FATUM ELISUM est une formation qui a récemment vu le jour à Rouen. Leur but ? Pratiquer l'art morbide et triste du Doom-Death Metal, et bien. Pour cela, ils mettent les petits plats dans les grands et enregistrent une démo éponyme qui a plutôt la gueule d'un album professionnel ! En somme, FATUM ELISUM pose ses couilles sur la table avec fracas : je leur donne la parole, devant ces arguments de poids. (décembre 2008).


FATUM_ELISUM_Band


Bienvenue en Enfer FATUM ELISUM ! Votre démo éponyme vient tout juste de sortir, je me demande si vous avez déjà des retours quant à son sujet ? Combien de copies existe t-il ?

Asgeirr (basse) : Pour le moment, nous n’avons eu que quelques retours de la part de personnes ayant acheté notre démo et qui sont très positifs et même assez encourageants. Nous avons envoyé quelques exemplaires de notre démo à des webzines et attendons de voir ce que cela va donner.

Christophe (guitare) : Nous avons fait deux cent copies et, si je ne me trompe pas, il me semble que les ventes sont relativement bonnes.

Pour une démo, c'est une très grosse démo ! ''Fatum Elisum'' contient intro/outro, plus quatre gros morceaux, pour une durée de 54 minutes ! De plus, votre production est vachement bonne ! Pourquoi ce n'est pas un E.P ou un L.P, tout simplement ? Pourquoi ''Fatum Elisum'' reste-t-elle une démo ? Ce beau travail ne vous satisfait-il pas déjà en tant que tel ?

Hugo (guitare) : Ce premier enregistrement est qualifié par nous, un peu par défaut, de démo car on ne savait pas au début quels allaient être nos moyens pour ce cd, ni ce qu’allait être le résultat final. De plus, le fait que nous ne soyons pas encore signés par un label, je pense qu’il est préférable de parler pour le moment de démo plutôt que de véritable premier album, bien qu’il soit vrai que ce cd apparaisse comme étant plus qu’une simple démo. En revanche, il ne faut pas voir ce qualificatif comme péjoratif, car je dois dire que l’on est tous très satisfait du résultat, qui dépasse largement toutes nos espérances.

Christophe : Merci pour ces compliments ! Nous avons fait une démo car nous considérons qu'il faut bien commencer tout simplement ! C'était une première pour nous et les ingénieurs du son de Post Ghost ont été redoutables d'efficacité.

Asgeirr : Cette question revient assez souvent, enfin de ce que j’ai pu lire sur le net et de ce que j’ai pu entendre autours de nous. Le fait est que ''Fatum Elisum'' est notre tout premier enregistrement, d’où l’utilisation du terme démo. Cependant nous avions décidé qu’il soit suffisamment long pour avoir la durée d’un album, un peu comme l’avait fait ATARAXIE avec ''The Other Path''. Non pas que nous voulions singer ces derniers, mais comme nous voulions démarcher des labels avec ce disque, il vaut mieux de nos jours le faire avec un enregistrement qui ait la durée d’un album, en tout cas, c’est ce que nous ont conseillé les membres d’ATARAXIE et de HYADNINGAR. Pour ce qui est l’intro et de l’outro, ce sont plus les circonstances de l’enregistrement du chant qui ont inspiré notre chanteur Ende, cela permet au final d’avoir une sorte de mise en abîme sur ce disque et de lui donner en quelque sorte une cohérence d’ensemble. Pour ce qui est de la qualité de la production, nous ne pouvons que remercier le travail effectué par Julien de Post Ghost Recordings. Enfin, je suis globalement satisfait de notre travail, cet enregistrement témoigne d’une année de composition et de répétitions, même s’il y a quelques détails et défauts de jeunesse que nous devrons corriger par la suite. Dans tous les cas, je suis bien heureux que cette démo soit enfin disponible car elle concrétise matériellement tout ce travail.

Je vois que vous avez eu dès la fondation de FATUM ELISUM un clavier dans le groupe... Quelle était l'intention première d'en inclure un dans votre Death/Doom ? Et pourquoi l'avoir « viré » ensuite ? Perso, le Doom ou même le Death/Doom avec claviers, je trouve ça difficilement supportable...

Hugo : Etant donné que je n’étais pas dans le groupe depuis ses débuts, je n’avais pas contribué à l’intégration d’un clavier au sein du groupe. Je pense que cette intention était principalement venue de notre ancien batteur (Sator) qui voulait, je crois, retrouver dans notre musique des nappes de clavier telles qu’on en trouve chez un groupe comme DEINONYCHUS. En ce qui me concerne, lorsque je suis arrivé dans le groupe, le clavier ne me plaisait pas car je trouvais qu’il était inutile et qu’il n’allait pas avec le style pratiqué. Il dégageait une ambiance qui ne collait pas à la musique et surtout avec ce que faisaient les guitares. Le clavier rendait les morceaux très surchargés au sens où il se rajoutait à des mélodies de guitares qui se suffisaient déjà à elles-mêmes. Et puis moi aussi je trouve difficilement supportable le clavier dans le Doom/Death Metal (rire).

Christophe : Nous avons connu en effet quelques changements de line-up, à présent nous avons stabilisé ce dernier.

Asgeirr : En fait, Christophe, Sator, Céline, Ende et moi-même avions joué ensemble dans une éphémère formation de Black Doom Metal atmosphérique durant l’été deux mille six, dans une veine proche d’EMPYRIUM. Lorsque nous avons formé FATUM ELISUM avec Hugo, Sator, Christophe, Céline et moi-même, en mars deux mille sept, nous avions alors gardé le clavier. Mais il s’est avéré qu’au fil des semaines et des répétitions, le clavier ne convenait pas à la direction que nous voulions prendre, d’une part parce que de mon point de vue les apports du clavier gâtait un peu l’ensemble et annihilait le côté pesant que nous avions, et d’autre part parce que nous trouvions que les mélodies de guitares qu’apportaient Hugo aux leads étaient beaucoup plus intéressantes et nobles que des sons synthétiques. Personnellement, je deviens au fil des années assez sélectif par rapport à l’apport de claviers dans le Doom Death Metal, même si j’apprécie grandement des formations comme MY DYING BRIDE, SATURNUS ou bien encore INBORN SUFFERING, où les apports de claviers sont bien faits, comme c’est aussi le cas pour SHAPE OF DESPAIR, SKEPTICISM et VOID OF SILENCE.

On y va, la question de base des interviews : quel est le line-up de FATUM ELISUM ? Où la formation a-t-elle vue le jour ? Pour quelles raisons ? Aujourd'hui, quels sont vos objectifs, votre but et vos motivations en tant que groupe ? Et pourquoi un tel nom ?

Hugo : Pour ma part, comme je l’ai expliqué ci-dessus, je n’ai pas été à l’origine du groupe. J’ai été intégré dans le groupe après le départ de l’ancien guitariste J-C. Quant à nos motivations en tant que groupe, je pense qu’elles sont simples : être ensemble et jouer la musique que l’on aime en la partageant avec d’autres.

Christophe : Tout a « probablement » commencé en 2001, date à laquelle Asgeirr et moi nous sommes rencontrés chez Hellion Records à Rouen. Nous avons projeté l'idée de former un groupe mais cette idée a vraiment vu le jour quand Sator s'est joint à nous pour prendre la batterie. S'en est suivi de longues périodes de flottement, mais c'est il y a moins d'un an que FATUM ELISUM a eu enfin sa vraie configuration avec l'arrivée de Ende au chant et d’Hugo à la guitare lead.

Asgeirr : FATUM ELISUM s’est formé à Rouen, où nous habitons tous, en mars deux mille sept. Comme évoqué ci-dessus, le groupe comprenait alors Céline aux claviers, Sator à la batterie, Hugo et Christophe aux guitares et moi-même à la basse. Nous nous sommes séparés de Céline en juin de la même année et Ende nous a rejoint peu de temps après. Les raisons de notre formation sont un peu cliché, mais nous voulions à la base faire du Doom Death Metal, un style que nous adorons tous depuis plusieurs années. C’est d’ailleurs à cause de la passion pour ce style que Christophe et moi sommes rentrés en contact, puis très rapidement avec Sator. Nos objectifs sont assez simples, nous désirons prendre plaisir à composer et jouer la musique qui nous plait, pouvoir faire des concerts afin de nous faire connaître auprès du public et enregistrer des disques.

« Fatum Elisum » signifie en latin « destin broyé » et je trouvais que cela sonnait mieux en latin qu’en anglais. En fait, j’ai toujours trouvé intéressant le concept de « fatum » que l’on retrouve chez Victor Hugo, plus précisément dans Notre Dame de Paris, Les Misérables et La Fin de Satan, et qui évoquait chez cet auteur la fatalité de la destinée, ce qui cadrait bien avec mon état d’esprit à l’époque de ce choix. Malheureusement, après quelques recherches, je me suis rendu compte qu’il existait déjà deux groupes ayant le nom de FATUM, dont un de Doom Death Metal russe, de là l’idée d’y adjoindre l’adjectif Elisum.

A l'écoute de ''Fatum Elisum'', j'ai comme le sentiment de me retrouver face à une grosse catharsis, face à un résultat du à de grosses frustrations liées à la religion... Pour moi votre skeud est pesant de spiritualité et l'intro est évocatrice en ce sens... La religion, les croyances en général vous ont traumatisés ? EndE votre chanteur, a même enregistré son chant dans une église... Comment cela a-t-il pu être possible ?

Christophe : Oui il est vrai que nous avons cette approche, pour ma part je respecte beaucoup les croyances et les religions, mais je dois dire honnêtement que je n'ai pas du tout pris part à l'écriture des textes, ce que j'aimerais essayer de corriger ...

Asgeirr : A la base, l’idée d’enregistrer le chant dans une église provient de Romain de Post Ghost Recordings qui nous suggéra ceci lors d’une rencontre pour évoquer l’enregistrement de ''Fatum Elisum''. Il  nous conseilla ceci car il retrouvait un côté assez mystique dans notre musique et qu’il pensait, à juste titre, qu’une réverbération naturelle, c'est-à-dire celle que l’on retrouve dans les églises, conviendrait au chant d’Ende. Nous avons donc pris contact avec l’abbé Debosschère qui est le prêtre de la paroisse du village d’où je viens. Ce dernier était assez intrigué par notre requête, c’était la première fois qu’une telle chose lui était demandée, mais il a fort heureusement accepté. Nous avons donc pu enregistrer durant deux après midi dans l’église de Cailly, et je dois dire que ce fut une très bonne expérience et que surtout le résultat est au-delà de nos attentes, d’autant que nous ne savions pas ce que cela allait donner. Je tiens au passage à renouveler mes remerciements à l’abbé Debosschère pour nous avoir permis d’enregistrer le chant dans cette église.

EndE (chant) : La religion de manière générale est un thème prédominant de ''Fatum Elisum'' et représente une obsession de ma vie de tous les jours. Je travaille depuis de nombreuses années sur les religions que ce soit à travers la Bible et le Coran mais aussi à travers des ouvrages comme le Bardo Thodol, la Bhagavad-Gitâ ou les anciennes croyances païennes. L’idée de frustration telle que vous l’évoquez dans votre question est intéressante, il est vrai qu’il réside une connexion dans mes paroles entre l’idée de Dieu ou des univers post mortem possibles et l’impossibilité de s’accorder avec Dieu, une certaine idée d’abandon des forces divines face à la douleur existentielle. Le traumatisme nait donc de cette contradiction entre le désir de révolte contre le destin, Dieu, toute forme de foi, mais aussi le désespoir face à la mort, l’incertitude du paradis, la peur d’être seul à affronter la mort, le caractère absurde et dérisoire de l’existence. Tous ces points convergents dans mes textes avec une très forte aura de nihilisme, d’un nihilisme où l’espoir d’une certaine foi demeure, l’espoir d’un Dieu possible, d’une paix possible qui s’efface petit à petit, qui se ronge elle-même à force de douleurs digérées. Par ailleurs, l’expérience de l’enregistrement dans cette église fut comme une révélation. Il m’a été possible, d’un certain point de vue, de mettre en relation directe mes textes avec le monument, de « dialoguer » avec Dieu à travers l’édifice et sa terrifiante profondeur. J’ai chanté tout cela en face à face avec un bas relief immense représentant l’ascension du Christ et cela fut à la fois source d’énergie afin de chanter mais ce fut également une sorte d’échange mystique. Comme si l’on pouvait faire toutes les reproches possibles et adresser sa haine au créateur, exprimer la souffrance de vivre dans ce corps, cet esprit qui est son fruit, mais aussi la peur, le désespoir d’être seul face au silence de ces voûtes, le désir d’être racheté par ce père absent des cieux. Cette opportunité fut une chance incroyable, que ce soit d’un point de vue purement sonore, mais également d’un point de vue personnel car je ne voyais pas d’endroit plus idéal que celui-ci pour réaliser cet enregistrement, j’espère seulement que le chemin de FATUM ELISUM nous conduira à nouveau dans une église, une mosquée ou encore une synagogue pour les enregistrements futurs.   

Comment procédez-vous pour composer un titre ? Qu'est-ce que vous gardez et qu'est-ce que vous jetez ? Vous faut-il seulement être dans le local de répet, ou en plus boire des bières, déterrer des cadavres, faire une prière à Jésus, etc ? Y'a-t-il un état d'esprit commun et singulier dans lequel vous devez vous plonger pour écrire vos pistes ?

Hugo : De manière générale, l’un de nous arrive en répète avec une base de morceau qu’il a composé chez lui, et ensuite on travaille à partir de cette base jusqu’au moment où on est pleinement satisfait du résultat. En fait on pose les bases rythmiques puis on y ajoute des mélodies si nécessaire. Enfin, Ende place des lignes de chant puis travaille les paroles. Au fond ce qui est important pour nous c’est que le titre reste simple, efficace, et naturel. Tout le monde compose plus ou moins dans le groupe et c’est ce que j’aime. Chacun donne son avis sur ce qu’il propose et sur ce que les autres proposent, ainsi rien n’est imposé par l’un de nous; on ne fait pas de la musique pour flatter notre ego ! Cette façon de composer marche assez bien pour le moment donc je pense que l’on va continuer ainsi, avec toujours autant de bonne humeur en répète (blagues foireuses, imitations ridicules, quelques poses inspirées par ce groupe fortement testiculé qu’est MANOWAR…). (rire)!

Christophe : Il n’y a pas vraiment de règles, en général l'idée vient « chez soi » et ensuite on l'a fait un peu jammé en répétition, quand on ne passe pas du temps à dire des conneries ou faire des imitations (cf. Asgeirr) ...

EndE : L’ambiance en répétition est en général à l’opposé de notre musique. On se raconte des conneries, on échange des blagues de plus ou moins mauvais gout. On chante beaucoup de trucs aussi de JUDAS PRIEST à Michel Sardou en passant par DARKTHRONE ou Claude François… Bref l’ambiance est très détendue et je pense que cela est nécessaire, de manière à ne pas trop se laisser emporter par l’atmosphère des morceaux très pesante et morbide. Ce détachement est pour moi primordial car si nous devions rester logiques vis-à-vis de l’éthique textuelle et sonore de FATUM ELISUM, nous serions tous déjà morts. Nous nous concentrons intérieurement lors de l’exécution des titres mais en dehors de ceux-ci nous cherchons à conserver un certain recul, nécessaire psychologiquement je pense.

Asgeirr : Comme mes camarades l’ont évoqué, le travail de composition est surtout le fruit d’une mutualisation de nos idées, même si la structure primaire d’un morceau provient de l’un de nous, le résultat final est toujours le fruit d’un travail collectif et d’échanges entre nous. Pour ce qui est de l’ambiance de répétitions, elle est très détendue, sans pour autant que cela ne vire à du n’importe quoi. Je pense que c’est nécessaire afin que nous soyons détendus pour jouer nos morceaux, dont l’atmosphère est très funeste. Au final, je pense que c’est toujours un plaisir pour nous cinq de nous retrouver en local de répétition.

Post Ghost Recordings enregistre, produit et distribue votre démo ! Je ne connais pas cette association, qui est derrière les manettes ? Peut-on en savoir plus au sujet de cette structure ?

Christophe : Post Ghost Recordings, ce sont deux types sympas et ultra compétents !!! Qu'on se le dise (un peu de pub, mais ils le méritent). Ils sont basés à Rouen droite, tout simplement.

Asgeirr : Post Ghost Recording est une association rouennaise qui organise des concerts et qui fait également des enregistrements. Son but est de promouvoir la scène underground de notre région dans des styles musicaux différents, aussi bien de la chanson française, du rock indépendant et bien évidemment du metal. Elle est dirigée par deux personnes très sympathiques et pleinement dévouées à leur association, Romain et Julien, ce dernier étant ingénieur du son. C’est donc avec lui que nous avons enregistré ''Fatum Elisum'', il s’est chargé du mixage et du mastering de notre enregistrement. Par contre, Post Ghost Recording ne distribue pas ce dernier,  nous avons seulement voulu mettre le logo de l’association au dos de notre disque histoire de faire la promotion de cette dernière, tant nous sommes pleinement satisfaits de leur travail. Vous pouvez en savoir plus sur Post Ghost Recordings en visitant leur page myspace : http://www.myspace.com/postghostrecordings

Justement, cet enregistrement vous a coûté cher ? Combien de temps avez-vous mis pour tout mettre en boîte ? Avez-vous connu le stress, y'a-t-il eu quelques couilles dans le potage durant les sessions ?

Christophe : Nous avons payé quatre cent cinquante euros l'enregistrement, le mixage et le mastering, sans durée de temps, ce qui est moins stressant pour une première fois car pour ma part je n'avais jamais fait de telles choses avant ! Du stress, pour ma part j'en ai toujours un peu, je fais de toute façon pas mal de gaffes, d'une manière générale, je suis quelque peu étourdi parfois !

Asgeirr : J’ajouterai que le prix de quatre cent cinquante euros comprenait toutes les prises d’enregistrement, mais également le mixage et le mastering. Tout cela fait partie de la philosophie de Post Ghost Recordings. Et autant dire qu’au vu du résultat nous sommes totalement satisfait du rapport qualité / prix. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées durant la seconde partie du mois de juin dernier, durant lesquelles nous avons mis en boite les guitares, la basse et la batterie. Le chant fut enregistré à la fin du mois de juin et au début du mois de juillet. Le mixage s’est ensuite étalé entre le mois de juillet et la mi-septembre. C’est assez stressant d’enregistrer, surtout lorsque c’est la première fois. Personnellement, j’ai eu quelques appréhensions, même si nous nous étions préparés à l’enregistrement depuis la fin du mois de mars, ce qui impliqua, entre autres, de longues heures à travailler chacun de notre côté nos morceaux avec le métronome. Enfin, dans l’ensemble, l’enregistrement s’est bien déroulé, Julien et Romain nous ayant rapidement mis en confiance ce qui aida grandement, d’autant plus que Julien nous donna des conseils bien utiles et surtout très pertinents.

Que racontent chacun des textes de la démo ? Peut-on avoir un petit tour du propriétaire ? Je vois dans votre bio qu'ARTAUD, CIORAN, NIETZSCHE, SCHOPENHAUER et même Le Coran (???) sont pour FATUM ELISUM des sources d'inspiration...

Ende : Pour ce qui des textes de la démo, on peut résumer les grandes idées ainsi :

Le titre « In Vain » nous narre la quête d’un homme vers l’absolution, sa foi traversant nombre de souffrances et de peines auto infligées ou subies lors de son existence dans l’espoir de rejoindre Dieu à sa mort. Son obsession le mène à la folie et à une forme de négation de soi même. Ainsi la trame nous invite à réfléchir sur le concept même du fanatisme et la vertu du Sacrifice, présent dans nombre de grandes religions.

Le titre « Phantom » est plus conceptuel et abstrait par sa structure. Le terme même de « Phantom » définit en ce morceau l’idée du spectre mais également du Fantasme. Il traite de toutes ces choses qui à la fois nous hantent et que nous désirons dans un même processus complexe. Nous désirons intimement un Dieu et un sauveur tandis que l’idée même d’une domination nous révulse. «Phantom » est cette synthèse, reliée à mon expérience personnelle, des désirs et peurs qui convergent en nous, menant nos pas vers une forme de nihilisme, les concepts contraires se confrontant jusqu'à former un grand vide. Et nous ne sommes finalement plus, à la toute fin, que les victimes de nos espoirs, nos fantasmes, de tous ces rêves inassouvis… 

Le titre « Fatum Elisum » est bien plus abstrait. Il porte en lui le concept des paroles de la démo toute entière. Toutes les idées concernant l’amour et la haine des Dieux, la peur de la mort, la folie, le tourment, tous ces symboles mystiques dans lesquels l’humanité se perd jusqu'à disparaître sous un flot de non-sens, tout ceci est évoqué et forgé en un même socle, l’ensemble se dirigeant en sa finalité vers le Nihilisme. Ce texte est abondamment nourris de références plus ou moins directes à l’ouvrage « Le Mariage du ciel et de l’enfer » de Sir William Blake, un ouvrage poétique ou l’on trouve justement une unité philosophique et esthétique entre le bien et le mal, le paradis et l’enfer. 

Le titre « Dancer Of Spirals » est composé comme une chanson à deux voix mais interprétée par une seule et même entité. Il y est question de la dualité entre le désespoir et la colère, entre le désir de mourir et la volonté de survivre. Le danseur de spirales est cette sorte de démon allégorique guidant les pensées vers des directions sans cesse contraires, une entité symbolisant une sorte de schizophrénie. Le poème de François Villon porteur d’un message de rédemption s’alternant avec ce chant torturé dont les paroles invitent au suicide est un exemple parfait de l’enjeu de ce titre.

Voilà pour le tour du propriétaire. Pour ce qui est des références littéraires cela me semble évident. Ces références font partie de mes lectures personnelles et de celles du reste du groupe. Nous sommes tous nourris par une certaine inspiration littéraire qui est au même pied d’égalité que nos inspirations musicales. Ces lectures, principalement poétiques, mystiques et philosophiques, ainsi que ces questions nourrissent notre créativité là où nous tentons de forger des compositions dont le fond et la forme sont une unité. Les références religieuses me semblent également évidentes dans un style comme le Doom où regorgent des références à la religion. Je suis toujours étonné que les gens soient surpris par notre source d’inspiration liée au Coran. Cet ouvrage regorge de culture et d’idées qu’il est nécessaire de connaître si l’on souhaite les discuter, critiquer ou autre. Comme je le dis souvent, il est primordial de connaître ce dont on parle et qu’en chacun de ces ouvrages ancestraux se cachent des trésors permettant de mieux comprendre le monde et l’humanité. Le satanisme, notamment les écrits d’Anton Lavey ou Alister Crowley, est une chose par contre qui ne m’intéresse absolument pas, bien qu’ayant lu en détail de nombreux ouvrages à ce sujet. Je trouve les idées liées à ce mouvement d’une grande pauvreté intellectuelle, c’est par conséquent une source dont je ne m’inspire jamais pour écrire et dont je ne me revendique pas, contrairement à la Bible, le Bardo Thodol ou encore le Coran.      

Vous dédiez ''Fatum Elisum'' à trois femmes, « In Loving Memory... » ?

Asgeirr : Ces trois femmes sont des membres de ma famille décédées récemment. Même si c’est un peu convenu, leurs décès m’ont un peu inspiré.

Peut-on en savoir plus sur l'artwork (qui l'a réalisé ?) et surtout sur la pochette... Je vois un ange de pierre, mais je ne sais pas s'il me montre son joli majeur et fait le \m/ ? Quelle est la signification de cette pochette pour vous, qui me semble quelque part, assez énigmatique...

Christophe : je n'ai pas participé au travail sur l'artwork, car je suis un très mauvais infographiste …

Asgeirr : L’artwork a été réalisé en collaboration entre Master, un très bon ami d’Ende et ce dernier. La pochette est en fait une reproduction d’une gravure qu’Ende avait réalisée dans le cadre de ses travaux pour l’école des Beaux Arts de Rouen, dont il est élève, et où il devait en quelque sorte se présenter et se décrire. De ce fait, l’on retrouve donc un autoportrait d’Ende avec quelques objets quotidiens qui lui sont familiers, dont justement une pile de livres que beaucoup de personnes ont du mal à vraiment distinguer et croient y voir autre chose. Cela étant dit, ce qui nous a intéressé dans cette sculpture, c’est qu’elle était assez énigmatique, car elle suscite de nombreuses interprétations, différentes selon chaque observateur. En même temps, et c’est surtout pour ses raisons qu’Ende l’a choisie, enfin je suppose, elle reflète les thématiques de ses paroles, notamment les questionnements et réflexions intérieures que suscitent toutes introspections métaphysiques et spirituelles, avec en même temps cette impression d’immersion dans le chaos, comme si le personnage représenté sur cette pochette se retrouvait aspiré par le Néant. Pour ce qui est du livret, il est le résultat de la collaboration entre Ende et Master, qui nous fila un très bon coup de main pour la mise en page. Les photos illustrant les paroles furent prises par Ende, mhell et moi-même, nous voulions d’ailleurs que l’artwork soit effectué par nous même. Le dos de notre cd comprend une peinture réalisée par Ende, que j’apprécie énormément pour son côté très froid. Enfin, la photo de groupe fut réalisée par un jeune et talentueux photographe, David, de Vertigo Photography.

En octobre votre batteur s'est barré (ou s'est fait viré ?). Pour quelles raisons ? Avez-vous trouvé son remplaçant ? Ou est-il seulement de « session » ?

Christophe : Notre ancien batteur : je dirais simplement que nous avons perdu d'abord un ami, et cela nous a été très pénible !

Asgeirr : Nous avons malheureusement du congédier notre batteur à cause de son niveau à la batterie qui ne progressait pas au fil des mois. L’enregistrement de ses parties fut d’ailleurs très difficile, mais plutôt que de se remettre en question à la suite de cela, il n’a nullement fourni les efforts pour combler ses lacunes. C’est d’autant plus dommageable que c’était avant tout un ami et que nous espérions tous, sans aucune exception, qu’il réagisse positivement devant cette situation au lieu de se disperser comme il le fit, ce qui pesa sur l’ambiance au sein du groupe au fil des semaines. Nous avons heureusement trouvé son remplaçant, qui n’est autre que mon frère Christophe. Ce dernier nous a rejoint peu de temps avant que nous jouions sur scène, le 12 novembre dernier, et autant dire qu’il a su s’adapter rapidement, apprenant notre set en à peine vingt jours.

Christophe (le nouveau batteur) : Je n’ai pas vraiment suivi l’historique de cette séparation, mais pour ma part j’ai accepté de rejoindre le groupe afin de pouvoir honorer la date du 12 novembre. La question de rejoindre FATUM ELISUM s’est évidemment posée à tout le monde, non pas parce qu’il fallait absolument un batteur pour continuer, mais sur des bases simples : c'est-à-dire est-ce que mon jeu convenait et aussi si l’entente avec les autres musiciens permettait d’envisager de continuer ensemble, dans l’idée de progresser et d’avancer musicalement. Certes mes références musicales sont éclectiques, mais j’ai à mon sens réussi à capter l’ambiance des morceaux, même si, en vingt jours, ce fut court. Je conçois que tout ceci est perfectible et que dans le temps à venir je pourrai être parfaitement à l’aise pour exprimer mon jeu.

Y'a un sacré paquets de grosses pointures dans les références que vous citez dans votre bio... Pourquoi ces groupes et pas d'autres ? Je veux souligner qu'il y a un fil commun qui les relie et que vous voulez relier au vôtre certainement non ? Comment concevez-vous votre Death/Doom ?

Christophe : Personnellement cela va sans doute surprendre mais je n'écoute pas que du metal, je suis un très grand amateur de musique classique, russe surtout, de blues, de musiques traditionnelles, etc … Nous n'en avons mise aucune, j'aurais peut-être du le faire il est vrai, car personnellement certaines œuvres comme celles du contemporain Arvö Part, m'interpellent beaucoup ! Je conçois la musique comme un tout « unique » et j'essaie à mon modeste niveau de franchir la barrière des styles, mais je n'ai pas la prétention pour autant de bien le faire, ou même de réussir à le faire. La musique est une discipline très sérieuse, qui demande une excellente culture générale.

Hugo : Les groupes que nous citons sont, pour certains d’entre eux, des groupes avec lesquels nous avons eu la chance de jouer, je pense par exemple à ATARAXIE, INDESINENCE, ESOTERIC, YUCK et ABSYNTH. D’ailleurs nous les remercions au passage.

Asgeirr : Et encore, nous avons du nous limiter à quelques noms pour ces références, mais bon, plutôt que donner une liste interminable, nous avons préféré nous limiter à ces noms. En tout cas, tous les groupes cités font partie de nos influences à des degrés divers selon chaque membre du groupe. Finalement, cette liste est non exhaustive, j’aurais très bien pu personnellement y adjoindre des noms tels que BURNING WITCH, THERGOTHON, ou bien SOLSTICE. Dans tous les cas, les exemples cités sont soit des groupes de Doom Death Metal, soit des groupes de Suicidal Black/Dark Metal, et dont les disques ont inspiré notre travail. Personnellement, je suis un grand fan de MY DYING BRIDE, de PARADISE LOST, d'ANATHEMA, de CATHEDRAL et j’admets avoir écouté en boucle leurs disques depuis une bonne dizaine d’années. C’est toujours difficile de décrire sa musique et surtout d’avoir le recul nécessaire pour cela. Trivialement, nous faisons du Doom Death Metal fortement inspiré par la scène anglaise du début des années quatre vingt dix auxquelles s’adjoignent l’influence de groupes comme SILENCER, SHINING et BETHLEHEM, plus particulièrement pour ce qui est du chant, notamment les parties de chant torturé. Nous ne cherchons pas vraiment à faire quelque chose d’original, dans le sens où nous ferions quelque chose de totalement nouveau, mais plutôt une musique qui reflète notre personnalité. Enfin, nous essayons avant tout de faire la musique qui nous plait, sans chercher à copier telles ou telles formations du genre.

Rouen est une ville à la densité de métal eux impressionnante ! Quels sont les groupes que vous soutenez ou que vous aimeriez faire connaître aux lecteurs ?

Christophe : Il y a plein de bons groupes connus effectivement comme nos amis d'ATARAXIE et de HYADNINGAR, YUCK...

Asgeirr : Je crois que la scène métallique de Rouen n’a sans doute pas à rougir par rapport aux autres villes. Personnellement, je soutiens ATARAXIE, qui est actuellement la référence en matière de Doom Death Metal, et pas seulement en France, et un exemple à suivre pour nous, notamment pour ce qui est de leur intégrité et à la vue de leur parcours. De toute manière je suis très reconnaissant pour le soutien inconditionnel des membres d’ATARAXIE : ils nous ont permis de faire notre première date l’an dernier en leur compagnie et celle d’INDESINENCE, ils nous ont souvent donné de précieux conseils et enfin Fred n’arrête pas de parler de nous depuis quelques mois. Autrement, j’apprécie énormément HYADNINGAR, groupe de Epic Insane Black Metal, qu’on ne présente plus, tout du moins je l’espère, et dont la qualité de la musique est bien supérieure à ce qui se fait actuellement en matière de Black Metal. J’attends enfin la sortie du nouvel album de WORMFOOD. Cela étant dit, derrière ces grands noms de la scène rouennaise, il existe bien d’autres formations à Rouen. Je n’en citerai que quelques unes qui, je le souhaite, pourront se faire connaître d’ici peu : YUCK, qui évolue dans un metal très original faisant le pont entre le rock et le Black Metal, et qui comprend d’ailleurs Nehlujh et Nekurat de HYADNINGAR en son sein, et ABSYNTH, groupe de Black Metal, dont le potentiel ne fait que de croître au fil des mois et dont j’attends la première démo. Enfin, la Haute Normandie ne se limite pas seulement à Rouen, il y a par exemple le groupe de Black Metal havrais ODE TO DECAY qui risque de faire parler de lui prochainement. Enfin, comment parler de la densité de métalleux à Rouen sans parler du vénérable disquaire Franck d’Hellion Records, l’une des dernières boutiques en France spécialisées dans le metal extrême et sans qui la scène rouennaise ne serait sans doute pas la même depuis une dizaine d’années.

Que va réaliser FATUM ELISUM en 2009 ? Des concerts, un E.P., un L.P ?

Christophe : Nous espérons être signés par un label, faire pas mal de concerts et peut-être préparer un album ! Perso je suis partant !

Asgeirr : Nous espérons avant tout faire des concerts en France et en Europe afin de nous faire connaître et faire la promotion de notre disque. Nous allons en même temps continuer le travail de composition, nous en avons déjà quelques unes de bien avancées.

Vous avez un avis sur la manière dont s'écroule notre civilisation en ce moment ?

Christophe : A vrai dire non ! Je suis devenu un vrai misanthrope (rires !).

Hugo : Malheureusement, j’ai fini un peu comme Christophe par ne plus m’en préoccuper pour diverses raisons. Je reste tout de même sensible aux différentes actions humanitaires menées par les O.N.G. un peu partout dans le monde, ainsi qu’à la recherche scientifique.

EndE : Entre la crise économique, la situation désastreuse de nombreux pays du Tiers-Monde, la montée en puissance de toutes les formes d’extrémismes, je pense que nous nous dirigeons chaque jour un peu plus vers une forme de chaos, vers des temps bien sombres. Nous traversons selon moi une période de profond Nihilisme et notre époque équivaut d’une certaine manière à une sorte de nouveau Moyen-Âge. Je ne m’étonne plus et ne peux en général que m’attrister de la manière dont l’histoire de l’humanité continue de s’écouler.

Asgeirr : J’ai un avis là-dessus mais je ne pense pas que cela représente celui du groupe, même si d’une certaine manière, le concept de Fatum que j’ai développé plus haut pourrait s’y appliquer. Enfin, pour cette thématique, j’ai récemment trouvé intéressante les lectures du livre La Démocratie contre elle-même de Marcel Gauchet ainsi que celle de L’Insurrection qui vient du Comité Invisible qui fait tant parler de lui en ce moment. Dans tous les cas, je suggère la lecture des ouvrages de Cioran. Autrement, pour être plus terre à terre, je partage certains des points de vue développés par Alan Averill Nemtheanga dans les derniers disques de PRIMORDIAL, ''The Gathering Wilderness'' et ''To The Nameless Dead''.

Christophe (batterie) : Le monde s’écroule ou plutôt notre civilisation occidentale qui, dans son sillage, entraine celles et ceux dont elle a toujours profité. Il est clair que l’économie se meurt, que la grogne monte et que les gouvernements font tout et n’importe quoi pour contenir la population, notamment par la peur. J’en tiens pour preuve les événements récents : que des gens qui ont peut-être coupé le jus sur des lignes de trains soient qualifiés de terroristes, que la présomption d’innocence ne soit pas du tout respectée montrent que le gouvernement veut faire peur. Pourquoi me dira-t-on ? Pour faire un test auprès du peuple qui serait celui-ci : êtes-vous près à nous laisser les pleins pouvoirs afin de gérer la crise de cette civilisation ? Et cela annonce une nouvelle forme de gouvernance qu’on pourrait qualifier d’impériale. Bref, soutien aux inculpés, libération des prisonniers.   

Et sur le téléchargement ? C'est encore utile de dépenser du fric dans la réalisation d'un objet comme un disque ?

Christophe : J'espère que oui !

Hugo : Pour ma part, le téléchargement me permet de découvrir des groupes ou de me faire un avis avant d’acheter un disque. Car, contrairement à la majorité de ceux qui téléchargent, j’achète les disques que j’ai aimés et ceux que je n’ai pas appréciés, je les mets à la corbeille. J’ai beaucoup téléchargé à une époque mais je me suis vite rendu compte qu’au final je ne connaissais rien à la musique que j’écoutais. J’appréciais d’autant plus la musique lorsque j’achetais mes disques, car ils avaient plus de valeur. Ce qui fait que je m’intéressais beaucoup plus aux groupes dont j’avais acheté le disque. Je pense que le téléchargement a considérablement dévalué la musique, elle est devenue un objet dont on pourrait convenir comme bon nous semble. Elle est devenue « utile » comme vous avez dit, elle n’est plus appréciée pour ce qu’elle est, mais pour ce qu’elle nous apporte.

Asgeirr : Au risque de passer pour quelqu’un de réactionnaire, je pense que cela vaut encore la peine de dépenser de l’argent pour la réalisation d’un disque. Personnellement je n’écoute que les disques que j’ai acheté et je pense que chaque métalleux, avec bien entendu les moyens dont il dispose, devrait en faire de même, d’autant que c’est la seule manière pour bon nombre de groupes, et notamment tous ceux du milieu underground, d’exister. En plus, c’est tout de même bien mieux d’apprécier la musique d’un groupe autrement qu’au travers de fichiers compressés, et également de profiter de l’artwork et des paroles, bref, de tout le travail accompli par des musiciens. En plus, enregistrer et faire presser un disque a un coût non négligeable, il est tout de même normal de rentrer dans ses frais.

Comment les lecteurs se procurent ''Fatum Elisum'' ? Comment vous contacte-t-on ?

Christophe : Depuis notre myspace (www.myspace.com/fatumelisum) avec les coordonnées indiquées.

Asgeirr : Les lecteurs peuvent aussi se procureur ''Fatum Elisum'' auprès de nous en nous contactant à l’adresse suivante : fatum-elisum[at]hotmail[dot]fr, lors de nos futurs concerts, ou bien chez Hellion records, disquaire metal à Rouen.

Quels sont les trois adjectifs qui résument le mieux la personnalité de FATUM ELISUM ?

Christophe : Sombre, lourd et dense !

Asgeirr : Oppressant, mystique et mélancolique.

EndE : Nihiliste, Mystique et Dépressif.

L'interview se termine ici. ''Fatum Elisum'' est un bel ouvrage selon moi, inscrit dans une tradition Death/Doom plutôt anglo-saxonne... Je vous souhaite bonne route – et à un de ces jours sur LA VOIX DES OMBRES !

Asgeirr : Nous tenons à te remercier Guudrath de nous avoir permis de nous exprimer et surtout pour ton soutien pour la scène française. Nous espérons que les lecteurs pourront ainsi découvrir notre musique, et qui sait, l'apprécier.

Doom or be Doomed!