saint-freness 3

 

Sotres est le premier album de SAINT-FRENESS, et je dois dire que c'est un sacré putain de disque qui m'a laissé de suite sur le cul - l'un des meilleurs que j'ai écouté en 2013. Je m'attendais à la vue de la pochette que ce soit du Black Metal pur et dur, mais en fait... c'est un grand plongeon dans le chaos et la douleur, dans les souffrances intimes de son géniteur. On s'en rend compte dès la première minute. On prend également la mesure d'une chose : Sotres est un album unique et le fruit d'un seul homme dont l'enfer intérieur est ici retranscrit avec une grande habileté. Joussif.

Pourquoi unique ? Parce qu'il mêle les genres musicaux, et pas seulement « métalliques », tout en gardant moult caractéristiques du Black Metal. La puissante violence des vocaux réverbérés, les claviers glaciaux, les guitares abrasives mais aussi Heavy et atmosphériques chargées d'émotions (bravo) et la production quelque peu low-fi, tout cela contribue à créer une ambiance globale foncièrement « rétro Black Metal» qui fait du bien aux oreilles. Mais il faudra surtout retenir comme Archy a su intégrer, assimiler les autres genres musicaux qu'il écoute et les faire transpirer et apparaître dans son univers musical personnel que l'on retrouve dans Sotres. La Cold Wave par exemple et le Heavy à certains moments trouvent ainsi des racines dans ce disque aux multiples niveaux d'écoutes et différentes textures, aux plans savamment orchestrés, rendant ces onze pistes toutes distinctes les unes des autres... tout en gardant une grande cohérence entre elles, fruit d'une maturité musicale certaine de la part d'Archy.

Enfin, dans ce vortex poussiéreux et sacrément douloureux et noir comme la suie, il faut mettre au crédit de Saint Freness une grand ingéniosité à savoir faire passer fidèlement ses émotions dans sa musique. Il n'est pas possible de dire de Sotres qu'il est surfait ou surjoué ou autre : non, Sotres sort des tripes et le panel des émotions, des sentiments ressentis est large, très large – et surtout infiniment touchant et envoûtant. Des pistes comme Alrunes, Corpse of Madness (qui fera penser au groupe anglais BASILISK), Gorgone, Onosceles, Sotres ne laissent pas indifférent.

Au final, cet album n'est pas saisissable en quelques lignes : il ne peut être compris que par l'écoute attentive et répétée. Il est trop riche, personnel et chaotique : chacun en tirera sa propre vision ! Artistiquement c'est une grande réussite, bravo donc à Saint Freness pour cette première œuvre et à Gaulhammer pour cette première production bien osée !