toute, s'opérer assez vite, nous a pris quasiment un an et demi ; pour six titres, c'est beaucoup ! Ce sont donc bien plus les contingences que nous traversions alors qui ont rendu la chose compliquée. Mais une fois que la basse et le chant ont finalement été enregistrés, tout est allé relativement vite par la suite.

Les membres d'HECATE sont-ils nostalgiques d'Âges d'Or qu'aucun de nous n'a connu ? Que reprochez-vous au monde actuel ? Comment voyez-vous l'avenir ?

L'on peut ici poursuivre ce qui fut esquissé à travers les thématiques des Chroniques d'un autre Temps. Comme précisé, nous jouons beaucoup sur le fait d'exhumer d'anciennes légendes, d'exalter des figures disparues et des œuvres marquantes ; de fait, les textes restent toujours emprunts d'une certaine amertume : devant une époque moderne qui vide la littérature et la mythologie de leurs aspects fascinants et pousse à un pragmatisme rigide, nous cherchons à retrouver ici, à travers une vision sûrement idéalisée (et donc de ces Âges d'Or inconnus, que l'on ne peut que nourrir à travers un imaginaire collectif), leurs forces perdues ; à créer, en d'autres termes, ce supplément d'âme dont parlait Bergson et qui manque désormais cruellement dans le théâtre du quotidien. Notre époque moderne, à travers le développement extrême de la techno-science mais également ses exposés doctrinaux, a créé un monde qui ressemble, avant tout, à une sorte de mécanique bien rodée, à un dispositif sans fin où l'homme se retrouve pris en tant que simple fonction, que matière première officiant dans un monde désincarné et démythifié, où même l'art est souvent réduit au statut de valeur marchande, où l'on va dans un musée comme si l'on allait dans un supermarché, où le consumérisme devient la clef de tout. Le monde moderne a subi une configuration qui met en avant, et avant toute chose, les capacités fonctionnelles et utilitaristes ; nous vivons un temps où les subjectivités se trouvent pliées sous une hégémonie de forces abstraites telles que la rhétorique, les profits amassés ou encore l'universalisation outrancière de tous les particularismes. Comment sera l'avenir ? Nous l'ignorons. Mais face à ce monde creux, nous mobilisons des forces anciennes, sûrement idéalisées, mais ouvrant à de nouvelles voies ; nous invoquons un tableau d'impressions et de sentiments face à des impératifs exigeant en toute circonstance la mesure personnelle ; nous voulons, en somme, briser ce voile glacial et déshumanisé et proposer, par le langage musical, une alternative à ce manque d'être.

Quelle est la piste la plus forte dans ces Chroniques d'un Autre Temps ?

Nous avons toujours eu un certain faible pour l'Énéide : de tout l'album, c'est notre plus ancienne composition, étant donné qu'elle figurait déjà sur notre démo de 2010. Nous avions tenu à l'enregistrer à nouveau, afin de lui garantir une meilleure production et de libérer l'intégralité d'un potentiel qui, à l'époque, n'était à notre goût pas pleinement exprimé. Sous certains aspects, elle n'est donc peut-être pas aussi mature que certaines des autres pistes ; mais sa jeunesse est aussi ce qui lui procure sa folie et sa fougue, et nous affectionnons beaucoup sa capacité à mêler des ambiances parfois épiques, parfois mélancoliques, mais toujours puissantes. Qui plus est, notre bassiste a pu pour l'occasion faire don de ses talents parallèles en enregistrant en une seule prise, en improvisation totale, des parties de claviers totalement neuves ! C'est donc une nouvelle facette de l'Énéide qui s'est dévoilée et que nous dévoilons, pour notre plus grand bonheur.

Des choses à regretter pour vous dans ce disque ? Quelle est votre principale fierté à son sujet ?

Les plus grosses frustrations concernent sans aucun doute la production au niveau de la batterie. Il faut dire que les conditions d'enregistrement pour celle-ci furent loin d'être optimales : une absence de métronome et de guitare témoin, un ingénieur son pas franchement impliqué dans son travail, les prises inégales de certains éléments du set en terme de son... le résultat fut loin d'être à la hauteur de ce que l'on pouvait attendre. La plupart des imperfections ont pu être corrigées, mais le son demeure très étouffé en comparaison des autres instruments (tous enregistrés dans un autre studio, et avec un ingénieur bien plus actif). Le temps de réalisation et de sortie de l'album fut pareillement un élément assez frustrant, même s'il a bien évidemment fini par être surmonté.

Pour ce qui est du positif, la fierté d'avoir sorti sa première véritable réalisation est toujours quelque chose d'assez gratifiant. Nous sommes heureux de posséder enfin un support qui regroupe les titres que l'on préférait parmi tous ceux composés ; nous sommes également satisfaits de notre travail sur l'artwork, qui représente bien à notre sens l'essence de notre musique. En fait, pour un premier album, c'est relativement difficile d'établir un point de fierté précis... nous aurons sûrement plus de recul une fois le temps passé et une autre sortie à notre actif !

Quelles formations soutenez-vous ?

Nous pourrions répondre de deux manières à cette question : d'une part, les groupes avec qui nous avons déjà joué, échangé, qui nous soutiennent d'une certaine manière et que nous soutenons également : Les Caverneux (de Tours également, et dont deux des membres officient désormais dans Hecate), Dysmorphic, Wyrms, Uluun, Seide, Lutèce, Domination, Fimbulvetr, Selvsmord, Ishtar...

De même, nous pourrions citer les formations qui nous ont inspiré, ou d'une façon plus vaste qui nous ont passionné : Blut aus Nord, Deathspell Omega, Darkspace, Wolves in the Throne Room, Dodheimsgard, Cobalt, Immortal, Darkthrone, Melechesh... la liste serait longue, mais elles sont multiples et variées !

Quelle est la suite pour HECATE ? Qu'allez-vous faire en 2014 ?

Pour l'instant, et suite aux modifications de line-up que tu as évoquées, nous nous concentrons exclusivement sur l'intégration des nouveaux musiciens, sur la création et l'apprentissage des nouveaux morceaux et sur la mise en place d'une dynamique solide ; nous préférons cesser momentanément les concerts durant cette période. Une fois que ces éléments auront aboutis, nous verrons sur le moment ! Il n'y a rien de spécifiquement défini par avance. Au niveau des sorties, nous pensions éventuellement rééditer notre ancienne démo datant de 2010 ; nous n'avions pas pu à l'époque la sortir sous support physique et l'avions par conséquent uniquement proposée en téléchargement libre. On nous demande parfois si l'on prévoit de la mettre en circulation ; donc pourquoi pas ? Nous espérons également achever l'ensemble des futures compositions qui figureront sur notre second album. Cet album sera différent du premier en cela qu'il incorporera de nouvelles influences, de nouvelles thématiques, une nouvelle approche, mais tout en restant fidèle à la base que nous avons réussi à développer. D'une manière vaste, nous avons vraiment tenu à renouveler notre style afin de ne pas tomber dans une routine trop pesante ; le principal est que nous puissions tous continuer à nous faire plaisir et à jouer notre musique avec la même passion. Mais nous préférons ne pas en dire plus pour l'instant !

Qu'espère HECATE pour ses Chroniques d'un Autre Temps ? Un vinyle, une cassette ?

Nous espérons surtout que l'album pourra satisfaire les amateurs de Black en tous genres ! Un autre support n'a pas été envisagé, et je ne pense pas qu'il le sera : nous restons donc concentrés sur le format CD. L'important reste de promouvoir nos Chroniques le plus possible ; les bénéfices en rapport aux ventes serviront ensuite à financer notre prochaine réalisation et à obtenir une production qui correspondra bien plus à nos attentes et mettra un réel relief à nos morceaux.

Qu'est-ce que ne fera jamais HECATE ?

Un album de Technical Brutal Death et un concert au Burkina Faso.

Donnez-nous trois adjectifs qui permettent de mieux cerner la personnalité d'HECATE.

Le choix est assez ardu, mais nous dirions : élégiaque, massif, nostalgique.

Comment vous contacte-t-on ? Comment se procure-t-on Chroniques d'un Autre Temps ?

Pour nous contacter, il y a deux moyens principaux : notre adresse mail officielle d'une part (hecatetours37@gmail.com), et d'autre part via notre page Facebook, dont nous consultons régulièrement les messages. Pour ce qui est de Chroniques d'un Autre Temps, il est bien évidemment possible de se le procurer par le biais d'Exu Rei, que ce soit par leurs stands de merchandising ou encore en les contactant par l'adresse exurei.records@yahoo.fr. Sinon, nous disposons également de stocks de CD et nous en transportons régulièrement avec nous lorsque nous nous déplaçons lors de concerts ou autres événements, par exemple ; il est donc tout à fait possible de se les procurer directement par notre biais !

Un Bandcamp est également en train d'être créé, à l'adresse http://hecatetours.bandcamp.com/ ; il ne contient pour l'instant que les morceaux partagés, mais nous tenterons de le compléter bientôt.

Chroniques d'un Autre Temps est un opus qui passe bien, et qui nécessite une écoute attentive ! Je souhaite le meilleur à HECATE – les derniers mots sont pour vous !

Tout d'abord, merci à toi pour ton intérêt et ton soutien. Merci également à Exu Rei pour avoir cru en nous et nous avoir permis de sortir cet album ; nos pensées vont aussi à tous ceux qui nous soutiennent dans notre projet de quelque manière que ce soit. Nous espérons à l'avenir pouvoir reprendre la scène, repartir au contact du public et présenter de nouveaux morceaux qui satisferont toutes les attentes !

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08 janvier 2014

SAINT FRENESS - Sotres // Gaulhammer Prods 2013

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Sotres est le premier album de SAINT-FRENESS, et je dois dire que c'est un sacré putain de disque qui m'a laissé de suite sur le cul - l'un des meilleurs que j'ai écouté en 2013. Je m'attendais à la vue de la pochette que ce soit du Black Metal pur et dur, mais en fait... c'est un grand plongeon dans le chaos et la douleur, dans les souffrances intimes de son géniteur. On s'en rend compte dès la première minute. On prend également la mesure d'une chose : Sotres est un album unique et le fruit d'un seul homme dont l'enfer intérieur est ici retranscrit avec une grande habileté. Joussif.

Pourquoi unique ? Parce qu'il mêle les genres musicaux, et pas seulement « métalliques », tout en gardant moult caractéristiques du Black Metal. La puissante violence des vocaux réverbérés, les claviers glaciaux, les guitares abrasives mais aussi Heavy et atmosphériques chargées d'émotions (bravo) et la production quelque peu low-fi, tout cela contribue à créer une ambiance globale foncièrement « rétro Black Metal» qui fait du bien aux oreilles. Mais il faudra surtout retenir comme Archy a su intégrer, assimiler les autres genres musicaux qu'il écoute et les faire transpirer et apparaître dans son univers musical personnel que l'on retrouve dans Sotres. La Cold Wave par exemple et le Heavy à certains moments trouvent ainsi des racines dans ce disque aux multiples niveaux d'écoutes et différentes textures, aux plans savamment orchestrés, rendant ces onze pistes toutes distinctes les unes des autres... tout en gardant une grande cohérence entre elles, fruit d'une maturité musicale certaine de la part d'Archy.

Enfin, dans ce vortex poussiéreux et sacrément douloureux et noir comme la suie, il faut mettre au crédit de Saint Freness une grand ingéniosité à savoir faire passer fidèlement ses émotions dans sa musique. Il n'est pas possible de dire de Sotres qu'il est surfait ou surjoué ou autre : non, Sotres sort des tripes et le panel des émotions, des sentiments ressentis est large, très large – et surtout infiniment touchant et envoûtant. Des pistes comme Alrunes, Corpse of Madness (qui fera penser au groupe anglais BASILISK), Gorgone, Onosceles, Sotres ne laissent pas indifférent.

Au final, cet album n'est pas saisissable en quelques lignes : il ne peut être compris que par l'écoute attentive et répétée. Il est trop riche, personnel et chaotique : chacun en tirera sa propre vision ! Artistiquement c'est une grande réussite, bravo donc à Saint Freness pour cette première œuvre et à Gaulhammer pour cette première production bien osée !

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SAINT FRENESS - Introspection, Mysticisme & Emotion

Hailz Archy ! Bienvenue chez La Voix des Ombres ! Justement, ce zine a toujours été dédié à l'underground, et il faut dire que ton projet SAINT-FRENESS est on ne peut plus underground ! C'est par un assez grand hasard que je suis tombé dessus – et que j'ai apprécié de suite ! Voilà pourquoi je t'ai proposé d’apparaître en ces pages... SAINT-FRENESS restera-t-il cependant underground ?

saint-freness 2

 

Salut gars ; tout d’abord, merci pour l’intérêt que tu portes à mon projet, j’apprécie.

J’avoue avoir souvent un peu de mal avec le terme ‘underground' , j’ai le sentiment que beaucoup de personnes et particulièrement dans le black metal font des amalgames entre « underground » et « bonne ou mauvaise prod » avec une certaine fierté pour le travail mal fait, les riff à deux balles et le son le plus pourri possible !

Bon … Vue comme ça j’espère ne pas faire partie de cette équipe. Cela dit pour ma part et pour beaucoup heureusement, ce terme a beaucoup plus de sens si on le traduit par intégrité. Dans ce sens là, bien sûr Saint Freness restera underground, à cette partie de moi que je révèle dans ma musique. Mais pour le vrai puriste du genre j’ai bien peur d’être hors sujet.

Je fais avant tout ma musique pour qu'elle devienne une réelle satisfaction personnelle. Cela ne m’empêche donc pas de la faire évoluer. Comme toute personne j’évolue moi-même et Saint Freness est juste le témoin de mes sentiments que je véhicule à travers cette passion.

C'est quoi SAINT-FRENESS ?

Saint Freness c’est avant tout une partie de moi et de ce que j’ai pu ressentir ou/et que je n’ai pas su exprimer avec des mots. La musique est un canalisateur puissant, une thérapie unique et un mode de communication qui parle aux tripes. C’est tout ça Saint Freness … du moins je l’espère.

Sotres mélange plusieurs genres musicaux. Black Metal évidemment, mais je dirais aussi Cold Wave, voire Heavy Metal... Comme si l'on traversait un champs de ruines apocalyptiques où perce de temps en temps le soleil... Il est aussi, franchement hypnotique. Il rappelle aussi, étrangement, NEHËMAH et WOLOK. Bref, quel est cet univers qui vit en toi ? Ces souffrances, des dommages, cet enfer, cette folie ? Cet album est une sorte de cauchemar et cette année, il est la meilleure chose que j'ai écouté.

Merci j’apprécie. C’est vrai que c’est un black métal souvent abordé de façon assez éclectique dans ce que l’on pourrait appeler les « influences annexes ». Ce n’est pas du tout dû au fait que j’aime tout les styles de métal comme j’ai pu le lire sur une chronique ou deux.

Je n’écoute pas que du black, loin de là, mais dans le métal je n’écoute que ça en revanche, les autres styles de métal ne me parlent pas beaucoup…

Chaque morceau représente pour moi des périodes aux sentiments assez différents… ce pourquoi le mot apocalyptique est approprié, résonant directement dans ma tête comme le chaos. C’est une dimension qui était et qui réside toujours assez profondément en moi. Avec le temps, le chaos s’est estompé et a fait place au paradoxe . Une version plus constante et consciente de cet état d’esprit particulier… chaque morceau était alimenté par un moteur différent sur un panel très large d’émotions et de sentiments. Allant de la haine la plus profonde et au dégoût le plus méprisant à l’amour le plus grand et à l’adoration la plus sincère … tout ceci rassemblé sous l’intense exutoire du black metal .

Tu as parlé de Nehëmah, c’est en effet un « groupe », si je puis dire, que j’affectionne particulièrement pour sa dimension spirituelle et introspective.

Pour le côté « heavy » je n’en écoute pas mais de toute évidence je ne me suis pas cantonné au black métal comme seul outil de référence.

J’aime quand la musique me fait voir et ressentir des choses, je ne saurais parler que pour moi-même mais m’arrêter à un blast et un rif de guitare ne m’intéresse pas beaucoup. il me faut du sensationnel au sens propre du terme.

Je ne sais pas comment tu as composé ce disque mais pour moi, un tel album tient vraiment de l'écriture, c'est-à-dire que tu avais un but à atteindre et que tu as tout mis en œuvre pour l'atteindre - vrai ou faux ? J'y sens également un complet abandon, c'est-à-dire une grande liberté prise avec les conventions du genre Black Metal.

Je n’avais pas de but particulier et je n’ai rien écrit. J’avais des émotions à faire passer à travers des idées musicales. Sans morceaux définis, ça part tout simplement d’une idée qui résonne dans ma tête et c’est parti. Rien n’est prévu à l’avance ou pré-composé. Mes morceaux ont tous été faits petit à petit et à l’aveuglette, c’est comme ça que j’aime travailler.

A mort Guitare pro et toutes les merdes du genre ! C’est ce qu’on peut appeler de la composition improvisée, l’avantage de ne pas savoir où l’on va c’est qu’on ne se donne pas de limite. Seul l’esprit compte, après c’est une promenade dans l’évolution de ce dernier qui s’exprime au travers du morceau. L’idée étant d’en ressortir grandi.

Ce qui rejoint ce que tu dis, en effet je fais du black métal parce que j’aime ça, puis c’est un exutoire sans égal mais je n’ai pas d’œillères sur la tête pour me faire marcher droit…. c’est surtout intègre à mon idée.

Onosceles est une piste vraiment étrange, car on dirait un SUMMONING d'un autre style... qu'as-tu à dire sur cette piste singulière ?

C’est là que ça commence à devenir intime !

Pour faire court, car je ne souhaite pas trop m’attarder sur ce sujet et je pense que cette musique parle d’elle-même, ce morceau est le témoin du genre de surcharge sentimental dont je peux faire l’objet, et bien souvent sans raison ‘raisonnable ‘ ni raisonnée . Ceux qui me connaissent comprendront aisément ce à quoi je fais allusion. Faire ce morceau a été pour moi le seul moyen que j’ai eu pour exprimer ô combien ma peine était grande.. Submergé par mes émotions, beaucoup de larmes ont coulé à la composition de ce morceau.

Combien de temps t'a pris l'écriture de Sotres ?

Bonne question, je ne sais pas du tout, plusieurs années. Peut être 2 ou 3 ans, j’avais déjà mis en ligne une petite dizaine de morceaux auparavant, que j’ai enlevé depuis. Puis certains morceaux m’ont pris beaucoup de temps, d’autres ont été faits en moins de 48h, comme Gorgone ou Onosceles par exemple.

Comment as-tu enregistré ce putain de disque ?

Je l’ai enregistré assez simplement avec mon petit home studio, modeste mais efficace tout de même, si je puis me permettre de revenir un peu sur ta première question et du pourquoi j’ai du mal avec une certaine appellation du underground… :

A l’heure actuelle, avec du matériel très accessible il est tout à fait possible avec un poil de persévérance et un semblant de volonté, d’avoir un son propre et de faire de la musique à proprement parler.

Bien sûr on n'est pas dans de la super production en studio pro a la Dimmu ou Belphegor, mais il y a quand même une bonne marge de branleurs invétérés, drogués a la production ‘tape’ en 2013, plus c’est pourri plus c’est bon parce que c’est plus true….

Avec parallèlement un pc surpuissant en cadeau de papa et maman pour dézinguer des têtes sur Call of ou faire le magicien sur WOW … à bon entendeur....!

Quelle est ta piste préférée ?

Ah… sujet qui fâche (rire). Le morceau que je préfère n’a malheureusement pas vu le jour. Il y a tout de même un ‘extrait’ de mon défunt petit sur youtube, ça m'a d‘ailleurs bien démotivé de le perdre, cela dit je l’ai retrouvé depuis et il nécessite encore quelques finitions. Je le divulguerais sur la toile quand il sera terminé. Dans l’esprit un peu du morceau SOTRES. Sinon je dirais que c’est Gorgone dans sa globalité que je trouve le plus prenant.

Que regrettes-tu dans Sotres ?

Heu… dans la mesure ou cet album a été composé il y a quelques années, à l’heure actuelle il y a pour moi des bémols au niveau de la maturité musicale, quelques longueurs, dans DAKINIS ou DUERGARS par exemple. Après il y a bien sûr des choses qui évolueront dans ma logique de composition à l’avenir.

Cela dit si je dois exprimer un grand regret, c’est de ne pas avoir pu faire la batterie moi-même. Mais je compte bien y remédier, je m'y suis mis il y a quelques temps, je ne suis pas sûr que mon prochain album soit de ma patte mais celui d’après s’il y en a un le sera certainement.

Comment s'est passé le deal avec le jeune label underground Gaulhammer ?

Très simplement, il m’a repéré et a tenu à me produire, chose à laquelle je ne tenais pas forcément. D’ailleurs il faut bien le reconnaître, c’est lui qui a tout fait, moi j’en ai pas foutu une : merci coach !

Enfin même si au début je m’en foutais royalement d’être produit, je dois avouer que finalement c’est sympa. De plus, ça ne porte en aucun cas atteinte à l’intégrité de mon projet, et ça me redonne un peu la motivation dont j’avais besoin pour continuer. Donc merci GAULHAMMER

Tu es tatoueur : d'où te vient cette passion ? Combien en as-tu sur le corps ? Quels sont ceux que tu aimes le plus admirer sur ton corps ?

Oui c’est exact, je dessine depuis que je suis tout gamin, j’ai passé le plus clair de mes heures de cours et de colles à griffonner, puis ça s’est fait un peu tout seul : dès que j’ai pu, j’ai acheté du matos de tattoo. C’était parti pour des nuits bière/tattoo/rock n’ roll à la rash. Petit à petit c’est devenu mon métier.

J’ai toujours pratiqué toutes mes activités artistiques en autodidacte, cela dit ça ne tombe pas du ciel et je tiens cette souche du coté de mon père qui est un artiste très doué et très polyvalent! Pour ce qui est du nombre de tattoo je ne sais pas du tout mais je suis déjà bien bleu pour ne plus pouvoir les compter et que la majorité d’entre eux ne fasse plus qu’un…La zone que je préfère reste ma main droite que je m’amuse régulièrement à peaufiner et à décorer en adéquation avec ma passion pour la musique.

Tu joues dans OSIRION, que j'ai déjà interviewé et dont j'ai même repris Reconquista dans mon Anthologie du Black Metal ! Tu as repris la place de Valharik donc ! Où en est OSIRION ? Son line-up me semble avoir bien bougé et son dernier album date de 2008 déjà...

Oui j’ai joué dans Osirion, peu de temps pour être honnête, mais on a bien rigolé et on a fait de bons concerts ! C’est vrai que le line up bouge pas mal mais les gars d’Osirion sont bien décidés à remettre la bête sur rail et ils y arrivent petit a petit, pour ceux qui ne savent pas, Mhorge, l’actuel leader d’Osirion est un artisan du cuir très compétent et talentueux avec un goût très fin pour le médiéval. C'est lui qui a façonné les gros brassards de cuir que je porte, et forgé sur son enclume les gros clous qui l’ornent. Merci l’ami ! Ces brassards sont de facture très brute sur ma demande, mais pour les curieux du maître d’œuvre je passe le lien de son travail.

De quoi parle tes textes ?

Mes textes tout comme ma musique, sont souvent des sujets bien différents, en cohérence par rapport à l’ambiance et aux émotions de ces dernières… La plupart de mes textes a été complètement retourné de telle sorte que la dernière lettre du dernier mot fasse l'ouverture et que le texte se lise à l'exacte inverse de ce qu'il devrait être ; ils sont donc formulés de façon parfaitement incompréhensible. Donc pas la peine de galérer à essayer de comprendre, à moins d’écouter la musique à l’envers… Le message de ma musique se voulant avant tout émotionnel, il y a tout de même des passages en anglais ainsi que quelques passages en français dans Sotres ou Silence Atrium notamment.

Quels formations de ta région soutiens-tu ?

J'avoue ne plus être très au fait de l'actu métal en général, et encore moins de ma région depuis un moment. Mais il y a tout de même des vieux collègues comme Nico qui a fait Silentod.. Hell hounds et « the snak eater » sur lesquels j ai eu droit à quelques bonnes tranches de rigolade et quelques bonnes gueule de bois.  Il y a Osirion bien sûr que je soutiens de tout cœur et Hidvir que beaucoup connaissent déjà. Dans un registre tout à fait autre, il y a KATS Kussay and the smoke à qui je renvoie le clin d’œil à la croisée des chemins.

SAINT-FRENESS monte-t-il sur scène ? Quelle importance cela a-t-il ?

La scène est un vrai plaisir pour moi et je suis sûr que le plaisir n’en serait que plus grand si je jouais en mon nom. J’y ai d'ailleurs pas mal pensé, et quelques collègues, notamment de Hindvir et Osirion étaient partant dans l'aventure. J’avais également proposé à Corven de Nehemah qui a décliné mon invitation avec courtoisie.

Pour être honnête ce ne sera vraiment pas dans l'immédiat ni avant quelques années. Un jour qui sait ! Quoi qu’il en soit, de la scène pourquoi pas, mais Saint Freness ne sera jamais un groupe.

Quels sont les cinq disques de Black Metal que tu préfères ?

Que je fasse appel à ma mémoire….Je dirais sans donner d'ordre précis et en parlant plutôt de groupes : Shining, Nehemah, Watain, Dark Space, Dark Funeral…

Enfin je sais plus vraiment il y a tellement de groupes vraiment très bons dont j'ai oublié le nom, mais pour tout dire, tout au long de ma grande période black métal, j'ai passé beaucoup plus de temps à en faire plutôt qu’à agrandir ma culture metal.

Le Black Metal est-il mort selon toi ?

Je pense que comme toute chose, le black métal est amené à mûrir et à évoluer …

Si le BM s'arrêtait aux Burzum et branleurs de la musique du genre, j’espère très franchement qu'il le serait. Cela dit pour moi le vrai black metal est parfaitement représenté dans Watain par exemple. Je pense qu'il y aura toujours des gens réellement sensibles à l'âme du black qui sauront la faire valoir en tant que telle et sans se foutre du monde. Il ne faut pas oublier que faire du black métal, c'est avant tout faire de la musique ; et faire de la musique ça veut pas dire performer pour l'incompétence !

Si on se veut être le porte parole d'une chose que l'on aime, en l’occurrence le BM, on se doit de s’appliquer et de le faire bien. En parlant de la souche du BM et sans être parfaitement ingrat … il faudrait voir à ne pas oublier que les « fondateurs » du genre n'étaient ni plus ni moins que des adolescents. Selon moi ce culte de la personnalité que beaucoup ont pour ces quelques branleurs capricieux qui ont commencé le black métal est une erreur .

D'ailleurs, puisqu'on me demande mon avis, je crois que beaucoup de personnes adulent Vargounet et son équipe de décérébrés parce que ces gars-là ont brûlé quelques églises et que l’un d’eux a buté son pote… ce qui est un état d'esprit tout à fait puéril dans lequel je ne vois ni bravoure ni courage ni force, quant à l’honneur il n’existe même plus… Des vertus pourtant tant prônées par les adorateurs du genre…

Cette adulation fumeuse est selon moi représentative de la frustration de beaucoup de fans  qui en réalité, derrière leur pseudo de grands démons n’ont absolument rien de leur étoffe. Ils ont la haine et vont chercher dans leurs idoles la violence qu'ils ne sont pas capables de donner au monde qu'ils détestent… La peur peut être... ?

Heureusement je ne parle pas pour tout le monde et il y a dans le black metal de véritables perles quelles que soient les époques. Et vu le jeune âge de cette mouvance musicale, ce n’est pas terminé.

Comment se procure-t-on Soldier of Madness ? Comment te contacte-t-on ?

L’album est en vente sur le site web de Gaulhammer : http://gaulhammer.weebly.com/ Il est également vendu sur les différents concerts qu’il organise. Il me semble que c’est tout pour le moment. Pour me contacter il suffit de m’envoyer un mail via myspace, fb ou youtube, je les reçois directement, je suis très très loin d être la super star qui a besoin de son équipe d administration (rire).

Qu'est-ce que ne fera jamais SAINT-FRENESS ?

Devenir un groupe.

Trois adjectifs pour résumer l'état d'esprit de SAINT-FRENESS...

Saint Freness se veut être sous l’étendard de l’introspection, du mysticisme et de l'émotion.

Sotres est un disque extraordinaire et que j'apprécie foncièrement ! Les derniers mots sont à toi SAINT-FRENESS !

Merci pour l intérêt que tu as porté à mon projet. Merci également aux divers chroniqueurs que je n’aurai pas l'occasion de remercier ailleurs que dans cette interview. Et quel que soit l'angle de vue avec lequel on aborde le BM, l’essentiel c’est de rester vrai et intègre. Ce n’est pas si facile lorsqu’on essaye de ne pas se voiler la face.

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03 janvier 2014

CRISTALYS - In Hoc Signo Vinces

CRYSTALYS est une formation que je connais depuis ses débuts. On devrait devenir partenaires ! Mais camarades est un meilleur terme : en effet, nous partageons la même passion et rage pour la musique et les mêmes valeurs liées à une certaine intégrité et maturité ! Je soutiendrais donc toujours CRISTALYS. D'autant que ces natifs de Toulon ne savent faire qu'une chose : faire de l'excellent.

cristalys ihsv

Voilà que leur quatrième opus, In Hoc Signo Vinces, est sorti l'an dernier et qu'il suit la même courbe ascendante depuis le début : un jeu musical qui se montre parfait ; une identité unique et jouissive, en tous points ; une production très professionnelle ; enfin, une variété des pistes observant une cohérence folle : en effet, CRISTALYS est aujourd'hui si maître de lui-même qu'il peut s'autoriser de formuler des titres aux cadences changeantes (il est tantôt martial, tantôt Black, tantôt Thrash/Black – voire même il s'autorise une balade !), avec des vocaux toujours haineux et rageurs. Le quatuor fait preuve d'une véritable aisance qui fait plaisir à écouter et je me dis que CRISTALYS fait partie de ces quelques-uns dont la France peut être fier !

La production typique des années 2000 et de Terje Refnes m'a au début surpris et rebuté car trop propre pour moi : il nous pousse donc à la dépasser en écoutant attentivement ce que les musiciens ont à dire, et c'est une bonne chose, car le « niveau » de CRISTALYS l'exige. Un bon point pour le groupe qui a fait là un très bon choix. Cela rappelle quelque peu le travail de SA MEUTE avec 50 Contre 1. Justement, comme ce dernier, CRISTALYS révèle une certaine dissolution des genres extrêmes, à la limite entre Black et Thrash, et par là met au clair un autre aspect que je répète : une personnalité unique. Nous avons ainsi un In Hoc Signo Vinces presque parfait et je crois qu'un réenregistrement des précédents opus ne serait pas un mal pour ce groupe – rien que pour mesurer la part d'assurance et de compétence prise aujourd'hui. La production et la volonté de CRISTALYS de tailler des pistes faites pour la scène l'ont éloigné du Black Metal et des atmosphères charbonneuses ; il faut toutefois reconnaître que le quatuor maîtrise ses instruments et que les guitares notamment, expriment des choses fortes autrement que ce sait faire ressortir une production plus underground. Les vocaux rageurs en français sont évidemment jouissifs et le batteur impose un jeu absolument carré et martial comme jamais – chapeau à lui ! Mon seul regret : la basse aurait du ronfler bien plus et sur ce point, je suis certain que j'aurais eu raison Northail...

Il est difficile de désigner une piste « meilleure » qu'une autre dans ce sublime disque qu'est In Hoc Signo Vinces, mais j'aime particulièrement la dernière, Mercenaires de l'Ancien Temps, qui fait un peu « rétro » : claviers spectraux, montée en puissance qui va éclater sur une tension extrême...le tout porté par des sonorités très NWOBHM !!! Un vrai retour en arrière... La Marche des Insurgés Soldats du Sang, La Valse des Martyrs, Incantation Franque valent également leur pesant d'or (les pistes aux noms français ahaha ! ). Un des meilleurs disques français écoutés ces dernières années, bravo CRISTALYS !

Posté par oncleGUUDrath à 22:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

CRISTALYS - Discipline, Ferveur & Camaraderie

Bienvenue en Enfer CRISTALYS ! Ca fait déjà un paquet d'années que je vous soutiens, ici ou ailleurs, cela me fait plaisir de vous redonner la parole pour ce nouvel album ! CRISTALYS se montre « agressif » sur sa promotion sur internet on vous trouve partout ! Ce qui est une bonne chose pour vous ! Vous croyez en ce que vous faites, et sa qualité !! Cela montre aussi que vous semblez estimer que CRISTALYS vaut plus que les autres pour en vouloir autant non ? Quels sont les atouts de CRISTALYS sur les autres groupes français du genre ? Rappelez-nous votre Suréminence !

Northail : Salutations Guudrath, c’est une grande fierté de te retrouver.

Nous investissons beaucoup dans la promotion et la communication tout simplement pour donner la chance à l’album et a fortiori au groupe d’élargir sa notoriété. Cela n’est que le fruit de l’intérêt que suscite de plus en plus Cristalys. Des métalleux nous découvrent chaque jour, nous contactent directement pour nous soutenir en plus de nous encourager, à chaque concert des liens d’honneur et de camaraderie se créent avec le public.... Au-delà de la motivation, nous gagnons en assurance et comprenons qu’il y a du potentiel, d’où cette décision de communiquer. Ce n’est en aucun cas la satisfaction de notre ego et surtout pas le sentiment que nous valons plus que d’autres. Quant à nos atouts, je n’aurais pas la prétention d’y répondre et je suis sûr que l’excellent chroniqueur que tu es sera plus apte à répondre.

Notre « Suréminence » est notre Foi inébranlable en Cristalys

cristalys lineup

 

J'ai tout réécouté depuis vos débuts avant d'écrire cette interview et la chronique. CRISTALYS a toujours fait du CRISTALYS, il a gardé la même ligne musicale ou peu s'en faut. En 10 ans, qu'est-ce qui a notablement évolué dans votre Black Metal ? Je donnerai mon avis dans la chronique !

Nous restons propre à notre style car tu ne peux pas échapper à ta façon d’écrire, cela fait partie de toi et tu l’exprimes inconsciemment. Il m’est arrivé d’écrire des morceaux dans un autre registre, voulant me rapprocher de groupes que j’affectionne, les idées étaient bonnes mais ce n’était pas du Cristalys, donc tu en reviens à faire ce que tu fais le mieux, à savoir suivre ton instinct créatif. Toutefois nous avons évolué techniquement, mélodiquement et structurellement parlant, surtout nous avons trouvé notre son.

J'avais beaucoup apprécié Suréminence. In Hoc Signo Vinces le surpasse-t-il, ou est-il différent ? Qu'avez-vous décidé d'explorer ou exploiter, singulièrement, pour IHSV ?

Je pense qu’il est au-dessus pour les raisons que j’ai énumérées ci-dessus, il est plus percutant, plus agressif et il a un son plus atypique qui vient affirmer notre personnalité. Cela dit, j’ai rencontré des fans qui adorent « In Hoc Signo Vinces » mais qui ont une préférence pour « Suréminence ».

Votre « logo » mêle le Lys et la Croix celte...

Depuis le commencement notre armoirie nommée « Croix de Lys » représente fièrement les textes et concepts que nous développons dans nos titres. A savoir la Croix Celte pour l’origine naturelle de nos peuples et de notre force. La fleur de Lys pour le royalisme, l’adulation de l’Ancien régime dans l’opposition aux valeurs des temps modernes.

Votre album, c'est toujours une coproduction avec Pagan Pride, via qui j'avais interviewé ELIWAGAR ?! Comment ça se passe avec ce label plus qu'underground ?

Ce petit label nous a donné un bon coup de main à l’époque de « Quintessence Celtique » et de « Suréminence » d’un point de vue de la distribution underground.

L’ensemble de la communication de la promotion et de l’investissement est fait par nos soins. Pour « In Hoc Signo Vinces », c’est moi qui ai voulu continuer avec « Pagan Pride » mais je pense que j’aurais dû prospecter vers d’autres labels car je ne m’attendais pas à autant de répercussions concernant ce nouvel opus. On arrive à honorer toutes les demandes mais cela prend énormément de temps. Vu les retombés, un label important permettrait de communiquer beaucoup plus et de faire une meilleure promotion.

J'ai tout vu en quinze ans en matière de païens et de « paganisme »... c'est comme le Black pour lequel je me bats à le définir car c'est possible : plus grand monde sait ce que ces notions veulent dire. Quelle est l'opinion de CRISTALYS en la matière ?

Cristalys est à part en ce sens qu’on ne peut le définir explicitement, il n’est ni païen, ni black pur, et je pense que de cette difficulté de coller une étiquette découle une considération black métal pour certains ou Pagan métal pour d’autres.

Personnellement, Cristalys peut se définir comme du black métal par sa musique qui est un métal extrême aux fortes influences black métal, dans les parties blast, riffs martiaux et dans son chant.

Le côté païen va intervenir aux niveaux des refrains, lignes de chant et mélodies plus épiques. A cela se rajoute des connotations thrash et des ambiances Doom.

Il y a toujours autant de rage dans ces vocaux ! Et la mécanique « Metal » accentue cette puissance ! Vous êtes plus un groupe Metal que d'ambiances selon moi... Qu'en pensez-vous ?

Ton jugement est bon. Je préciserais que Cristalys, « devient de plus en plus », un groupe de Métal, car à nos débuts avec « Jadis…vers les Puretés » et « Quintessence Celtique » le qualificatif de groupe d’ambiance était plus approprié. Avec les concerts le côté Métal s’est éveillé.

Cette évolution est logique, nous répétons, croisons le fer et la sueur toutes les semaines. Avec les thèmes à la fois guerriers et dénonciateurs, l’aspect Métal se devait de ressortir, d’autant plus que nous sommes des personnages plutôt vifs. La rage des vocaux se devait d’être accentuée par la prestance et le style et par cette volonté de hurler avec ses tripes.

Il y a quelque chose de foncièrement médiéval ou de l'époque suivante chez vous... Comment l'expliquez-vous alors qu'aujourd'hui, la France tombe en ruines, aux mains des Etasuniens et envahie d'étrangers ?

Il y a surtout une volonté de voyager au travers des époques à la recherche des vertus d’antan. Nous n’avons pas hésité à partir à la recherche de Vercingétorix comme à celle de Napoléon. Il est vrai que dans « In Hoc Signo Vinces », nous avons posé nos bagages spirituels un peu plus longtemps en l’époque médiévale et plus précisément dans le haut moyen-âge. Cela dit « Soldats du Sang » et la « Valse des Martyrs » sont des glorifications d’événements plus contemporains.

Il est certain comme tu le sous-entends, que cette recherche ancestrale vient d’un dégoût profond de la France actuelle d’un point de vue des mentalités, des mœurs, de la politique et de la soumission malheureuse aux États du nouveau monde et en la croyance dangereuse d’une gouvernance mondiale à caractère supranationale.

Cristalys trouve dans le passé une fierté et un prestige qui nous rassure, nous guide et nous permet de cracher notre haine verbalement sur les conceptions post-chaotiques d’un présent dégénéré.

L'enregistrement a-t-il changé ? Votre son est désormais, et encore plus, plus puissant, clair, volumineux ! Pourquoi cette volonté là ?

L’enregistrement n’a pas changé, nous sommes retournés au Sound Suite Studio avec Terje Refnes. Ces caractères du son que tu énumères viennent du fait que je me suis beaucoup plus immiscé dans le choix des sons de chaque instrument, dans les effets, le mixage et le mastering. Avec le temps, j’acquiers un peu plus d’expérience qui me permet de mieux définir ma vision auditive de Cristalys. C’est une chose importante car je pense qu’un groupe se définit certes par son style mais aussi par un son qui lui sera propre. Je pense qu’avec « In Hoc Signo Vinces », nous avons trouvé la voix sonore du groupe, il y aura quelques petits changements peut-être mais de manière générale cet album est un bon reflet du son du groupe : puissant dans sa lourdeur et son obscurité, clair en ce sens que nous pouvons distinguer chacun des éléments dans un univers (cela s’affirme en écoutant avec un casque) et non comme un mur que l’on prend de face (ce que l’on trouve trop aujourd’hui), paradoxalement le son a un aspect un peu confus, ce qui lui donne une certaine froideur le rapprochant des sonorités black métal…. En gros, je suis enchanté du travail effectué et j’espère continuer sur cette voie.

Votre Metal extrême n'est pas très sombre en fin de compte - estimez-vous encore faire du Black ? Comment CRISTALYS perçoit-il cela ? Sur une échelle de 1 à 10, 10 étant le plus noir, où est CRISTALYS ?

C’est très difficile de répondre à cette question…. Je peux te retourner celle-ci, est-ce que Forbidden Site c’est du BM ?

Cristalys reste du BM pour les influences et les caractéristiques que j’ai écrites précédemment mais si nous devons le comparer au black originel, nous n’en sommes pas. Notre exaspération est totalement noire poussant souvent nos délires aux limites d’un chaos mérité. Mais dans le même temps il réside beaucoup d’espoir dans nos textes et nos allures puisque nous honorons des épopées, cela a un aspect positif. Je dirais que notre noirceur et notre violence sont beaucoup plus guerrières que misanthropiques, ce dernier restant plus propre au BM. Sur ces faits, je pense que Cristalys se situe à 5 sur 10 par rapport à la noirceur….. mais à 10 sur 10 pour la conviction !

Comment s'est passée la composition de ce disque de perfectionnistes ? Combien de temps cela a pris pour que les pistes soient finalisées ? J'imagine que vous ne regrettez rien, sinon il ne serait pas sorti !

On regrette toujours des petites choses mais au vu du résultat ceux ne sont que des balivernes. La composition nous a pris beaucoup de temps, suite aux problèmes de line-up, aux plannings chargés en dehors du groupe, aux concerts joués parallèlement et à la gestion personnelle de tout ce qui a trait au groupe, de la musique à la vente. La pré-production a été longue également, quand tu commences à travailler les arrangements…cela n’en finit plus. Pour l’enregistrement final de l’album nous sommes restés un peu plus de deux semaines en studio, le mixage et le mastering ont pris une semaine. Pour le prochain album, nous espérons accélérer le rythme en changeant notre façon de travailler et de surcroît par l’osmose motivante et persuasive qui se dégage de Cristalys.

Sur quoi avez-vous buté le plus pour IHSV ?

Sur la pré-production… certainement ! Avant d’aller en studio nous enregistrons d’abord nous-même l’album aux rythmes des répétitions hebdomadaires. C’est trop long mais cela nous permet de peaufiner au mieux les morceaux et nous rassure avant l’entrée en studio. C’est cette étape que nous modifions dans l’écriture du nouvel album, en espérant gagner du temps.

Il y a aussi cette piste très étonnante, La Valse des Martyrs, que ne renierait peut-être pas SCORPIONS ! J'ai vraiment été surpris, puis touché... elle détonne. D'où vient-elle ?

Plus exactement c’est nous qui ne renions pas Scorpions (rires).

Cela faisait un moment que l’idée me traversait l’esprit de proposer une sorte de ballade dramatique, je voulais aller plus loin dans le délire que le titre « Baise ma Hache » dans l’album « Suréminence ». Aussi j’apprécie le fait qu’une composition vienne casser l’album en son milieu. Le principe d’une Valse m'est venue en écoutant le groupe « Ever Eve » avec la chanson « Valse Bizzare ». L’ambiance dramatique m’est apparue avec un morceau un peu doom-gothique de « Christ Agony » qui dégage une atmosphère des plus suicidaires. J’ai voulu faire un mélange des deux à la sauce Cristalys en rentrant dans le trip d’une danse perpétuelle avec la mort, comme si les fantômes des victimes dont je parle dans les textes sont condamnés à valser avec la faux tant que la vérité sur leur tragique dessein n’aura pas été dévoilée.

Vous avez fait un clip de « Soldats du Sang » - pourquoi avec cette piste ? Et que cherche ce soldat qui est vomi par les flots de la mer ?

En toute honnêteté, le choix s’est fait par élimination. Nous avons beaucoup d’idées concernant l’ensemble des titres mais pour des raisons de budget le scénario de « Soldats du Sang » permettait un moindre investissement en termes de matériels, d’acteurs et d’effet spéciaux.

Chacun peut comprendre ce qu’il souhaite et c’est le but de cette vidéo. En ce qui me concerne, j’aime voir un soldat du passé déposé par les écumes en notre présent, abandonné, déboussolé, agonisant, il cherche à reconnaître le lieu de son éveil, où est son régiment, un combat est-il à proximité, il se rend vite compte qu’il n’y a pas de soldats en cette époque et que la mort lui ouvre ses étreintes, alors il cherche à se reposer éternellement en un lieu majestueux. Face à la mer, du haut de la falaise, il comprend que sa mort n’est pas en vain, il a lutté fièrement pour défendre cette magnifique Terre… j’aime beaucoup la fin car on ne sait pas s’il meurt ou non, et cette poignée finale entre le musicien et le soldat énonce que notre black métal est un combat, que nous n’avons pas le droit de porter les armes mais seulement nos instruments, nous sommes des soldats armés de guitares… black métal ist krieg… dans le même temps c’est une allégeance aux soldats morts pour leur Terre et un message comme quoi le combat continue……

Quel est le plus grand atout de In Hoc Signo Vinces ? Que faut-il en retenir ?

Retenons son aspect martial mêlé de mélodies, de refrains épiques et le son car il vient enrichir la personnalité de Cristalys.

Cet album est le plus aboutit et le plus mature du groupe, pour le reste je laisse le soin au lecteur de lire les diverse chroniques sur les zines et webzines.

Pour ceux qui ne vous connaissent pas, CRISTALYS est un fier et valeureux guerrier de la langue française ! Pas de la même façon que PESTE NOIRE, OSIRION ou FORBIDDEN SITE. Personnellement j'adore entendre ces paroles chantées ! Cela vous met à la marge et vos paroles se font plus fortes, intenses, et vous assumez vos propos ! Plusieurs questions : qui les a écrit pour IHSV ? De quoi y est-il question ?

J’écris tous les textes de Critalys et je puise mon inspiration dans des personnages, époques ou événements qui ont construit, forgé et entretenue l’histoire de France, et d’Europe de manière plus générale. Car si chaque nation européenne dispose de son identité, on reste un seul et même peuple originel. Chaque texte de Cristalys est une allégeance ancestrale qui me permet de vomir haineusement sur la société pseudo-parfaite actuelle.

« In Hoc Signo Vinces » s’intéresse essentiellement à la construction de notre peuple en posant l’importance de l’identité familiale, de l’esprit de clan, de son aboutissement avec les ordres. Ces constatations ont imposé les règles de vie, de défense et de prospérité du peuple des Braves. Je viens donc m’opposer aux mœurs contemporaines qui prônent l’individualisme, la destruction de la famille, la notion de droit avant celle de devoirs et surtout je veux rejeter cette volonté politique et médiatique de nous imposer la haine de nous-mêmes et de notre passé.

Par exemple, des textes parlent des chevaliers teutons ou des templiers, je mets en exergue les principes nobles de la chevalerie, de l’honneur, du respect, de la défense, de l’abnégation et de la force de volonté… j’en ai marre d’entendre ces conclusions futiles montrant ces héros tels de stupides barbares buveurs de vins assoiffés de sang et d’idéaux morbides !

Dans « S’Rhioghal Mo Dhream » je défends l’importance naturelle du sang, de la famille et de son clan et m’oppose radicalement à la politique de destruction des valeurs éducatives traditionnelles. Dans la « Valse des Martyrs » je dénonce les crimes commis par les vainqueurs des grandes guerres qui adulés par l’imaginaire post universaliste non jamais été condamnés. Dans un autre registre, avec « Incantation Franque », je prie les dieux gaulois de rendre à la France toute sa grandeur ancestrale, ces dieux qui existaient bien avant le christianisme et bien avant cette nouvelle religion perfide que l’on nomme « Laïcité »… tu l’auras compris, nos textes sont des voyages ancestraux glorifiant le passé du vieux continent.

Pourquoi un nom d'album en latin cette fois-ci ??? Et que raconte cette piste au nom allemand ?

Le latin par son ancienneté confirme le concept historique de Cristalys. La devise est celle des Templiers, « Par ce Signe Tu vaincras », mais je l’utilise de manière globale en partant du principe que nos aïeux ont toujours recherché et combattus au nom de la victoire pour assurer la pérennité de leur territoire et de leur peuple. C’est au travers de symboles perpétuels tels que la fleur de Lys et la croix Celtique que cette ambition s’est renouvelée au fil des générations au travers des clans et des ordres.

Le morceau « Drang Nach Westen » se traduit par « La Marche vers l’Ouest ». C’est un jeu de mot et d’intrigue. Je m’explique : le « Drang Nach Osten » (La Poussée à L’Est) est le nom donné aux épopées teutoniques dans la conquête des pays de l’Europe de l’Est. Je me suis amusé à couronner d’estime ces chevaliers en considérant que de nos jours il serait opportun de reconquérir l’ouest à savoir leur propre terre….et non l’Est…. c’est l’ironie de l’histoire…. Ce que je hurle en allemand est tout simplement une des devises dans laquelle le combattant adoubé jure protection et fidélité à son ordre et à la protection de son territoire.

Et enfin : pour ma part, je trouve que cela est bien courageux de votre part, vous assumez – vous ne vous cachez pas derrière une autre langue et vous êtes audibles... quelle est votre opinion sur ceux qui suivent la doxa en la matière ?

Je n’ai pas d’opinion, je ne me demande pas si un groupe est courageux ou pas, j’aime ou non ce qu’il fait et le soutiens le cas échéant. Je ne cherche pas à juger ou à critiquer les gars du même style que moi. Je préfère dénoncer d’autres musiques inutiles, pauvres culturellement et qui malheureusement conditionnent nos enfants.

Avec Cristalys nous avons opté pour la ferveur car c’est notre vision du black métal, un style beau d’obscurité et agressif, dénonciateur et empli de courage. Adolescents, ceux sont ces caractéristiques qui nous ont séduites avant même la musique en soi. Donc comme de bons élèves retenant fièrement leurs enseignements, nous continuons le combat artistique…

La pochette est assez énigmatique...

En effet, le côté mystérieux donne une ambiance plus froide, critère qui distingue cet album dans tous ces éléments contrairement à son prédécesseur plus chaud et païen.

La pochette représente la Déesse Victoire ensanglantée de souffrance et d’humiliation, ensevelie dans un suaire, depuis son tombeau d’acier, elle lève fièrement les symboles ancestraux de gloire et appelle les nouvelles générations à rétablir dans le triomphe les valeurs et les morales d’antan.

CRISTALYS se dit Insurgé (Dissident?) – contre qui, quoi et comment ?

On le comprend dans les réponses précédentes, j’ai peur de trop me répéter. Globalement nous nous insurgeons contre tout ce qui attrait à l’effacement de nos acquis historiques pour le compte d’un monde « post-universel mondial» dangereux, néfaste et viral !

Croisons politique et musique : que pensez-vous de ce qui s'est passé cet été pour Varg Vikernes et sa femme ?

A l’aube d’une fraîche matinée d’Eté, à peine mon véhicule démarré, j’entends le nom de Varg à la radio ! j’avoue n’y avoir pas cru… puis un sentiment bizarre m’envahit, je me sentais comme un norvégien métalleux vingt ans plus tôt qui entendait les infos….(rires)…nostalgie quand tu nous tiens….

Enfin….. cette affaire est le reflet parfait de tout ce que j’énumère plus tôt, à savoir la dangerosité d’un système tyrannique basé sur des faux acquis pour légitimer son pouvoir. Varg et sa famille ne sont que les boucs émissaires cachant une affaire scandaleuse pour le gouvernement en place, à savoir que le même jour deux ministres étaient convoqués par la justice pour une affaire de fraude fiscale et le fils d’un autre ministre soupçonné de « faux », « blanchiment » et « escroquerie »… Varg, père, fermier, survivaliste, incarnant des valeurs oubliées devient la parfaite proie aryenne et nationaliste médiatique du moment…. Le système est pourri, véreux, injuste, destructeur, vicieux et n’a qu’un seul but : assurer sa santé politico-bourgeoise au détriment du peuple et de la vérité !.. et que ce soit clair, je ne fais pas de politique ! Je suis le témoin misérable de l’abus de droit dont nous sommes victimes ! Total soutien à Varg !....

Qui dans votre région soutenez-vous ?

Odium ! Leur black métal transpire la brutalité au croisement de Marduk et Dark Funeral, ce qui est atypique et courageux pour un groupe français. Dans leur dernier album « The Monolith of Hate », je pense qu’ils ont trouvé leur propre style en incorporant des techniques et ambiances malsaines qui deviendront, je suppose, la clé de voûte de leur style.

Svartcrown, pour leur sacrifice et leur infatigable courage à aller de l’avant !

Blessed in Sin, j’ai toujours apprécié la noirceur mélodique de leur black métal, leur longévité et la foi immuable en ce qu’ils font.

Charnier, d’une, ils sont un groupe de Death en France, mais surtout leur style est riche et original, cherchant des influences dans le black. Le chant percutant en la langue de Molière ne fait que rajouter un peu plus de courage et de fierté à cette formation.

Quelle est votre vision de la France d'aujourd'hui ? Et en 2017 ?

Soumise, submergée, décadente, sclérosée, mourante.

En 2017 : soumise, submergée, décadente, sclérosée et agonisante.

Trois adjectifs pour définir CRISTALYS !

Discipline Ferveur Camaraderie.

Qu'est-ce que ne fera jamais CRISTALYS ?

Exercer notre musique maudite sans conviction.

J'ai beaucoup de respect pour CRISTALYS et de plaisir à vous interviewer, vous serez toujours les bienvenus dans La Vois des Ombres ! Votre disque bute foncièrement... ! Les derniers mots - en Français – sont pour vous!

N’hésitez pas à découvrir Cristalys, à soutenir son ascension, à rejoindre ces mélopées tristes aux relents d’espérances et à défendre fièrement l’héritage de nos Terres !...Par ce signe nous vaincrons !

Guudrath, je te retourne le respect, mes salutations les plus fières !

 

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De nouvelles interviews...

... et reviews prochainement, en ligne :

_ Peste Noire (quand Famine aura le temps)

_ Bloodoffer

_ Hellbörn

_ Myrkvid

_ Mal-être

_ Metastazis

_ (Thesyre)

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03 septembre 2013

Live-report 17/08/2013 - METAL MEAN FESTIVAL - IXème !

méan logo

Exuviated,

Saille,

Year Of The Goat,

Degial,

Tribulation,

Decrepit Birth,

Destroyer666,

Anaal Nathrakh,

Marduk,

Dying Fetus,

The Ruins Of Beverast.

 

NB : j'avais décidé de ce live-report avant mon arrivée sur le site. J'ai payé mon entrée. L'interview réalisée a été décidée pendant le festival.

TOUTES les photos proviennent de la page officielle du festival sur Facebook : https://www.facebook.com/metalmean

 

C'était ma première venue au Metal Méan Festival, neuvième édition - dans ce petit coin de Belgique près de Namur, et je peux d'ors-et-déjà vous dire : je serais là en 2014 ! C'est certainement et de loin le meilleur des festivals auquel j'ai participé, même si je ne suis pas fan des grands rassemblements, sauf pour de grands concerts.

Ensuite, de l'avis d'autres potes et connaissances vues, revues là-bas, ce cru 2013 fut vraiment exceptionnel et quasi personne n'a eu quelque chose de négatif à en redire.

Il a fait beau, il a fait chaud, la bière a coulé à flots (et la Jäger aussi !), l'ambiance était bonne !

Un festival à ce moment-là de l'été est très bien vu. « L'organisation » et ses nombreux bénévoles sont vraiment sympas et ont tout fait pour que tout se passe bien. « Amateure » comme elle se définit, et « underground » c'est vrai, elle affiche néanmoins un grand professionnalisme. Comment ne pas être conquit ?

 

Alors le cadre tout d'abord pour ceux qui ne connaissent pas encore, ou qui veulent encore une fois, se remémorer ce bon festival... : tous les groupes jouent sous une grande tente ou chapiteau qui se trouve sur un pré jouxtant une grosse bâtisse (...de ferme ?). On paie devant cette dernière en bordure de route, on passe sur son côté, où l'on trouve l'entrée, qui donne sur le site. De l'autre côté du batiment se trouve le parking pour les groupes, etc. Sur le côté droit après l'entrée, les stands de bouffe et de bière ! Le site en son ensemble est en retrait du village de Méan, mais pas si éloigné que ça ! Sur le site même, se trouve encore les sanitaires, les stands de merch qui délimitent le reste du pré, et dans le fond, deux autres stands de restauration et celui de la Jägermeister ! Des tables et bancs sur une partie du pré. C'est cossu et petit en somme, mais à taille humaine, et en fait : parfait pour un tel fest. Encore une fois c'est très pratique, pragmatique. Pour se garer ? Le champ de blé coupé peu auparavant faisant office de parking se trouve en face de la bâtisse, de l'autre côté de la route donc... Pour le camping, il se situe à quelques centaines de mètres plus loin, au terrain de foot ! Voilà pour le tour du propriétaire ! Imaginez bien qu'il faut que tout soit prêt dans les temps pour le fest, et qu'il faut assurer tout cela ! Bref, passons... Enfin, il faut également relever un dernier point fondamental : la sonorisation magnifique avec une amplification monstrueuse. Un son parfait très bien relayé. Un régal pour les oreilles même si elles bourdonnaient encore pendant quelques jours. Les backlights aussi tirèrent leurs épingles du jeu. Peut-être a-t-il manqué un espace dédicace pour les groupes ?

 

...à l'affiche ! Il est temps de parler des groupes en eux-même. Comme on le lira ci-dessous, l'affiche est faite par le Chef ! Ses choix furent apparemment bien appréciés par la majorité des festivaliers (sinon ils ne seraient pas venus) et ils vont donc se confronter à mes propres goûts, nettement plus orientés Black que Death Metal ! Je vais donc parler ici des groupes, qu'on ne se méprenne pas !

_1_A 11h, EXUVIATED (Bel/Lux) a ouvert cette neuvième édition avec un Death Metal moderne fort bien exécuté. Bon, mettons de côté le fait qu'il est « moderne », et en avant qu'Exuviated, régional de l'étape, fait bien son travail et est présent pour faire bouger les metalheads. La prestation fut globalement appréciée, et j'en ai profité alors pour ouvrir les hostilités avec le bar (très bonne bière !).

méan saille(Saille)

_2_12h, les Gantois de SAILLE (Bel) monte sur scène et déjà, plus de gens se presse pour venir les voir. J'ai mis du temps à apprécier ce groupe à 6 membres + une violoniste à temps partiel. Mais là aussi, SAILLE s'exécute avec grande classe et petit à petit, distille les ambiances grandiloquentes et gothiques sur les bords de son Black Metal « symphonique »... SAILLE emplit ainsi tant les esprits, que les yeux et les oreilles surtout, l'espace sonore envahissant littéralement la tête. Fondé en 2008 et auteur de déjà 2 albums, la formation semble déterminée et savoir où aller. A suivre, car même si je ne suis pas fan de ce style de Black, ils sont pros et dégage quelque chose de singulier.

méan yotg

(Year of the Goat)

_3_13h, les bières s'enfilent et s'empilent, et apparaît alors la troupe de Heavy Metal/Rock « occulte », YEAR OF THE GOAT (PB), une formation sur laquelle beaucoup bandent, comme quelques unes dans ce style-là également (tel THE DEVIL'S BLOOD, GHOST B.C...). Là aussi, professionnalisme et ambiances règnent bien. « Classe » également et respect. Bien du monde sont venus les voir jouer d'ailleurs. Étrangement, j'ai beaucoup pensé à MANILLA ROAD et à MAIDEN à les écouter. Musicalement, ça s'écoute, mais...bon. Par contre, le chanteur/guitariste a une sacrée voix ! Époustouflant. Un beau et bon show d'artistes humbles. Rien que ça vaut la peine de les avoir vu.

méan degial 2

méan degial

(Degial)

_4_14h, inconnus pour moi auparavant, DEGIAL (Sue) m'a foutu une sacrée branlée et m'a même ébranler, mais je parlerais de cela dans mon prochain livre sur le Black Metal, car il s'est joué durant ce set quelque chose de très important. On m'a dit, « DEGIAL fait du Death à la Old MORBID ANGEL» (mais grimés comme des blackeux ??), je ne suis pas tout à fait d'accord, car je crois que DEGIAL et quelques-uns de ce style vont plus loin que tout dans leur musique. Bref. DEGIAL (qui ouvrait la semaine suivante en Suède pour WATAIN) m'a foutu une première claque, au premier rang. Même s'ils se trimbalaient dans le site comme des gus sortant d'une brèche temporelle donnant sur Woodstock, et qu'ils étaient gaulés comme des fillettes (pas le batteur), DEGIAL a vraiment balancé quelque chose de méchant, de sale, de morbide, et malsain à la face du public et ils étaient nombreux à venir les voir et écouter alors que le soleil tapait fort.

5_15h, les bières apportent la fraîcheur bienvenue dans cette lutte contre la chaleur solaire. Et TRIBULATION (Sue) avec son chanteur rasta monte alors sur scène, et là, rassembla littéralement les foules. De l'avis de tous : une révélation et qui a frappé fort. Bon, pour ma part je temporise, car ce groupe-là pour moi rejoue ce que j'écoutais tout jeune ado : les premiers PARADISE LOST, du Death qui mange un peu à tous les styles du genre. Parfois brutal et old school, ou mélodique, TRIBULATION fait plaisir à tout le monde. La preuve ! Mais pas ma tasse de bière, euh de thé.

_6_16h, DECREPIT BIRTH (US). C'est DECREPIT BIRTH. Je ne vais rien en dire. C'est pas du tout mon trip, surtout avec ce chanteur rasta (quoi, encore?). Et personne ne m'a parlé de ce set.

méan D666

(D666)

_7_ 17h ?, DESTROYER 666 (Aussie), qu'on ne présente plus. C'est LE premier groupe que je voulais voir absolument et je ne fus absolument pas déçu. Ce qu'il y a de dingue avec ce groupe, c'est que son metal extrême est musclé sans trop l'être, gras sans être trop crade, black mais bien thrash, avec des petits éléments musicaux qui tuent... c'est que du bonheur et du génie musical. Sur scène, ils avoinent sec et enchaînent les hits, terminant par Black City et passant par Unchain the Wolves, I am the Wargod... Ils reprennent également en hommage à Jeff H, Black Magic. La grande classe à la D666 !!! Ils auraient pu doubler le set que cela ne m'aurait pas gêné !

_8_18h ?, je suis de retour pour voir ANAAL NATHRAKH (UK), groupe que je suis depuis ses débuts et jamais vu sur scène depuis qu'il s'y est mit. J'étais assez impatient. Sûrement trop, car même si la sono était bonne tout au long de cette longue journée, elle et A.N. Se sont emmêlés les esgourdes je crois... Ce fut de la bouillie sonore. J'ai strictement reconnu aucun titre. Une seule mention : le chanteur est définitivement un putain de chanteur ! Quelle voix !!

 

méan marduk

 

(Marduk)

_9_19h ?, MARDUK (Sue) monte sur scène alors que le crépuscule se manifeste sur le haut des champs... De l'avis partagé par les compagnons de fest, c'est une bonne sans être excellente prestation des Suédois, que j'ai senti professionnelle certes, mais non habitée par le Grand Démon. Le groupe a fait son job, mais... le groupe était-il là ??? Je n'ai pas senti de cohésion ou de connexion, comme si chacun jouait de son côté (Morgan à gauche, Devo à droite n'ont pas bougé de leurs amplis et Mortuus, à peine... C'était très statique). Bien sûr, ils ont joué parfaitement des pistes, des hits de chaque époque du groupe, mais ils m'ont semblé être l'ombre d'eux-même. Ils se gâchent eux-même ! Je suis déçu.

 

méan dying f 2

 

(DYF)

_10_20h ?, c'est l'heure de bander dur d'après ce qu'on dit et là, plus que pour tout autre formation, tout le monde déserte qui le camping, qui le pré, qui les merchs, qui les chiottes et déboule bière à la main pour assister sous la tente, médusé, au « show » des « cultes » DYING FETUS (US). J'ai regardé, même si le Death Metal technique-brutal n'est pas mon truc, surtout quand il est exécuté par un trio où là aussi, chacun se plante devant son ampli (soit un gars à droite, un à gauche et rien devant, sauf le batteur...caché derrière sa batterie). Donc, niveau prestation scénique, c'est zéro ce groupe. On ne peut pas dire qu'on va voir DYING FETUS, car il n'y a rien à voir. Donc on y va pour écouter : et là, ben... C'est du Death Metal technico-brutal quoi. C'est-à-dire : ça joue humblement mais comme des fous car le trio ne vit qu'à travers ses instrus avec qui il baise sans lubrifiant. Intérêt musical ? Posez la question à mon cheval...

 

méan TROB

 

(TROB)

_11_23h ??? Voilà le groupe qu'il ne fallait pas louper, THE RUINS OF BEVERAST (All). Non seulement j'adore ce groupe totalement UNIQUE, l'un des meilleurs au monde (et qui venait d'annoncer sur le net son nouvel album), mais je me posais la question suivante : comment son unique artiste allait-il pouvoir rendre l'ambiance et la complexité des structures sur scène, alors qu'il est si peu rôdé à celle-ci ? Apparemment, les festivaliers n'ont pas voulu se poser cette question ou ne connaissaient pas ce groupe sans tilter qu'il n'avait pas été mis en haut de l'affiche par hasard... Trois guitares, une basse, un clavier et une batterie (au son sismique) ont donc participé à la cérémonie religieuse baignée dans des lumières spectrales et d'épaisses brumes artificielles... L'ambiance a donc été travaillée jusqu'au bout... et le résultat fut donc au rendez-vous pour les 200 acharnés qui sont restés jusqu'au bout de la nuit... Je ne sais pas combien de temps THE RUINS OF BEVERAST a joué, mais tard et sans compter c'est certain. Les longues et très longues pistes sont bien passées et le set fut littéralement envoûtant. Rain Upon the Umpure et Between Bronze Walls ont été interprété par exemple... A base de Black Metal ultra sinistre et de Doom, avec des tempos très variées, des vocaux très très morbides, des ambiances et des interludes pesant, la formation s'est indéniablement différenciée des précédentes en appuyant fortement le bouton des ambiances ;.. On accroche ou pas, en tous cas, il clôt magistralement le festival de Metal de Méan 2013, laissant un souvenir pour le coup impérissable et indétrônable, car comment reprendre par les mots de telles atmosphères, toutes ces palettes de sentiments extrêmes, cette tempêtes de sons et de tempos ? Magie noire totale. Merci infiniment au groupe et à l'organisation pour cet instant d'éternité !

Posté par oncleGUUDrath à 17:09 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

METAL MEAN FESTIVAL IXème éd. - UNDERGROUND Metal Fest as fuck !!!

Hello George ! Merci d'accepter cette interview pour La Voix des Ombres, c'est pas tous les jours que l'on lit des interviews d'organisateurs « amateurs » de Festival Metal !

C'était ma première venue au Metal Méan Fest et je dois te dire que je suis fort agréablement surpris : c'est festif sans trop l'être ; c'est à taille humaine ; ça dure une seule journée ; c'est pas loin de chez moi ; et l'affiche, généraliste, est bien sympa ! Quelles étaient les idées de départ avant la création de la première édition, sur le « concept » du festival metal de Méan ?

Je ne peux pas beaucoup te parler des deux premières années car j’ai véritablement rejoins l’organisation du festival lors de sa troisième édition mais en gros l’idée de départ vient d’un groupe d’habitants du village de Méan qui se sont lancés dans le pari de l’organisation d’un festival métal pour dynamiser un peu l’activité sociale de leur région. Ces deux premières années ont principalement permis à l’organisation de se roder à ce type d’événement, de faire le tri parmi les partenaires potentiels, de tester les erreurs à ne pas répéter, de s’entourer des bonnes personnes et de trouver la formule qui lui convenait le mieux. Le concept et l’orientation musicale se sont développés depuis la troisième édition et sont assez simples : proposer des groupes qui nous plaisent et dont l’approche nous correspond. Le Méan est un festival créé par des festivaliers pour les festivaliers. On garde à l’esprit que le but de l’organisation est d’offrir aux groupes les meilleures conditions possibles (accueil, catering, hôtel, backline, sono…) de sorte que leur prestation soit leur seule préoccupation. Parallèlement, nous essayons également d’offrir aux festivaliers les conditions les plus favorables possibles (chapiteau couvert, son, lumières…).

 

méan 2

Pour avoir créer ce festival, alors qu'il y en a tant d'autres ? Vous souhaitiez vous différencier, proposer du neuf ?

J’avais de plus en plus de mal à me retrouver dans les mega-structures que sont devenus les festivals typé ‘metal’. Des affiches éclectiques conçues pour attirer le plus grand nombre de visiteurs dont les motivations me restent incompréhensibles (le camping semble pour certains être l’endroit le plus intéressant d’un festival). Des festivals sur minimum 3 jours avec de multiples scènes, des groupes qui jouent en même temps, des hordes de mecs déguisés, des prix de boissons et de nourriture plus efficaces que n’importe quel régime… j’ai souvent le sentiment de ne pas être à ma place dans ce genre d’Eurodisney musical.

En fait ce n’est pas vraiment faire du neuf que l’on essaie de faire mais plutôt du vieux. Notre festival n’est rien d’autre finalement qu’une réplique des festivals des années 80. 1 jour, une scène, un prix qui ne te plombe pas le budget du reste du mois et des gens qui sont là pour la musique.

Peux-tu nous rappeler le running order de 2013, et nous dire s'il-te-plait de quel groupe toi, ou l'équipe, êtes le plus fier d'avoir vu sur cette scène ? Je vais t'avouer, mes priorités étaient DESTROYER 666 et surtout THE RUINS OF BEVERAST !!!

Le running order était : Exuviated, Saille, Year Of The Goat, Degial, Tribulation, Decrepit Birth, Destroyer666, Anaal Nathrakh, Marduk, Dying Fetus, The Ruins Of Beverast.

Les groupes que j’ai eu le plus de plaisir à voir sur notre affiche sont Degial, The Ruins Of Beverast et surtout Tribulation…mais notre plus grosse fierté est d’avoir proposé ces 11 groupes pour 25 € (parking et entrée compris).

Un festival, ce n'est pas un concert d'un soir ! C'est une toute autre organisation ! Combien de temps cela prend-il de tout organiser pour le jour dit ? Une année ?

Exact, on (les 8 membres de l’ASBL) commence directement la semaine qui suit le festival par un gros débriefing de ce qui a bien fonctionné (en général, c’est bref) et de ce qui peut être amélioré (là on n’a pas assez d’une soirée). Au niveau structurel, les choses sont un peu plus faciles avec le temps. La formule restant la même depuis la première édition, il y a maintenant toute une série d’éléments que nous pouvons anticiper et qui sont donc plus ou moins sous contrôle. Par contre, l’intendance, la chasse aux sponsors et l’équilibre financier sont des éléments qui nous prennent énormément de temps et d’énergie.

Quelles sont les équipes de bénévoles ? Qui fait quoi ?

La grande majorité des bénévoles sont des amis ou connaissances qui d’une manière ou d’une autre soutiennent notre projet et sans qui (même si ça fait un peu bateau de le dire) ce genre de festival n’aurait pas l’ombre d’une chance d’exister. Le fait de connaître personnellement toutes ces personnes facilitent énormément les choses, pas besoin d’être derrière eux pour contrôler le travail et beaucoup de problèmes sont solutionnés avant d’arriver jusqu’à nous. Chaque membre de l’ASBL se charge d’un poste bien précis (transport, backstage, stage…) et gèrent avec ses bénévoles le bon fonctionnement de son programme). En règle générale, plus c’est simple plus c’est efficace.

méan 1

 

Combien de bénévoles pour cette association ? J'ai entendu des bénévoles parlaient toutes les langues de Belgique !

On s’appuie sur une petite centaine de bénévoles qui viennent de Flandre, de Wallonie et même de France.

Qu'est-ce qui est le plus difficile dans la création et l'organisation d'un festival comme celui-ci ? Que redoute-on le plus en tant qu'organisateur ?

Le plus difficile est de trouver le juste équilibre entre le côté pragmatique et le côté un rien aventurier. Si tu es trop pragmatique, tu arrêtes avant même d’avoir commencé. Il faut être un peu givré pour prendre autant de risques pour finalement pas grand-chose…juste le plaisir un peu masochiste de ce dire ok c’est fini on y est arrivé le lendemain du festival. D’un autre côté si tu es un doux rêveur tu vas te planter dès la première édition et il te faudra de multiples années pour t’en remettre financièrement.

Ce que tout organisateur redoute en fait (hormis l’élément extérieur incontrôlable et imprévisible qui provoque une annulation pure et simple de ton festival) c’est l’indifférence du public. Une affluence médiocre composée de touristes qui suivent les concerts d’un œil indifférent dans un coin du bar est un truc que je n’ai pas trop envie de vivre.

L’annulation en dernière minute d’une tête d’affiche peut aussi être quelque chose d’ennuyant que je souhaite éviter.

méan affiche

 

Quel est le plus grand bonheur vécu avant, pendant et après le festival ?

Se dire pendant les quelques jours qui suivent le festival ‘on y est quand même arrivé’…donne un sentiment proche du bonheur.

Sinon, en tant que fans voir certains groupes sur ta scène te procure un sentiment assez agréable. Quand en 2007, Necrophobic a terminé son set avec the Nocturnal Silence et même si je ne suis pas particulièrement nostalgique …je me suis souvenu qu’une quinzaine d’années plus tôt, le premier album d’un groupe que je considérais comme l’équivalent de demi-dieux vivants tournait des soirées entières sur mon lecteur.

Quand un groupe de ta première partie d’affiche comme Tribulation cette année te lâche qu’ils ont vendu une heure après leur set la totalité du merchandising qu’ils avaient apporté…je mentirai en disant que ça me laisse indifférent.

Musicalement, je dois te dire que les prestations de Mayhem en 2010, Taake en 2009, Urgehal en 2011 et surtout Tribulation et The Ruins Of Beverast cette année sont des moments assez magiques que je ressors quand parfois les problèmes semblent vouloir éclipser toute motivation.

A ton avis, qu'est-ce que ne s'imaginent pas les gens qui viennent assister aux concerts, à propos de l'organisation ? Je dis ça car j'ai organisé des concerts !

Peut-être la somme de travail que ce genre d’organisation nécessite….ce qui n’est finalement pas plus mal. Quand je vais voir un film, je dois t’avouer que je me fous pas mal de savoir combien de mois le tournage à pris, ni les sommes faramineuses qui ont été mises en jeu. Je veux juste m’éclater et le fait de payer mon prix d’entrée m’y donne droit. Je trouve qu’il doit en être ainsi pour un festivalier. Il vient parce que les groupes sur scène le vont rêver. Il s’éclate et communie pendant le set et puis retourne chez lui en se demandant quel groupe il va aller voir le prochain week-end. Si les choses se passent ainsi pour les festivaliers du Méan, ça signifiera qu’on a atteint notre but.

méan TROB

 

Comment s'est monté l'affiche 2013 ? Qui décide ? Quand la liste s'arrête-t-elle ?

Ici je dois t’avouer que je suis un rien égoïste et que depuis sept ans je ne suis que mes goûts et envies. A l’exception d’un ou deux plus gros noms en tournée dont on sait qu’ils assureront une partie de la fréquentation du festival, je ne choisi que des groupes que je crève d’envie de voir chez nous sans me soucier le moins du monde de leur rentabilité. Quand tu vois à l’affiche un groupe comme Degial (encore trop peu connu à mon gout) qui vient en one shot (c'est-à-dire que ton festival prend en charge la totalité des frais d’avion, de transport, d’hôtel…) tu comprends que le côté financier n’est pas toujours notre point fort.

Pour répondre à la deuxième partie de ta question, je dirais que la liste s’arrête quand on a 10 noms ou avant si j’ai prématurément épuisé le budget artistique.

Il y a le site (le champ ; les batisses, le terrain de sport ; le matériel sono, etc) à assurer, les groupes à payer, etc... ET pourtant, votre tarif d'entrée n'est pas très élevé : comment faites-vous ?

Réponse facile : le festival n’a aucun but lucratif, personne dans l’orga n’est rétribué d’une manière ou d’une autre… tu t’imagines que ça fait une énorme différence avec la plupart des festivals sensés nourrir et faire vivre pas mal de personnes.

De plus, on chasse pendant 12 mois les sponsors (petits ou grands) on recherche tout type de deal nous permettant de dégager un peu de cash à consacrer aux groupes. Plus de 60 % de notre travail consiste à se demander comment dépenser moins ou comment faire rentrer plus d’argent dans les caisses (en ne touchant aux recettes de la billetterie et du catering qu’en dernier recours) pour avoir le budget le plus important possible à consacrer aux groupes et au confort des spectateurs.

C’est aussi pour cette raison que contrairement à la majorité des festivals nous ne sous-traitons pas le catering, tu croiseras souvent le boss du festival en train de cuire des saucisses ou de préparer des sandwiches. Gérer le catering en interne demande une organisation énorme, ça nous mange un temps dingue mais c’est le prix à payer pour rester maitre des prix pratiqués sur ton festival et pour nous c’est également une rentrée indispensable pour équilibrer le budget.

Préparez-vous déjà 2014 ou vous accordez-vous du temps pour souffler ?

On est déjà complètement immergé dans l’édition de 2014(qui sera celle du dixième anniversaire). Les sponsors sont déjà remerciés pour 2013 et parallèlement mis à contribution pour l’année prochaine.

As-tu le temps d'aller dans d'autres festivals ? Le Hellfest ou le Wacken par exemple ?

Pas vraiment (pour les raisons expliquées plus haut), je vais le plus souvent possible aux concerts qui m’intéressent mais je trouve souvent une bonne raison pour ne pas me déplacer dans la plupart des gros festivals.

Je reste un indécrottable partisan des arrière-salles de bistrots qui sentent la sueur et les décibels (si les décibels ont une odeur…j’ajouterai qu’avoir une épouse et un fils qui partagent la même passion est une grande chance)

 

méan 4

Il y avait des poubelles... et pourtant, à minuit, c'était l'enfer pour marcher, les metalheads en ont rien à foutre et jettent tout. J'ai trouvé ça irrespectueux !

D’accord avec toi, on essaie de faire un effort pour réduire le côté polluant d’un festival (gobelets réutilisables, navettes en bus gratuit de la gare la plus proche vers le site du festival, présence de nombreuses poubelles sur le site du festival…) mais en finalité ce sont les gens qui décident et manifestement cette année, le côté écologique ne les pas vraiment interpellés. En conséquence, le dimanche matin nous avons passé deux heures avec une dizaine de bénévoles à ramasser des déchets en tous genres.

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Question conne : combien de litres de bières bues cette année ?!

78 fûts à plus ou moins 180 verres par fût… le festivalier du Méan est un gros consommateur.

Qu'est-ce que ne fera jamais le Metal Méan Festival ?

Dangereux…il ne faut jamais dire jamais…mais bon on peut être certain qu’on ne fera jamais Metallica, qu’on n’est pas trop branché groupes folklorique/marrant…

Sinon, ce serait bien qu’on ne se prenne jamais au sérieux ou que jamais nous ne manquions de respect à un musicien quel que soit son degré de notoriété.

Peux-tu résumer en trois adjectifs l'état d'esprit du festival s'il-te-plait ?

Underground (par sa programmation)

Underground (dans son accessibilité)

Underground (dans l’esprit)

méan 5

 

La Voix des Ombres te remercie, les derniers mots sont à toi pour le Metal Méan Festival !

Finalement, je ne me suis jamais (avant cette interview) vraiment arrêté pour m’interroger sur ce qui peut me pousser à organiser ce genre de festival…je n’ai toujours pas la réponse si ce n’est que je sais maintenant que j’aurais deux ou trois histoires à raconter aux autres vieux baveurs quand je serai parqué dans un hospice de campagne.

Merci à toi d’être venu, d’avoir payé ton entrée pour venir chez nous (c’est suffisamment rare que pour être signalé…je ne te dis pas le nombre de pseudo amoureux de la scène qui ne comprennent pas qu’un festival ne vit pas avec une guestlist mais avec des rentrées financières) et puis merci pour l’interview.

https://www.facebook.com/metalmean

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25 août 2013

Pas de DEZHUMANIZER

Hailz !

Alors que j'offrais du soutien à ce jeune groupe, voilà tout ce que j'ai eu en retour :

_ un mail de "réponse" sans bonjour ni merci !!

_ avec les réponses en vrac, même pas sur le doc de départ : aucun effort fourni, donc je dois tout me retaper niveau mise en page !!

_ et le correcteur orthographique, en plus de l'apprentissage du français, ont été oubliés !

Que cela leur serve de leçon, je ne suis pas leur chien ! et que cela serve de leçon aux suivants !!

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15 août 2013

Clark Ashton Smith, Lovecraft, P. K. Dick et tant d'autres...

Je n'ai jamais parlé où que ce soit sauf dans d'autres vies de ma formation artistique, ni de mon goût pour la peinture - seul medium appris seul.

Voici ici quelques portraits réalisés à l'acrylique d'écrivains d'autres siècles, dont je vais réaliser une vraie série, pour expo.

J'ai des commandes régulièrement de gens ordinaires !

Aussi si vous voulez vous faire plaisir (et à moi aussi car j'adore peindre !) contactez-moi pour discuter des tarifs et de vos desiderata... (je travaille d'après photo par souci de temps).

 

lovecraft

 

philip k dick

 

P1210091

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13 août 2013

PARÄMNESIA - Illumination (k7 - IKR)

Parämnesia-Illumination_front_cover

 

 

Religieux, ésotérique, intime, doux, fascinant, douloureux, brumeux, loin mais proche du Black Metal, et de plein d'autres genres musicaux, il serait bien délicat et extrême de coller une quelconque étiquette à ce sublime premier album, Illuminations de PARÄMNESIA. Ce duo est composé d'un Français et d'un Suisse-pieuvre (voire BAALSHAMIN, MALVOISIE, MAL-ETRE...)...

Cette Illumination n'est pas un flash solaire et irradiant, mais un rêve froid et glacé, comme un brouillard baignant la forêt. Elle est aussi ce voyage effroyable qui mène en Enfer, mêlant pour cela parties Metal atmosphérique et parties Ambient horrifique digne d'une BO. On se croirait plongé dans un film d'horreur des années 80, ou encore dans Silent Hill et à titre personnel, cette Illumination (qui ne sont pas celles d'UGULISHI), me fait penser au premier disque d'ABSONUS NOCTIS ou au second de VELES, pour ce qui est des ambiances et autres effets spectraux – même si l'on en est très loin en ce qui concerne le Black Metal : un genre par ailleurs avec lequel PARÄMNESIA a musicalement trop peu d'affinités. En effet, il n'y a ici que très peu d'abrasif, jamais de violence ni d'agression. ELYSIAN BLAZE aurait aussi son influence ici.

La première piste, l'intro Into Nothingness, mélange des sons métalliques (« cyberpunk »?) sur un rythme un peu barbare (pensez à ceux de Terminator par exemple) sur lesquels se rajoutent des hurlements humains infernaux absolument délicieux et effroyables : c'est tout bonnement jouissif, et ce n'est là que ce que l'on entend le plus facilement. Puis vient la grasse piste (avec ses basses crades et lubriques) Katabasis, où cela roxe, baignant dans un jus underground basique rappelant assez régulièrement un VON plus lent, voire BEHERIT. Des grognements purement bestiaux et démoniaques, inhumains, annoncent la couleur et joutent avec des déclamations en clair soutenus par des claviers glaciaux et discrets – un monument de noirceur. Quel plaisir sadomasochiste et morbide ! Des notes d'orgue réverbérées viennent donner un côté religieux à l'ensemble incantatoire, et l'on assiste ici à une belle messe noire absolument délicieuse, surtout quand les doubles voix Black Metal déchirent l'espace sonore pour quelques vers... mais quelle putain de piste mes aïeux !!!

Katabasis et finalement tout PARÄMNESIA pourra ainsi faire penser aux maîtres – Norvégiens – en la matière, les incompris mais fabuleux SLAGMAUR. Le reste de l'opus – que je vous laisse découvrir par vous même en contactant Infernal Kommando Records – est bien entendu tout aussi excellent, et c'est un vrai bijou que nous offre là PARÄMNESIA. C'est vraiment du Grand Art Noir comme l'on en entend trop rarement ! D'aussi bonne qualité je ne pouvais que soutenir !

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PARÄMNESIA - Insidieux, paradoxal, spirituel

NB : interview réalisée il y a 9 mois au moins.

logo_top1 paramnesia

Hailz ! Bienvenue dans La Voix des Ombres ! Il y a un titre sur l'album de LURKER OF CHALICE (projet de Wrest/LEVIATHAN/Usa) qui s'appelle Paramnesia : il vous a inspiré ? Wrest vous inspire-t-il ?

Pyrcheas : Hey ! Le titre « Paramnesia » de LURKER OF CHALICE nous a effectivement inspirés pour le nom de notre projet. D’ailleurs je considère cet album comme un chef d’œuvre en matière d’ambiances. Parämnesia nous a paru comme une évidence.

Wrest est un musicien que je respecte. La scène US a toujours retenu mon attention. Elle a su se distinguer en reprenant des bases classiques tout en gardant des perspectives musicales plus ouvertes que jamais. Je pense à KRIEG, à NACHTMYSTIUM, à WEAKLING, à VROLOK…

NocturnalPriest : Salut Guudrath ! C’est Pyrcheas qui avait proposé le nom du projet, et je partage totalement son admiration pour le travail de Wrest. Ce mec est impliqué dans une multitude de bons trucs en matière de black, que ce soit l’énormité de la discographie de LEVIATHAN, le fabuleux groupe TWILIGHT qui rassemble du beau monde, son jeu de basse pour KRIEG, son jeu de batterie pour VON GOAT, bref, respect quoi !

Nous savions qu’avec le matos à disposition en août 2008 lors de notre première session, on taperait forcément dans de l’atmo bien poisseux aux ambiances flirtant avec la dark ambient, concept qui correspond effectivement à un petit hommage à LURKER OF CHALICE, qui est un disque qui nous a profondément marqués lors de sa sortie.

La Paramnésie, c'est le sentiment de « déjà-vu », de la « reviviscence » ou « réminiscence » : c'est quelque chose que vous vivez épisodiquement ? Croyez-vous en la réincarnation, auquel ce phénomène peut être relié ?

P : Le déjà-vu, tout le monde le vit. D’ailleurs notre simple existence en tant qu’enveloppe charnelle ne se limite peut-être qu’à cela. Concernant la réincarnation, il m’est difficile de te dire que j’y crois car je ne maîtrise pas le sujet. Je garde l’esprit ouvert et je trouve l’idée de base intéressante. Alors pourquoi pas ? En tous les cas, au quotidien, j’aime à penser que certains de mes chats ont eu une autre vie durant laquelle leurs actions les ont mené à cette vie ultime de félin, qui plus est sous mon toit. C’est une paisible retraite que nous ne connaîtrons peut-être jamais !

NP : Je pourrai me prononcer sur la réincarnation quand je serai mort dans cette vie. Donc je n’exclus pas cette éventualité. J’ai déjà éprouvé des sentiments de déjà-vu, des sensations étranges que les mots ne peuvent pas décrire. La seule certitude actuelle, c’est que je n’en sais rien, mais je suis du genre ouvert d’esprit !

Pourquoi ce titre d'Illumination pour ce premier album (ou démo?) de PARÄMNESIA ?

P : Très honnêtement c’est venu comme ça, sans réflexion particulière. Au final nous trouvions qu’Illumination correspondait bien à ce rapport inversé que nous voulions traduire par l’atmosphère générale de la démo.

« Obscurité, tu seras dorénavant pour moi la lumière.  »

Avez-vous déjà eu des retours concernant Illumination ? Qu'en pense-t-on, chez vous et à l'étranger ?

P : Dans l’ensemble nous avons eu peu de retour sur Illumination, ce qui est compréhensible vu l’importante quantité d’albums qui sortent de nos jours dans ce style. De plus, le format cassette limite davantage l’exposition mais ça ne me dérange pas. Cependant les avis que nous avons eus furent très bons. A l’étranger, plus particulièrement aux USA où quelques personnes n’ont pas hésité à nous partager leurs impressions.

Ou bien PARÄMNESIA est-il un « déjà-entendu » ? Est-il un hommage ?

P : Nous n’avons rien inventé et ce serait présomptueux de dire que Parämnesia n’est pas un déjà-entendu. Il est clair que nous avons pensé à quelques groupes comme BEHERIT, BLASPHEMY et DARKTHRONE durant nos sessions d’enregistrement. On peut y voir une forme d’hommage. Personnellement je dirais plutôt « clin d’œil ». Le but premier était de nous faire plaisir puis de tisser si possible une ambiance assez sombre.

NP : Je ne pense pas qu’en jouant le genre de riffs que tu peux entendre sur Illumination, on puisse vraiment parler d’hommage car c’est vraiment très basique et quiconque joue ces riffs plagie tous les groupes de l’histoire du black/doom métal simultanément ! Je parlerais davantage de l’inspiration de BEHERIT avec une envie de personnaliser tout de même le concept. Comme dans d’autres de mes projets et surtout à cette époque maintenant assez lointaine, il fallait faire avec les moyens du bord et travailler davantage sur les ambiances au détriment de la puissance. Ce qui m’amène à penser que bien que nous n’ayons évidemment rien inventé, nous avons tout de même un son bien à nous sur cette démo. Je doute que qui que ce soit d’autre ait utilisé certains trucs archaïques qu’on a utilisés pour cet enregistrement, c’est aussi ça qui en fait la magie !

Qui est PARÄMNESIA ? Quels sont ses buts et motivations ?

P : Nous sommes deux derrière Parämnesia : Nocturnalpriest et moi-même. Nous souhaitions avant tout nous faire plaisir avec cette démo. Le reste appartient à l’auditeur.

NP : On est deux bons potes et on s’est avant tout bien éclaté en enregistrant cette démo. C’était la première fois qu’on se voyait en chair et en os et on s’est mis directement au boulot quand il a débarqué dans mon appart en Suisse, ça nous démangeait d’enfin enregistrer notre premier morceau (« Et Praesta Ut Sacrificium »).

 

Parämnesia (2)

 

Comment vous définiriez PARÄMNESIA ? C'est une sorte de cauchemar sonore, bruitiste, noise, (dark ambient/wave?) avec comme base le Black Metal (je dirais qu'il n'en est pas question ici) ? On erre dans cette Illumination dans un univers spectrale, horrifique, éthéré, démente... Qui vous inspire en la matière ? De quel genre musical (et quelles œuvres?) PARÄMNESIA est-il le plus proche ?

NP : PARÄMNESIA touche à pas mal de genres simultanément : Black, Doom/Death et Dark Ambient principalement. J’aurais de la peine à rapprocher l’ensemble de l’album à une autre œuvre, mais par chansons c’est plus simple : « Katabasis » me fait clairement penser à BEHERIT, « Et Praesta Ut Sacrificium » peut évoquer vaguement des groupes de doom/black comme ELYSIAN BLAZE, « The Seventh Horned Blasphemy » m’évoque du BM oldschool à la HELLHAMMER ou DARKTHRONE. Le tout enrobé dans des ambiances macabres et occultes que nous avons à mon sens bien travaillées, c’était obligatoire de miser sur cette ambiance cauchemardesque que tu évoques pour pallier le manque de puissance de la batterie.

P : Pour ma part, des projets Dark Ambient tels DESIDERII MARGINIS, IN SLAUGHTER NATIVES, TRIST (« hin-fort »), NEW RISEN THRONE, KAMMARHEIT, KARJALAN SISSIT, NORTHAUNT, plus noise comme HAUS ARAFNA ou black metal comme ceux cités précédemment peuvent m’avoir inspiré un moment ou un autre. Au-delà de ça, j’écoute beaucoup de choses et pour parler de groupes en particulier j’évoquerais des sorties 2012 comme « Railler l’Hymen des Siècles » de SACRIFICIA MORTUORUM ou « Endessiah » de TREHA SEKTORI qui sont fabuleux et le prochain PRYAPISME « Hyperblast Super Collider ». Ce groupe est injustement méconnu alors que le talent des gars n’est plus à prouver. Pauvre époque. 

La basse résonne fortement (un vrai régal) et l'on entend de « l'orgue »  : excellent ! Et des vocaux carrément bestiaux (vive BEHERIT et VON !) pour accompagner l'Horreur en marche... Les pistes Black Metal sont donc bestiales, rituelles, d'une spiritualité malsaine...Tout cela vous parle-t-il ?

NP : Oui forcément que ça nous parle héhé ! L’orgue est joué sur un vieux synthé du début des années 90 que j’affectionne particulièrement. On recherchait vraiment cet effet bestial niveau vocaux, content que ça t’ait fait l’effet escompté ! Mes voisins ont apprécié.

Que souhaitez-vous faire vivre aux auditeurs ? Qu'est-ce qui vous tourmente quotidiennement, dans l'esprit ou les tripes, pour que vous en soyez parvenu à composer une telle œuvre ?

P : Personnellement rien ne me tourmente plus que cela au quotidien. Il n’y a pas réellement de lien entre l’œuvre comme tu l’appelles et ma vision de l’ère que nous vivons. Je peux comprendre ceux qui conçoivent la musique comme une thérapie ou un exutoire mais en ce qui me concerne il n’en est rien. Je fais la part des choses. Le socle en matière « d’expérience » pour l’auditeur devait se matérialiser par une sorte de descente, lente, progressive et toujours un peu plus sombre avec des pointes de lumière ici et là. Tu te réveilles au milieu de nulle part en comprenant rapidement que l’environnement est hostile. La suite n’est qu’une plongée.

NP : Contrairement à Pyrcheas, je suis de nature assez tourmentée et j’ai toujours eu besoin d’exutoires, que ce soit la musique, le sport, ou d’autres choses moins positives. Je souhaite que l’auditeur ressente les vibrations que je lui envoie et idéalement que cela lui permette de décharger ses ondes négatives, autant que moi quand j’ai hurlé dans le micro ! Je pense que malgré tout, ce sont nos âmes figées à un moment précis de nos vies qui sont là sur ces enregistrements et c’est une satisfaction personnelle de les écouter en pouvant revivre ces bons moments d’amitié, presque hors du temps, en tout cas dans une bulle loin des soucis quotidiens !

Si tu veux connaître les causes de la tourmente, je te renvoie à te demander pourquoi le black metal existe à ce moment de l’histoire de l’humanité, au début du déclin définitif de l’ère pétrolière. Si tu veux parler de mes problèmes perso, on est encore là demain, on va perdre des lecteurs au vol – rires -

Comment s'est donc fabriquée cette Illumination ? Qui a apporté quoi ? Comment travaillez-vous ?

P : Illumination a vu le jour en plusieurs parties. La première a permis de faire 75% de l’EP soit l’ossature de base. Le reste n’était que réglages et peaufinages de certains passages. La collaboration avec NocturnalPriest a été très simple car nous étions d’accord sur quasiment toute la ligne. Pas besoin de s’expliquer longuement ou de débattre pour imposer ses idées. La naissance d’un couple en quelque sorte. Jamais je n’aurais cru être gay dans le fond.

NP s’est chargé de la batterie, des claviers, des vocaux « black », des choeurs et d’une bonne partie des guitares. Je me suis chargé de quelques guitares ainsi que des vocaux « death ».

L'enregistrement s'est-il réalisé en même temps que la composition ? Comment s'est-il déroulé ?

P : L’enregistrement s’est effectivement réalisé en même temps que la « composition ». Le processus a été instinctif et il ne nous a pas fallu beaucoup de temps pour entrevoir une ligne directrice. A l’époque nous ne disposions pas d’un matériel très avancé techniquement parlant. Nous avons fait avec les moyens du bord. Je suis allé en Suisse durant une semaine et nous avons quasiment tout enregistré dans l’appartement de NP. Ce fût une bonne tranche de rigolade, pas mal de bières (il faut bien entretenir les clichés) et un bon vin blanc quand nous sentions l’inspiration venir. Au moins nous aurons fait notre premier live sur quelques jours, le tout gratos pour les voisins que nous remercions encore pour leur accueil. Putain de public privilégié…

NP : Ouais comme d’habitude avec mes projets, c’est très spontané. Le courant passait tellement bien entre nous que tout s’est enchaîné sans accroche. Après la session de 2008 en Suisse, on a fait « Katabasis » et « Cold » grâce à internet, puis je me suis rendu à Paris en octobre 2010 pour réenregistrer quelques vocaux qui ne convenaient pas et finaliser le mixage/mastering. La lenteur du processus vient surtout de la difficulté à se voir vu que nous sommes les deux en couple avec des obligations professionnelles et pas dans le même pays !

Quelle est la piste la plus forte de cet album ? Pourquoi ?

P : « Katabasis » car la formule de départ est simpliste mais l’évolution au sein même du titre me plaît. Tout s’explique avec l’idée de catabase. C’était évident musicalement mais je remercie ma compagne pour sa vivacité d’esprit quant à la connexion entre le titre et le morceau en lui-même. Par ailleurs je retiens également « The Seventh Horned Blasphemy » pour son côté tournoyant sur la dernière partie qui expose clairement le côté BEHERIT dans les riffs de guitares.

NP : Je n’ai pas de titre préféré car ils sont tous bien différents et m’évoquent des moments assez précis. Beaucoup de fous rires sur la dernière piste ambient mais c’est la moins intéressante à mon avis, elle va bien pour s’endormir après « Cold ».

Vous reprenez Cold de CURE ! Je ne suis vraiment pas friand de ce groupe. Pourquoi ce choix ? Quel lien musical avec PARÄMNESIA ? Pourquoi pas BEHERIT ?

P : J’apprécie grandement les CURE jusqu’à « Pornography ». Cet album tient une place importante pour moi et il m’accompagnera pour un bon moment encore. Pour autant je ne suis pas fan de reprise mais « Cold » est un morceau que nous affectionnons et que nous voulions reprendre pour cet EP. Je trouve qu’il colle bien avec notre univers. Le lien s’est fait naturellement avec cet aspect rampant que nous avons apporté à la rythmique contrairement à l’original qui est assez catchy.

BEHERIT ? Non. Il y avait assez de clin d’œil sur les autres titres et une reprise aurait été malvenue. De toute façon nous avons assez pensé à notre ami finlandais durant cette Illumination.

NP : La trilogie coldwave de THE CURE fait partie des plus belles choses que la musique peut t’offrir ! Mais comme pour tous les groupes qui ont eu une phase commerciale après des débuts fantastiques (GENESIS, QUEEN, LED ZEPPELIN…), l’inconscient collectif semble ne retenir que la merde. Au regard du pourcentage d’abrutis sur terre, ce n’est guère surprenant.

Qu'est-ce que ne fera jamais PARÄMNESIA ? Pourquoi ?

P : Nous n’avons pas réellement de limite musicalement parlant. Nous écoutons beaucoup d’artistes et de groupes qui n’ont aucun point commun. J’apprécie autant un album de THE RUINS OF BEVERAST que de PJ HARVEY ou de ROME. En toute franchise, il est clair que si demain nous décidions de faire de la dark-folk ce serait par le biais d’un autre projet, histoire de conserver une cohérence avec ce que nous avons déjà réalisé pour Parämnesia.

NP : Nous n’aurons plus jamais le même son, à moins que je devienne SDF – rires -

Quel est l'avenir du groupe, que va-t-on découvrir de votre part dans les mois qui viennent ?

P : Depuis quelques mois nous sommes en standby pour de multiples raisons qui ne sont pas liées à Parämnesia. Cependant, nous avons 3 titres en écoute libre sur notre bandcamp qui ne verront peut-être jamais le jour officiellement. Le son n’a cessé d’évoluer depuis Illumination ce qui est bien normal puisque nous sommes partis de presque rien. Deux de ces morceaux seraient parfaits pour un split avec d’autres groupes mais nous n’avons eu aucune proposition.

Par ailleurs, nous avons déjà réfléchi à la conception d’un album avec une base textuelle solide et des thématiques assez précises autour du doppelgänger, de l’onirisme etc. Ce serait une autre façon de travailler et l’expérience pourrait être intéressante. Tu peux donc t’attendre à une évolution notable sur certains points comme la production mais l’ambiance générale reprendra là où nous nous sommes arrêtés avec Illumination.

NP : Vu la configuration de nos vies en ce moment, les prochains mois s’annoncent très calmes 

Quel est l'avenir d'Illumination ? Sera-t-il repris sur un autre format par un autre label ?

P : Il n’y a pour le moment pas d’avenir pour Illumination. Un label américain a manifesté son intérêt fin 2011 pour une éventuelle sortie en cassette pro sur le sol US. En ce qui concerne un autre format nous n’avons rien eu de concret depuis la sortie chez Infernal Kommando. En même temps je comprends la frilosité ou le refus des labels. Il y a beaucoup de sorties dans ce genre et les ventes ne sont pas au top même pour des groupes connus. Personnellement je ne joue pas ma vie là-dessus et il est hors de question que je paye un label afin d’être signé. Je préfère ne pas me prendre la tête à ce sujet. Si un label est intéressé pour sortir Illumination en CD, j’accepterai en fonction des conditions proposées mais de toute façon nous avons déjà loupé notre chance pour une sortie CD alors que l’EP n’était pas achevé. C’est notre faute, JB du label a été clean avec nous sur ce coup.

NP : No future man. Sérieusement, on aurait préféré une sortie cd, même CDR, et on reste ouverts à toute proposition. On va pas aller se prostituer pour autant.

Comment se procure-t-on l'Illumination ? Comment prend-on contact avec PARÄMNESIA ?

P : Illumination est sorti en tape limitée à 250 exemplaires chez Infernal Kommando, un label underground français. Pour nous insulter, nous lécher le fion ou tout simplement pour nous proposer des services en tous genres, un seul réflexe : Better Call Saul ! (http://www.bettercallsaul.com/) ou project.paramnesia@gmail.com

De 1 à 10, 10 étant le noir total, où situez-vous cette Illumination de PARÄMNESIA ? Que faut-il retenir de cet opus ?

NP : Je pense que c’est un album à écouter dans un certain état, plutôt la nuit. Dans ces conditions, l’ambiance peut vraiment bien passer et donner un 7.5/10, tout comme l’écouter à la plage en milieu d’après-midi aboutirait probablement à un 3/10 !

P : Impossible à dire… 6 ou 7 pas plus. En tant qu’auditeur je ne trouve pas Illumination très sombre. De toute façon je suis mal placé pour parler d’un ressenti précis à ce sujet. Tout est question d’affinité, de sensibilité, d’habitude. Ce qu’il faut retenir de cet opus ? L’atmosphère générale qui en émane.

En trois adjectifs, comment se résume la personnalité de PARÄMNESIA ?

Insidieuse, paradoxale, spirituelle.

J'adore ce disque, la chronique sera excellente ! Les derniers mots sont pour PARÄMNESIA !

Merci pour ton travail et ton intérêt pour l’underground !

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03 août 2013

BAALSHAMIN - Fuck the New World Order

Baalshamin-Fuck_the_NWO (version inernet) (2)

 

Death to All, Fuckin' Motherfuckers !! Une attitude punk and Fuck Off And Die ! chers enculés, c'est certain, et il ne pouvait en être autrement venant de cet allumé de NocturnalPriest, homme saccagé de l'intérieur, chamane à la vision claire malgré tout, « one-man-band » sachant tout ou faire ou presque, aux multiples sensibilités, et visions cauchemardesques, de son enfer personnel... BAALSHAMIN est l'un de ses avatars et l'on ne peut que l'en remercier, l'en louanger, même si ce « Fuck the NWO » est hétéroclite, ne révolutionne pas trop – mais expose parfaitement sa griffe si singulière et jouissive – et dans son style, BAALSHAMIN vaut assurément le détour, plutôt deux fois qu'une.

NocturnalPriest et moi nous entendons à la fois tant sur la musique que sur les propos tenus, et je ne crois pas que je doives véritablement, comme lui le fait si bien, vous entretenir sur le New World Order – il faut être sacrément illuminé pour ne pas voir l'évidence de l'omniprésence dans vos vies de celui-ci !! NocturnalPriest a le mérite, que tout le monde n'a pas en ses temps très politiquement corrects (voire encore KPN ou Sektemtum, qui osent), d'oser donc, de foncer tête baissée, de bousculer et d'y aller « comme un bourrin » presque, sur le plan des textes comme de la musique. Il faut l'écouter et le vivre pour saisir cela. De toute façon, si cela n'avait pas été le cas, IKR n'aurait pas signé BAALSHAMIN.

Fuck The N.W.O est sorti en 2012 chez mon sympathique voisin d'Infernal Kommando Records et j'ai été emballé de suite, parce que NocturnalPriest a un univers déjanté et bien propre à lui, il y croit à mort, c'est un fanatique : on trouvera donc tant sur ce petit opus, des pistes « Je-te-nique-ta-putain-de-mère-sale-enculé-de-haut-fonctionnaire » (comme le titre éponyme, FOAD, DSK...) que des tracks ténébreuses et spectrales, telle la suivante, absolument ensorcelante et crade en même temps (Ancient Battlefield, puis Sharpen Your Weapon, Maudites soient les Lumières...).

Les compos sont bien montées, bien ficelées, et assurément entraînantes, on a la patate avec celles qui « roxent » et la déprime par ailleurs, car Le Prêtre nous donne à voir une vision crue de la réaliste, se servant admirablement bien de ses instruments, et d'une production suffisamment underground pour que l'on n'entre pas dans autre chose que son univers personnel – car il ne s'adresse pas, et tant mieux, à une autre population que celle de l'UG. Nous voilà donc face à quelqu'un qui a une idée bien précise tant du monde, que de la musique qu'il suppure, et qui mêle ici sans gêne, heureusement, les styles pour nous faire saisir tant la décadence ultime de notre époque que l'envie de la réduire en cendres... Bref, BAALSHAMIN devait sortir de l'ombre et je suis fier de l'aider quelque peu à faire entendre sa voix double.

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BAALSHAMIN - Old School, agressif et nostalgique

Interview initialement destinée au n°1 papier de La Voix des Ombres, réalisée alors que ma vie basculait brusquement !

baalshamin logo (2)

Hailz ! Tout d'abord, je dois te dire que j'apprécie grandement ce premier album de BAALSHAMIN, Fuck the New World Order, non seulement pour la musique que j'y trouve mais pour ses thèmes !! Bon, ceci dit, qu'est-ce que BAALSHAMIN ? D'où vient ce nom et pourquoi ce choix ? Que représente-t-il pour toi ?

Hails Guudrath !

Je suis content que cet album t’ait plu !

Le nom BAALSHAMIN a été choisi un peu à l’arrache lors de la naissance du projet en 2007. L’année 2007 a vu naître tout d’abord MALVOISIE, projet dont le but était principalement de faire la musique la plus horrible de l’histoire en se défoulant et en se foutant un peu de la « trve kvlt attitude ». En enregistrant les premiers morceaux de MALVOISIE, j’ai pris conscience du fait que c’est « facile » de faire du black métal avec pas grand chose comme matos.

J’ai donc créé mon projet solo MAL ETRE afin de ne pas dépendre de qui que ce soit pour accoucher de mes délires musicaux. J’ai créé BAALSHAMIN peu après, d’entente avec un guitariste breton, désireux de faire un projet BM bien raw. Nous avons collaboré ensemble pour la première démo qui n’a jamais vu le jour officiellement, puis le projet s’est rendormi jusqu’à ce premier album sur lequel j’ai tout fait en solo de A à Z, mixage et mastering compris.

Le concept initial du projet était d’aborder le black sous un angle païen (ce qui ne veut pas forcément dire « ajout de claviers ridicules »), davantage enragé que ce que je faisais avec MAL ETRE qui a toujours été versé dans l’atmosphérique à quelques exceptions près.

BAALSHAMIN est le dieu des cieux phénicien, une déité qui conserve son aura mystérieuse aujourd’hui. C’était le chef des déités et il combattait contre le dieu de la mort pour apporter fertilité à la terre. Cela peut paraître étonnant de glorifier le soleil dans un tel projet, mais c’est en y réfléchissant bien en totale adéquation avec la contestation du NWO qui sponsorise la destruction de la nature au profit de ses ressources diverses.

Sitôt passée l'intro où l'on entend Georges Bush père, proclamer au sujet du NWO *, démarre la title-track qui se caractérise par une structure et un esprit Black/Punk. Tout comme toi, je suis contre cette idée et ces oligarchies du NWO : qu'as-tu donc contre cette vision du monde qui nous est imposée (à rapprocher de l'Atlantisme) ? Crains-tu le NWO ? Et l'aspect Punk était-il tout destiné pour contrer le NWO eheh ?

Oui cette intro est déjà là pour faire comprendre à l’auditeur que je n’invente rien et qu’un certain hasard a voulu que ce discours infâme ait été prononcé un 11 septembre. Je voulais que ça ne laisse aucun doute sur l’officialisation du terme New World Order par ses serviteurs, ni sur l’implication évidente des nations unies dans le coup.

Ce que j’ai contre cette vision du monde ?

Cette manière de tout vouloir contrôler. Breveter les fruits et légumes, spéculer sur le prix du blé, vacciner de force les populations contre une pandémie sortie du laboratoire de ceux qui fournissent l’antidote, simuler des révolutions et libérer des minorités ethniques pour mieux les assujettir, bref, je pense que tu m’as compris et que le sujet est bien trop vaste et épineux pour s’y attaquer en profondeur !

Si je crains le NWO ?

Forcément qu’il faut se méfier de tout aujourd’hui. Les collabos ne sont généralement même pas conscients de qui ils soutiennent exactement en faisant tourner ce système. Les « 30 Glorieuses » sont bien loin derrière et la misère intellectuelle, la désinformation et le chaos s’accélèrent depuis le début des années 2000. Plus le monde est « politiquement correct » en surface, plus tout est dégueulasse et injuste, industrialisé sans égard aux humains, la nature bafouée, les gens manipulés et utilisés pour le profit de quelques gros bonnets. Le Dieu argent et sa doctrine matérialiste semblent avoir contaminé beaucoup d’esprits.

Je ne crains rien car j’ai l’intime conviction que « tout se paye un jour » et je n’ai rien à me reprocher. Je me défoule par la musique et le sport, je suis une personne totalement pacifique dans la mesure où on ne me pousse pas à la légitime défense. On récolte ce qu’on sème à tous les niveaux dans la vie. Ce que je trouve inquiétant c’est que les dirigeants des opérations n’hésitent pas à tout détruire sur leur passage, on est déjà allés trop loin pour revenir en arrière, le chaos s’installe de manière toujours plus irréversible en ce moment même.

Pour revenir à la musique, l’aspect punk était pour moi un moyen de composer très rapidement, j’avais besoin d’insulter du monde, il fallait que ça sorte. J’aime aussi beaucoup le punk/thrash et certains groupes comme TOXIC HOLOCAUST qui le font revivre à merveille, c’est un genre approprié à la contestation sociale. Ne pas sonner trop propre, entendre le son des instruments comme dans un vieux local de répète, mais avec la puissance nécessaire, voici l’objectif que je m’étais fixé.

Que peut-on contre le Nouvel Ordre Mondial ? Ne nous a-t-il pas déjà avalé tout cru (je me sens impuissant face à sa maîtrise totale...) ? Quels sont les signes manifestes de son emprise ? Le monstre n'est-il déjà pas trop gros pour être renversé ?

Que peut ont faire ? Pas grand chose. Les peuples devraient tous s’unir et arrêter de cautionner ce système, mais cela fait trop de générations qu’on les endort avec diverses techniques de manipulation de masse.

Alors il faut essayer d’agir à sa propre échelle, ne pas espérer sauver le monde mais penser à sa survie. Se reposer un max, manger sainement, essayer de trouver un job humain, faire du sport. On se rend bien rapidement compte que pour faire ces simples choses dont je parle, c’est difficile aujourd’hui.

Si tout le monde doit y passer, soit, cela ne sert en tout cas à rien de se détruire par des pensées négatives, il faut plutôt essayer de développer un réseau de connaissances permettant de s’extraire de la matrice et réapprendre à vivre en autarcie.

Que dénonces-tu dans tes textes ?

Presse gratuite, réseaux sociaux qui désociabilisent, sexualité vulgarisée omniprésente, médias sous contrôle, logique de l’endettement par les banques corrompues liée à la création d’une monnaie fictive et numérique, mise en place du biométrique en parallèle à des caméras de surveillance dans les rues et la base de données faciale « facebook », émergence du mouvement transhumaniste, technologie HAARP/EISCAT probablement associée aux chemtrails, la liste pourrait être très longue. Tout ça sent bon la prison géante pour heureux mouton télévisé, à qui on donne sa dose de cul ou d’ultraviolence quand il voudrait se révolter… C’est intriguant comme tout cela ressemble de plus en plus à « brave new world » d’Aldous Huxley. Tout est fait pour maintenir l’ignorant dans son bain d’inconscience, son avachissement intellectuel, à grands renforts de benzodiazépines et autres ISRS (antidépresseurs). J’avais besoin de hurler ma colère pour mieux la digérer et passer à autre chose. C’est finalement davantage une haine du manipulé que du manipulateur, car j’arrive à comprendre qu’on manipule pour ses propres intérêts mais nettement moins qu’on accepte ce genre de dictature sans broncher.

Je dénonce toute cette merde hypocrite qui est en train de bouffer le monde et imposer ses lois, traitant de « sauvages » les seules peuplades (en voie de disparition) connaissant les médecines naturelles, respectant la planète et sachant y vivre en totale harmonie.

Comme je le dis dans « Ancient Battlefield » : « This race has failed to become one with the tree of life »

Fuck the New World Order est un album un peu déconcertant, car l'on y trouve deux sortes de Black Metal mêlés, ceux-ci alternant : Fuck the N.W.O est donc une piste Black/Punk (dans la veine du Darkthrone que l'on connaît depuis 2006), puis Ancient Battlefied est elle complètement traditionnelle, dans une veine norvégienne (avec ses claviers glaciaux), puis l'on revient au Black/Punk avec... F.O.A.D, etc : pourquoi ce choix des mélanges ? Et ce tressage des styles ? Tu n'aurais pas pu faire deux projets distincts, l'un se concentrant sur le Black Metal traditionnel et l'autre sur le Black/Punk ?

Je comprends ta remarque sur le mélange de styles et je suis conscient de ce point. J’ai pris le parti de mélanger ces deux genres pour aérer l’album et ne pas aligner 10 morceaux dont les riffs seraient trop ressemblants et primaires. J’aime bien les artistes qui prennent ce genre de risques.

Il y a trois morceaux qui pourraient en effet être du MAL ETRE pour leur aspect mélodique et parfois atmosphérique. A l’époque de ces enregistrements, je pensais que MAL ETRE ne toucherait plus au domaine du métal et resterait dans l’expérimental/post-punk, raison pour laquelle j’ai décidé de prendre ces morceaux pour le BAALSHAMIN. Si tu écoutes l’album « Medication » de MAL ETRE, enregistré à la même période, tu comprendras mieux mon propos.

Je n’aime pas trop me fixer de limites vu que j’écoute de tout et que j’ai une personnalité assez délirante dans le sens où je peux totalement changer d’avis sur un projet du jour au lendemain. Ce côté touche à tout se retrouve dans pas mal de mes autres réalisations.

Quels sont tes groupes phares en la matière ? Le Black Metal français semble avoir eu un impact sur ta musique non ?

Pour le côté black/punk, j’ai déjà cité TOXIC HOLOCAUST. Il y a aussi EVIL ARMY, NOCTURNAL, CULT OF DAATH et EVIL ANGEL qui se démerdent bien dans le style black old school. J’adore les vieux albums de SODOM et KREATOR et en punk j’avoue ne pas être un spécialiste à part les vieux classiques (sex pistols, ramones, misfits, Warsaw…). Pour le reste, VENOM, CELTIC FROST, les vieux SEPULTURA, SARCOFAGO, AMEBIX, bref, les bases.

Pour le côté black atmo, c’est surtout la scène germanique qui me botte avec des projets comme THE RUINS OF BEVERAST, VERDUNKELN et LUNAR AURORA entre autres. J’adore aussi A FOREST OF STARS, WINTERFYLLETH, AGALLOCH, PRIMORDIAL…tous ces groupes qui marient avec succès le mélodique, l’atmo et la colère !

Je ne crois pas être spécialement influencé par le black français, du moins pas plus que par le reste de mes écoutes. Après il est clair que PESTE NOIRE fait partie de mes groupes de BM favoris donc je ne nie pas être imprégné de ce genre de musique, la France possède quelques formations que j’aime énormément (DARVULIA, DsO, AORLHAC, HELL MILITIA etc)

Comment s'est passée l'écriture de cet album ? Comment composes-tu un titre en général ?

A l’arrache ! Généralement je ne compose pas à l’avance. J’ai un local à la campagne, je m’y rends 1 à 2 fois par semaine. Quand je me sens inspiré, je prends la gratte et j’enregistre quelques riffs. Ensuite tout s’enchaîne très vite, j’enregistre généralement batterie, basse et l’ossature du morceau est prête. Enfin je m’attelle aux paroles, j’enregistre le chant puis les finitions qui donneront une âme au morceau (solos, leads, synthés, choeurs etc). J’adapte donc les paroles à la musique enregistrée en fonction de l’état d’esprit que le morceau dégage. Il m’arrive plus rarement d’écrire un texte et composer un morceau en fonction, ce qui a du se produire pour « Ancient Battlefield » et « Maudites soient les Lumières ».

Pour te donner un exemple, la majorité des morceaux black/punk ont été composés et enregistrés en quelques heures. J’arrivais au local avec une idée en tête et je repartais une demi-journée plus tard un morceau terminé en boîte et quelques canettes en moins ! C’est vraiment l’esprit que je voulais que ça dégage, un truc sans fioritures qui te pète à la gueule avec un gros feeling rock n’roll des cavernes !

Dans quel état d'esprit étais-tu ? Avec les deux formes de Black présents, je dirais d'un côté, un état d'esprit FO.A.D et haineux, et de l'autre, un état d'esprit nostalgique et dépressif...

Tout juste. J’étais dans une colère noire, je n’avais pas encore digéré certains faits que j’ai découverts ces dernières années et j’étais très remonté. D’un autre côté, j’étais très déprimé comme tu l’as bien relevé. J’avais ce sentiment d’impuissance et de persécution à évacuer. La nostalgie est un état qui m’habite souvent car je crois faire partie de la dernière génération de gamins qui ont joué dans les arbres sans se soucier d’écrans tactiles, de marques de fringues, de leur réputation en ligne etc. (NdG : idem!!).

J'adore la piste « porno » D.S.K (Deep Sodomy Kommando) où tu dénonces ce politique qui a perdu sa place de Directeur du FMI... Finalement, ces « élites » sont de grands débauchés : drogues, sexes, argent, perversions - et aucunes limites morales, avec un fond sociopathe avéré... de quoi faire rêver bien des black-metalheads non ? Ils sont plus satanistes qu'on ne le croit ! Pas mal seraient pédophiles, apparemment. Au four, comme disent certains !

Il est évident que l’oligarchie mondiale est bien plus satanique que les clowns métalleux peinturlurés !

Comme l’explique Alain Soral dans son bouquin « Comprendre l’Empire », le blasphème est une réaction logique d’un esprit sain évoluant dans un univers malsain. Je suis en totale adéquation avec ce constat, mais je ne pense pas que se complaire dans le blasphème soit une source de bien être.

Ce que peu de black métalleux adorant Satan (sont-ils réellement sérieux ?) ont compris, c’est que Satan est précisément à l’origine de leur malaise. Je ne vais pas m’étendre sur cette question, mais notre société « moderne » est ouvertement satanique, il suffit d’ouvrir les yeux.

On commence par rejeter ce monde aseptisé en se disant « satanique », par simple opposition irréfléchie aux codes en vigueur, puis si on creuse plus loin, on constate que nos ennemis les plus puissants, ceux qui ont construit cette société faussement puritaine, arborent ouvertement des symboles sataniques. Comment continuer dans cette voie à partir de ce constat ?

Le satanisme du bas peuple est comme une religion. Pendant que ses adeptes s’occupent à faire leurs rituels, ils sont hors de portée de nuire à l’ordre établi et se mettent eux-mêmes dans une situation marginale qui les décrédibilise. On peut appliquer le même raisonnement à la drogue, dont la distribution est assurée par nos hautes instances internationales. Le plan est parfaitement huilé pour annihiler les êtres sensibles et naïfs...

Je reste un passionné de religion pour des raisons culturelles, je suis en accord avec la majorité des bases de celles que je connais, mais en total désaccord avec la manière dont elles ont été instrumentalisées pour asservir les peuples. Je ne pratique donc aucune religion, tout en m’efforçant au quotidien d’être quelqu’un de respectable envers les personnes qui en valent la peine.

Sarko Malevolento – tant de choses à dire sur ce petit dictateur ! Lui aussi Atlantiste et fils spirituel de Bush... Lui aussi pour le N.W.O ! Depuis le « 11/09/01 », une opération False Flag selon moi, il est devenu évident que la démocratie, les Droits de L'Homme, et tous ces beaux concepts n'existent que pour que les dirigeants puissent mieux nous asservir... Du vent que toutes ces belles promesses !

Sarko, qui a entre autres saloperies fait passer le traité de Lisbonne en bafouant un référendum, devrait être lynché en place publique, sous les crachats et les œufs pourris.

Tu as certainement reconnu un de ses plus illustres discours dans ce petit interlude, dans lequel il nous avertit que « personne ne pourra s’opposer au nouvel ordre mondial » en traitant les résistants d’immobilistes refusant le changement tant attendu !

Ta maîtrise instrumentale est excellente ! Tu joues de tous les instruments avec précision, feeling et inspiration. Tu t'y exerces tous les jours ? Jouer est pour toi vital ? Tu as toujours de la musique en tête, dans les oreilles ou au bout des doigts ?

Merci pour le compliment ! J’ai commencé les cours de percussion à environ 8 ans, puis j’ai vite préféré la batterie. J’ai joué dans un groupe de death en tant que batteur entre 14 et 16 ans. Ensuite j’ai du délaisser tout ça, je n’avais pas de local et je me suis mis derrière les platines à mixer de la techno pendant quelques années. J’ai repris goût au rock ensuite (il y a un dizaine d’années) et ai enfin trouvé un local depuis 2 ans. En 2007, année de création de la majorité de mes projets musicaux, j’ai simplement acheté une guitare d’occase et ai commencé à grattouiller un peu, sans jamais prendre de cours. J’ai acheté une basse 2 ans plus tard. Début 2011, j’ai eu enfin de quoi me payer une bonne table de mixage et des micros pour enregistrer ma batterie.

Je ne m’exerce pas tous les jours, loin de là, même si je devrais ! J’ai par contre toujours de la musique en tête, c’est une passion dont je ne pourrai jamais me passer.

Tu enregistres chez toi ? Quel est ton niveau d'exigence à ce propos ?

J’enregistre dans mon local depuis 2010. Ce qui a été fait avant, c’était à la maison, avec très peu de matériel et une batterie électronique que j’ai reçue de mes parents en 1990 ! Mon niveau d’exigence est que cela sonne « organique », tout en étant assez pêchu et que les instruments soient discernables. Je ne recherche pas une production « trve », j’aime quand on entend bien la basse, sans que le résultat final soir forcément très propre.

Quelle est ta piste préférée dans cet album ? Pourquoi ?

Ma piste préférée est « Maudites soient les lumières », parce que ce texte est plus réfléchi que les autres et que j’aime bien écouter ce morceau, tout simplement. Il dégage une tristesse nostalgique et de la rage, mélange que j’apprécie. Dans le genre bête et méchant, « FOAD » est ma favorite.

C'est Infernal Kommando Records, l'un des meilleurs labels de France, qui a produit Fuck the New World Order en cassette : que penses-tu de ce label ? Tu avais déjà collaboré avec ?

J’aime beaucoup ce label, j’ai souvent bossé avec lui. C’est un label underground qui ne fait pas de compromis, ne lèche pas de culs malpropres, fait tout ça par pure passion. C’est aussi un petit label qui est suivi par des passionnés tout autour du globe. Son patron ne se prend pas le chou et apprécie sincèrement les groupes qu’il produit.

Qu'espères-tu pour Fuck the NWO ?

Vu le titre de l’album, je n’espère pas grand chose. J’emmerde ceux qui s’occupent de faire de la pub aux groupes qui ne gênent pas leur joli paysage donc faut pas rêver ! Je pense que c’est le genre d’album qui sera peut-être découvert par quelques passionnés dans des années, un trésor oublié qui surgit des abysses (rires).

Le format K7 limite considérablement l’impact d’un album aujourd’hui vu que très peu de monde possède encore un lecteur approprié.

C’est pour cette raison que mon compère de PARÄMNESIA a mis sur pied une page Bandcamp, qui est une plateforme sobre et efficace permettant une écoute de qualité et la mise à dispositions des fichiers dignement encodés.

Pour la petite histoire, j’ai cru pouvoir le sortir en cd sur un label français de renom dans le milieu du BM, mais j’ai malheureusement été obligé de constater que ce mec essayait de m’extorquer des fonds à coup d’excuses bidon, probablement alléché par ma nationalité suisse ! C’est bien connu, on est tous banquiers et on a du pognon à ne pas savoir qu’en faire (rires). Même le petit monde du BM est peuplé de cafards errants à l’affût de tes sesterces…

Je ne baisserai jamais mon froc devant ce genre de lutins de foire à saucisse !

BAALSHAMIN a-t-il déjà d'autres opus achevés, ou bien planches-tu déjà dessus ?

Non, rien pour le moment. J’ai fait une longue pause estivale cette année (2012) et je me suis remis au travail sur du MAL ETRE ces dernières semaines. MALVOISIE a aussi repris ses activités, on a presque un nouvel album en boîte mais il y a encore du boulot, ce sera pour 2013 je pense.

Donc rien de prévu pour BAALSHAMIN en ce moment, même si je ne compte pas mettre fin au projet. Je reprendrai les hostilités quand le besoin se fera sentir.

Il y a une scène, petite, mais de qualité en Suisse dans le Black Metal : qui soutiens-tu ?

Je ne suis pas tellement au courant de tout ce qui est ultra underground, encore moins pour la Suisse. Les groupes suisses les plus connus que j’apprécie sont TRIPTYKON (à haute dose) et DARKSPACE (à faible dose). J’aime beaucoup les vieux groupes aussi, comme FEAR OF GOD, MESSIAH ou HELLHAMMER bien entendu. Je trouve que la Suisse est souvent originale dans son approche stylistique mais n’a pas énormément de formations que j’aime écouter. Si je devais recommander un groupe suisse et bien underground, ce serait HELSLAKT, formation que tu connais assurément ! C’est un des rares groupes de BM de mon pays avec lequel j’ai eu des contacts. Ils jonglent entre le true black et la dépression à la BETHLEHEM des bonnes années avec un certain talent.

NocturnalPriest, tu es le maître d'oeuvre de plusieurs autres groupes, dont MALVOISIE ! Parle-nous de tes autres manifestations sonores !

Je crois que j’ai assez parlé de MALVOISIE et MAL ETRE avant par le biais des autres questions.

Je n’ai pas encore abordé le projet PARÄMNESIA, qui est une collaboration avec un ami proche habitant en France. Nous avons une démo à notre actif, également sortie chez Infernal Kommando. Il est très difficile pour nous de trouver le temps de nous voir pour bosser là-dessus, donc c’est pas demain qu’un album sortira, même si cela me tiendrait à cœur de le faire un jour.

J’ai également collaboré avec d’autres projets pour des vocaux « session », dont le belge CAMISOLE qui mérite qu’on parle de lui !

Qu'aimes-tu et que détestes-tu dans le Black Metal ? Quel écart mesures-tu entre celui des années 90 et celui d'aujourd'hui ?

J’aime le black métal fait avec honnêteté et conviction, qu’il soit atmosphérique, brutal, psychédélique, païen, folk, peu importe. Je déteste le fait que sous prétexte d’être trve, toute merde ratée est fièrement estampillée « black métal ». Je déteste les programmations de batterie à de rares exceptions près. Je déteste les gars qui ont passé l’adolescence et dont le message est « anti-life » ou ce genre de gamineries, même si j’écoute leurs conneries avec un certain plaisir quand j’ai bu une bière de trop.

Je ne vois pas tellement d’écart entre 1990 et aujourd’hui, sur le plan strictement musical. Les années 90 ont vu l’émergence d’un genre dont les bases avaient été posées la décennie précédente. Les années 90 c’était déjà du recyclage, bien fait dans les règles de l’art (je pense à Darkthrone forcément), un affinage nécessaire pour trouver un nom à ce genre de « thrash/death satanique » pour lequel on n’avait pas d’appellation officielle.

Après, dans les faits, toute époque contient son lot de bonnes choses et sa cohorte de seconds couteaux qui les suivent avec plus ou moins de talent. Quand je lis – enfin je lisais, car je ne perds plus de temps à les lire - des abrutis arborant le titre de « chroniqueur » se lamenter en disant que le métal est mort, je suis mort de rire. Ces gens ont simplement oublié qu’à leur époque il fallait déjà bien chercher pour trouver des pépites, chose qui n’a pas changé du tout.

Avec la démocratisation de l’accès à la musique par les ordinateurs, il y a forcément une masse de musique énorme en comparaison à l’ « ancien temps » et donc un tri de plus en plus conséquent à effectuer pour trouver les pépites, mais je pense que le métal évolue de manière passionnante et ne mourra pas avant le genre humain ! Le caractère extrême du métal correspond au monde dans lequel nous évoluons : froid et morbide.

Qu'aimes-tu et que détestes-tu dans l'humain ? Penses-tu que c'était mieux d'être humain avant la « Modernité » ?

Je déteste l’hypocrisie, souvent inconsciente et liée au formatage moderne. J’aime la sincérité, forcément, qui s’y oppose.

Ta question sur la modernité est intéressante : qui sait si l’histoire que l’on vit maintenant n’a pas déjà eu lieu des dizaines de fois ? L’homme a déjà pu détruire la planète et engloutir ses propres vestiges, on ne le saura jamais. La théorie de l’évolution me semble contestable. La construction des pyramides d’Egypte, tout comme d’autres vestiges, semblent révéler que des technologies supérieures aux nôtres ont existé. Que nous cache-t-on sur ces anciennes civilisations et dans quel but ? Je ne peux tout simplement pas répondre à cette question, bien que je m’y intéresse grandement et que j’aie mes propres convictions sur le sujet.

La Troisième Guerre Mondiale n'a jamais semblé aussi proche... La dictature mondialiste nous étouffe petit à petit. Le Choc des cultures également... Et la Terre semble se réveiller contre l'humanité. Je ne nous vois pas d'avenir. Et toi ?

Je vois un avenir éventuel pour une poignée de résistants qui auront su s’organiser et ne pas écouter les recommandations de nos bienveillantes autorités. Le choc des cultures est l’objectif n° 1 de la doctrine luciférienne, donc plus rien ne m’étonne à ce niveau. Si la guerre doit éclater, nos abris sont déjà envahis par de pauvres « réfugiés » qui vendent de la coke frelatée en toute impunité, grâce aux impôts de ceux qui subissent l’insécurité que tout ce bordel engendre. Je me réserve un stock de pilules et une bonne bouteille de rouge pour le jour J, je préfère crever cigare au bec et verre de pinard à la main (rires).

Qu'est-ce que ne fera jamais BAALSHAMIN ?

Mettre de l’eau dans son vin, au sens propre et figuré !

Quels sont les trois adjectifs qui définissent le mieux la personnalité de BAALSHAMIN ?

Oldschool, agressif, nostalgique.

Que faut-il retenir de BAALSHAMIN ? Et de Fuck the New World Order ?

Que c’est un bon ptit album sans prise de tête à s’écouter très fort quand on a envie de cramer son voisin (rires).

Et plus sérieusement, c’est un cri de guerre à prendre avec un zeste d’humour pour certains morceaux dont les insultes visent des pourris en particulier et pas l’humanité entière.

BAALSHAMIN emmerde autant les nazillons qui font de la musique de merde avec des costumes d’Halloween que les serviteurs du capitalisme en costard qui roulent en 4x4, car finalement, ces deux extrêmes se rejoignent.

Et puis peut-être qu’un jour, BAALSHAMIN sortira un brûlot de black/death sinistre avec un autre guitariste dans le coup, ça me botterait bien mais c’est juste une idée qui me trotte dans la tête.

Comment se procure-t-on l'album ? Comment prend-on contacte avec BAALSHAMIN ?

On peut se procurer la tape chez Infernal Kommando. On peut aussi écouter l’album en entier et acheter les fichiers audio de bonne qualité ici pour la modique somme de 3 dollars: http://baalshamin.bandcamp.com/

On peut me contacter à l’adresse : nocturnalpriest@hotmail.com

Fuck the New World Order est un excellent album, que j'apprécie à chaque écoute !! Je souhaite que BAALSHAMIN poursuive dans cette voie ! Les derniers mots sont à toi !

Je te remercie pour ton intérêt et tes questions, pas facile d’y répondre rapidement vu l’ampleur des sujets abordés. Je suis très content que ce disque sans prétention aucune t’ait fait plaisir à l’écoute, c’est la meilleure récompense pour un artiste d’avoir ce genre de retours.

Longue vie à « La Voix des Ombres » et à l’humanité que notre époque tente de supprimer au profit d’une rentabilité destructrice ! Comme disait Max Cavalera au bon vieux temps: « Refuse, Resist ! »

* Nous avons devant nous l’opportunité de forger, pour nous-mêmes et pour les générations futures, un nouvel ordre mondial. Un monde ou les règles de la loi, pas celles de la jungle, gouverneront la conduite des nations. Quand nous serons victorieux, et nous le serons. Nous aurons une réelle chance avec ce nouvel ordre mondial régit par un Conseil crédible qui peut utiliser son rôle de gardien de la paix afin d’accomplir la promesse et la vision des fondateurs des Nations Unies. George Herbert W. Bush, 11/09/1990.

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27 juillet 2013

ADRASTE - lughnasadh

Une démo avec un bon son de démo, ça fait du bien ! Le son même de cette démo fait penser à ce que les formations de Black Metal faisaient il y a 10-15 ans, aussi je ne peux qu'apprécier. Et entendre des pistes comme Vae Victis et Lughnasadh qui renvoient directement aux grands seigneurs que sont Celestia et Seigneur Voland/Kristallnacht (l'extrême haine en moins), eh bien, cela ne fait que plus de bien encore ! Nous voilà donc revenus des années en arrière et il est plaisant de constater comme un jeune groupe tel qu'Adraste sache faire perdurer une tradition musicale extrême afin qu'elle ne se délite encore trop fortement comme on le vit depuis quelques années... Même si la personnalité d'Adraste lors de la conception de cette démo pro n'est pas tout à fait affirmée (le groupe était bien jeune), on s'apercevra rapidement que sur scène, Adraste manie bien le Black Metal et que sa personne se dessine lentement mais sûrement.

Lughnasadh commence par une intro, Invocation, portée par un riff, puis par les doubles voix de Fea, et les rythmes barbares de Sukellos : on se retrouve dans une belle ambiance païenne, sensiblement spirituelles il faut l'avouer. Puis débute l'Oraison Païenne : et là on remarque de suite les guitares un peu sous produites, la voix harsh de Fea pas tout à fait collée au reste et la batterie trop synthétique (triggée ?) de Sukellos. La basse aurait mériter plus de présence. Cette surprise est ensuite rapidement mise de côté en ce qui me concerne, même si elle a pu être gênante : car il souffle grâce à cela et aux influences ressenties, un véritable vent du black français des années 90. Puis il y a le break, reprenant le gimmick de l'Invocation, qui revient pour clore cette piste ensorcelante. Adraste se montre plus agressive, belliqueuse et tendue que la précédente, d'autant plus que les vocaux se font plus haineux. Adraste développe ici un morceau que les mordus de KN/SV pourraient apprécier. Adraste est une petite destruction, une mise à mort salvatrice et sacrificielle, avec un son plus grave et nécrotique, très jouissif. Vae Victis poursuit quasiment sur la même lancée : toujours aussi rapide, et les riffs et sonorités cuivrées de la guitares se ressemblent beaucoup. De ce fait, elle est moins intéressante musicalement parlant. Lughnasadh est la piste la plus mélancolique et bien de ses éléments font penser à Celestia, notamment le tempo, et cet étrange riff répété en boucle avec ce son de blues cadavérique – absolument romantique et aristonécrotique ! Ensorcelant ! La démo se termine par les Chants de la Terre, une outro païenne fermant la cérémonie, à peu près du même acabit que l'intro, et tout aussi inspirée et spirituelle.

Au bout du compte, cette démo de 2012 d'Adraste est loin d'être mauvaise, et n'est pas parfaite, ce qui est normal. On peut souligner le fait qu'Adraste exploite bien les références qui sont les siennes, et y croit dur comme fer, car sur scène, ils sont encore meilleurs et ont développé leur personnalité. Adraste est donc à soutenir, mais surtout à suivre, car si la direction est tenue (avec une dose de haine plus noire à amplifier par contre), Adraste sera bientôt connu et réputé sur le territoire national.

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ADRASTE - Brut, froid & belliqueux

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Hailz ADRASTE ! Beaucoup de questions me trottent en tête, alors préparez vous à une longue interview ! J'avais vu ADRASTE il y a un an, et le niveau n'était pas le même que celui que j'ai entendu hier au Rockstore de Carvin. Bienheureusement, vous avez évolué sur tous les plans, techniquement parlant. Désormais, vous avez une vraie osmose sur scène, qui se ressent, et j'ai aussi pu constater votre détermination à vous rendre meilleurs encore – d'ailleurs, vous n'avez pas splitté depuis ! Quelles sont vos motivations ? Jusqu'à quel niveau voulez-vous monter ?

Ave ! Les motivations ? Tout simplement jouer une musique que l’on aime et la faire partager ainsi que les quelques messages qui l’accompagnent. Et aussi la nécessité de parfaire notre cheminement individuel à travers l’art.

Monter ? Jusqu’où le vent nous portera sans jamais céder une once de notre intégrité.

ADRASTE est désormais bien connu sur Lille et le NPDC. L'est-il ailleurs ? Jouez-vous ailleurs en France et en Belgique voisine ?

Adraste, commence à se faire connaître dans le Nord, en effet, nous avons joué dans différentes salles de la région, notamment sur Lille, Valenciennes, Carvin, mais nous jouons aussi de plus en plus en Belgique, pour l'instant en Wallonie très bientôt en Flandre. Nous avons eu la chance d'être invités à jouer à Tours.

Nous aimerions ardemment nous exporter hors de notre région, cependant, nous nous retrouvons, hélas confronté au silences des salles et surtout des associations gérants les dates de concerts dans les salles métal des autres régions. L'envie est là, mais les moyens d'y parvenir sont réduits.

Féa, ton jeu de guitare est vraiment devenu excellent : quelle relation entretiens-tu avec l'instrument? Es-tu constamment à jouer avec ?

Féa : Merci beaucoup pour le compliment ! Il y a une relation forte entre ma guitare et moi, c'est un instrument personnel auquel je suis fortement attachée. Je joue de la guitare quelques heures par semaines y compris les heures de répètes, tout dépend des périodes, certaines seront plus intensives que d'autres, notamment au moment de la recherche de riffs et de la création des morceaux. Ma devise est de bien laisser macérer la mélodie en tête avant de la présenter aux autres membres et de créer le morceau.

Féa, tu fais aussi les vocaux Black (pas mal douloureux, bien maîtrisés) et voix claire : c'est rare une femme à ce poste dans le Black ! Pourquoi tu t'y colles et pas le bassiste ? Qu'aimes-tu dans la pratique du chant et en particulier celle-ci ?

Féa : J'ai toujours souhaité chanter dans un groupe de métal extrême, et ce depuis l'adolescence. Cependant énormément de musiciens, surtout des hommes n'ont eu de cesse de me répéter qu'une femme ne pouvait le faire, car pas assez de puissance, et puis « le métal est un monde de mecs! ». Comme l'on ne me donnait pas ma chance, j'ai mis de côté l'idée de chanter, dans un premier temps et me suis mise à la guitare afin de créer mon univers. La découverte de groupes de métal à chant féminin hurlé m'a conforté dans l'idée qu'une femme aussi pouvait chanter du métal extrême ce qui a ravivé mon désir de chanter.

J'ai eu la chance de pouvoir créer le groupe, grâce à mon batteur Sukellos, ainsi que Lugos, mon bassiste, qui nous a rejoint plus tard, après la création du concept. Lors de la construction du groupe ne me croyant pas capable de chanter et jouer, j'avais fait appel, dans un premier temps, a des amis pour le chant, mais aucun n'a souhaité s'y coller, j'ai décidé de prendre les choses en mains et d'y poser ma voix, cela a demandé du travail et maintenant je remercie tous ceux qui ne m'ont pas aidé et qui m'ont permis de me découvrir et de m'épanouir dans cette activité, il serait impensable de ne plus faire de chant black me concernant. Le chant hurlé est pour moi une délivrance, une affirmation de soi, une revanche bien mérité contre les idées reçues. C'est une arme, une force et surtout une fierté.

Lugos : Premièrement parce que je n’ai jamais appris à gueuler et jouer en même temps, mais cela viendra-t-il peut-être par la suite. Je préfère donc pour le moment me concentrer pleinement sur mon instrument et me cantonner au rôle de bassiste qui est de faire le pont entre la batterie et la guitare, et de donner de la profondeur à cette dernière. Ce qui n’empêche pas de faire quelques backing vocaux ici et là, toujours en appui. Deuxièmement, Féa étant l’initiatrice de ce projet, il est donc tout naturel qu’elle tienne le chant (surtout qu’une nana au chant et à la gratte est très rare dans le genre !), d’autant plus que sa sensibilité féminine et ses vociférations collent parfaitement à cette énergie lunaire qui caractérise le Black Metal !

Au concert du Rockstore, j'ai relevé que l'une des pistes était clairement influencée par Celestia, et une autre piste (Lughnasadh) par KristallNacht/Seigneur Voland. Au final, ADRASTE puise plutôt dans le vivier français des années 90 je crois. Partagez-vous cette opinion ?

Adraste, s'appuie sur de nombreuses influences, toutes aussi différentes qu'il y a de membres dans le groupe.

Personnellement, je suis très influencée par la scène norvégienne ainsi que la scène allemande de Pagan Black, leur manière de construire les morceaux, la froideur des riffs, rudes et sans fioritures me touchent particulièrement. Certains groupes de la scène française m'inspirent, notamment Bélénos, Noturnal Depression, Temple of Baal avec qui nous avons eu la chance de jouer. Régulièrement, certaines personnes du public reconnaissent des influences auxquelles nous n'avons pas pensé à la création des morceaux, ce qui nous touche positivement, si cela peut donner un sentiment familier au public, lui faire ressentir des choses, nous en sommes ravis.

Sukellos, à la batterie, est le cœur du groupe, il est fort influencé par le Brutal Death, c'est son style de prédilection, il nous fait profiter de sa culture et de son style en cette matière, il apporte du souffle aux riffs linéaires des morceaux, et il faut l'avouer, c'est bon pour le palpitant.

Lugos, apporte fraicheur et renouvellement constant du style, il nous fait jouir de sa grande culture Black et Death, en nous forçant toujours à évoluer. Il apporte stabilité, technique, et nous ouvre les yeux sur les diverses opportunités d'alliages musicaux. Il connaît toujours le petit groupe inconnu de l'autre bout du monde et nous le fait découvrir pour notre plus grand plaisir; c'est notre « base de données musicales » !

ADRASTE s'attache à l'histoire française, de la Gaule antique si j'ai bien compris ? Quels sont les thématiques des lyriques ? Que veut dire le nom du groupe ?

Adraste est une déesse guerrière révérée dans l’ancienne tribu celte des Icéni (sud de l’Angleterre).Elle est l’équivalent d’Athéna chez les grecs. Dans d'autres régions elle est appelée La Morrigane, elle est, comme toute déesse, affiliées à la Lune, et tout comme elle, a de multiples facettes, c'est la déesse de la guerre, des morts, qu'elle vient chercher sur les champs de batailles très souvent sous l'apparence d'une corneille, elle représente aussi la fécondité et l'érotisme.

Nous nous attachons énormément à la vie quotidienne du gaulois en tant qu'individu, sa vision du monde, sa façon d'appréhender sa destinée, ses rites, ses craintes, ses espoirs, ses batailles. Nous traitons de Batailles historiques, de chants guerriers, mais aussi de moments privilégiés entre l'homme et ses divinités, la nature et sa célébration. Nous souhaitons entretenir le souvenir des anciennes traditions afin qu'elles ne succombent pas aux ravages de l'oubli.

Lugos : Adraste est à mes yeux une ode au féminin sacrée, à la Nature sauvage et mystérieuse, à la Déesse de la Terre, et par-delà au panthéisme celtique en général. Un témoignage des batailles mythiques de nos ancêtres, de cette fierté guerrière et d’une certaine liberté d’esprit, non sans une bonne part de nostalgie ! De certaines valeurs et vertus qu’il serait bon de remettre à l’ordre du jour.

Quelles liaisons spirituelles avez-vous avec ce lointain passé, guère oublié, mais perdu ? A quels éléments antiques vous raccrochez-vous et qui vous identifient ?

Féa : Nous avons la chance de vivre dans une région riche en vestiges antiques, le Nord/Pas de Calais et la Belgique n'ont rien à envier à La Bretagne. La région est pleine de sites contenant des mégalithes encore chargées d'énergies et d'histoires, et accueille de très beaux sites archéologiques dédiés à cette époque. Il est donc normal de faire honneur à cette Histoire qui ne demande qu’à ne pas se terrer dans l'oubli. Certains d'entre nous participent à des événements d'archéologies expérimentales, nous sommes entourés d'artistes, artisans et passionnés de ce passé, loin d'être oublié et profitons de leur savoir. Nous nous recueillons régulièrement aux pieds de ces mégalithes, la pochette a d'ailleurs été prises aux pieds d'un cromlech de la région.

Lugos : En ces temps de déracinement forcé au nom de la mondialisation, il est plus que temps de jeter un œil dans le passé et de redécouvrir d’où nous venons. De déterrer notre héritage culturel et ethnique qui fait ce que nous sommes. C’est avec une identité forte, mais cependant ouverte sur le monde, que nous pouvons tenir ferme tel des remparts face à ce déferlement de sous-culture décadente et d’uniformisation. A chacun d’aller puiser ou bon lui semble ces trésors de connaissance. Pour ma part je vais chercher principalement dans l’héritage nordique, celtique, hellénique et les traditions européennes en général qui ont toutes une origine commune venue du fond des âges. Mais encore l’hermétisme, le gnosticisme, le shamanisme, et bien d’autres cultures de par le monde qui détiennent chacune une part de vérité à leur manière; c’est le respect des différences qui compte car l’on peut défendre et être fier de sa propre culture sans forcément s’y enfermer et chier sur celles des autres !

 

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C'est quoi faire du « Pagan/Black Metal » ? En quoi votre musique est-elle païenne ?

Lugos : Chaque étiquette est toujours quelque peu réductrice mais bien pratique pour savoir où l’on est. Celle-ci désigne avant tout du Black Métal teinté d’influences traditionnelles tant à un niveau musical que conceptuel. Ainsi l’ambiance grandiloquente et les touches médiévales ou folk des premiers Satyricon et Enslaved peuvent être considérées comme telles ; l’ambiance glaciale et mystique des premiers Emperor, Darkthrone, Immortal sont autant d’hymnes à la nature sauvage et mystérieuse; la musique de Burzum (toutes époques confondues) sans parler de Bathory et du grand Quorthon qui posa les bases du Black et du Viking Métal. Ainsi notre démarche se veut fidèle au Black Métal tout en y incorporant quelques éléments ethniques et traditionnels, le tout accompagné de paroles scandées en français témoignant de notre héritage culturel !

Féa : Le Pagan Black, est avant tout du Black Metal. Il est important de souligner que le terme « pagan »ne signifie en rien « festif », il signifie un retour aux racines, un retour à la Terre, à l'Histoire, aux éléments naturels, aux divinités antiques et à Mère Nature. Il nous tient à cœur de faire le distinguo car nous sommes trop souvent amalgamé au « métal folk » semblable à Korpiklaani ou Eluvetie, alors que nous n'avons aucun lien de parenté musicale ce genre. Notre musique est du black, répondant aux règles de disciplines du genre dont l'esprit et les lyriques sont inspirés des anciennes traditions.

Que vous évoque par exemple Windir et Kampfar d'un côté, et Graveland, Temnozor et NM d'un autre ?

Lugos : Les norvégiens de Windir et Kampfar sont bien sur des références incontournables pour notre musique, ces groupes ont parfaitement fait la synthèse entre Black Metal et héritage culturel. Nous nous sentons également proche d’Helheim et des allemands de Helrunar. Du côté de la Pologne j’ai énormément de respect pour la musique guerrière de Graveland ainsi que pour ses concepts et son esthétique fortement enraciné dans la culture nordique. De même pour le Black folk de Nocturnal Mortum et de la très prolifique scène slave. Je ne connais pas Temnozor mais j’y prêterai une oreille attentive.

Vous sentez-vous être païen en jouant, pensez-vous transmettre ce « sentiment païen » ? N'est-ce pas fragile comme lien ?

Lugos : C’est au plus noir de ma nuit que j’ai eu le bonheur de rencontrer Féa et Sukellos, telle une lueur dans l’abîme me tirant progressivement de ma torpeur à ce moment précis de mon cheminement spirituel. C’est tout naturellement que nous avons uni nos forces, munis d’une vision musicale commune ainsi que des thématiques qui me tiennent particulièrement à cœur. Cela me fît l’effet de retrouvailles après une longue errance et une opportunité salvatrice de rester connecté à cette énergie païenne. Et ainsi renforcer toujours plus ce lien alors fragile. Aujourd’hui on ne se bat plus sur les champs de bataille, le combat se situe à un autre niveau, les manches de nos grattes (ou nos baguettes, c’est selon !) sont comme des glaives, et les échos métalliques qui en découlent sont autant de reflets d’un Age de Fer en fin de course. Autant d’outils à notre disposition afin de transmettre les messages des Dieux anciens et de notre héritage euro-païen, car il ne s’agit en fait que de cela, faire réfléchir !

Y'a-t-il de la haine dans ce que vous jouez ? Si non, de la violence, de l'agressivité ? Contre qui faut-il se battre, alors que tout est désormais abattu ?

Féa : Le Black Metal est un style voué aux sentiments extrêmes, la haine en fait partie, au même titre que le doute, la terreur, le désespoir, la désillusion, la dévotion, l'adoration, etc...

Nous touchons à l'Humain, et ce qu'il a de plus noir.

L'ennemi de l'époque était le peuple romain et autres peuples d'envahisseurs, aujourd'hui l'ennemi n'est plus un peuple dénommé, l'ennemi et impalpable, il est omniprésent, la technologie outrancière sans conscience, le maniement des esprits par des média sans culture ni savoir, le déracinement des populations, là, se trouvent les nouvelles batailles afin de ne pas perdre son identité.

Lugos : Comment ne pas éprouver de ressentiment face au vide béant laissé en nous par l’existence moderne ? Nous sommes tiraillés entre le haut et le bas, entre l’animal et le divin, l’esprit et la matière. ! Nous sommes coupés de notre nature profonde, le Loup hurle à la Lune, le Dragon, à défaut d’être paralysé, nous brûle les entrailles, et c’est précisément ce feu d’en bas que nous devons apprendre à maîtriser. Le Black Metal en est d’ailleurs l’une de ses plus pures expressions.

« Contre qui se battre ? » ce « nouvel ordre mondial » annoncé qui n’a rien de nouveau et n’est que l’ultime phase d’un système de domination protéiforme et trisomique issu du monothéisme patriarcal. Une énième tour de Babel surmontée par l’œil cyclopéen de l’usurpateur monothéiste, la populace sous le joug emprisonnée à sa base; un édifice éphémère voué à l’effondrement à plus ou moins courte échéance ! Il ne s’agit pas non plus de tomber dans un délire satanico-complotiste dangereusement manichéen nous déchargeant ainsi de toutes responsabilités. En effet nous avons tous une part de responsabilité (certes plus ou moins grande) dans tout ce bordel par nos actions ou inactions, nos pensées et à qui l’on donne de l’importance. Au final le combat est avant tout en nous-même !

Plus que de se sentir appartenir au mouvement païen... comment l'est-on, concrètement ?

Féa : Il n'y a pas de « mouvance païenne » à proprement parler, il n'y a pas d'organisation spécifique, pour certains d'entre nous, dont moi-même, cela consiste en admirant la Nature et sa perfection, en célébrant certaines fêtes anciennes, en appréciant ce que nous avons, en ayant conscience des sacrifices passés. C'est faire l'effort de souvenir, c'est s'affranchir de toutes règles de vies imposées, hormis par nous-même. Ce n'est en rien de la politique, contrairement à certains groupuscules se dénommant à tort « néo paganisme » et délivrant des propos nationalistes à l'extrême. Nous n'avons aucun lien, avec ce mouvement.

Lugos : Par définition le paganisme désigne l’ensemble des traditions spirituelles des peuples de la Terre, à laquelle nous appartenons avant tout. Sagesse ancestrale d’avant l’essor des 3 religions monothéistes qui ont coupées les hommes de leurs racines. Tout cheminement spirituel authentique étant avant tout individuel, il ne s’agit pas d’appartenir à un mouvement quelconque qui serait figé dans des dogmes et enfermé sur lui-même, ce qui serait ne pas faire mieux que les religions monothéistes contre lesquelles nous nous dressons. Si mouvement il y a c’est émergeant d’un contexte naturel transcendant toute organisation humaine car en contact direct avec la Source.

Loin de tout passéisme désuet et stérile comme voudraient le faire gober ses détracteurs, le paganisme et bel est bien une vision intemporelle ! Ces forces ont été symbolisées et personnifiées de différentes manières selon les cultures à travers le monde. Des Dieux et Déesses multiples, comme autant de différents visages du divin, garant de la tolérance et de la diversité qui fait toute la richesse de l’héritage humain ! Le paganisme étant la vie même, l’apprentissage est sans fin, c’est un voyage perpétuel, et il y a autant de chemins que de cheminant. La mythologie est un bon moyen d’appréhender ces forces qui nous régissent, d’établir une relation intime avec elles, d’apprendre à se connaître soi-même ainsi que les mouvements humains. La magie runique, le shamanisme, les arts en général, voici quelques exemples de chemins pouvant contribuer à faire renaître la flamme païenne en nos cœurs !

Du point de vue païen, comment voyez-vous l'avenir ?

Lugos : Le temps étant de nature cyclique (et non linéaire sauf en apparence) le sombre tableau décrit plus haut fait parti d’un processus naturel d’involution / évolution pour l’humanité, à un niveau individuel et collectif. Une déstructuration/restructuration nécessaire au renouvellement de la vie parfaitement illustré dans le mythe nordique du Ragnarök par exemple.

Fort des expériences issues du monothéisme et du modernisme, c’est à nous qu’il convient de reconstruire de façon durable sur les cendres de ce monde et de ne pas se laisser entrainer dans sa chute inéluctable. C’est ici que s’inspirer des modes de vie des cultures antiques, et d’avant l’avènement de l’ère industrielle en général, se révèle une source d’inspiration intarissable. Par-delà le monde des hommes il y a les forces de la Nature qui ont toujours été là et veillent au grain mais n’interviennent pas, suivant la loi du libre arbitre. Car là est tout le défi, d’acquérir notre liberté par nous-même et de retrouver notre place entre terre et ciel. L’adversité est là pour nous tester, et bien intégrée, elle nous tire vers le haut. Au final c’est vers ce 3éme point d’équilibre ou de liberté (symbolisé par le triskel celte) qu’il faut tendre autant que faire se peut, car la vie ici-bas étant ce qu’elle est, les références sont en perpétuel mouvement, et c’est bien cela qui donne du sens à l’existence!

Il y a 6 pistes sur la démo, vous en jouez trois autres sur scène : peut-on en avoir un track-by-track ?

La démo est composée des titres :

-Oraison païenne et son introduction, il s'agit d'une invocation faite à Adraste et Morrigane, déesses de la mort, car un membre du clan vient de s'éteindre, et il est tant que les corneilles viennent le chercher dans les flammes du bûcher.

-Adraste, est une chanson de guerre, il s'agit de la description d'une bataille entre deux clans, la déesse est donc invoquée pour qu'elle donne force et bravoure aux valeureux guerriers.

-Vae victis, signifie « malheur aux vaincus », elle représente l'espièglerie et la fierté gauloise, il s'agit d'une phrase latine détournée par un haut général gaulois, lors de la défaite des romains.

-Lughnasadh est un morceau traitant de l'homme face à ses peurs, à son devenir, est ce que, comme Lugh, le dieu solaire, s'évanouissant dans la nuit hivernale, l'homme va t-il renaître ou va t-il s'éteindre sans aucune trace.

-Les chants de la terre sont une invocation, de la déesse de la terre, à Gaïa, à la nature, un remerciement aux divinités.

Nous ajoutons au set:

-Taranis, une chanson à la gloire du Dieu du tonnerre et à sa trinité : Esus, Taranis, Toutatis, et la crainte qu'ils inspirent au peuple submergé par les éléments; il s'agit d'un morceau pour apaiser leur colère.

-De Bellum Gallico : est un morceau traitant de la grande défaite d'Alésia, le choix dans cette bataille prête à être perdue de se rallier à l'aigle, symbole de la puissance romaine, ou de la Corneille, avatar de La Morrigane, grande figure de la puissance celtique.

-Enfin, Sélène la dernière-née pour l'instant, traite de la féminité sous toutes ses facettes, à l'image de son astre lunaire, la femme peut se mouvoir en différents état, déclinables de façon ternaire, en effet, avant d'être femme, elle est une enfant, à l'image de la lune croissante, puis mère à l'image de la pleine lune, puis vielle femme, telle la lune décroissante; une allusion est faite aux nornes, qui tissent, filent et coupent le fil de la destinée. Dei Mater à trois visages, et tous sont explorés dans cette chanson.

Comment se construit une composition chez ADRASTE ? Répétez-vous souvent ?

Féa : J'apporte en règle générale, des riffs qui me semblent bien s’enchaîner, je les présente à mes camarades de jeu selon l’enchaînement qui me semble le mieux, nous en discutons, Sukellos part en recherche de « beat » afin de faire vivre le morceau, Lugos apporte des riffs issus de ses influences black et death, et apporte des propositions d'arrangements, le morceau s'habille au fur et à mesure des essais et discussions quant à la thématique choisie selon le sentiment procuré par le morceau, puis enfin, le chant est écrit après avoir discuté ensemble du concept, seront pris en compte la structure et rythmique afin de déterminer la nature de l'écriture et le placement sur le rythme en adéquation avec mon débit de parole hurlé ou chanté. Depuis que nous avons allié nos forces, il y a maintenant plus de 2 ans, nous avons toujours été plus ou moins réguliers, tournant à une moyenne d’une répétition par semaine.

Définitivement, pour moi, le Black Metal n'a rien à foutre dans une salle de concert et surtout pas en plein jour ! Mais mon avis là-dessus est vraiment marginal, car les metalleux aujourd'hui, aiment faire avant tout la fête. Et vous ? Qu'en pensez-vous ? Est-ce un besoin, une jouissance ?

Le problème du Black Métal est que c’est une musique très difficile à reproduire sur scène. Les conditions sont, à notre niveau de notoriété, toujours différentes et cela nuit quelquefois à l’atmosphère de nos compos. Là réside certainement tout le défi ! Arriver à recréer cet univers quelques soit les conditions ! Les concerts, sont pour nous un moyen de communier avec le public, un moyen de se rencontrer, de faire connaître notre musique. Le contact avec un public est primordial, car nous souhaitons faire ressentir quelque chose à l'auditeur, son énergie, son enthousiasme ou au contraire sa désapprobation est un point essentiel de la construction et de l'évolution du groupe. Bien entendu, nous sommes, d'accord avec toi sur le fait que le Black perd de sa force en journée, comme les fleurs du mal, il a besoin de pénombre et de la lune pour s’épanouir. Et puis question ambiance c'est incontestable!

Bossez-vous sur une nouvelle démo, un premier album ? Jouez-vous dans d'autres formations ?

Pour le moment nous sommes concentrés sur Adraste. Nous envisageons d’enregistrer les morceaux que nous avons déjà sous la main et d’en composer de nouveaux en vue d’une seconde galette. L’idée d’un split nous plairait également à condition de trouver un groupe avec qui nous aurions une vision musicale et conceptuelle plus ou moins commune.

Quels sont les groupes locaux que vous soutenez et qui valent la peine d'être soutenu, suivi ?

Nous soutenons toute la scène locale et les noms qui nous viennent immédiatement à l’esprit sont Malcuidant, Death Agony, Hats Barns, Hast, Dark Managarm.

Trois adjectifs pour définir exactement l'esprit d'ADRASTE ?

Brut, froid et belliqueux

Qui est ADRASTE ? Quels sont les membres ? Et votre moyenne d'âge ?

Adraste est composé de Lugos à la basse, de Sukellos à la batterie, de Féa aux chants et guitare. Nous avons entre 26 et 33 ans.

Qu'est-ce que ne fera jamais ADRASTE ?

De la politique et du métal tsoin-tsoin !

Je n'ai jamais lu d'interview d'ADRASTE. Pourquoi m'avoir dit oui ?

Tout simplement parce que nous n’en n’avons pas eu l’occasion jusque ici ! C’est donc tout naturellement que nous avons le plaisir et l’honneur de répondre à ta sollicitation, et ce d’autant plus que parcourant ton webzine avec grand intérêt depuis quelques années. Entretiens qui ont le mérite de fouiller profondément dans la philosophie des groupes, ce qui change de certains magazines grand public qui se contentent, hélas trop souvent, de survoler les choses par le biais de questions insipides. Sans parler de ton travail colossal sur l’Anthologie du Black Metal !

Les derniers mots sont à vous ! Merci ADRASTE d'avoir accepté cette interview pour La Voix des Ombres !

Un arbre ne peut s’élever haut vers le ciel que s’il a des racines profondément ancrées en terre ! Merci à toi de nous avoir ouvert la voie des ombres et de nous avoir permis d’exprimer notre vision. Bon courage pour la suite et à bientôt sur scène !

Posté par oncleGUUDrath à 21:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]



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